Covid-19 : pas de baisse des contaminations, retour aux libertés improbable

Si, au lieu de se précipiter pour répéter les mêmes mesures qu’en mars et début novembre, les pouvoirs publics cherchaient à évaluer le coût catastrophique de leur autoritarisme sanitaire ?

Par Frédéric Mas.

« Le niveau des contaminations par jour ne baisse plus ». Le constat du directeur général de la santé Jérôme Salomon, qui s’exprimait en conférence publique ce lundi, est sans appel. Pour déconfiner, Emmanuel Macron avait fixé le 24 novembre dernier une limite de 5000 cas Covid par jour à atteindre avant le 15 décembre. Nous en sommes loin, le nombre de cas stagnant à environ 10 000 par jour.

La situation dégradée n’est pas propre à la France, l’intensité de la pandémie s’observant dans tout l’hémisphère nord, observe Jérôme Salomon. Si le monde entier serre la vis sanitaire, la France doit donc en faire autant, selon le gouvernement.

Normaliser les mesures d’exception

L’arrivée des vaccins ne change pas la situation pour les décideurs politiques. Olivier Véran avait prévenu : même avec la mise en place progressive de la vaccination à partir de fin décembre, les mesures prises dans le cadre de la crise sanitaire ne devraient pas changer essentiellement. Les masques et les gestes barrière devront continuer à être respectés, et désormais, c’est l’ensemble des mesures exceptionnelles liées au confinement qui risque fort de se pérenniser encore pendant des mois.

Certains professionnels de santé se font même plus pessimistes. La Covid-19 ne ferait qu’annoncer une nouvelle situation de fait, qui travaille la société occidentale depuis des années. Il faudrait désormais vivre avec le risque épidémique et adapter son comportement en conséquence. Et donc faire une croix définitive sur le monde d’avant. Le pire est devant nous, à condition de laisser les mains libres à un État bureaucratique qui prétend monopoliser la parole et l’action collective contre la crise sanitaire.

Toutes les mesures de confinement, de restrictions des libertés publiques, les fermetures de magasins, la mise à genoux du secteur indépendant n’auront donc pas endigué le virus. La troisième vague continue de menacer et la circulation du virus ne ralentit pas.

Les conditions météorologiques favorisent le retour du virus pour les uns, l’attention des Français se relâchent pour les autres. Les mesures en demi-teinte du gouvernement qui déconfine à moitié posent aussi question.

Tout concorde cependant pour prolonger l’état d’urgence sanitaire, les restrictions de libertés de circuler, de commercer, de se rassembler, d’aller et venir, de voir sa famille, de pratiquer sa religion normalement. La sécurité prime la liberté individuelle pour l’expertocratie au pouvoir.

Quel bilan pour l’autoritarisme sanitaire ?

Si, au lieu de se précipiter pour répéter les mêmes mesures qu’en mars et début novembre, les pouvoirs publics cherchaient à évaluer le coût catastrophique de leur autoritarisme sanitaire ?

Aujourd’hui, le pays se présente comme beaucoup plus affaibli économiquement que les mois précédents pour affronter la crise, et la situation sociale se tend partout sur le territoire devant la perspective du chômage et du retour à la pauvreté.

Profitant d’une situation sociale et économique de crise qui laisse les Français atones, le pouvoir politique tente de faire passer tout un arsenal de lois liberticides. L’actualité ne parle que de la loi sécurité globale ou contre le séparatisme, mais ce n’est pas tout. Selon NextImpact, trois décrets pris vendredi dernier risquent fort de renforcer la possibilité de fichage des individus en fonction de leurs convictions politiques :

« Parmi les multiples nouveautés, les services pourront recueillir des informations sur l’opinion des personnes surveillées, leurs pseudos Twitter, des données de santé, le tout pour des finalités élargies qui dépassent la sécurité publique. »

La pandémie reprend, l’autoritarisme sanitaire demeure. La sortie de crise passe par la reconquête de nos libertés perdues.

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