Santé publique France passe à une estimation au doigt mouillé

Photo by Jon Tyson on Unsplash

Une estimation « au doigt mouillé » du nombre de cas par une instance officielle est ahurissante : il sera désormais possible d’augmenter le niveau de restrictions sans aucune preuve statistique.

Par Margot Arold.

Santé publique France explique dans son communiqué du 24 septembre que l’on sous-estime le nombre de cas de Covid : il y en aurait finalement « beaucoup plus » qu’annoncé. Le nombre de cas en réanimation serait même « exponentiel ».

L’organisme qui inspire le gouvernement

Santé publique France, c’est une « agence scientifique et d’expertise du champ sanitaire », l’organisme officiel qui récolte les chiffres (rapport de la semaine à lire ici), et sur lequel le gouvernement s’appuie pour interdire ou autoriser (mais plutôt interdire) à peu près tout dans nos vies quotidiennes.

« Les nombres de nouveaux cas confirmés ainsi que les taux de positivité sont en hausse. Cependant du fait des saturations des capacités diagnostiques des laboratoires […]  ces augmentations sont très certainement sous-estimées. »

Nous sommes donc devant une situation inédite : Santé publique France explique qu’il doit y avoir « très certainement » « beaucoup plus » de cas de covid « dans la nature », puisque… on n’arrive pas à tester tout le monde.

Monsieur de La Palice n’aurait pas dit mieux…

Santé publique France estime que les chiffres ne sont plus fiables

« La dynamique du nombre de signalements hebdomadaires ne constitue donc plus un indicateur pertinent dans le suivi de l’épidémie », ajoute l’agence publique, selon BFMTV.

Santé publique France s’affranchit des chiffres pour évoquer une évolution « exponentielle », des hausses, des augmentations. Maintenant le gouvernement pourra faire de même puisque l’organisme officiel accrédite la fin de leur pertinence.

Une estimation « au doigt mouillé » du nombre de cas par une instance officielle est ahurissante et catastrophique : dans un pays divisé, anxieux, qui commence à avoir atteint ses limites dans l’acceptation des obligations et des interdictions, il sera désormais possible d’augmenter le niveau de restrictions sans aucune preuve statistique. Le règne de l’arbitraire va donc pouvoir continuer à s’appliquer tranquillement.

 

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.