Convention climat : chassez la réalité par la porte, elle rentre par la fenêtre

Le gouvernement français avait cru réussir une très belle opération d’enfumage avec la Convention citoyenne pour le climat. Maintenant, tous ces braves citoyens vert(ueux) commencent à aller de déconvenue en déconvenue.

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Convention climat : chassez la réalité par la porte, elle rentre par la fenêtre

Publié le 23 septembre 2020
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Par Yves Ronsse.

En ce mois de septembre 2020,  je suis en vacances en Ardèche et je n’ai pas la télévision : une vraie bénédiction, ça permet d’avancer plein de lectures en retard entre deux randonnées. Mais les nouvelles m’arrivent quand même, que ce soit par l’internet ou la radio (« France info = la voix de l’État français »…).

À côté du « virus chinois » qui occupe toujours la première place, quelques autres points de l’actualité récente m’ont démontré que quand on essaie de camoufler la réalité par les discours (on la chasse « par la porte »), celle-ci finit toujours par vous rattraper (elle rentre « par la fenêtre »).

Le gouvernement français avait cru réussir une très belle opération d’enfumage avec la Convention citoyenne pour le climat, cette assemblée censée représentative façon sondages, mais soigneusement coachée dans le sens du politically correct vert par tout un ensemble d’experts au service de cette idéologie.

Emmanuel Macron avait ensuite validé l’ensemble des propositions à l’exception de trois d’entre elles décidément trop délirantes.

Mais voilà que maintenant tous ces braves citoyens vert(ueux) commencent à aller de déconvenue en déconvenue. Ils doivent manger leur chapeau sur plusieurs de leurs magnifiques propositions.

Commençons par les abominables néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Ils devaient être bannis pour toujours de la surface de la Terre, du moins celle sur laquelle l’État français exerce sa juridiction. Oui, mais voilà que seul cet insecticide est capable d’endiguer la jaunisse de la betterave. Si on ne veut pas tuer toute la filière sucrière française et tous les emplois qu’elle procure à l’heure de relancer l’économie, il faudra bien l’utiliser et voter une petite dérogation.

Les vert(ueux) demandaient de bonnes grosses taxes supplémentaires sur le transport aérien, cette industrie pour « riches qui n’hésitent pas à se déplacer pour un oui ou pour un non, sans égard pour les émissions de CO2 ». Évidemment, on ignorait volontairement que la part du transport aérien dans la demande mondiale de fuel n’est que de 5,8 %, et que par ailleurs le boom du low cost a mis ce moyen à la portée d’un nombre croissant de ménages modestes. Une nouvelle taxe à l’heure où il faut ressusciter une industrie particulièrement mise à mal par la pandémie, ce n’est pas vraiment la meilleure des recettes. Avons-nous oublié que le mouvement des Gilets jaunes a commencé par une nouvelle taxe abusive sur les carburants ?

Les ver(tueux) voulaient un moratoire sur la 5G. Pas de chance, Macron « ne croit pas au modèle Amish ». Et il est vrai qu’il est temps pour la France de rattraper son retard en la matière pour ne pas une fois de plus mettre son industrie en mauvaise posture par rapport à la compétition internationale.

Ce qui adviendra de la centaine d’autres propositions plus ou moins farfelues avancées par cette convention, cela reste à voir. Il n’est pas exclu qu’au milieu de cette avalanche se soient glissées certaines propositions réalistes et bonnes à appliquer. Même les idéologues les plus radicaux ont parfois un éclair de bon sens…

Un autre événement récent vient enflammer les médias : la fermeture dans le nord de l’usine de pneumatiques de Bridgestone, une firme japonaise. C’est évidemment très malheureux pour les quelques 800 personnes qui vont perdre leur emploi, et ça déclenche chez les politiciens et tout ce que la France compte de grands experts en stratégie industrielle des commentaires indignés. La ministre déléguée à l’Industrie, madame Pannier-Runacher a réagi énergiquement, en déclarant qu’elle allait « faire du bruit ».

Il semble que tous ces thuriféraires de l’État-stratège n’ont toujours pas compris quel devrait être le véritable rôle de l’État. Ils ne se sont pas encore posé la question de savoir pourquoi, en l’espace de quelques années, quatre fabricants de pneumatiques : Goodyear, Continental, Michelin et maintenant Bridgestone, abandonnent la France ? Ne serait-ce pas parce que la fabrication de pneus dans l’environnement fiscal, social et réglementaire français est simplement devenue non rentable ? Et ce ne sont pas les subventions qui vont y changer grand-chose.

En fait, une industrie ou une filière subventionnée n’est par définition pas durable !

Un autre exemple relevé dans le livre de Samuel Furfari dont je viens de terminer la lecture.

Dans un rayon de 40 km autour de la ville de Maastricht, trois pays : la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne ; et quatre régions dont deux régions de Belgique souveraines pour une partie de leur politique économique, la Flandre et la Wallonie.

Le Boston Consulting Group a relevé en 2013 que, suivant la région où vous habitez, pour placer des panneaux photovoltaïques, vous pouvez percevoir une subvention variant sur une échelle de 0 à 325. Devinez quelle est la région qui subventionne le plus : la plus riche me direz-vous ? Je vous laisse juge :

  • Pays-Bas :                        0 eur/MWh
  • Région flamande :       21 eur/MWh
  • Allemagne :                170 eur/MWh
  • Région wallonne :     325 eur/MWh

Voilà les aberrations auxquelles arrivent les politiciens-stratèges désireux de plier la réalité à une idéologie, au lieu de laisser simplement fonctionner les mécanismes de marché.

L’État, où qu’il soit, devrait comprendre que son rôle est de créer le meilleur environnement possible (infrastructure, sécurité physique et juridique, level playing field pour la concurrence …) et ensuite laisser libre cours aux acteurs économiques. À ce jeu, la meilleure technologie finira toujours par émerger sans aucun besoin de subventions, ni de taxations qui en sont le corollaire.

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  • L’auteur a l’air de se désoler que l’Etat ne suive pas aveuglement les recommendations de cette convention. Etrange. (lol)
    Pour les aides au photovoltaïques, prendre des chiffres de 2013 n’est pas très pertinent, il faut les actualiser.
    Par exemple, dans l’infâme Luxembourg socialiste : « l’aide est égale à 20 % du coût d’investissement, avec un plafond de 500 € par kWc (maximum : 30 kWc) ».

  • Je ne peux qu »adhérer à l’ensemble de ces propos.
    Et plus l’Etat s’offre des prérogatives, moins il remplit le rôle qu’il devrait assurer en priorité : être le garant des droits et des libertés des individus.

    • Greg22 , en fait l’état n’est garant de rien du tout ; d’après Philippe Besson , écrivain ,proche de macron et ami de sa femme , je cite :  » LREM , c’est zéro idée neuve , zéro proposition originale , zéro vision ,zéro travail de fond ; LREM au pouvoir , c’est un accident de l’histoire  » . si même ses potes le dise…..

      • Si seulement c’était un problème de LREM …

      • LREM c’est l’officialisation du parti unique qui dirige la France, à savoir l’UMPS ! Si avant il était « divisé » en deux parties, c’était pour maintenir l’illusion de la démocratie et de l’alternance du pouvoir…

        • @ Charles-Antoine S.
          Plutôt que l’officialisation d’un parti unique, il me semble qu’il s’agit plutôt de l’éviction de tous les partis (dont la supercherie est devenue évidente) pour une mise sous tutelle de l’État au service d’intérêts autrement privés. Ce type de fonctionnement typiquement français a d’ailleurs été mis en évidence dès les années 1960 (par exemple par un auteur comme Gilles Gaston Grangier). De ce point de vue, il y a longtemps que la France cumule les inconvénients à la fois d’un régime collectiviste et d’un régime de privatisations abusives. Il en résulte que la collectivisation draine la richesse nationale au service d’intérêts privés de type mafieux tout en appauvrissant de plus en plus l’État et les particuliers non subventionnés (qui refusent cette forme de corruption). Ce fonctionnement pervers piège à la fois l’État (maintenu dans un état de dépendance financière qui le rend toujours plus faible) et la population (dont les efforts sont systématiquement ruinés).

          Pour desserrer les mâchoires d’un tel piège, il faut soit beaucoup de courage, soit beaucoup d’intelligence. Cela dit pour rappeler à ceux qui en appellent au courage de décisions douloureuses que, le plus souvent, l’intelligence est une bonne alternative au courage (et donc à la douleur, au sang et aux larmes). Le courage, c’est comme le mur-poids du Moyen-Âge, basique mais pas très intelligent. Refuser d’en faire preuve peut être un bon stimulant pour activer un potentiel d’intelligence (touche Reset) qu’un recours trop facile au courage laisse inexploité.

          En d’autres termes, en ce qui concerne les décideurs aux commandes, mieux vaut qu’il ne compte pas trop sur le courage d’une population qui a été bon soldat et qui a quand même beaucoup donné, il va leur falloir maintenant ne plus se conduire comme des ânes et faire vraiment preuve d’intelligence. (Ils peuvent déjà lire Contrepoints, cela pourrait les aider).

          • L’état et sa cohorte de fonctionnaires plus ou moins officielles sont de loin les principaux bénéficiaires. Les quelques entreprises privés qui pensent faire une bonne affaire en fricotant avec l’état français se mettent le doigt dans l’œil jusqu’au coude. ça n’est pas par hasard que les délocalisations ont été et continue d’être massive. Sur le long termes l’état est toujours gagnant et les entreprises toujours perdante.

    • En France de la sécurité, une jeune étudiante vient de se faire tabasser par 3 bougnoules car elle portait une jupe (vêtement indécent comme le sait le monde entier)

      • Le plus grave est qu’il y avait du monde autour et que personne n’est venue la défendre.

        • Et encore plus grave, personne n’a appeler les secours. Ni les pompiers, ni la police.
          Ces trous du cul verront bientôt leur gamines vêtues de niqab.
          Il sera alors trop tard pour se plaindre. Ils n’auront plus s’acheter une boussole.

        • ne pas intervenir est compréhensible. la plupart des gens ont plutôt une bonne vision des choses et savent d’instinct que s’attaquer seul à une bande de gens manifestement violent c’est le meilleur moyen d’ajouter une victime supplémentaire sans apporter aucun secours à la victime original.
          par contre ne pas appeler la police c’est tout juste impardonnable.

  • Donc, la convention, tout ce qu’ils ont pondu à été rangé dans une jolie boîte et enterré au fond du jardin, une capsule temporelle pour que nos descendants se marrent à se faire péter les boyaux avec la religion nouvelle du XXI ème siecle et qui heureusement n’ a pas survécu.

  • Les entreprises peuvent se classer en 7 types représentatifs (suivant une logique de développement) :
    1) L’innovatrice qui crée un produit ou un service nouveau
    2) l’émergente qui met sur le marché des produits ou services nouveaux protégés et non disponibles ailleurs.
    3) La concurrente qui met sur le marché des produits ou services nouveaux disponibles ailleurs et qui s’attache à les différencier et à abaisser leur coûts de production.
    4) La conquérante qui cherche à étendre ses marchés en s’intégrant en amont et/ou en aval.
    5) La dominante qui vise une position de quasi monopole par fusions et acquisitions et grâce aux règlementations.
    6) La rentière qui vise des rentrées régulières et sans risques grâce à sa position dominante et aux règlementations.
    7) La zombie qui survit grâce aux subventions et règlementations.

    Une même entreprise peut passer par tous ces types. D’autres n’en connaissent que quelques uns voire un seul.

    Certains types créent de l’emploi et de la richesse, d’autres en détruisent.

    Les politiques publiques en favorisant ou en pénalisant certains types d’entreprises auront donc un impact majeur sur l’emploi, la pauvreté, les rentrées fiscales et la qualité des services publics. Il est clair que les politiques français favorisent depuis 45 ans les 3 derniers types d’entreprises (capitalisme de connivence).

    Tant que l’ingérence de l’état dans l’économie continuera, rien ne changera : seuls la suppression des impôts de production, des subventions et des réglementations seraient à même de déclencher une renaissance de l’économie. Sans bouleversements de la gouvernance européenne et française il y a peu d’espoir.

    • Parfaitement résumé, merci. J’apporterais juste une modification au descriptif de l’entreprise du troisième type (« la concurrente ») en précisant qu’elle met sur le marché des produits ou services neufs ou d’occasion (et donc pas nécessairement nouveaux).

    • La 6 et la 7 ne font qu’un,c’est sncf,et autres entreprises d’état

  • Que valent 150 inconnus désignés au hasard de la convention climat face à 150 chercheurs universitaires de tous horizons, dont la géologie(que ne consulte jamais) pour réfléchir à l’avenir de notre terre qui continuera de tourner même sans écologistes bobos parisiens: ils ne valent rien même pas un atome de central nucléaire

  • Quel gag cette convention climat !! On prend 150 péquins tirés au sort pour venir « pisser de la copies » sur des idées, surtout fumeuses au prétexte de protéger la planète.
    Sur qu’il n’y avait pas que des prix Nobel…
    Mais, l’idée était généreuse et le gouvernement souhaitant démontrer un esprit d’écoute et d’ouverture (histoire de ne pas subir une « seconde vague de gilets jaunes estampillés « VERTS » ).
    Alors, que reste t-il ??? Pour le moment pas grand chose et heureusement nous avons échappé aux idées les plus co…nes !!!
    Macron à son habitude enfume bien et 99 % des idées « écologiques » passeront à la trappe.
    Faut-il le regretter quand on entend les propos de leur copains Lyonnais et Bordelais appartenant à la même obédience ???
    Pas sur !!

  • Quand une entreprise française delocalise ses usines, c’est un scandale. Mais quand c’est une entreprise chinoise qui s’installe en France, c’en est plus un.

  • Je viens de lire, si je ne me trompe, pas que dans cette convention il est aussi question d’une taxe sur le poids des voitures … sans que cela ne soit une nouvelle taxe. Seulement une taxe modifiée.

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