Avec Jean Castex, c’est l’État d’exception permanent

Screenshot de Jean Castex ovationné à l'Assemblée pour sa première prise de parole - AFP Images — AFP ,

L’État d’exception, parce qu’il est désormais permanent, est en train de normaliser des pratiques de gouvernement qui sont aux antipodes de la liberté.

Par Frédéric Mas.

C’est devenu maintenant un rituel. Pour comprendre les consignes gouvernementales qui changent d’une semaine sur l’autre, les Français attendent la bonne parole du gouvernement.

L’état d’exception permanent

Olivier Véran mercredi, Jean Castex jeudi, tous sont mobilisés devant tous les micros pour tenter d’éclaircir les nouvelles règles, les nouveaux indicateurs, les nouvelles interdictions et les nouvelles restrictions qui s’appliquent sur le territoire en fonction de la progression et de la régression de la covid-19.

En soi, il s’agit déjà d’une régression : l’arbitraire de l’administration, c’est-à-dire stricto sensu ce qui dépend de sa seule volonté, a remplacé la règle de droit, qui demande de la constance, de la prévisibilité et de la clarté pour satisfaire les conditions premières de sécurité juridique.

Jean Castex annonce ainsi la fermeture des salles de sport et des piscines dans les zones rouges, mais pas les théâtres, les cinémas ou le RER D à Paris.

Vous n’avez pas vraiment le choix

Il transforme Marseille et Aix en villes mortes mais épargne Paris, Lille ou Strasbourg. Mais que les commerçants ne s’inquiètent pas, ils seront dédommagés. On va les exonérer de charges sociales et le fonds de solidarité pour les entreprises va être relevé.

Vous aviez choisi d’être indépendant, vous serez désormais assisté, comme tout le monde. Vous n’avez pas vraiment le choix, là non plus.

Pour les libéraux, le respect des procédures de justice, et donc de l’autorité de la loi, est une condition essentielle de l’ordre social le plus propice à la défense des libertés.

Quand le gouvernement remplace les règles abstraites du droit par les décisions ponctuelles et circonstancielles de l’exécutif, on sort du cadre de l’État de droit protecteur des libertés individuelles.

C’est la leçon de Droit, Législation et liberté de FA Hayek. L’étape d’après, si l’introduction de l’arbitraire de l’administration persiste pour « corriger » les règles de la justice, c’est la route de la servitude, toujours de Hayek.

L’état d’exception, parce qu’il est désormais permanent, est en train de normaliser des pratiques de gouvernement qui sont aux antipodes de la liberté.

Les Français ne doivent pas s’accoutumer aux privations de liberté. Médias, collectivités locales, parlement, entreprises il est temps pour les corps intermédiaires et pour les contre-pouvoirs de se réveiller et d’organiser le recul de l’expansion bureaucratique.

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