Pass sanitaire, une mesure liberticide

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Le pass sanitaire voulu par le gouvernement est adopté par l’Assemblée nationale. C’est la mesure liberticide de trop.

Par Adnan Valibhay.

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.

Cette citation apocryphe de Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis, illustre avec minutie la tragédie du pass sanitaire. L’Assemblée nationale l’ayant finalement adopté le 12 mai, il sera désormais loisible au pouvoir exécutif de subordonner l’accès à certains lieux à un test négatif au Covid-19 ou à un certificat de vaccination.

Concrètement, cette mesure aboutit à créer une discrimination entre les Français selon qu’ils aient été ou non vaccinés, tant il semble évident que chacun ne pourra perdre son temps à réaliser un test PCR. La liberté des uns, celle de ne pas se soumettre au pouvoir politique, est donc sacrifiée pour la sécurité des autres, ce qui est problématique.

Pass sanitaire : sans liberté, il n’y a rien dans le monde

Dans le tome IV de ses Mémoires d’outre-tombe Chateaubriand ajoute :

Sans la liberté il n’y a rien dans le monde.

Or ce sont précisément des libertés parmi les plus fondamentales dont il s’agit et qui sont savamment mises en péril depuis plus d’un an par le pouvoir exécutif.

Des confinements aux couvre-feux successifs, en passant par la fermeture des commerces dits non essentiels, jusqu’à cette très récente mesure, ces derniers mois ont été parmi les plus liberticides que la France a jamais connus, si bien qu’il y a quatre mois, Gaspard Koenig évoquait dans ce même journal  « des années de vie prolongées » contre les « années de vie gâchées » par les mesures de restriction.

Tous égaux dans le malheur

L’époque que nous vivons est bien curieuse.

Pour sortir de chez soi au-delà d’une certaine heure il est désormais nécessaire de compléter, souvent bien hypocritement, une attestation, faute de quoi l’on s’exposerait à une amende de 135 euros. Pour simplement prendre l’air, pour s’évader quelques instants de sa routine domestique, le port du masque est également requis. Telles sont les concessions, tout à fait non exhaustives, auxquelles ont consenti les Français.

Ces mesures sont, en toute hypothèse, injustifiables. La vie ne se résumant pas à sa seule dimension biologique, elles mettent sous silence toutes ses autres facettes. Ainsi sont nombreuses les occasions de vivre pleinement que chacun a raté au cours de ces derniers mois, les réjouissances comme les déceptions s’étant faites au gré des politiques de restrictions.

La solution retenue a été de contraindre toute la population sans même qu’elle ne soit réellement mise en danger dans son ensemble. La démocratie étant une marche forcée vers l’égalisation des conditions comme l’écrivait Tocqueville, jamais auparavant les Français n’ont été aussi égaux dans le malheur de voir leur vie réduite à une simple subsistance matérielle tant les drames se sont multipliés.

Lors du premier confinement, des familles ont été privées des obsèques de leurs proches. Les religieux n’ont pas pu célébrer leurs offices. Un étudiant sur six a abandonné ses études. Les entreprises ont vu leurs activités réduites à néant. Le déficit public a atteint des sommets.

Et maintenant que le soleil se lève enfin pour laisser place à l’aurore, les Français vont voir une nouvelle fois leurs libertés bafouées avec ce pass sanitaire.

Article publié initialement dans Les Échos.

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