La nomination du Premier ministre n’a pas vraiment d’importance

En régime hyperprésidentiel, désigner un Premier ministre est devenu un acte insignifiant.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 4

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

La nomination du Premier ministre n’a pas vraiment d’importance

Publié le 16 mai 2022
- A +

Les éditorialistes commencent à s’impatienter : Emmanuel Macron n’a toujours pas nommé son Premier ministre. Jean Castex est déjà dans les cartons, plusieurs personnalités ont déjà été approchées. Les rumeurs se font et se défont au gré de l’actualité, des fuites élyséennes et des fantasmes médiatico-journalistiques. Seulement en régime hyperprésidentiel, le nom du Premier ministre a-t-il vraiment de l’importance ? Si tout est piloté de l’Élysée, qu’il soit homme, femme, ex-socialiste ou ex-LR, l’importance n’est que d’ordre communicationnel.

Ce que Macron prépare

Emmanuel Macron a démontré deux choses par le passé : sa conception pour ainsi dire « traditionaliste » de la Cinquième République, et une capacité à s’entourer de collaborateurs efficaces assez faible. De son « traditionalisme constitutionnel », il revient à une conception très gaullienne de la fonction du Premier ministre, qui n’est qu’un exécutant de la politique présidentielle, qu’on peut piocher dans la haute administration ou parmi la horde de gestionnaires réputés bosseurs qui grenouillent dans les ministères, les assemblées et autres comités Théodule (qu’on se souvienne de Michel Debré ou Georges Pompidou !).

Dans leur livre Le traître et le néant, Gérard Davet et Fabrice Lhomme font le constat de la difficulté d’Emmanuel Macron à s’entourer de personnes compétentes. Résultat : ce sont des personnages falots, des troisièmes couteaux politiques ou des bureaucrates obscurs qui peuplent les ministères de la Macronie, le tout pour laisser la place de choix au président jupitérien omniprésent. Quelle que soit leur compétence réelle ou supposée, les Premiers ministres qui se sont succédé depuis 2017 ne brillaient ni par leur grande autonomie, ni par leur charisme incroyable. Dès qu’Édouard Philippe a commencé à attirer la lumière des caméras, il a dû s’effacer pour Jean Castex.

Emmanuel Macron a repris la recette de Sarkozy : occuper tout l’espace médiatique et politique, mais cette fois-ci sans même laisser d’espace à ses collaborateurs. En ce sens, il incarne à merveille le stade suprême du centralisme jacobin à la française, qui utilise le milieu médiatique parisien comme une caisse de résonance de ses décisions, même les plus insignifiantes. Car oui, en régime hyperprésidentiel, désigner un Premier ministre est devenu un acte insignifiant. Le centre de gravité politique est à l’Élysée et pas ailleurs.

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Savoir qui sera le premier sinistre, c’est important! Si! Si!
    Ne serait-ce que pour se préparer et anticiper les moyens de survie nécessaires pour affronter le type de conneries qu’il sera tenté de débiter tout au long de son mandat! Car non seulement il (ou elle) en dira mais en plus on peut être sûr qu’il (ou elle) les fera!

    • La nomination du premier ministre n’a aucune importance ce qui ne veut évidemment pas dire que ce premier ministre n’aura aucun impact important dans nos vies.
      L’envie de savoir, en la matière, serait du masochisme si je m’y adonnais, mais c’est très personnel, je ne vous prête aucun vice. 🙂

      • Bonjour Aerosolkid,
        Je suis un vieux singe qui a passé l’âge de faire des grimaces et surtout de gober tout et n’importe quoi, surtout quand ça vient nous tomber dessus du sommet de l’ETAT! Donc c’est sans masochisme que je préfère savoir de qui viendra l’impact important et très certainement négatif que cela aura sur nos vies.

  • « – Alors on vous paie pour vous tourner les pouces ? – On nous paie pour enrayer la marche des affaires qui iraient très bien toutes seules sans ça ! »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Messieurs_les_ronds-de-cuir_%28film,_1959%29

  • Pas vraiment d’importance ?
    Quand-même un fusible c’est bien pratique.

    • C’est pratique un fusible, mais le changement d’un fusible a t’il la moindre purée d’importance ?

  • Depuis toujours, les Présidents de la Vème usurpent les fonctions du Gouvernement. Avec notre bénédiction et dans le silence de la classe politique. Seuls quelques juristes osent le faire remarquer, mais tout le monde s’en fout.
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/04/22/quels-sont-les-pouvoirs-d-un-president-de-la-republique-avec-ou-sans-majorite-a-l-assemblee-nationale_6122017_4355771.html
    https://www.midilibre.fr/2022/04/24/le-regard-droit-de-dominique-rousseau-les-figures-du-president-sous-la-veme-republique-10255496.php
    Titre II: le Président, et Titre III: le Gouvernement:
    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000571356/?isSuggest=true

  • Le problème de Macron, c’est qu’il a mis la barre tellement haut en nommant Castex qu’il va lui être très difficile de nous surprendre une fois de plus !
    Je lui suggère de s’inspirer des Belges qui n’ont pas eu de gouvernement pendant 1 an et qui s’en sont très bien sortis.
    Comme dirait Darmanin, ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer…

  • Pompidou était à cent coudées au dessus de Philippe et Debré pas loin de lui, effectivement macron est incapable de s’entourer de gens compétents pourquoi ??
    1 il n’est pas un vrai ou bon chef
    2 il est mégalo
    3 il a des complexes refoulés peut être à cause de sa vie privée bizarre …

  • Avatar
    jacques lemiere
    17 mai 2022 at 7 h 47 min

    je dois admettre que je ne savais pas qui était premier ministre..

  • Comme le dit très bien H16 : « …depuis cinq ans, les Français ont bien compris que le produit Macron, c’est du vide sur du vide sur du vide… »
    « Un chef est fait pour cheffer »…il n’en a retenu que l’autoritarisme.
    Il n’a aucune « épaisseur », pas de colonne vertébrale, pas de vision d’ensemble qui tienne dans le temps (en dehors de sa mégalomanie européenne semble t’il) : l’ensemble de ses décisions ne sont que des « arbitrages » propres à toujours ménager la chèvre et le choux d’où le délétère « en même temps ».
    C’est un littéraire qui n’a pas de capacité propres et qui ne sait pas « bien » s’entourer (ne veut pas) de personnes palliant toutes ses propres insuffisances.
    Le seul dossier il semble avoir compris qu’il devait écouter les sachants c’est l’Ukraine. Cependant la disparition du corps diplomatique pour avoir des diplomates « à sa botte » n’augure rien de bon dans ce domaine.
    La France a t’elle le temps de perdre, à nouveau, cinq ans ?

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Emmanuel Macron se complaît à brocarder les programmes économiques du Front populaire et du RN pour mieux les disqualifier : « on est chez les fous ». Le président a même déclaré récemment : « ce sont des programmes qui n'ont soit pas d'honnêteté politique, soit qui font porter un très grand danger, pas seulement à l'économie française et à ses taux d'intérêt, mais je crois à nos compatriotes, contribuables, épargnants ».

Une idée largement répandue voudrait qu’Emmanuel Macron serait meilleur pour attirer les investisseurs. Certes, la ... Poursuivre la lecture

« Tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude […] Mais l’incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu’on hasarde. » Pascal, Pensées. En 2017, le président Macron a conquis le pouvoir à la suite d’un pari osé. Dimanche 9 juin 2024, il annonce dissoudre l’Assemblée nationale, alors qu’il n’y était pas obligé. C’est donc bien un pari, mais un pari qui met en cause la nation tout entière. Quand on parie, on ignore si on va gagner, on connaît (ou du moins, on évalue) les coûts associés au gain. Plus le gain e... Poursuivre la lecture

Renforcement de la polarisation de la vie politique, faux choix entre socialisme de droite et de gauche, difficultés et enjeux d'un combat culturel plutôt que politique, les élections législatives qui se profilent au mois de juillet laissent peu d'espérance quant à l'avenir politique de la France qui semble condamnée au naufrage.

Polarisation de la vie politique française

Les élections européennes ont révélé une véritable fracture politique en France : le Rassemblement national (RN), le parti de la droite nationaliste et socialiste, es... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles