La vaccination, nouvelle faillite de l’État stratège

Photo by Hakan Nural on Unsplash - https://unsplash.com/photos/niBllet7sTw — Hakan Nural ,

Qu’il fallait être naïf pour croire que l’État, après la pénurie de tests, de masques, de gel hydroalcoolique, de lits de réanimation puisse générer l’abondance vaccinale !

Par Patrick de Casanove.

Pour justifier sa politique totalitaire il faut que l’État trouve des raisons qui convainquent une majorité de la population.

La peur en est le point commun.

Justifier l’injustifiable

La surcharge hospitalière et des services de réanimation est la raison avancée depuis un an (mais surtout pas corrigée !) La politique de contrainte est étayée par des simulations apocalyptiques jamais corroborées par les faits.

Beaucoup ne raisonnent plus à partir de la réalité, mais à partir d’extrapolations algorithmiques démenties par la vraie vie. Une simulation sert de référence à une autre, la conclusion flotte dans l’éther, le tout sert à imposer des mesures liberticides bien réelles.

D’autres raisons sont apparues plus récemment. Le « variant anglais » et le retard vaccinal causes de morts supplémentaires.

Quand effrayer la population réussit trop bien

Pour faire plier la population il faut qu’elle ait peur.

Le seul paramètre de gestion en France est la Covid. Depuis quelque temps, le marqueur principal est le nombre quotidien de tests positifs. C’est très limité, mais leur nombre permet d’effrayer la population.

En vérité cela ne représente que les gens positifs à un test. Cela ne correspond pas à ceux réellement contaminés et encore moins aux malades ou contagieux.

Il faut le répéter, le test RT-PCR, celui qui fait référence, n’est pas un test diagnostic. C’est une technique de laboratoire pour multiplier un bout d’ARN que l’on est allé pêcher au fin fond des fosses nasales.

Le test ne dit rien sur la présence ou non du virus vivant parce que son CT (Cycle Threshold) est inconnu et qu’il n’y a pas de validation par culture. La charge virale est inconnue.

Si l’on ajoute les morts, en prenant garde de ne pas les analyser, et les lits de réanimation occupés, c’est la panique assurée.

La vaccination dernière panacée

C’est là qu’intervient la vaccination. Beaucoup de personnes, (médecins, journalistes, politiques, « influenceurs » etc.) ne jurent plus que par le vaccin. Elles sont certaines que la vaccination massive, voire totale de la population est la solution pour sortir de la crise.

Elles occultent le fait que la vaccination n’est qu’un moyen de protection de plus, imparfait comme d’autres. Elles occultent le fait qu’il existe beaucoup d’incertitudes et de zones d’ombre sur cette vaccination.

Elles occultent le fait que, si la doxa est qu’il faut diminuer le nombre de contaminations, le bons sens voudrait que l’on veille à diminuer le nombre de complications, cas graves et décès. Ce qui n’est pas lié. Travailler l’immunité naturelle a une place. Soigner précocement a une place.

En résumé une grande partie de la population, très inquiète, espérait le vaccin avec une impatience grandissante. Elle attendait une vaccination de masse.

Vaccination : la réponse à côté de la plaque

L’État est passé complètement à côté de cette attente qu’il a lui même suscitée. À cause de cette réponse inadéquate, la politique vaccinale est sur la sellette. L’État est pris à son propre piège.

La stratégie en cinq points définie par la HAS n’est pas une stratégie pour vacciner rapidement les foules. « Cette stratégie induisait nécessairement un démarrage lent, alors pourtant que de nombreux Français qui croient aux vaccins n’attendent qu’une chose : que cela aille vite. En termes d’image, un tel choix était ainsi mauvais politiquement. »

C’est une stratégie de gestion de pénurie. Elle accorde les doses de vaccin en commençant par les personnes les plus fragiles. Elle a été établie d’après « le calendrier prévisionnel de livraison de doses de vaccin ».

Les trois premières phases étant d’ailleurs reconnues phases « critiques d’approvisionnement ». L’État connaissait donc les difficultés d’approvisionnement. Il a choisi de les prendre en compte en rationnant.

Paradoxalement, dans son discours, l’État incitait les gens à se faire vacciner en grand nombre, même les personnes sans indication vaccinale. Sa propagande laissait entrevoir des dizaines de millions de doses disponibles.

Ainsi conçue, cette stratégie ne pouvait pas donner de résultats comparables à ceux de pays ayant choisi, d’emblée, de vacciner massivement. Comme il fallait s’y attendre la comparaison a été immédiatement faite et l’État français s’est retrouvé accusé d’incurie.

La déroute de l’État stratège

Or donc, comme il fallait s’y attendre, l’État a encore foiré. Remette en cause la seule stratégie vaccinale ne suffit pas. C’est le principe même de l’État stratège qu’il faut contester. Dans et hors de la gestion de la Covid.

Il fallait être naïf pour penser que l’État qui, depuis des années, cumule les échecs dans sa gestion de la France puisse réussir.

Il fallait être naïf pour croire que l’État, après la pénurie de tests, de masques, de gel hydroalcoolique, de lits de réanimation puisse générer l’abondance vaccinale.

Il fallait être naïf pour imaginer que l’État qui a transformé la Covid, une épidémie, en désastre sanitaire, économique, humain et social puisse réparer la catastrophe qu’il a engendrée.

L’État stratège c’est une politique de vaccination monomaniaque et à tout prix où il a été confondu vitesse et précipitation. Les politiciens et les technocrates n’ont aucune idée de ce qu’est une entreprise ni une chaîne de production. Ils confondent prise de décision et réalisation, intention et résultat.

Les laboratoires ne sont peut-être pas tout blancs mais, mis sous pression par les politiciens, les médias, les réseaux sociaux, ils ont acquiescé à tous les desiderata étatiques, même s’ils les savaient irréalisables en pratique. Ils ont toutefois pris soin de protéger leurs arrières, ce qui, vu de leur côté, est de la bonne gestion.

L’État stratège c’est la fermeture de lits hospitaliers qui continue malgré la pandémie. « Ces suppressions de lits passent par des décisions du Copermo, pour  Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins ». Ce sont des fermetures administratives décidées par une Autorité centrale hors sol. C’est irrationnel… sauf s’il faut entretenir la peur de la surcharge hospitalière…

L’État marche sur la tête. Suite à la Berezina qu’a été sa prise en charge de la Covid, l’État persiste dans la voie de la centralisation. Il a sorti la planification de la naphtaline. Le 1er septembre 2020 a été créé un Haut-commissariat au plan.   François Bayrou en a été nommé Haut-commissaire.

La planification n’a jamais été un succès. En réalité ce n’est que la formalisation de l’étatisme français. Le risque est que le Haut-commissariat veuille justifier son existence. S’il est vraiment actif il sera alors très coûteux et très nocif. S’il est un hochet pour François Bayrou ou un gadget dont l’objectif réel est de préparer la réélection de Macron, il sera toujours coûteux mais moins nocif.

L’État stratège n’est pas connecté au réel. Il est une illusion. Il n’est pas possible de définir une stratégie pertinente à partir d’un petit nombre d’informations sélectionnées dans un but précis sur un temps donné. L’État stratège suit sa logique propre, c’est-à-dire conserver le pouvoir, gagner la prochaine élection. L’État sert l’État.

L’État stratège c’est un minimum d’informations biaisées, un maximum de pouvoir. Nous avons aujourd’hui en France la quintessence de l’État stratège : un seul homme entouré d’un Politburo. Cela n’existe dans aucun autre pays européen. C’est une centralisation totale des pouvoirs. Les décisions de l’Autorité centrale sont sans appel.

Demain la vie

Le Rapporteur de la Commission des Lois fait un lien entre, le retard vaccinal, et la prorogation de l’état d’urgence sanitaire qui laisse le champ libre à un éventuel confinement.

« La vaccination progresse – […] elle n’avance certainement pas à un rythme permettant de nous faire espérer que le déploiement du vaccin, […] suffira pour enrayer la dynamique de cette épidémie.

Je suis donc obligé de vous le dire, bien sûr à regret, notre responsabilité est bien d’accepter la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. »  Philippe Bas, Rapporteur de la Commission des Lois.

Une déconfiture étatique sert à justifier la coercition étatique, alors qu’elle devrait inciter à réclamer moins d’État. C’est le monde à l’envers. Il faut en sortir.

À l’opposé de l’État stratège qui nous mène à l’apocalypse il y a l’Homme libre, propriétaire et responsable. Il y a la liberté économique qui va bien au-delà de l’économie. Il y a la fin des mesures liberticides. Il y a une prise en charge médicale de l’épidémie. Il y a la vie.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.