Port du masque : gérer le problème cognitif

3 questions à Isabelle Barth, Professeure agrégée des Universités et Chercheuse en sciences du Management.

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Port du masque : gérer le problème cognitif

Publié le 22 septembre 2020
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Dans une tribune publiée dans Le Monde en date du 7 septembre, vous affirmez que si le masque protège de la covid, il altère cependant la « capacité d’autocontrôle ». Qu’est-ce qu’on ne voit pas dans le port du masque dans notre vie quotidienne, et surtout, dans notre vie professionnelle ?

Le port du masque parasite nos fonctions cognitives à 3 niveaux : l’inconfort physique, l’absence de toutes les expressions qui complètent le verbal et enfin, un rappel constant à la pandémie, au danger, à la maladie, à la crise, aux privations dues à la Covid. C’est dans ce dernier registre que se joue l’affaiblissement de nos fonctions cognitives.

Nous ne sommes pas multitâches et la charge mentale grève nos capacités de discernement ou d’apprentissage. Comme le traduit l’expression courante : « ça me prend la tête ».

Vous prenez un exemple très parlant, qui vient des sciences cognitives, portant sur les ours blancs. Pouvez-vous nous expliquer en quoi il consiste ? Moins de temps de cerveau disponible, c’est donc le travail qui est impacté ?

C’est une des multiples expériences menées en psychologie sociale  : on parle d’ours blanc à un groupe de personnes et ensuite on leur demande d’exécuter un test ou remplir un questionnaire. Seulement, on demande à la moitié du groupe de « ne pas penser » aux ours blancs… cette moitié va avoir des performances moindres que l’autre groupe qui n’a pas eu cette consigne.

On peut donc faire l’hypothèse que les pensées qui vont nous encombrer à propos du masque pèseront sur les collaborateurs et les élèves avec une baisse de productivité ou d’apprentissage, très variable selon les individus bien évidemment.

Nous pouvons aussi affirmer que nous sommes en mode apprentissage et que tout cela s’aplaniera avec le temps quand nous entrerons en mode routine.

La rentrée va être l’occasion concrète des problèmes cognitifs posés par le masque. Quelles solutions pour les enseignants et les professeurs qui reviennent en cours et sont confrontés au problème ?

Mon propos n’est surtout pas de mettre en cause le port du masque mais bien de nommer les choses pour savoir que ce problème va exister et appeler les managers comme les enseignants à plus de vigilance et plus de bienveillance.

Connaître ce phénomène peut aussi rassurer des personnes en leur donnant une explication à d’éventuelles défaillances qui ne s’expliquent pas.

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  • Pas la peine d’être chercheur pour savoir que l’expression faciale est une des composantes essentielles de la communication entre les humains (depuis nos ancêtres les grands singes).
    Ce qui est inquiétant c’est pour le développement des petits (- de 6 ans). Mais impossible d’avoir des chiffres, alors les politiques s’en foutent.

    • L’école primaire sous contrat où je fus jadis président des parents d’élèves a eu cette lumineuse idée: non seulement, masques obligatoire selon la réglementation, mais en plus, « informations » sur le changement climatique et ses catastrophes à venir.
      Où comment préparer des enfants à un futur radieux.
      Nous sommes en train de fabriquer des enfants dépressifs (et j’émets l’hypothèse que les filles seront plus affectées).

      • Je crois que le chef d’établissement n’a malheureusement pas le choix… quand bien même ca ne le serait pas, ce n’est pas son rôle d’aller à contre courant de la mouvance générale entretenue par les médias et les politiques… 🙁
        C’est déjà assez compliqué d’élever ses propres enfants à contre courant…

  • Y a un peu d’exageration dans tout ça, la communication visuelle passe avant tout par les yeux et la gestuelle. A part étouffer sous son masque, le masque n’entrave pas les relations sociales.

    • Moins 9, comme quoi je suis dans l’erreur de plonger mes yeux dans les yeux de l’autre au lieu de lui regarder son râtelier..

      • Les yeux ca ne veut rien dire, à part la pupille qui se dilate on a pas grand chose…
        Wiki est notre ami ne l’oubliez pas, en 3 sec :
        « En se basant sur les muscles faciaux faisant appel aux émotions, Paul Ekman a mis en évidence 43 muscles faciaux capables de produire environ 10 000 expressions, dont 3 000 porteuses de sens. »

        • Ouais mais j’ai aussi appris que selon ce que regarde votre interlocuteur pour pouvez faire ou ne pas faire confiance, entre autres

    • Essayez de penser à un ours blanc avec un masque sur le nez, pendant qu’on vous fait un test de covid, vous verrez si c’est exagéré !

    • Avorton n’a pas complètement tort en parlant d’exagération. On peut aussi considérer que c’est un épisode contraignant et que dédramatiser la contrainte auprès des enfants laissera moins de traces qu’ajouter à leur angoisse en imaginant un sombre avenir.
      Et puis, penser que le masque oblige à porter plus d’attention à celui qui parle : on le regarde mieux on l’écoute plus, la parole est moins parasitée. Et paradoxalement c’est ça qui fait peur à certains : sans le support de l’image devenue omniprésente et parasitante, c’est comme s’ils perdaient une béquille ..

  • Comme souvent, c’est dans les présupposés qu’il faut chercher le problème. Cette dame « ne remet absolument pas en cause le fait que le masque protège du Covid ». Or:

    1/ il n’y a pas d’épidémie de Covid actuellement. Il y a une augmentation de tests positifs, mais une hausse très faible des malades et de la mortalité. Si on appliquait les critères habituels, on serait loin du seuil épidémique.

    2/ il n’y a aucune étude montrant que le port généralisé du masque, partout et tout le temps, permettrait de limiter la circulation d’un virus dans une population. À observer la façon dont les gens utilisent leur serpillère buccale, c’est d’ailleurs l’évidence. D’ailleurs, depuis plus d’un mois que cette mascarade a commencé, on observe, non pas une réduction, mais une flambée des « cas ».

    • Tout à fait, alors que cet article traite d’une des conséquences néfastes (qui ne se résument pas à l’inconfort) du port généralisé en toutes circonstances, il est devenu interdit de penser et de s’interroger sur son utilité. De nombreuses voix compétentes s’élèvent contre une ineptie de plus, mais on en est plus à une près.

    • vous n’etes pas des les présupposés mais le langage… le seuil épidémique.. il est normalement à l’incidence des cas pas des morts..cas qu’on connait mal..sans tests et d’ailleurs pas possible de comparer à la grippe ou gastro ou autres qui ne sont pas comptés pareillement, sans doute declarations par médecin..https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-seuil-epidemique-15825/
      si on prend la définition d’une épidémie.. c’est une augmentation rapide des cas..

      le masque pp1 ou tissu protège il du covid..?.ce n’est pas son objet qui est de limiter la diffusion du virus via les postillons.l’auteur commet un raccourci.. vous avez raison..

      « faut il « porter le masque actuellement ..impossible de répondre si le but n’est pas défini, et très difficile à évaluer en terme d’efficacité mais pas impossible..

      si on nous dit pour ralentir la pandémie..ok.. mais il apparait que la seconde vague est pour le moment quantitativement inferieure en mortalité à la grippe saisonnière..pour laquelle le port du masque n’est pas recommandé..cohérence??
      là encore l’espagnenous donne un idée de ce qui est plausible dans les semaines à venir..
      https://www.worldometers.info/coronavirus/country/spain/

      on approche juste d’un mortalité anormale légère..

      on va le répéter déclarer que certaines morts doivent être évitées à tout prix… c’est idiot et ça a des conséquences.

      • Le problème est d’avoir supprimé le critère de mortalité dans la définition d’une pandémie…
        A partir de là, on peut décider de mesures, de façon administrative, comme si on avait affaire à la peste noire!

  • effet inattendu du port du masque dans les écoles : plus de difficultés à recruter des professeurs si on les oblige à porter en permanence le masque. ainsi, depuis la rentrée début septembre, ma fille n’a pas eu un seul cours de sciences physiques ni d’anglais par manque de profs dans le collège. plusieurs professeurs ont préféré se mettre en année sabbatique cette année, ce qui est financièrement possible si le conjoint est travailleur frontalier en suisse.

  • quand je porte ce machin , j’ai l’impression de m’infecter ; ça me prend la tête , et pas qu’au sens figuré ;

    • Ce n’est pas une impression, personne n’aurait l’idée de mettre le pot d’échappement de sa voiture dans l’habitacle. Tu respires une partie de tes gaz brûlés plus tout ce qui traîne sur ton masque et qui est atomisé à chaque inspiration, virus compris.

  • Puisqu’on parle de problème cognitif :
    1) le gouvernement assouplit les règles en milieu scolaire : maintien des cours même en cas de test positif, maintien des réunions de parents d’élèves 40 adultes dans la même pièce.
    2) réouverture des théâtres – à jauge réduite
    3) de plus en plus d’obligations de porter le masque en plein air !
    C’est moi ou c’est complètement incohérent ?

    • Vous êtes sain d’esprit, je vous l’assure, pour un rhume ma niece c’est pris 3 jours de congés scolaire à Paris… Et maintenant elle part en classe verte dans le cantal… Rien d’incoherent lorsqu’on parle des barjeots

    • il n y’a pas de façon cohérente de sortir du « à tout prix »..

    • « C’est moi ou c’est complètement incohérent ? »

      C’est vous. Et moi. Et nous tous. Ou du moins ceux qui ne votent pas Macron …

      On sent bien que le port du masque est devenu pour le gouvernement LA mesure phare supposée régler tous les problèmes. Mais « en même temps » on assouplit les règles pour les copains, les électeurs ou ménager l’opinion.

      Et comme ça ne marche pas on durcit les mesures. Et manifestement on a tout faux car on ne tient pas compte du modèle de propagation par cluster et perméabilité des clusters. Encore un échec du « en même temps » : on ne peut faire des choses « en même temps » que si elles vont dans le même sens ou n’interfèrent pas.

    • Vous n’avez pas compris, le chef de projet a parlé : « à fond sur les masques ».
      Les N-X répètent juste la nouvelle directives.

  • Ajoutons que le port du masque relève d’une forte charge rituelle très démonstrative d’une soumission à l’autorité.
    Quand je croise quelqu’un dans la rue à moins de 2 mètres, je reste en apnée trois secondes ce qui est beaucoup efficace et confortable que d’exhiber cette muselière qui m’étouffe et m’aveugle (buée sur les lunettes) … sauf que je me fais engueuler parce que je ne fais pas de cinéma.

    • La surveillance de tout le monde par tout le monde est, très clairement, l’objectif n°1 recherché. Les préoccupations sanitaires sont inexistantes.

    • Pareil j’ai toujours fait de l’apnée quand je croise quelqu’un de douteux dans la rue… (au moins pour les odeurs…)
      A vivre à Paris quelques années on prends les bons reflexes ! 😀

    • Pareil ! Je croyais être la seule à faire cette apnée !
      Dans notre petit Intermarché hier midi, malgré le masque, la petite dame devant moi à la caisse se tenait ostensiblement à 3 mètre de tout le monde. Je me suis fait un plaisir de la coller au moment de remballer les courses, vu qu’elle avait été un peu longue. Sa panique parce que j’étais à 50cm d’elle ! J’avais envie de lui dire que même si j’avais eu un mignon petit virus sur l’épaule, venu on ne sait d’où, il n’avait pas d’ailes à déployer pour sauter jusqu’à elle.
      Pathétique… le masque + la distance = stupide.

  • Au risque de déplaire, il faut affimer que le port du masque n’est pas utile et qu’il est même nocif. Même en cas de pic épidémique, si les malades le portent, cela contribue certes à protéger les autres, mais aggrave leur maladie. En dehors de ce cas, filtrer le virus à travers un masque eet à peu près arrêter un moucheron avec du grillage…
    En réalité, le gouvernement ment depuis le début car son objectif n’est pas notre santé, mais de faire peur à toute la population. Et quand on commence à mentir, il faut souvent continuer à le faire jusqu’à se prendre une claque magistrale quand la vérité est connue.

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