Après la convention Climat, la convention vaccin ?

A man is getting an injection with a syringe at hospital By: Marco Verch Professional Photographer - CC BY 2.0

Comme pour la convention climat, l’exécutif a créé un organisme d’apparence démocratique pour « juger » des résultats d’une campagne qu’il a lui-même lancée.

Par Frédéric Mas.

C’est aujourd’hui que 35 citoyens tirés au sort devraient être désignés pour participer au collectif voulu par Emmanuel Macron pour contrôler la mise en place de la vaccination contre la covid-19 sur tout le territoire français. Le président de la République l’avait annoncé dès le 24 novembre lors d’une de ses allocutions, et le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal l’a confirmé lors d’un entretien donné au journal Le Parisien.

Selon monsieur Attal, le collectif pourra « poser toutes les questions, faire toutes les observations et interpeller Olivier Véran ou le professeur Alain Fisher » sur la vaccination et la crise sanitaire.

La première réunion du groupe se tiendra le 16 janvier, et selon les termes du Conseil économique et social, son but sera de « nourrir le pouvoir exécutif et législatif, afin d’ajuster les réponses qui doivent être apportées aux Français », comme le rapporte France Info.

Une nouvelle parade en matière de communication politique

Après le début catastrophique de la campagne de vaccinations, le gouvernement choisit donc de recourir à une technique de communication comparable à celle adoptée au moment de la crise des Gilets jaunes ou de l’échec des municipales.

Comme pour la convention climat ou la grande consultation afin de déterminer ce qu’il était possible de retenir de la crise des Gilets jaunes, l’exécutif a créé un organisme d’apparence démocratique pour « juger » des résultats d’une campagne qu’il a lui-même lancée.

Il est difficile de ne pas voir dans ce groupe « tiré au sort » une sorte d’échantillonnage statistique mis à la disposition de notre classe bureaucratique afin de reprendre contact avec un pays qu’elle ne connait plus qu’abstraitement.

En démocratie libérale, c’est le jeu des pouvoirs et des contre-pouvoirs consigné au sein d’une Constitution écrite qui permettent normalement de faire vivre le débat public, et non des officines créées ex-nihilo par le pouvoir exécutif pour justifier sa politique.

L’action du gouvernement est classiquement soumise au contrôle du Parlement, et la création d’un énième comité « indépendant », comme ce fut le cas pour décider en matière climatique, masque mal l’hégémonie présidentielle y compris au sein d’un Parlement réduit au rang de chambre d’écho du gouvernement.

 

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