Mario Draghi : fiasco à l’italienne

Mario Draghi by EU2017EE Estonian Presidency (creative commons) (CC BY 2.0)

À 73 ans, plus d’un an après son départ de la présidence de la BCE, Mario Draghi reprend des fonctions officielles, pour le meilleur ou pour le pire.

Par Étienne Chaumeton.
Un article de l’Iref-Europe

Samedi 13 février 2021, Mario Draghi a prêté serment comme président du conseil italien.

Qu’est ce que les Italiens peuvent attendre de leur nouveau chef du gouvernement, composée d’une large coalition, par nature instable ?

À 73 ans, plus d’un an après son départ de la présidence de la BCE, Mario Draghi reprend des fonctions officielles, pour le meilleur ou pour le pire.

L’ancien vice-président de la banque d’affaire américaine Goldman Sachs a passé l’essentiel de sa carrière au service d’institutions publiques nationales (Trésor italien, Banque d’Italie) et internationales (Banque mondiale, Banque centrale européenne).

Le poste le plus important de Mario Draghi fut évidemment celui de président de la Banque centrale européenne de 2011 à 2019. Au cours du XXe siècle, les banques centrales avaient pour fonction d’assurer la stabilité des prix et d’être un prêteur en dernier ressort pour les banques privées. Mario Draghi a détruit cet ancien schéma, au profit d’un interventionnisme étatique toujours plus important et au détriment de l’épargne de centaines de millions d’Européens.

Mario Draghi sauveur de l’Europe ?

Dans un tweet du 28 octobre 2019, le président Macron a encensé M. Draghi pour avoir rien de moins que « sauvé l’Europe du naufrage, assuré et fortifié la protection de l’Europe et de ses citoyens. » Par ailleurs, l’économiste keynésien Paul Krugman a affirmé que Draghi était « peut-être le meilleur banquier central des temps modernes. »

Derrière ces éloges se cachent en réalité des atteintes sans précédent aux traités européens et à la liberté économique.

Celui que certains nomment Super Mario restera célèbre pour avoir annoncé en juillet 2012 que la BCE ferait « whatever it takes » pour préserver l’euro. Ce quoi qu’il en coûte aux citoyens européens a entravé le fonctionnement normal d’une économie de marché.

Le taux directeur de la BCE a été réduit à 0 % et le taux de dépôt a été fixé à un niveau négatif, à -0,5 % quand Draghi a quitté ses fonctions en octobre 2019. En plus du contre-sens économique et moral d’imposer des taux d’intérêt négatifs, qui visent à spolier et décourager l’épargne, Mario Draghi a lancé la BCE dans des pratiques de quantitative easing, pudiquement qualifiées de non conventionnelles par la Banque de France. Il s’agit de rachat de dettes publiques et d’obligations d’entreprises privées avec de la masse monétaire créée ex nihilo par la BCE, en violation des traités internationaux.

L’inflation après le mandat de Draghi

L’inflation cumulée durant les huit années de mandat de Mario Draghi à la tête de la BCE a été de 8 % selon les sources officielles. C’est dire qu’il n’a pas été en mesure de garantir la stabilité des prix, c’est-à-dire le pouvoir d’achat de la monnaie, comme le SEBC (Système européen des banques centrales) le demande. L’inflation a au contraire spolié les épargnants européens, pour permettre à des États de poursuivre un temps leur endettement public.

Mario Draghi a pu essayer whatever it takes pour sauver l’euro, cela ne changera rien au sort de la monnaie unique qui est condamnée à échouer.

Arrivé à la tête du gouvernement Italien, Mario Draghi doit maintenant faire face à une économie italienne exsangue et en déclin. L’endettement public officiel frôle les 160 % du PIB. Les Italiens devraient se souvenir qu’en 1992, alors que Mario Draghi était directeur général du ministère du Trésor public, le gouvernement italien a instauré une taxe sur l’ensemble des dépôts bancaires des Italiens.

Acheter des pièces d’or au lieu de conserver des dépôts bancaires en euros peut être pour les Italiens un moyen de se prémunir du whatever it takes de leur nouveau chef du gouvernement.

À bon entendeur…

 

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