Macron est devenu un démagogue étatiste et le macronisme un leurre politique

Emmanuel Macron by ALDE Party(CC BY-NC-ND 2.0) — CC-BY

OPINION : Macron a prouvé qu’il restait attaché à l’État providence et pratiquement toutes ses mesures n’ont fait que renforcer la chape étatiste qui étouffe la France.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Nombreux étaient ceux qui, en 2017, nous avaient reproché de critiquer trop vite le nouveau président Macron. Selon eux, il fallait attendre pour connaître ses intentions, voir ce qu’il allait faire comme réformes.

À l’IREF, nous avons été très sceptiques dès le début. Le nouveau parti n’était pour nous qu’un siphonnage de l’ancien PS. Les nouveaux politiques, mis en vitrine comme des mannequins de la société civile, n’avaient aucun charisme ni, surtout, aucune idée. À force de vouloir rassembler à gauche et à droite, le nouveau Président a vite dérouté tout le monde : ses opposants mais aussi les électeurs.

En tant qu’énarque, il a prouvé qu’il restait attaché à l’État providence et pratiquement toutes ses mesures n’ont fait que renforcer la chape étatiste qui étouffe la France. Il a centralisé encore plus que ses prédécesseurs.

Il a sans vergogne traité les Français comme des enfants, leur servant, sans vergogne non plus, le baratin de la participation démocratique, cette poudre magique qui permet de détourner l’attention. Bref, Jupiter, c’était Harry Potter à Poudlard. Juste un peu moins doué.

Que reste-t-il d’ailleurs du Grand débat ?

Ce n’était qu’un tour de magie.

Lorsque Macron organise un Grand débat national pour recueillir en direct les doléances des Français, il traite par le mépris les institutions où siègent ceux que les Français ont élus. Que reste-t-il d’ailleurs de ce Grand débat ? C’était un tour de magie.

Lorsqu’ensuite il convoque le peuple – ou du moins un échantillon du peuple tiré au sort, un sort remarquablement complaisant – pour « changer la France » dans une Convention citoyenne pour le climat à grand spectacle, il s’aventure sur le terrain de la démagogie et des promesses intenables. Mais avec dans sa besace le rituel-barrière adapté : chaleureux remerciements, abondance de félicitations, et procrastination.

Le dernier gros gadget, en novembre dernier, c’était le Collectif citoyen sur la vaccination composé de 35 Français eux aussi tirés au sort. Où l’on a vu que l’apprenti sorcier n’avait guère progressé : c’était une idée aussi irréfléchie que dangereuse. La foule des sceptiques s’est agitée de plus belle et tout le monde s’est cru parfaitement capable d’émettre une opinion aussi autorisée que celle de n’importe quel spécialiste. Le président lui-même en convenait ! Puis tout le monde s’est retrouvé Gros-Jean comme devant, les 35 Français les premiers. À quoi ont-il servi ?

À faire croire que… À donner l’illusion que… Que l’avis des Français compte beaucoup pour le Président, plus même que celui des scientifiques. Que les Français sont « responsables » et que le gouvernement agit lui aussi « en responsabilité ». C’est à ce stade que l’illusionniste cède la place au marchand de sable. Le peuple a eu la parole, et pendant que ravi il planchait sur des recommandations qui ne seraient jamais prises en considération, ou si peu, l’État resserrait dans l’ombre les boulons.

Les Français auront certainement droit à davantage de promesses, de dépenses publiques et d’État

Revenons sur le terrain. Les élections de 2022 approchent.

En boudant les élections régionales, les Français ont bien montré qu’ils soupçonnaient quand même quelque part un tour de passe-passe et qu’ils risquaient encore une fois de se retrouver marrons, une expression que le peuple aimait bien autrefois. À quoi bon se déplacer jusqu’au bureau de vote si le pouvoir refait le coup d’un machin citoyen, pourquoi pas une Convention citoyenne de la décentralisation, par exemple ? Ce n’est pas impossible du tout.

Ces initiatives populistes décrédibilisent la démocratie et son fonctionnement. Pourquoi faire confiance aux institutions si elles ne servent plus à rien ? À ce jour, aucun ministre battu aux élections n’a démissionné. Même Richard Ferrand est resté à la tête de l’Assemblée nationale alors qu’il a perdu son siège de conseiller régional en Bretagne !

Quant aux « réformes », il n’est pas certain qu’on en verra la queue d’une avant la fin du quinquennat. Ce n’est pas pour nous déplaire car nous avons montré plusieurs fois leur incohérence et leur manque d’ambition. Retraites, assurance chômage, santé… ce que Macron propose, c’est encore et toujours plus d’étatisation.

Il est probable que, fragilisé par les résultats des élections, il hésitera à lancer, ou même reprendre, de grands chantiers. Au contraire. Les Français auront certainement droit à davantage de promesses, de dépenses publiques d’État. Les élections de 2022 approchent.

Le jeune et dynamique président Macron est devenu un vieux démagogue étatiste. Et le macronisme n’était qu’un leurre politique.

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