Paradoxe éolien : plus il y a d’éoliennes moins il y a d’électricité

Stately Wind Turbine by Peter Rood(CC BY-NC 2.0) — Peter Rood, CC-BY

La fragilité extrême de la production française d’électricité va conduire inexorablement à un programme de restrictions et de rationnement.

Par Jean-Louis Butré et Michel Faure1.

Malgré une activité économique actuelle plus que morose, la transition énergétique à la française poursuit sa marche triomphante avec son cortège d’éoliennes et une croissance de la puissance raccordée de plus 8,5 % sur un an ; de sorte que nous serions fondés à compter maintenant sur les 9000 éoliennes pour nous assurer que la France disposera bien de l’électricité suffisante cet hiver.

C’est que nous disent les promoteurs qui, depuis des années, clament que des centaines de milliers de nouveaux foyers sont alimentés à chaque fois qu’ils implantent de nouvelles machines.

Enfin, peut-on vraiment compter dessus quand il n’y a pas de vent ? En novembre 2020, la production électrique éolienne a été marquée par une baisse de 7,5 % due à l’absence de vent.

Eh oui, quand il n’y a pas de vent, il n’y a pas de vent ! Même si les affairistes de l’éolien couvrent littéralement nos territoires de leurs engins, et même si Mme Barbara Pompili s’époumone pour les faire tourner, un esprit chagrin pourrait en conclure que plus on met d’éoliennes moins on a d’électricité.

C’est ce que démontre le graphique officiel du Réseau de Transport de l’Électricité (RTE)

Les déclarations à la télévision du 19 novembre 2020 de madame Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique et solidaire ont confirmé la fragilité extrême de la production française d’électricité qui va conduire inexorablement à un programme de restrictions et de rationnement.

Mme Barbara Pompili envisage cet hiver des coupures de courant, l’arrêt de pans entiers de secteurs industriels et des baisses de tension du réseau au moment où le redressement économique de la France devrait être basé au contraire sur une électricité abondante, fiable et bon marché.

Pour rassurer les Français elle affirme qu’un black-out n’est pas possible en se basant sur un hiver normal, alors que personne ne peut exclure qu’il soit beaucoup plus rigoureux.

Cette situation inimaginable il y a quelques années est le fruit d’une politique d’abandon de notre industrie de l’électricité dont le fondement nouveau est de la remplacer par des sources intermittentes comme l’éolien.

En période froide anticyclonique, c’est-à-dire sans vent, les éoliennes ne produisent pas d’électricité même si la France était couverte de centaines de milliers de ces machines.

Contrairement à ce que prétend la ministre, le coronavirus n’a fait que dévoiler et accélérer cette réalité. Il n’en est pas la cause.

Cette politique irresponsable de l’électricité actée par la signature de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) a non seulement sacrifié l’indépendance de la France, sa liberté d’action et son statut de grande puissance mais de plus, comme le prouvent les déclarations inquiétantes de Mme Pompili, a désormais mis en danger la sécurité du territoire.

  1. Experts du groupe Énergie&vérité.
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