Youpi, dans quelques mois, votre voiture sera interdite !

Grâce aux écolos, 80 % du parc automobile français va se retrouver frappé d’obsolescence programmée d’ici 2025.

par h16

Au détour d’une récente émission de SudRadio (dont la vidéo est disponible sur Youtube) qui m’a été signalée par un lecteur que je remercie au passage, on apprend, atterré, que d’ici quelques mois à deux ans tout au plus, plus de la moitié des véhicules français ne pourront plus du tout circuler en France. Parions que ceci va mettre un peu d’animation dans ce calme pays !

En effet, dans les prochains mois, plusieurs législations vont entrer en force pour aboutir, d’ici 2025, à la mise en place des ZFE, ces Zones à Faible Émission, dans lesquelles la circulation sera drastiquement contrôlée, restreinte voire carrément interdite.

Cette information n’est pas nouvelle. Elle circule un peu, ici ou là, à la faveur d’un petit articulet dans l’une ou l’autre presse paresseuse, mais il faut se rendre à l’évidence : comparée à une bonne empoignade Zemmour-Mélenchon, elle n’intéresse personne et n’a donc que la place d’un petit entrefilet. Il faut aussi ajouter que les lois correspondantes ont été votées pendant la période de crise sanitaire, en catimini et sans l’indispensable relai médiatique qui aurait dû accompagner ce genre de mesure dont l’impact sur tous les Français promet d’être cataclysmique. Que voulez-vous, les journalistes avaient une autre propagan information à faire passer.

C’est une erreur puisqu’en pratique, la plupart des Français (48 % dans un premier temps, puis 80 % très vite ensuite) vont être directement concernés.

D’une part, géographiquement, toutes les villes de plus de 150 000 habitants seront rapidement impliquées dans cette nouvelle régression de nos libertés. Et mine de rien, cela en fait, du territoire couvert par ces interdictons ! Se déplacer dans le pays, traditionnellement d’une agglomération à une autre, va devenir proprement impossible.

D’autre part, concrètement, ces ZFE consistent à interdire certains types de véhicules en fonction de leur âge et de leur motorisation. Et lorsqu’on analyse l’ampleur des mesures qui seront inéluctablement appliquées (c’est voté mes enfants, c’est dans la boîte, plus de recul possible, youpi !), on se dit qu’il pourrait y avoir quelques tensions de surface dans la société française.

Jugez plutôt : déjà appliquées dans certaines métropoles comme Lyon, Grenoble ou Paris (ici, on parle bien de métropole, donc pas seulement la ville mais toute la région environnante), ces règles interdiront très prochainement (fin 2022, donc dans quelques mois) la circulation des véhicules Crit’air 3, 4 et 5, soit 48 % du parc automobile français actuellement. Fin 2024, ce sont les véhicules Crit’air 2 qui seront à leur tour concernés, soit 80 % du parc actuel.

Bordeaux, Reims, Lyon, et finalement toutes les agglomérations françaises seront emberlificotées dans cette nouvelle hystérie écologiste.

Vous avez aimé la ségrégation sociale à base de pass sanitaire ? Alors vous allez adorer la ségrégation sociale à base de Crit’air !

En tout cas, ségrégation ou non, c’est une magnifique avancée vers la production de lois et de contraintes idiotes : les écologistes qui prétendent ne pas aimer l’obsolescence programmée montrent ici toute leur hypocrisie en l’imposant à une énorme quantité de véhicules que la plupart des Français n’avaient pas envisagé de renouveler dans l’immédiat. Question écologie, on repassera. Tout ça pour ajouter un nouveau boulet à ceux déjà nombreux que le pays traîne déjà, et qui permettra rien moins que sa mise en arrêt complet assez brutale.

Le but officiel affiché est bien évidemment de pousser à se dispenser de voiture et à (au pire) posséder une voiture électrique (alors que les tensions sur le réseau s’accumulent à mesure que les mêmes écolos hystériques ferment des centrales nucléaires) ou (au mieux) à basculer vers les transports en commun encore plus polluants comme le bus ou régulièrement en panne comme le train ou encore… de plus en plus lents.

La France des années 1980 filait à la vitesse d’un TGV. Quarante ans plus tard, nous serons heureux de rouler, entre deux pannes, à la vitesse d’un petit TER.

Ce but posé est idiot, car collectiviste. On décide d’une panoplie de solutions pour tous alors que les cas individuels sont innombrables et ne peuvent pas tous s’adapter à la solution imposée. Celle-ci viole le bon sens de façon flagrante en accroissant la demande électrique alors que les capacités de productions sont limitées. Les capacités des voitures électriques sont moindres que les thermiques, la pollution qu’elles engendrent à cause de leurs batteries est très supérieure à celle des thermiques. Les transports en commun couvrent mal ou très mal le dernier kilomètre qui est finalement le plus important pour la vie quotidienne.

Et surtout, les effets indésirables de ces ZFE seront douloureux.

Les pauvres seront une fois de plus stigmatisés, ainsi que les campagnards et logiquement les campagnards pauvres.

Il sera artificiellement plus compliqué de se rendre dans les centres-villes, et le commerce y sera donc plus difficile, plus coûteux, ce qui renchérira la vie de tout le monde. Pire : les aides distribuées à tire-larigot pour les voitures électriques et ces frictions énormes d’adaptation des commerces et des centres-villes vont se traduire par une baisse de pouvoir d’achat des Français tout en poussant l’inflation. Bien joué.

Enfin, les contraintes de production pour les constructeurs automobiles ne pourront pas toutes être respectées. L’industrie automobile en Europe est appelée à subir un choc sans précédent qui se traduira par des pertes de compétitivité, d’emplois et de savoir-faire. Un monde de chômeurs qui roulent parfois à vélo pour ne pas aller dans des centres-villes inabordables, voilà qui vend du rêve. Belle écologie politique !

gifa hystérique écolo

Dans un pays où jamais le besoin de dynamisation n’a été aussi fort, c’est vraiment malin : on calcifie complètement les déplacements en France en les rendant complexes et prohibitifs.

Et le pompon est que même si, concrètement, aucun écologiste rabique à la Sardine Ruisseau n’a jamais été élu au pouvoir, ni désigné chef de gouvernement, la tendance, que dis-je, l’élan général de ces vingt dernières années ne laisse aucun doute : tout a absolument été fait pour instaurer la décroissance et le repli sur lui-même du pays, l’abandon rapide de tout ce qui a fait la puissance industrielle et technologique de l’Occident en général et de la France en particulier. Ne relâchons pas les efforts : le succès, fait de pénuries énergétiques, de misère et de faim, est à portée de main !

Ce pays est foutu.
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