Bientôt la fin du conseil scientifique ?

"Dégradation manifeste de la situation" sanitaire: écoutez les annonces de Jean Castex-Capture d'écran Youtube-BFMTV

Les paris sont ouverts sur la durée de survie du conseil scientifique sous sa forme actuelle, étant donné le sérieux désaveu qu’il vient de subir.

Par Olivier Maurice.

Tout le monde attendait une énième avalanche de coups de mentons, de déclarations fracassantes et de mesures liberticides à l’issue du conseil de défense du vendredi 11 septembre.

Les médias catastrophistes étaient chauffés à blanc et la veille, le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique avait déjà commencé à préparer le terrain en expliquant que « les 4 mois qui viennent seront les plus difficiles » et que « plusieurs mesures peuvent être discutées. »

Tout de suite, plusieurs rumeurs au conditionnel (bizarrement toutes identiques et arrivant en même temps) avaient comme d’habitude commencé à fuiter, annonçant le menu d’où le président allait piocher pour nous expliquer à quelle sauce nous allions être mangés.

Résigné et dans l’attente de l’habituel pire, tout le monde a donc allumé la radio à midi, pour… bizarrement entendre les journalistes répéter en boucle ce qu’ils disaient depuis la veille en continuant d’utiliser le conditionnel.

De toute évidence, quelque chose ne tournait pas rond.

Puis tout d’un coup, en fin d’après-midi, Jean Castex est apparu devant les caméras comme un diable sorti de sa quatorzaine… pour lui aussi nous gratifier de neuf petites minutes de discours vide, à part la bonne nouvelle de l’allégement de la durée d’isolement et une tape sur les doigts destinée aux hypocondriaques qui font joujou avec les tests gratuits.

Débouchage de bronches

Que s’est-il donc passé pour que le Premier ministre se retrouve avec la patate chaude alors qu’avait fuité la rumeur d’une intervention musclée d’Emmanuel Macron suivie par une explication de texte d’Olivier Véran ?

Que s’était-il donc dit lors de ce conseil restreint pour que Jean Castex se retrouve ainsi nous débitant des banalités et des déclarations d’intention : « J’en appelle à la responsabilité de chacun… etc. » ?

On ne le saura sans doute pas tout de suite, mais il y a fort à parier que les partisans du goulag en ont pris pour leur grade. Et si ce n’est pas le cas, en tout cas, ça y ressemble fortement.

Depuis plusieurs jours, une petite fronde de médecins et de scientifiques a vu le jour et n’hésite plus à dénoncer ouvertement le comité scientifique. Tant et si bien que Jean-François Delfraissy en personne avait été amené à tenter de déminer le terrain, déclarant qu’« il revient aux dirigeants politiques de prendre des décisions » et que « personne n’était irremplaçable. »

Changement d’attitude qui contraste avec l’arrogante morne habituelle. Bizarre, nous avions fini par nous habituer à la pénitence sanitaire prônée par le conseil scientifique fleurant bon la naphtaline des vieux remèdes d’antan à base de sangsues, de lavements, de saignées, de cataplasmes et de vomitifs.

Une maladie urbaine

Les zones où les taux de positivité aux tests sont les plus élevés coïncident parfaitement avec celles où se situent le plus grand nombre de cas graves ou sévères nécessitant une hospitalisation. Et ce depuis l’augmentation du nombre de cas positifs.

Incidence taux de positivité – nouvelles hospitalisations au 11 septembre 2020

On voit très rapidement où se situent les foyers : la maladie est clairement épidémique dans les grandes villes et endémique dans la France périphérique.

On suspectait depuis le début que la Covid est une maladie qui frappent les centres urbains, les zones à forte densité où la population est naturellement concentrée. Nous en sommes maintenant certains.

Ce sont les contacts continus et prolongés d’individus dans un lieu confiné (entreprises, réunions de famille, EHPAD, foyers…), c’est la promiscuité et le confinement qui sont responsables de l’extension de la maladie, pas la circulation furtive d’un microbe invisible.

Agir là où il faut agir

Ce constat invalide autant la stratégie prophylactique prônée par le conseil scientifique que la progression de la courbe des tests positifs et des hospitalisations en illustre l’échec, ou que le rapport entre la situation actuelle et celle du printemps en illustre l’absurdité.

Non seulement il est nécessaire d’agir là où se développe la maladie et pas ailleurs ou n’importe où, mais plus généralement, il est absolument nécessaire d’établir une réelle stratégie sanitaire autre que celle basée sur des goûts vestimentaires et sur des pleurnicheries consternantes sur le manque de civisme et l’indiscipline des Français.

« Nous ne sommes pas en guerre mais confrontés à une épidémie qui a causé 30 décès le 9 septembre, contre 1438 le 14 avril. La situation n’est donc plus du tout la même qu’il y a 5 mois. […]
C’est pourquoi nous appelons les autorités politiques et sanitaires françaises à cesser d’insuffler la peur à travers une communication anxiogène qui exagère systématiquement les dangers sans en expliquer les causes et les mécanismes.
Il ne faut pas confondre la responsabilisation éclairée avec la culpabilisation moralisatrice, ni l’éducation citoyenne avec l’infantilisation »
(extrait d’une tribune publiée le 10 septembre  par 35 chercheurs et médecins).

Vu les chiffres que l’on commence à avoir (moins de 5 % des personnes testées positives développent un cas grave, ce qui permet d’estimer une létalité autour 0,3 % à 0,1 %), cela passe en priorité par l’établissement d’une réelle stratégie médicale de soins et de prise en charge des malades pour éviter au maximum les complications, plutôt que de noyer la population entière sous des consignes contraignantes, tout en laissant d’un autre côté les malades et surtout ceux à risque regarder leur cas empirer sans rien faire.

Est-ce que cela signifie que nous allons bientôt pouvoir respirer à l’air libre ? Peut-être. En tout cas, les paris sont ouverts sur la durée de survie du conseil scientifique sous sa forme actuelle, étant donné le sérieux désaveu qu’il vient de subir.

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