Primaire écolo : Yannick Jadot faux pragmatique, vrai socialiste

L’eurodéputé Yannick Jadot se présente comme le « candidat du rassemblement ». Pour rassembler, il va falloir compter avec ceux qui ont voté pour Sandrine Rousseau, et sans doute manœuvrer avec J-L Mélenchon.

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Primaire écolo : Yannick Jadot faux pragmatique, vrai socialiste

Publié le 29 septembre 2021
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Par Frédéric Mas.

Ouf ! Tout le monde respire. Avec 51,03 %, Yannick Jadot remporte la primaire écolo face à sa rivale Sandrine Rousseau. Il devient par conséquent le candidat d’Europe Écologie Les Verts pour la présidentielle de 2022.

Pour beaucoup de commentateurs ce matin, le triomphe du pragmatique Jadot « candidat du climat » face à l’idéologue Rousseau témoigne de la maturité d’un mouvement écologiste qui a su dépasser ses tensions groupusculaires passées.

Sauf qu’associer « pragmatisme » et « maturité » au mouvement écolo, c’est un peu comme parler de roue carrée ou d’impôt volontaire, ça n’a pas vraiment de sens autre que poétique.

Jadot : un programme radicalement absurde

Ce qui devrait nous étonner, c’est que l’absurde radicalité du programme de Yannick Jadot ne choque plus. Ses propositions ne déparent pas dans le pays enchanté d’Alice où semble habiter ses compétiteurs décroissantistes, woke, ruralistes perchés ou vélotaffeurs militants. Qu’ils soient écolos, socialistes ou centristes autoritaires, la surenchère dans le domaine n’interroge plus, alors qu’elle est le plus sûr moyen de nous mener à la ruine, à la bureaucratisation totale et à la servitude.

Les propos loufoques des concurrents de Jadot ont beaucoup aidé à lisser sa candidature. Quand un Éric Piolle propose la très soviétique création de 25 000 fermes communales sous tutelle de l’État ou qu’une Sandrine Rousseau s’empêtre en direct dans les éléments de langage de l’idéologie gauchiste mal digérée des campus de l’anglosphère, Jadot colle aux thèmes qui font l’actualité : le climat, l’éolien, le bio, la taxe carbone.

Même au sein de la majorité macronienne, l’écologie est en roue libre totale : on se prépare à interdire les « passoires thermiques » à un moment où le logement est en crise, à criminaliser l’usage de la voiture pour la majorité des Français, à étendre l’éolien sur tout le territoire, comme ont été dépensés des millions pendant la crise sanitaire pour généraliser des pistes cyclables dans tout le pays. L’« écologie de gouvernement » de Jadot, au moins de loin, sonne comme un oasis de rationalité.

Le bric-à-brac de l’écologie radicale

Pourtant, l’étoile montante de la gauche verte n’a rien d’un tiède, et ne dépare pas dans le bric-à-brac écolo radical : ex altermondialiste, ancien militant de Greenpeace, un temps proche de Cohn-Bendit, il s’est illustré par son opposition aux différents traités de libre-échange (CETA, MERCOSUR) et par sa rhétorique apocalyptique en matière climatique.

Comme ses petits camarades, il cultive un tropisme anti-science et anti-économique, que ce soit en matière d’OGM, de nouvelles technologies ou de nucléaire. Comme tous les climato-alarmistes, l’urgence légitime à ses yeux l’extension du domaine de l’État : limiter la liberté de circuler, de commercer, d’entreprendre et de consommer, faire exploser la dette publique et la pression fiscale ne pose pas trop de problème de conscience pour ce social-démocrate pas vraiment libertaire.

Son programme dans le domaine énergétique se retrouve dans tous les programmes de la gauche : tout miser sur le renouvelable et interdire à terme le nucléaire, quitte à mettre en danger à la fois l’indépendance énergétique du pays et à pénaliser les classes populaires qui n’ont pas la chance d’habiter dans les métropoles protégées, principales clientèles politiques des écolos.

Car oui, Yannick Jadot est bien parti pour être le candidat des métropoles, c’est-à-dire le candidat des centres-villes qui s’adresse aux centres-villes. En cela, il est davantage un symptôme qu’une véritable nouveauté sur le marché politique. Pour l’essayiste et historien Pierre Vermeren, l’écologie politique est essentiellement une idéologie élitaire d’extrême gauche (qu’on retrouve aussi chez les catholiques) portée par des minorités totalement étrangères aux aspirations de la plupart des Français1.

Anne Hidalgo en difficulté

Du coup, la candidature Jadot met en difficulté ses concurrents à gauche, en particulier Anne Hidalgo, qui joue sur le même terrain des classes urbaines. Le maire de Paris, qui s’effondre dans les sondages, a clairement orienté sa candidature pour rassembler la gauche sur le message écologique.

Mais force est de constater que le message ne prend pas, que son défaut de notoriété au-delà du périphérique ne lui permet pas de parler en position de force au sein des différentes factions de la social-démocratie. Tout se jouera sans doute entre Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, qui a toujours préféré la radicalité de Sandrine Rousseau à la « modération » de Yannick Jadot.

Alors, Menchevik parmi les Bolcheviks ? Pas vraiment.

Et on en revient au « pragmatisme » du candidat Jadot, qui n’est qu’un élément de communication pour endormir les naïfs. L’eurodéputé se présente comme le « candidat du rassemblement », et pour rassembler, il va falloir compter avec ceux qui ont voté pour Sandrine Rousseau, et sans doute manœuvrer avec la France insoumise : d’un côté le décroissantisme woke, de l’autre la « planification écologique », c’est-à-dire rien qui ne ressemble à une écologie réaliste, compatible avec l’innovation, la prospérité et le respect basique des libertés publiques.

Espérons donc que la candidature Jadot finisse comme celle de Benoît Hamon, qu’il a soutenu en 2017, à la fois comme très radicale et dans une cabine téléphonique.

  1. Pierre Vermeren, L’impasse de la Métropolisation, Gallimard, 2021, p.13.
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  • Le gros problème, c’est que les écologistes ont gagné, et tous les éléments de langage ecolo sont repris par tous les politiques et les français; RCA, ENR, bio, etc..

    • oui la majeure partie des gens ne comprend pas cela. accepter comment ils posent les questions est déjà leur faire un cadeau.

    • Ce n’est pas parce que la gauche nie certaines évidences (sur l’immigration, l’islamisation etc) que la droite devrait commencer à en faire autant sur l’écologie. La question de la pollution se pose et il est normal que les politiciens en parlent.

      • Ils ne parlent pas de pollution (En France, l’essentiel des problèmes de pollution ont disparus avec nos industries), ils parlent de climat, en disant « coupons nous une main » (baisser le co2), pour montrer aux autres pays qu’ils doivent se couper les 2 bras (usa et chine, principaux émetteurs de co2), c’est ridicule et dangereux.

      • la pollution n’est pas un problème en soi c’est la conséquence quasi inévitable de l’activité humaine;

        et donc lutter contre la pollution peut être idiot ;.

        mais par contre lutter contre une pollution qui par exemple a un effet néfaste sur la santé peut être envisagé..

        mais polluer un endroit pour diminuer les effets néfastes d’un environnement « non pollué » peut aussi s’envisager!!!!

        « lutter contre la pollution  » pas nécessairement..proteger l’environnement pas nécessairement.

        • lutter contre la pollution c’est de l’environnementalisme..pas de l’humanisme… combattre les effets néfastes de la pollution.. en considérant ..les effets néfastes de la lutte contre la pollution!!!

          l’écologisme est de la connerie… point barre..

    • Certaines choses sont approuvées par les Français, mais pas toutes. Et certainement pas tout ce qui ressemble à de la décroissance ou à une évolution trop rapide du mode de vie des Français.
      Dans leur précipitation à vouloir changer le monde, nos écolos n’ont toujours pas compris cela. Plus que le score de Jadot, c’est celui de Rousseau qui est révélateur : près de 50 % pour une écologie extrémiste ! Les écologistes français sont bien trop radicaux pour un pays qui a vu naître les GJ pour un bout de taxe en plus. Le pays ne leur ressemble pas.

  • Un « pragmatique » s’adapte aux circonstances. Il est par définition imprévisible et prêt à retourner sa veste si les conditions changent. Le « pragmatisme » de Yannick Jadot est en réalité un opportunisme. Tout est bon pour faire avancer ses pions. L’intérêt de la France et des Français arrive bien loin dans l’ordre de ses priorités…

  • Dans un pays communiste c’est un modéré 🙂

  • Avec un absentéisme de 70 %, il a toutes les chances d’être président…en plus, il est sympathique par rapport aux autres momies.. Et puis il va supprimer les embouteillages dans nos villes et à pôle emploi en instituant le RU, nos obeses maigriront, nos dealers seront fonctionnarisés , les petits oiseaux sauvés… J’ai hâte. Reste un truc, on aura toujours le droit au barbecue ou uniquement la plancha électrique quand il fait beau ?

    • Une fois l’économie par terre, quand on ira couper les derniers arbres pour se chauffer, pas sur que « les petits oiseaux » se sortent indemnes de l’affaire…

    • La viande et le poisson sont interdits et brûler de bois pollue comme un diesel. Donc pas de barbecue. Au mieux une plancha électrique de légumes de saison produits localement et par grand vent (sinon pas de jus pour la plancha); le tout agrémenté de quelques vers de mouches pour les protéines.
      Baby-foot, méfie toi, si tu ne veux pas te retrouver dans un camps de rééducation écologiste, tu as intérêt à réviser rapidos…

    • Le four solaire, Baby, solaire…

  • Vivement qu’il soit élu si c’est ce que veulent les électeurs. À Paris, Lyon, Grenoble, Strasbourg… les électeurs ont l’air contents des mesures staliniennes de leurs maires.
    Où est le problème ?
    Les jeunes talents s’expatrieront et on deviendra en pays en voie de développement (ce qui a commencé à l’élection de Mitterrand en 1980).
    On pourra chanter : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (paroles de Jean Yann).

  • Candidature sans intérêt et sans espoir, comme celle d’Hidalgo. Des gens pas crédibles : abandon du nucléaire, salaires des profs multipliés par 2, 110km/h sur autoroute, etc.
    De l’art de se tirer une balle dans le pied…

  • Le champion du yaka faucon. Pfff!

  • Complètement en accord avec la conclusion : je souhaite sincèrement à Jadot de faire la même « performance » que Hamon à la dernière présidentielle.
    Ca permettrait de dégonfler les chevilles.
    Parce que que concrètement, quand on habite à la campagne, au vert et qu’on voit les conséquences de ses propositions, ça fait frémir : que des déplacements en vélo (beaucoup de relief chez nous), pouvoir d’achat littéralement coulé, planification de tout ce qu’on a le droit de manger, boire, faire, limitation de tous nos déplacements… Enlaidissement de tous les paysages avec des monstrueuses éoliennes, et j’en passe !
    Ca fait vraiment froid dans le dos.

  • A Lyon, ce ne sont pas des verts socialistes, mais nous sommes avec des verts d’extrême-gauche avec LFI qui imposent leurs organisation et vues aux maires de la métropole qui ne sont pas de leur bord et sans autorisation et concertation ! 44 maires sur 59 envisagent de quitter la métropole !
    Mais Strasbourg, Poitiers, Grenoble, Bordeaux, etc. Se retrouvent dans le même cas.

    • Les Verts ne sont jamais de gauche car le créneau est occupé par les socialistes. Les Verts sont toujours d’extrême gauche et appliquent les méthodes staliniennes : planification de l’industrie, planification de l’agriculture,… Et aucune opposition tolérée.

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