Macron est devenu un démagogue étatiste et le macronisme un leurre politique

OPINION : Macron a prouvé qu’il restait attaché à l’État providence et pratiquement toutes ses mesures n’ont fait que renforcer la chape étatiste qui étouffe la France.

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Emmanuel Macron by ALDE Party(CC BY-NC-ND 2.0)

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Macron est devenu un démagogue étatiste et le macronisme un leurre politique

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 10 juillet 2021
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Nombreux étaient ceux qui, en 2017, nous avaient reproché de critiquer trop vite le nouveau président Macron. Selon eux, il fallait attendre pour connaître ses intentions, voir ce qu’il allait faire comme réformes.

À l’IREF, nous avons été très sceptiques dès le début. Le nouveau parti n’était pour nous qu’un siphonnage de l’ancien PS. Les nouveaux politiques, mis en vitrine comme des mannequins de la société civile, n’avaient aucun charisme ni, surtout, aucune idée. À force de vouloir rassembler à gauche et à droite, le nouveau Président a vite dérouté tout le monde : ses opposants mais aussi les électeurs.

En tant qu’énarque, il a prouvé qu’il restait attaché à l’État providence et pratiquement toutes ses mesures n’ont fait que renforcer la chape étatiste qui étouffe la France. Il a centralisé encore plus que ses prédécesseurs.

Il a sans vergogne traité les Français comme des enfants, leur servant, sans vergogne non plus, le baratin de la participation démocratique, cette poudre magique qui permet de détourner l’attention. Bref, Jupiter, c’était Harry Potter à Poudlard. Juste un peu moins doué.

Que reste-t-il d’ailleurs du Grand débat ?

Ce n’était qu’un tour de magie.

Lorsque Macron organise un Grand débat national pour recueillir en direct les doléances des Français, il traite par le mépris les institutions où siègent ceux que les Français ont élus. Que reste-t-il d’ailleurs de ce Grand débat ? C’était un tour de magie.

Lorsqu’ensuite il convoque le peuple – ou du moins un échantillon du peuple tiré au sort, un sort remarquablement complaisant – pour « changer la France » dans une Convention citoyenne pour le climat à grand spectacle, il s’aventure sur le terrain de la démagogie et des promesses intenables. Mais avec dans sa besace le rituel-barrière adapté : chaleureux remerciements, abondance de félicitations, et procrastination.

Le dernier gros gadget, en novembre dernier, c’était le Collectif citoyen sur la vaccination composé de 35 Français eux aussi tirés au sort. Où l’on a vu que l’apprenti sorcier n’avait guère progressé : c’était une idée aussi irréfléchie que dangereuse. La foule des sceptiques s’est agitée de plus belle et tout le monde s’est cru parfaitement capable d’émettre une opinion aussi autorisée que celle de n’importe quel spécialiste. Le président lui-même en convenait ! Puis tout le monde s’est retrouvé Gros-Jean comme devant, les 35 Français les premiers. À quoi ont-il servi ?

À faire croire que… À donner l’illusion que… Que l’avis des Français compte beaucoup pour le Président, plus même que celui des scientifiques. Que les Français sont « responsables » et que le gouvernement agit lui aussi « en responsabilité ». C’est à ce stade que l’illusionniste cède la place au marchand de sable. Le peuple a eu la parole, et pendant que ravi il planchait sur des recommandations qui ne seraient jamais prises en considération, ou si peu, l’État resserrait dans l’ombre les boulons.

Les Français auront certainement droit à davantage de promesses, de dépenses publiques et d’État

Revenons sur le terrain. Les élections de 2022 approchent.

En boudant les élections régionales, les Français ont bien montré qu’ils soupçonnaient quand même quelque part un tour de passe-passe et qu’ils risquaient encore une fois de se retrouver marrons, une expression que le peuple aimait bien autrefois. À quoi bon se déplacer jusqu’au bureau de vote si le pouvoir refait le coup d’un machin citoyen, pourquoi pas une Convention citoyenne de la décentralisation, par exemple ? Ce n’est pas impossible du tout.

Ces initiatives populistes décrédibilisent la démocratie et son fonctionnement. Pourquoi faire confiance aux institutions si elles ne servent plus à rien ? À ce jour, aucun ministre battu aux élections n’a démissionné. Même Richard Ferrand est resté à la tête de l’Assemblée nationale alors qu’il a perdu son siège de conseiller régional en Bretagne !

Quant aux « réformes », il n’est pas certain qu’on en verra la queue d’une avant la fin du quinquennat. Ce n’est pas pour nous déplaire car nous avons montré plusieurs fois leur incohérence et leur manque d’ambition. Retraites, assurance chômage, santé… ce que Macron propose, c’est encore et toujours plus d’étatisation.

Il est probable que, fragilisé par les résultats des élections, il hésitera à lancer, ou même reprendre, de grands chantiers. Au contraire. Les Français auront certainement droit à davantage de promesses, de dépenses publiques d’État. Les élections de 2022 approchent.

Le jeune et dynamique président Macron est devenu un vieux démagogue étatiste. Et le macronisme n’était qu’un leurre politique.

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  • Macron, le despote sans éclairage

  • Il est juste incompétent. Notre gros problème est qu’il ne veut pas l’admettre. Je n’en voudrais pas comme stagiaire.

  • En le réélisant 6 fois, comme dans tant d’autres pays sans liberté, il aura 70 ans un président vieux et gâteux. Pas de pot pour nous.

  • Macron est arrivé de nul part soutenu par des clubs de pensées opaques et a assis son « pouvoir » grâce à une armée de fêlons venant de la droite et de la gauche, attirés par le fromage comme des mouches.
    Tout depuis n’a été qu’illusion et son armée de faire-valoirs n’a pas de réserve. Si les ministres battus démissionnaient par qui les remplacer? Par des « tigres de papier »?
    D’où aussi les manœuvres de diversion par grands débats interposés pour éviter de brûler trop de cartouches…
    D’où peut-être aussi l’entretien de diverses urgences dont la pandémie pour pouvoir justifier d’une action?
    Après pour sauver la face ne reste que l’argent public versé à flot continu pour donner l’image d’un supposé intérêt pour le bon peuple.

    • Macron à été au gouvernement pendant cinq ans. Conseiller puis ministre qui a empêché l’inversion de la courbe du chômage.

      Les Français ont eu cinq ans pour juger les fruits de son travail.

    • A Baudouin DF
      « D’où peut-être aussi l’entretien de diverses urgences dont la pandémie pour pouvoir justifier d’une action? »
      Oui, certainement, en brassant de l’air, il illusionne mais très peu le prenne encore au sérieux.
      Cet exacerbation de l’épidémie permet : 1. un simulacre d’empathie et de dévouement envers la population ; 2. d’occulter les vrais problèmes (dette abyssal, insécurité, etc…) ; 3. d’agir en catimini en faveur de lois liberticides afin de mater « les gaulois réfractaires » pour étouffer les risques de sédition… et assurer « sa sécurité » !

  • Gauche + droite + vert = papa pool

  • On n a que ce qu on mérite. Le peuple obéit
    Le président le sait. La problématique n est pas Macron qui nous le savons brille par son incompétence mais plutôt quel est l homme qui peut mater la bureaucratie. Pour le moment à ma connaissance aucune démocratie n y est arrivée

  • Macron n’est qu’un pion survendu par une certaine « élite »…
    Il est totalement remplaçable en 2022, les clones ne manquent pas

  • « Macron est devenu un démagogue étatiste « : il n’a jamais été autre chose !

  • « Bref, Jupiter, c’était Harry Potter à Poudlard. Juste un peu moins doué. »

    Euh ! Pour les baguettes magiques je veux bien, mais pour le personnage ?

    C’est plutôt exactement le contraire : Harry Potter est un anti-héros et un héros malgré lui. Il faut qu’on le pousse dans le dos pour qu’il s’impose comme leader, alors qu’il est le seul à savoir ce qu’il faut faire.

  • Article rafraichissant !!!! Mais une fois le constat posé qui parmi les candidats plus ou moins déclarés pour le remplacer ????

    • Personne.
      D’une part,parce que tant qu’on vote pour une personne, on ne vote plus pour des idées. Et d’autre part, parce que les français suceront jusqu’a la moelle tout ce que le système peut leur offrir jusqu’a son effondrement.

  • De Gaulle avait senti la possible débâcle après lui. Trop de pouvoir et de privilèges c’est favoriser la convoitise que la personne humble et soucieuse, état assez rare, fuit.

  • Plutôt d’accordavec vous sur le principe des conventions. Inutiles, dévalorisantes et orientées par leurs guides…
    Par contre deux points sur lesquels je suis sceptique.
    Le premier, c’est le fait que quelqu’un doive démissionner si il perd une élection. Le Ferrand, par exemple, il a un poste à l’assemblee mais il se présente aux régionales. Les deux sont probablement des postes à plein temps pour le commun des mortels, mais pas pour eux…alors pourquoi devrait-il démissionner de son mi-temps quand il n’a pas décroché le second mi-temps?
    Et deuxièmement, encore une théorie sur l’abstention…pensez-vous vraiment que le français moyen s’est rappelé de ces commissions avant d’aller à la pêche un jour de vote ? Non il s’en fout juste car qui voit une différence dans sa vie grâce aux régions. Quelle différence entre une région de droite et de gauche ?

  • Ce qui m’inquiète le plus, c’est que de tous les « rois fainéants » ou du Zebulon qui l’ont précédé, Macron semblait le plus allant pour faire bouger les lignes…
    Je crains que le vrai pouvoir soit en réalité aux mains d’une technostructure qui n’a absolument pas envie de changements trop impactants.

  • Dés le départ tout était faux. Au fil des interview il se disait socialiste, puis affirmait le contraire, rien n’étant décanté comme chez bon nombre d’ado. Normal chez ces derniers, ils construisent leur personnalité. Mais pour un prétendant à l’Elysée le « sans conviction » à ce point fait plutôt amateur ! In fine il proclamait ainsi son immaturité, avec comme programme : ni de droite, ni de gauche (gouverner comment ?) ; mettons la République en marche (vers quoi ?) ; penser printemps (lequel?)
    Résultats 4 ans plus tard : un gouvernement chaotique marchant vers le désastre aboutissant à la paupérisation quasi générale !

    • la seule chose positive a son crédit c’est qu’il a fait imploser ce qu’on jugeait de droite ou de gauche et qu’on se rend compte qu’ils sont tous encartés à la même chose le socialisme puant.

  • y’az surement des libéraux de ce forum qui ont voté pour lui, les fameux csp++++++++++ (en connerie)

  • Maintenant, après son allocution télé de ce lundi 12 juillet, nous avons la certitude que la France vient de basculer dans la dictature « sanitaire ».
    Les gens sont discriminés selon la vaccination ou pas : interdiction de sorties, de restaurants, de voyager… Et bientôt une « seringue jaune » cousue sur le revers de vos vestes ?
    Et quoi ensuite ? interdiction de travailler, d’avoir un commerce, d’acheter une maison ?
    Il vient de détruire les Droits Naturels et IMPRESCRIPTIBLES !!!

  • « est devenu » ? Cela n’a jamais été autre chose.

    Passé trente ans, il faut être un sacré gogo pour y croire à chaque nouvel « homme providentiel ».

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