Défaite du PSG : contre la pagaille sur les Champs-Élysées, il faut la Justice

Arc de Triomphe By: soomness - CC BY 2.0

L’État n’a pas à vendre des vignettes auto, contrôler le prix des masques, se faire assureur ou encore diététicien. Sa raison d’être, c’est protéger et faire respecter la justice et la propriété.

Par Frédéric Mas.

Les violences qui ont émaillé la nuit de la défaite du club de foot de Paris sur les Champs-Élysées à Paris ont retenu autant l’attention du public que la démonstration sportive elle-même. Les éléments de langage policés de la classe politique, la communication calibrée et coupée du réel des élus locaux n’atténuent plus rien.

Il suffit d’aller sur Twitter ou Facebook pour constater l’ampleur de la violence des casseurs et les dégâts qu’ils ont provoqués sur ce qu’on appelait encore il y a quelques années la « plus belle avenue du monde ».

Le centre de Paris aux mains de prédateurs

Après les grèves, le mouvement des Gilets jaunes, les riverains et les commerçants sont exaspérés. Le centre de Paris est devenu le lieu de défoulement des prédateurs. Au moment des faits, la police semble assurer le service minimum pour ne pas envenimer les choses. Ce sont donc les citoyens ordinaires qui trinquent.

Il faut dire que ces derniers temps, la police n’a pas tellement intérêt à intervenir trop durement, tant son image est dégradée dans les médias et une partie de la population. Les violences policières durant l’épisode des Gilets jaunes ont vite été enterrées, provoquant l’indignation puis la défiance d’une partie de l’opinion publique.

Castaner a bien signalé à l’occasion de l’affaire Traoré que le ministère de l’Intérieur préférait suivre l’humeur médiatique plutôt que les règles élémentaires du droit. Dans les deux cas, ce qui fait défaut et ce qui est réclamé par tous, c’est la justice en lieu et place de l’arbitraire du Politique et de l’opportunisme clientéliste.

Les excès de violence n’ont pas été condamnés fermement dans tous les cas de figure, la hiérarchie a cédé à la pression médiatique, à « l’émotion », quitte à hypothéquer tout l’État de droit. Nicole Belloubet était aux abonnés absents, Dupont-Moretti s’inquiète davantage de la délinquance écologique.

Darmanin Matamore

Les rodomontades de Darmanin apparaissent pour ce qu’elles sont. Des rodomontades. Le nouveau ministre de l’Intérieur a endossé le costume de Nicolas Sarkozy, mais plus personne n’y croit. Il multiplie les visites de commissariats et les coups de menton médiatiques pour fustiger les dealers ou déclarer qu’untel n’a pas sa place sur le territoire national, après une nouvelle « incivilité » glaçante dont notre pays a le secret.

Il peut condamner « fermement » ou « s’insurger » contre la prédation et les violences, mais celles-ci continuent. À la suite des violences sur les Champs-Élysées, la police a déclaré plus de 150 interpellations. C’est très bien. Mais combien d’individus s’en tireront avec un simple rappel à la loi ? Là encore, ce qui manque, c’est la justice, pas la répression.

On piétine donc la justice et la propriété individuelle, qui en est le fondement, sans que les pouvoirs publics ne prennent les mesures nécessaires à leur protection essentielle. En cherchant à s’occuper de tout, l’État social lâche la proie pour l’ombre.

Il néglige le régalien pour des activités que la société civile peut très bien faire elle-même. L’État n’a pas à vendre des vignettes auto, contrôler le prix des masques, se faire assureur ou encore diététicien. Sa raison d’être, c’est protéger et faire respecter la justice et la propriété. Qui aujourd’hui aura le courage de s’en souvenir parmi nos dirigeants ?

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