Comment faire des entreprises françaises des championnes mondiales

Neuf réformes indispensables au dynamisme économique du pays. Le point de vue d’un entrepreneur engagé.

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Comment faire des entreprises françaises des championnes mondiales

Publié le 14 avril 2021
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Par Claude Goudron.

Après neuf articles consacrés aux freins à l’entreprise en France, voici venu le moment de présenter, sur la base de mon expérience de terrain, ce que devraient être les réformes indispensables afin de retrouver un environnement fiscal et normatif optimal permettant aux entreprises françaises de rejoindre le peloton de tête européen, voire mondial.

L’entreprise industrielle est une priorité absolue. Elle est indispensable à une économie moderne et prospère.

Ce n’est pas un parti pris de ma part si j’insiste sur ce point, même si l’entreprise de fabrication d’échafaudages aluminium que j’ai créée il y a bientôt 50 ans relève du  domaine industriel.

L’erreur fondamentale de la France est d’avoir tablé uniquement sur l’économie de service, oubliant que l’industrie en est le principal client. La pénurie de productions cruciales en 2020 nous apporte la démonstration de cette erreur stratégique.

Ma première prise de conscience de cette erreur a été lorsque j’ai désiré ajouter à mon catalogue une gamme d’échelles ; j’ai alors constaté qu’un fabricant allemand me proposait des produits au coût inférieur à mon prix de revient, alors même qu’ayant déposé un brevet réduisant le coût de fabrication il aurait dû me rendre plus compétitif.

Il existe donc bien d’autres motifs au manque de compétitivité du pays. Voici les remèdes indispensables à prescrire d’urgence.

Revoir la fiscalité de l’entreprise

Pour nos gouvernants l’entreprise est devenue la vache à lait ponctionnable à outrance. Le résultat est connu : ne pouvant plus être compétitive elle disparaît ou s’exile.

Avant de mener les réformes indispensables il est important de bien définir quelles sont les taxes relevant, ou pas, de sa compétence. Il convient donc de procéder à la suppression :

En effet, l’entreprise ne doit pas se substituer à l’État. C’est à lui de présenter la note au contribuable qui sera alors en mesure d’en évaluer le coût et surtout l’opportunité compte tenu du rapport prix/service rendu.

Seule la somme des prélèvements obligatoires est à prendre en compte pour situer une entreprise par rapport à ses concurrents. En effet, supprimer une taxe puis en ajouter d’autres un peu plus tard ne présente aucun intérêt.

Il faut immédiatement appliquer une baisse de 50 % des charges sur l’entreprise. Un simple calcul permet de démontrer que rapidement les rentrées pour l’État resteraient identiques : le pays ayant perdu plus de la moitié de ses industries en 20 ans à cause de cet excès de charges, leur diminution permettrait de retrouver les performances passées, accompagnées de la création des emplois perdus, et donc d’un plus grand nombre de cotisants. Et le coût du chômage en serait fortement diminué.

Il est indispensable de diminuer les impôts de production en les rapprochant de ceux de l’Allemagne et les intégrer à l’impôt sur les sociétés dont la part équivalente serait transférée aux régions.

Ces mesures permettraient de dégager des marges suffisantes pour investir dans les technologies plus performantes et de résoudre le problème de fonds propres dont souffrent une majorité d’ETI, PME et TPE françaises.

Valoriser la recherche et le financement des nouvelles technologies

Avec 2 % du PIB pour la recherche la France est très en retard sur ses voisins et manque d’universités privées axées sur la recherche industrielle (70 % en moyenne européenne contre 50% en France)

Il faut donc moderniser notre système, mieux rémunérer les chercheurs, et surtout écarter une administration trop présente et chronophage qui découragent les meilleurs éléments.

Une collaboration public/privé dans la recherche doit également être favorisée pour une meilleure efficacité.

Privatiser l’URSSAF

Le statut actuel de l’URSSAF est obsolète. La privatiser lui donnera un rendement beaucoup plus efficace, une gestion moderne et surtout le sens des réalités qui lui manque actuellement cruellement.

Une centaine de milliards d’euros peut être facilement économisé sur 500 milliards de budget, et ceci tout en disposant d’un service de meilleure qualité.

Suppression de normes et de décrets

La France compte 400 000 normes et décrets, contre 80 000 pour l’Allemagne. Il n’est pas difficile de savoir lequel de ces deux pays fonctionne le mieux.

Normes et décrets sont le carburant de l’administration française. Pour en réduire le nombre, la première mesure à prendre est donc de limiter drastiquement le nombre de fonctionnaires que j’estime à 2 000 000 : supprimer 500 000 postes en cinq ans et faire travailler les autres autant qu’un fonctionnaire allemand.

Cette baisse réduira la proportion de services administratifs tout en conservant le même nombre de personnels opérationnels dont les tâches administratives seront réduites.

Il convient de faire un tri des textes obsolètes parmi le stock de normes et décrets et appliquer une règle simple : pour tout nouveau texte, en supprimer trois anciens.

Les ratés administratifs à répétition dans la gestion du Covid ont fait prendre conscience aux Français de l’urgence à réformer notre administration.

Supprimer le Code du travail et les conseils de Prud’hommes

Supprimer ou réduire le Code du travail à une centaine de pages représente déjà 11 000 décrets de moins.

L’URSSAF disparaîtra avec sa privatisation tout comme le conseil des Prud’hommes, faisant faire des économies substantielles et permettant une meilleure organisation de la justice, plus homogène.

Ces économies réalisées pourraient être transférées au budget de la justice comme institution, dont nous savons qu’il est sous-dimensionné.

Réformer le syndicalisme

Même pendant la pandémie certains syndicats continuent la lutte des classes. Le syndicalisme en France trouve sa source dans les heures de gloire du communisme. Il est grand temps de le réformer pour le rendre plus constructif et efficace.

Qu’il soit ouvrier ou patronal, un syndicat ne doit vivre que de ses cotisations afin d’être indépendant et représentatif.

Les dérives de la CGT ne sont plus à prouver. Malgré un taux de syndiqués de plus en plus faible, elle est devenue une machine de guerre alimentée par des fonds considérables accumulés depuis sa création. Elle est maintenant à la tête de nombreux comités d’entreprises coûteux pour ces dernières et fructueux pour leurs gestionnaires.

Nommer un ministre des PME

Pierre Dreyfus est le dernier ministre de l’Industrie du gouvernement Mauroy. Depuis, cette fonction est rattachée à d’autres ministères.

Il faut un ministre de l’Industrie à temps complet avec à sa tête un industriel, si possible ayant travaillé en PME, car lui seul en connaît les besoins et saura supprimer les multiples contraintes souvent idiotes imposées par des hauts fonctionnaires n’ayant jamais géré une entreprise et n’en connaissant pas les problématiques.

Mettre en place un Small business act

Le Small Business Act est une loi votée aux États Unis le 30 juillet 1953 qui facilite l’accès des TPE et PME aux marchés publics en leur réservant entre 23 et 40 % des achats.

Elle donne également le pouvoir de bloquer une loi si elle leur porte préjudice.

Il en a été question en France lors d’une réunion organisée par notre député Damien Meslot à Belfort. Mme Lagarde, ministre du gouvernement de Dominique de Villepin, à laquelle je proposais déjà à l’époque de s’inspirer des mesures Hartz m’a répondu : « Nous avons mieux, nous préparons une SBA… à la française ».

Finalement c’était bien à la française puisqu’elle n’est jamais sortie.

Alors pourquoi pas, 68 ans après les Américains, créer notre SBA mais surtout pas… à la française ?

Associer l’entreprise aux programmes scolaires

Jusqu’à la fin du secondaire il est assez logique de privilégier l’instruction générale même si quelques heures de sensibilisation à l’économie et au marché du travail seraient utiles pour amorcer la transition vers le lycée.

Il est indispensable de revaloriser les métiers manuels et arrêter de les présenter comme des voies de garage. Durant les années 1960, un échange parent/instituteur permettait de définir avec chaque élève la voie à suivre : technique, artistique ou classique.

À partir du lycée il est impératif d’associer les étudiants au monde professionnel.  Une partie de leurs études doit tenir compte des besoins de l’entreprise et des différents débouchés qui évoluent très rapidement de nos jours. L’adéquation offre/demande doit donc être rapidement prise en compte, et pour cela l’entrepreneur doit avoir son mot à dire.

C’est la raison pour laquelle l’entrepreneur doit être associé au choix des cours proposés dans les différentes filières.

Conclusion

Ce pays que je souhaite existe :

  • son PIB par habitant est de 75 890 euros contre 33 690 euros en France.
  • sa richesse par habitant est de 227 891 euros contre 101 942 euros en France
  • la part de son industrie dans le PIB est de 25 %, en France elle est de 11 %.

Je suis né à 10 km malheureusement du mauvais côté de la frontière. Il s’agit de la Suisse.

Sauver l’industrie pour sauver la France passe par cette réforme drastique que je préconise, avec un préalable incontournable : baisser de 10 points les dépenses de l’État afin de ramener le pays à la moyenne européenne.

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  • Code du travail français : 330 pages
    Code du travail suisse : 32 pages
    Tout est dit.
    J’ai travaillé des années en Suisse et même si la vie y est plus chère, c’est un fait, elle y est aussi vraiment plus agréable.
    Je n’étais pas encore arrivé à la conclusion de l’article que j’en devinais déjà son contenu, il est évident et l’auteur de l’article a tout à fait raison

    • ah bravo !!! car bien sur en France nous avons un code du travail lourd mais pas de conventions collectives et pas de règlements intérieurs ni tous les services accessoires ( médecine , chsct , cram , inspection …. ) !!! soyez honnête , si vous ajoutez au code suisse les autres contraintes liées au travail , faites en autant pour la France !!! ce qui ne va pas nous arranger dans le comparatif !!!!

    • L’important est que vivre et entreprendre en Suisse sont plus agréables. Donc ne regardons pas quels défauts pourrait avoir la Suisse dans ses choix quand il s’agit de pointer les défauts de la France.

    • Comparer des systèmes identiques est encore plus inutile!

  • en gros , arrêter d’emmerder les entrepreneurs , les patrons , les travailleurs et de les prendre pour des vaches à lait ;

  • « Privatiser l’URSSAF »

    Je peux me tromper, mais il me semble bien que les URSSAF constituent déjà une (redoutable) milice privée.

    • oui, c’est la sécu qu’il faut privatiser (et surtout ouvrir à la concurrence).

      • A priori la sécu est privée aussi. Mutuelles de droit privé qui ont un monopole sur l’assurance de soins suivant votre branche, profession…

    • L’URSSAF est un monopole, à ce titre il ne peut être classé dans la catégorie privée quelque soit sa forme juridique. C’est bien l’Etat qui donne les directives et le personnel dispose des mêmes avantages, voir pire que les fonctionnaires.

  • Certaines des propositions sont audacieuses, d’autres irréalisables et d’autres farfelues. déja proposer à lagarde un projet économique, domaine où elle n’a jamais rien compris. comparer la suisse à la france est grotesque, vous n’ignorer pas que zurich est la capitale économique et les suisses allemands sont à des années lumière du franchouillard moyen. ce n’est pas l’excès de charges bien que nous sommes les 1er avec le Danemark en ponction fiscales et les 2e ou 3 e au monde, mais plutôt la volonté politique de ces 30/40 décennies de sabrer les fleurons de l’industrie française et devenir un pays de services et loisirs. les différents maîtres ont bien obéis à l’europe et aux usa. supprimer des milliers de fonctionnaires cela date déja depuis un bon bout de temps avec son corollaire une déficience des services publics, cf les hopitaux etc. la liste pourrait être plus longue , mais à quoi bon.

    • ah un anti libéral s’est glissé parmi nous pour assener les sottises habituelles !!! moins de fonctionnaires aurait pour corollaire une déficience des services publics avec pour preuve les hôpitaux !!!! aveuglement idéologique , mauvaise foi ou incompétence notoire mais le fait est que c’est exactement le contraire !!! c’est l’abondance de fonctionnaires ADMINISTRATIFS qui ruine e capacités hospitalières et le pays dans son ensemble !!!!

      • Vous avez bien écoutez BFM, car les hôpitaux regorgent d’aide soignantes, d’infirmières, de médecins, de réanimateurs et on pourrait aller plus loin dans le désert médical qu’est devenu notre pays. si ça vous chante de moinsser allez y !

  • L’utopie mitterandienne, qu’il savait être une utopie totale, a précipité un déclin bien entamé déjà sous la droite. Soit la France se résoud à plus et mieux travailler, soit elle va disparaître. Son industrie est déjà moribonde et si sa recherche sombre, ce sera la fin de l’utopie…..

  • Faudrait pas non plus agiter le chiffon rouge de l’écocide pour que nos industriels reviennent ou aient envie de monter des usines en France. Le jour ou l’article de l’écocide entrera en vigueur, ce sera fini de toute usine ou atelier en France, entre lres projets qui n’aboutiront pas, ou le cout effrayant de la mise à niveau des installations existantes. Bizarrement, panneaux PV au sol et éoliennes y échapperont

  • « Comment faire des entreprises françaises des championnes mondiales »
    Simple.
    Il faut qu’elles déménagent à l’étranger…

  • virer 1 million de ponx est la seule mesure qui ait du sens !

  • Excellent article qui propose des mesures pragmatiques et concrètes.
    Ceci dit, je partage le pessimisme de plusieurs commentaires, tant il est désolant, quand on écoute ce qui se dit sur les plateaux télé, de voir qu’une majorité de journalistes, éditorialistes, « politologues », communicants et tutti-quanti … sont aveugles aux vrais problèmes et préconisent comme « solutions » les mêmes recettes étatistes qui ont précisément créé les problèmes … Un exemple flagrant, on doit soi-disant remédier au « massacre » de l’hôpital public en lui « redonnant les moyens » … Personne ne voit que suite au renforcement d’un état-providence inefficace poursuivi depuis des décennies, le pays est tout simplement devenu un pays pauvre qui n’a « plus les moyens », et tout le monde a beau crier à cor et à cris « donnez-nous les moyens », et bien ils ne sont plus là …

    • Lorsqu’on a plus les moyens on supprime les dépenses inutiles. C’est loin d’être le cas en ce moment où Macron jette littéralement l’argent par les fenêtres!

  • Une question sur la réforme de la fiscalité. Avec votre proposition les entreprises ne paient quasiment plus aucune charge, est ce que cela veut dire que la salaire brut actuel devient le net pour les salariés auquel cas aucun changement en termes de coût pour l’entreprise ou bien est ce que le net actuel devient le brut auquel cas il sera impossible pour les employés ne se payer une retraite, une santé…

    • Payer 50% des charges les plus élevées au monde ne veut surtout pas dire qu’elles n’en paierons plus, mais seulement pas plus que nos voisins allemands!

      • Supprimer le santé, CSG, chômage…il reste plus grand chose. Donc cet argent part aux employés ou est gardé par les entreprises?

        Si c’est le premier, il faut donc que les salariés se paient tout ça avec le même argent donc ça va baisser la consommation

  • Impossible….que fait on des fonctionnaires bénéficiant d’emplois à vie grâce à leurs statuts? compte tenu de la non culture économique des français ou plus exactement de la culture du Tout Gratuit … et les riches paieront ,sans compter ,désormais , du sauvons la Planète , je ne vois pas comment en démocratie ce programme est réalisable .la France est foutue car les français ne vivent pas dans le réel

  • Les commentaires sont fermés.

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