Grève des soignants : colère noire d’une blouse blanche

Médecine (Crédits : Adrian Clark, licence CC-BY-ND 2.0)

OPINION : le « j’accuse » d’un médecin qui a vu le système de santé détruit par les élites bureaucratiques.

Par Bernard Kron.

Dire la vérité dans le livre Blouse Blanche colère noire aurait dû déranger les élites au pouvoir mais il ne s’est rien passé et les manifestations des soignants reprennent de plus belle.

Nos gouvernants n’ont jamais tenu compte de l’avis des soignants. Trop de lits hospitaliers ont été fermés au prétexte de rentabilité. C’est la politique du flux tendu mise en place depuis les ordonnances de 1996 et les lois santé successives.

Grève des soignants : contre la destruction du système de santé

Cet essai dénonce l’effroyable destruction de notre système de santé. Elle atteint maintenant des sommets avec la troisième vague de la Covid. L’hôpital sombre dans l’incapacité à soigner les pathologies non urgentes autres que la Covid, obligeant la déprogrammation de 40 à 80 % de la chirurgie.

Notre système de soins était pourtant le meilleur des pays de l’OCDE et la chirurgie française à la pointe du progrès. La french revolution, la fameuse cœliochirurgie, sans ouverture et télévisée, mise au point par des chirurgiens français d’élite, faisait l’admiration de tous. Malheureusement le système s’écroule, paralysé par son administration totalement aveuglée par les déficits.

Je blâme le législateur d’avoir donné tous les pouvoirs aux directeurs et d’avoir transformé l’hôpital en une entreprise soumise à la dictature de son administration.  La tarification à l’activité, la « T2A » dont notre Premier ministre Jean Castex fut le promoteur, les lois HSPT Bachelot et Santé de Touraine ont fait ainsi de l’hôpital une « entreprise de production de soins à flux tendu», contrôlée par les agences. La nécessité de disposer de lits pour faire face à des événements exceptionnels comme l’épidémie du Covid a démontré l’échec d’un tel système.

Impréparation scandaleuse

La mortalité en France lors de cette pandémie est plus importante que dans de nombreux pays, conséquence d’une impréparation totalement scandaleuse. Les agences de santé n’ont pris aucune mesure pour pallier la pénurie d’infirmières et de médecins réanimateurs, rendant difficile la prise en charge des malades non Covid.

10 000 oxygénateurs auraient dû être commandés pour ventiler les malades et éviter la mise en réanimation grâce aux nouveaux traitements : corticothérapie et  anticoagulants. Les internes sont épuisés, cinq se sont suicidés depuis le début de l’année et ils se mettent en grève.

Les directeurs hospitaliers harcèlent les soignants avec leurs circulaires et leur réunionite ! En conséquence beaucoup démissionnent, ce qui paralyse encore plus l’hôpital. Nos brillants penseurs n’avaient pas profité de la trêve estivale pour  muscler l’hôpital en recrutant massivement des soignants.

Le personnel est maintenant épuisé et faute de lits de réanimation les interventions chirurgicales non urgentes sont annulées en grand nombre comme lors de la première vague. Ce qui multipliera les morts en particulier pour les cancers. C’est une infamie.

Contre les médecins libéraux

J’incrimine la pensée unique des énarques :

Combattre les médecins libéraux pour freiner les dépenses de la santé.

Après avoir tué les cliniques privées indépendantes, la médecine libérale se trouve maintenant menacée. Les hautes sphères de la santé sont responsables de la pénurie de masques orchestrée par les plus éminents d’entre eux qui nous ont menti. Cette pénurie est contraire au principe de précaution inscrit dans la Constitution. Elle a coûté beaucoup plus cher que les économies envisagées par les tutelles en ne les stockant plus.

Des plaintes ont été déposées par des familles endeuillées par la Covid et choquées par des mensonges éhontés :

Les masques ne servent à rien et l’hydroxychloroquine est un poison dangereux […] Restez chez vous et prenez du paracétamol ou appelez le 15.

On ne soignait plus, on attendait ! Les malades étaient transférés en urgence quand ils étouffaient. Près de la moitié de ceux qui étaient transférés en réanimation allaient mourir car pris en charge trop tard pour être traités.

La trahison de la médecine

Je reproche à l’Université et à ses doyens d’avoir trahi la médecine en acceptant un simulacre de réformes des études de médecine. Les associations d’étudiants et les internes l’ont dénoncé. La suppression du numerus clausus est une réforme en trompe-l’œil car le nombre de postes à l’internat est resté inchangé, aux alentours de 8500.

En conséquence 80 % des étudiants admis au portail santé devront être réorientés. Les moins doués deviendront des « officiers de santé» pour repeupler les déserts. C’est un mirage qui va enflammer les étudiants !

Les responsables de cette situation devraient être couverts de honte pour leurs essais thérapeutiques randomisés qui ont fait flop. Ils ont cru le journal The Lancet qui affirmait la toxicité de l’hydroxychloroquine. Cet article était un faux, truqué et bidonné. L’article a été rétracté par ses auteurs mais le mal était fait. C’est encore un scandale, ce médicament est resté interdit en France.

Ceux qui critiquent « la vérité » des politiques sont traités de complotistes, mot utilisé par ces élites qui nous gouvernent et nous mentent.

Éric Zemmour déclarait lors d’une interview :

C’est l’arme suprême du politiquement correct lorsqu’il est attaqué, contesté, déconstruit. Le mot qui interdit toute analyse iconoclaste, qui regarde ce qu’il y a derrière le rideau du discours dominant.

N’ayant plus d’autorité faute de compétence, les politiques agissent par autoritarisme et décrets au lieu d’agir avec bon sens.

Dans cet ouvrage je dénonce l’État profond, c’est-à-dire ses conseillers et ses hauts fonctionnaires qui paralysent les bonnes réformes et les soins. Ils ont voulu abattre les élites de la médecine en supprimant les concours et diviser les médecins pour mieux les soumettre. Ils ont multiplié les normes, les conventions et promulgué quatre lois santé scélérates et destructrices en moins de 20 ans.

La lutte des soignants ne se limite plus à la seule maladie. Celle contre les tutelles de l’État qui nous empêchent de soigner est tout aussi pernicieuse. Ce n’est pas avec une maison délabrée et sur des fondations fissurées que l’on pourrait réussir à reconstruire un système qui s’écroule. Cet édifice sinistré ne supporterait pas que l’on ajoute de nouvelles mesures contraignantes. Celles envisagées dans le Ségur et par la nouvelle Loi Ma Santé 2022 vont malheureusement dans cette direction. Un Big Bang de réformes s’impose.

Je démontre dans mon livre quelle direction il faudrait suivre pour que la santé remarche sur deux jambes solides. La fonction hospitalière doit être renforcée et la  médecine libérale libérée, grâce au retour de l’élitisme lors des études médicales. On ne devrait plus avoir besoin de cette administration et de toutes ces agences qui paralysent les soins.

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