Covid : les pays anglophones plus sévères que le reste de l’Europe

Boris Johnson by BackBoris2012 Campaign(CC BY-ND 2.0) — BackBoris2012 Campaign(, CC-BY

La Covid a fait ressortir la face sombre de l’Humanité. Les pays anglo-saxons n’y échappent pas, les pays qui ont été parmi les plus attractifs au monde sombrent désormais dans une spirale liberticide.

Par Alexandre Massaux.

Tous les pays ont mis en place des mesures de restrictions dans le cadre de la lutte contre la Covid. S’il est possible de trouver de nombreuses convergences d’un pays à un autre, des différences persistent. On peut constater que les États anglo-saxons pourtant traditionnellement plus libéraux que l’Europe continentale se sont montrés plus sévères pour un certain nombre de mesures.

Cette différence de politique peut s’inscrire dans l’importance du choc institutionnel que connaissent ces pays. Une situation qui n’est pas sans rappeler leur politique de lutte contre le terrorisme.

Des restrictions majeures de libertés

Au Royaume-Uni, dans des zones considérés à risques comme Londres, il est désormais interdit aux  membres de foyers différents, de se rencontrer à l’intérieur, que ce soit chez eux ou à l’intérieur des pubs ou restaurants. Ces restrictions s’appliquent aussi aux couples qui n’habitent pas ensemble et leur interdit donc les relations sexuelles.

Au Québec, la police possède désormais des télé-mandats pour pouvoir pénétrer dans les propriétés privées afin de faire respecter les restrictions. L’Australie et plus précisément l’État de Victoria ont pris des mesures contre ceux qui s’opposent aux confinements. Ces politiques démontrent une logique de plus en plus autoritaire qui s’immisce dans les aspects les plus privés de la vie des individus.

Le précédent de la lutte contre le terrorisme

Ce n’est pas la première fois que les pays anglo-saxons, qui possèdent un système juridique de Common Law, sont confrontés à des restrictions de libertés pour des fins sécuritaires. Le Patriot Act aux États-Unis et la  Crime and Security Bill du 14 décembre 2001 au Royaume-Uni ont montré une rupture en matière de liberté en permettant par exemple « l’internement purement administratif de personnes simplement suspectées d’un lien quelconque avec un groupe terroriste ou leur contrôle par différentes méthodes, dont des bracelets électroniques » pour la loi britannique.

Cet internement étant décidé par acte administratif signé par le ministre de l’Intérieur. Quant au Patriot act, il a donné à l’administration américaine de nouveaux pouvoirs en matière d’écoute et d’accès aux informations des citoyens des États-Unis.

Dans les deux cas, il a été question d’un élargissement des pouvoirs de l’exécutif au détriment d’un contrôle judiciaire qui est pourtant central dans les pays de Common law.

Plusieurs  raisons peuvent expliquer ces poussées d’autoritarisme dans les pays anglo-saxons. L’une d’entre elle est le fait qu’ils sont des pays insulaires : le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle Zélande sont des îles tandis que les États-Unis et le Canada bien que pays du continent américain se considèrent comme distants vis-à-vis des autres continents. Cette position géographique aboutit à une politique méfiante envers le monde extérieur qui peut se transformer en véritable paranoïa.

La Covid a fait ressortir la face sombre de l’Humanité. Les pays anglo-saxons n’y échappent pas. Néanmoins, des pays qui ont été parmi les plus attractifs au Monde sombrent désormais dans une spirale liberticide.

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