De la crise sanitaire à l’élection présidentielle : stop à l’antilibéralisme !

Marine_Le_Pen_(2017-03-24)_01 by The Russian Presidential Press and Information Office on Wikimedia Commons — Marine_The Russian Presidential Press and Information Office, CC0

La gestion française de la pandémie démontre que mépriser l’initiative privée et le principe de subsidiarité explique le déclassement de notre pays. Il faudrait davantage penser au confinement de l’État qu’à celui des citoyens.

Par Jacques Garello et Jean-Philippe Feldman.

La France s’est toujours distinguée par un antilibéralisme foncier, mais la crise sanitaire a encore exacerbé ce trait distinctif.

Pourquoi tant d’antilibéralisme ?

Tout d’abord, quelques intellectuels en cour et certains hommes politiques ont fait de la mondialisation la cause de tous nos maux. C’est elle qui aurait, sinon créé, du moins propagé le virus. Un virus qui a pourtant surgi de l’un des pays les plus antilibéraux de la planète : la Chine !

Ensuite, on a dû se rendre à l’évidence : l’État providence le plus développé au monde, notre modèle social n’ont pas fait le poids. La forfanterie de nos gouvernants n’a pu masquer l’incurie de nos hôpitaux publics, l’inefficacité de notre ancestrale centralisation, l’incompétence de notre bureaucratie, la pesanteur de notre fonctionnarisme. Mais on a alors accusé le libéralisme d’avoir mené ces dernières années des réformes délétères pour nos services publics et notamment d’avoir paupérisé nos hôpitaux publics au nom de la rigueur budgétaire. Et ce alors même que les budgets de l’État sont en déficit chaque année depuis un demi-siècle et que les dépenses de santé en termes de PIB sont similaires à celles d’une Allemagne qui s’en sort beaucoup mieux !

La troisième salve est peut-être la pire. Elle provient de personnalités qui se proclament libérales ou qui sont qualifiées comme telles par les médias. Non seulement l’intervention de l’État tous azimuts durant la pandémie est alors chaudement saluée par ces libéraux putatifs, mais encore doit-elle s’affirmer, fût-ce différemment, dans le « monde de demain » avec le « retour » de l’État, l’État stratège ou encore l’État protecteur. Il y a ici coupable confusion avec le néolibéralisme, idéologie dont on oublie qu’elle a été inventée dans l’entre-deux-guerres par des intellectuels qui rêvaient de dépasser le libéralisme classique au nom d’une nouvelle mouture de troisième voie qui ne disait pas son nom.

L’élection présidentielle approche, le procès du libéralisme fait son retour

 

Comme il fallait s’y attendre, la perspective de l’élection présidentielle de 2022 relance le procès en sorcellerie du libéralisme. Marine Le Pen, orfèvre en la matière, a mis en cause l’ultralibéralisme des autorités bruxelloises. Ce qui viendrait à considérer que la dirigeante du Rassemblement national n’est pas libérale et pourtant François Ruffin vient de la qualifier de « variante du libéralisme à visage raciste ». Quant à Jean-Luc Mélenchon, s’il voit dans Marine Le Pen une conservatrice, il n’en stigmatise pas moins la « droite ultralibérale macroniste »…

Aux adeptes des amalgames plus ou moins intéressés, aux pirates et autres corsaires du libéralisme, il semble qu’il soit nécessaire de rappeler quelques vérités premières.

Le libéralisme est un vaste mouvement de libération de l’individu et de méfiance corrélative envers le pouvoir, quel qu’il soit. Historiquement, on lui doit l’émancipation des Hommes comprimés par leurs clans, la tolérance face à tous les fanatismes, la protection des droits contre les esclavagistes de tous poils.

Il s’est toujours opposé avec virulence à la croissance de l’État et à la puissance de ses affidés, conséquemment à la démesure de la sphère publique et des prélèvements obligatoires. Soutenir le contraire, fût-ce par ignorance, au nom d’un prétendu libéralisme relève purement et simplement de l’escroquerie intellectuelle.

La gestion de la crise sanitaire en faveur du libéralisme

Bien au contraire, la gestion française de la pandémie démontre que le fait de mépriser et l’initiative privée et le principe de subsidiarité explique le déclassement de notre pays. En ce sens, on devrait plus penser au confinement de l’Etat que des citoyens.

Enfin et non le moindre, l’ignorance ou la caricature du libéralisme traduit le vide sidéral de la vie politique française : au nom d’un empirisme qui excuse toutes les incohérences il y a rejet de toute doctrine profonde, surtout si elle prône de réformer pour libérer. Les citoyens finissent par rejeter la classe politique et les partis sans âme ou par adhérer à des idéologies liberticides.

Le plus grand intellectuel libéral du XXe siècle, Friedrich Hayek, citait avec bonheur Confucius :

Lorsque les mots perdent leur sens, les hommes perdent leur liberté.

Attention aux apprentis sorciers du « néolibéralisme » et à tous ceux qui font des amalgames pour discréditer le véritable libéralisme !

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