Huitième frein à l’entreprise : une éducation inadaptée

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L’éducation française est en effet totalement inadaptée aux besoins d’une économie moderne

Par Claude Goudron.

Elle sera certainement la réforme qui prendra le plus de temps. L’éducation française est en effet totalement inadaptée aux besoins d’une économie moderne et présente  deux problématiques : l’Éducation nationale et la formation professionnelle.

L’Éducation nationale

Faible niveau

Le dernier classement Pisa publié fin 2019 n’est pas bon. Il place la France entre le vingtième et le vingt-sixième rang des 79 pays présents aux enquêtes et ce malgré des sommes colossales englouties. Le pays est par ailleurs reconnu comme étant l’un des moins égalitaires !

Jusqu’au collège ce n’est pas l’adéquation aux besoins de l’entreprise qui pose problème mais la baisse régulière du niveau de connaissances de base qui va handicaper la suite du cursus éducatif de nos enfants.

À partir du lycée, les résultats sont encore pire. En effet, l’étudiant est supposé alors se préparer à définir son plan de carrière et là c’est souvent n’importe quoi.

Les besoins de l’entreprise ne sont jamais pris en considération et l’Éducation nationale oriente sa jeunesse vers des filières fermées : sur 1 380 000 étudiants inscrits à l’université en 2019, 37% l’ont été en Lettres et sciences humaines là où il n’y a plus de débouchés, contre 25 % pour les Sciences où il y a pénurie !

Le nombre d’écoles d’ingénieurs ne cesse de diminuer. Elles sont aujourd’hui 201 qui forment 37000 ingénieurs ce qui classe le pays en nombre/habitant au-delà de la dixième place en Europe. Pire, dans le classement par performance on trouve seulement deux écoles d’ingénieurs sur cinquante, la première étant à la 17ème place, contre dix pour l’Allemagne et 17 pour la Grande-Bretagne qui truste les trois premières places !

Selon l’OCDE la France est également très mal placée en termes de compétences techniques : elle se situe à la 21ème place sur 24 et à la 22ème place en niveau linguistique.

Le budget de l’Éducation nationale s’élève à 53 milliards d’euros. Les Français peuvent dire qu’ils n’en ont pas pour leur argent, et comme toujours c’est le mammouth administratif qui pose problème.

En dépit d’un encadrement par l’État, les écoles privées sont plus performantes du primaire à l’université. D’ailleurs les défenseurs de l’école publique envoient très souvent leurs propres enfants dans le privé où les résultats sont incontestablement meilleurs.

Politisation omniprésente et retour d’expérience

Moins flagrante dans les petites classes, la politisation de l’Éducation nationale est malheureusement une réalité qui remonte à l’après-guerre avec la soviétisation prônée par une soi-disant élite intellectuelle.

J’avais 18 ans. Nous avions un professeur de Français qui ne cachait pas son adhésion au communisme : chaque texte étudié faisait soit l’apologie du communisme soviétique, soit une critique systématique du capitalisme et donc des État-Unis.

Dans le programme il était prévu que chaque étudiant propose un thème, prépare un exposé sur le sujet choisi et le présente devant la classe entière.

Lorsque vint mon tour, un peu provocateur je l’admets, j’annonce mon thème : « comparaison du niveau de vie URSS/USA ». L’enseignant l’a refusé au motif que ses convictions lui intimaient de ne pas accepter un tel sujet. J’ai refusé d’en changer puisqu’il était convenu que nous étions libres du choix, et ajouté qu’il pouvait me coller un zéro. Finalement et par obligation, il accepta ce sujet. Je n’ai jamais mis autant de détermination pour préparer mon dossier, il est vrai avec le soutien de mon père. En appui de mes arguments, j’avais apporté tous les articles de presse de l’époque qui confirmaient une évidence souvent occultée en France.

Le professeur a reconnu le travail que j’avais fourni mais a refusé de le noter en raison de ses convictions, et a demandé alors à la classe de le faire. Il a été surpris de mon excellente note. Mon seul regret est que j’aurais dû exiger qu’il me note lui-même.

De nos jours, l’affaire de Sciences Po Grenoble confirme que c’est toujours le cas !

Des programmes d’un autre âge

Cette politisation ne peut donc que se retrouver dans l’élaboration des programmes scolaires. L’entreprise est considérée comme l’exploitation ultime de l’Homme par l’Homme. L’économie n’est quasiment pas enseignée jusqu’au Baccalauréat et lorsque c’est le cas, c’est pour faire de Piketty une idole et de Jean Tirole un libéral infréquentable.

Il ne faut donc pas s’étonner que nos responsables politiques, issus pour la plupart de l’ENA, aient mis la France dans une situation de quasi faillite.

Ignorance des besoins de l’entreprise

Entre un décret pro-entreprise et un décret pro-social, la décision va toujours tendre vers davantage de social même au risque de tuer l’entreprise.

L’industrie française est dans un état lamentable. Depuis François Mitterrand, chaque président, poussé par une population abreuvée de fake news économiques, a considéré l’entreprise comme source principale de financement de cette dérive sociale de du pays.

La formation professionnelle à la dérive

Avec un budget de 35 milliards d’euros, soit les deux-tiers de celui de l’Éducation nationale qui gère 16 000 000 d’élèves et étudiants, la formation professionnelle en France est un véritable fiasco.

Les personnes concernées par la formation professionnelle entrent dans deux catégories :

  • Environ 460 000 apprentis en quasi temps plein.
  • 32 % des salariés pour un temps partiel (donnée OCDE) et une moyenne annuelle de 50 heures, soit un équivalent temps plein d’environ 240 000 personnes.

Ce sont donc 700 000 personnes pour un budget extravagant financé par l’entreprise, soit 50000 euros par an par participant… Et pour quel résultat ?

Pour comprendre cette situation il faut lire le rapport Perruchot sur l’argent des syndicats, tellement explosif qu’il a été interdit de publication sous peine de 15 000 euros d’amende et un an de prison. C’était une fabuleuse façon de financer syndicats ouvriers et patronaux, c’est d’ailleurs lorsque je l’ai appris que j’ai donné ma démission de la présidence de la CPME.

Conclusion

Il est indispensable de favoriser davantage l’enseignement privé et retirer aux seuls professeurs la mainmise sur les programmes d’éducation en y faisant participer les entrepreneurs.

Comme en Allemagne, il convient d’interdire toute propagande politique au sein de l’Éducation nationale sous peine de licenciement.

La formation professionnelle doit être optimisée et son budget réduit à un maximum de dix milliards par an.

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