Pour la rentrée, vous reprendrez bien un peu de Gilets jaunes ?

Les Gilets jaunes by Patrice CALATAYU(CC BY-SA 2.0) — Patrice CALATAYU, CC-BY

La rentrée est encore loin, mais de nouveau quelques ronds-points ont été brièvement occupés ce samedi 1er aout 2020 par des manifestants en Gilets jaunes.

Par Olivier Maurice.

La rentrée est encore loin, mais de nouveau quelques ronds-points ont été brièvement occupés ce samedi 1er aout 2020 par des manifestants en Gilets jaunes, en écho du lancement d’un tour de France des ronds-points à Lisieux.

Bien sûr, nous sommes très, très loin de l’ampleur des évènements de l’hiver 2018-2019 et si l’objectif officiel est de viser un redémarrage du mouvement avec une grande manifestation prévue pour le 12 septembre, rien ne peut dire aujourd’hui s’il s’agit d’un tour de chauffe ou si l’opération sera un flop.

Ceux qui n’étaient pas bloqués dans les embouteillages des vacances sont peut-être par hasard passés à côté de l’un de ces campements éphémères, où ils ont pu constater l’évolution des slogans, souvent plus nombreux d’ailleurs que le nombre de manifestants.

Si on y retrouve quelques-unes des tirades revendicatives antérieures (davantage de service public, de pouvoir d’achat, d’égalité, etc.), on remarque rapidement une claire inflexion qui ne va pas sans faire penser au récentes sorties sur twitter de la CGT de Fessenheim et à l’élan d’applaudissement de la sphère libérale-libertarienne que celles-ci ont suscité.

D’ailleurs, du gilet, le jaune est passé aux drapeaux qui sont maintenant de loin majoritaires, prenant le pas sur les drapeaux noirs, rouges, régionalistes et indépendantistes que l’on avait pu voir lors des précédentes manifestations.

Des Gilets jaunes anti-fisc et pro-liberté

Tout libéral aura pour réflexe immédiat d’en conclure à une pure coïncidence, le jaune étant la couleur des différents partis libertariens et le drapeau jaune celle du Gadsden flag, l’étendard de ralliement des libéraux et libertariens.

Mais le passage d’un simple objet quotidien, porté par des personnes se revendiquant avant tout simples citoyens et apolitiques en étendard brandi au bout d’une perche est emblématique.

Surtout que ce changement d’ambition s’accompagne de nouvelles pancartes, ouvertement antifiscales et pro-liberté qui semblent bien prendre le pas sur les habituelles revendications et appels du pieds à l’État nounou.

Pour tout dire, cette évolution du revendicatif pleurnichard vers le rejet de la route de la servitude est tout aussi impressionnant que totalement désordonnée. Il est quand même assez cocasse de voir côte à côte une ancienne pancarte exigeant le rétablissement de l’ISF et une nouvelle clamant tout de go : « Stop à l’enfer fiscal », ou une autre bonne vieille banderole quémandant le rétablissement du service public jouxtant une nouvelle dénonçant la « tyrannie de la peur et du stress destinée à asservir les individus ».

Ne gageons rien pour le futur, mais il semble bien que le scénario progressiste-européen face à populiste-nationaliste sur lequel avait misé Emmanuel Macron pour les prochaines élections, a de forte chance d’être contrarié par un mouvement bien plus profond, tant gronde la sourde musique d’une population de tout bord, excédée par les très nombreuses atteintes à la liberté et l’écrasante propagande anxiogène qui règne depuis maintenant plusieurs mois.

Toujours plus ?

La coupe se remplit petit à petit : entre l’interdiction de vente de masques, celle de l’hydroxychloroquine, le confinement, l’obligation du port du masque, la fermeture de Fessenheim et l’inévitable répercussion sur le prix de l’électricité, l’incohérence totale entre les messages de reprise de l’épidémie et l’absence de nouvelles hospitalisations, le projet de la fin des forfaits internet illimités, l’interdiction des terrasses chauffées, l’interdiction des chaudières au fioul, la crise économique à venir, etc. etc. etc.

Avec en toile de fond la totale déconfiture du système de santé dont l’excellence supposée légitimait la Cinquième République… Une course folle semble bien être désormais engagée pour savoir quelle goutte fera déborder le vase. Si ce ne sont pas les drapeaux jaunes, cela pourrait bien être tout autre chose.

La rentrée, ou au pire le printemps, risquent bien de ne pas être de tout repos.

 

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