Le contrôle des prix est un problème, pas une solution

Pourquoi le contrôle des prix des gels hydroalcooliques a été contre-productif.

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Le contrôle des prix est un problème, pas une solution

Publié le 9 avril 2020
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Par Nicolas Marques.
Un article de l’Institut économique Molinari

Nos pouvoirs publics clament depuis plusieurs jours leur « confiance dans la science ». Cette confiance, martelée à chaque annonce officielle, guiderait l’action du gouvernement dans la « guerre sanitaire » contre le coronavirus. Mais, dans les faits, elle est appliquée de façon lacunaire, comme l’illustre la mise en place d’un contrôle des prix contre-productif sur les gels.

Un décret du 6 mars 2020 plafonne les prix des gels hydroalcooliques. Cette mesure n’a d’évidence pas produit l’effet recherché, au contraire. Selon les pouvoirs publics, ce retour du contrôle des prix, abandonné depuis 1987, visait à nous « protéger contre les hausses abusives de la part de certains fournisseurs ». Pour l’administration, cette démarche relève d’une approche préventive destinée à « rassurer les Français ».

Dans les faits, cette mesure est contre-productive. Les gels hydroalcooliques ont disparu depuis plusieurs semaines des rayons où ils étaient habituellement distribués. Personne ne sait quand ils réapparaîtront. Le contrôle des prix n’aide pas à accélérer le réapprovisionnement, au contraire. Il plafonne le prix de vente d’un produit recherché, dont la production mondiale ne suit pas la demande.

Au lieu d’envoyer un signal de prix fort, incitant l’industrie française ou les importateurs à mettre à disposition davantage de gels, le contrôle des prix fait l’inverse. Il freine la réorientation les chaînes de production existantes vers la fabrication des gels et de leurs conditionnements. Il bloque aussi les importateurs voulant exercer leur métier, en les dissuadant d’acheter aux cours mondiaux les biens faisant défaut chez nous. Penser dans le contexte actuel qu’on peut se passer du marché et exclusivement s’appuyer sur les actes, bienvenus, de générosité d’entreprises comme LVMH ou Pernod Ricard, relève du déni.

Rareté durable

C’est ce qui conduit les économistes à déconseiller l’usage des contrôles des prix qui, au lieu de combattre la rareté, la rend durable. Les exemples sont légion dans l’histoire économique. L’administration française aurait dû s’abstenir de plafonner les prix. Sa direction de la consommation et des fraudes avait d’ailleurs constaté des abus « limités ».

Pour nous protéger d’un envol des prix, les autorités ont les moyens d’agir autrement. Elles peuvent aider les producteurs à ne pas répercuter aux consommateurs la hausse des coûts de fabrication, en réduisant les impôts sur la production et les bénéfices. Les autorités ont aussi la possibilité de protéger les consommateurs d’un envol des prix, en réduisant la TVA, voire en demandant une prise en charge de la Sécurité sociale s’agissant des biens et services médicaux.

Même en Chine, les autorités ont compris le caractère fondamental des incitations économiques. Les régions ont pris soin de réduire la fiscalité sur les entreprises et la TVA sur les produits manquants, pour soutenir la production et les utilisateurs.

Respecter les enseignements de base de l’économie nous permettrait d’être plus efficaces. C’est vrai pour les gels hydroalcooliques, mais aussi pour tous les biens et services. À ce titre les déclarations récentes du ministre de l’Économie faisant un parallèle entre le prix des gels et les prix alimentaires sont très inquiétantes. Il ne faudrait pas qu’après les gels, l’administration se mette à contrôler l’alimentaire, au risque de fragiliser une autre chaîne d’approvisionnement essentielle.

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  • Là dessus, j’ai tout lu : que c’était le contrôle des prix qui avait causé la pénurie (alors que non, la pénurie a été causée par la ruée sur ces produits)… que le contrôle des prix avait causé l’envolée des prix au marché noir (là aussi, c’est l’inverse, c’est l’augmentation délirante des prix qui a incité le gvt à agir)… désormais donc, que le contrôle des prix maintenait les rayons vides (alors que non, c’est l’incapacité de la production à suivre la demande).
    Bref les rayons ont été vidés avant le contrôle des prix, et ils restent vides parce que les capacités productives sont insuffisantes « en temps de guerre ». Faire disparaître le contrôle des prix ne fera pas revenir ces produits dans les rayons !

    • c’est curieux; augmentation « délirante » ( virez le délirante).. des prix..simple reflet d’une demande en très forte croissance..

      la production peine à suivre la demande mais la production existe donc les acheteurs existent… à un prix élevé..
      nous aurions certainement plus de chance de trouver des produits en rayon si le prix était libre , peut être pas pour tout le monde si vous êtes certain que la production ne peut pas suivre la demande et à un prix certes pus élevé qui est juste le reflet de la situation…

      Quelle est la noble l’idée derriere le controle des prix..que les pauvres ne soient pas privés de pouvoir acheter en raison d’un prix trop haut..
      égalité..
      est ce que c’est le cas?
      non.
      le controle des prix se double alors d’une forme de rationnement.. qui fait que c’est le gouvernement qui saura si vous avez besoin du truc ou pas..on est LOIN de l’idée de trouver des produits en rayon!!!
      qui fait que le gouvernement français fait main basse sur ce qu’il trouve..en france c’est possible quitte à faire couler la boite.. à l’étranger…controle des prix mon œil..

      bien sur il y a aussi le coté sanction contre les profiteurs..

      on a une crise là.. mais réfléchissez plutôt aux manques récurents de médicaments..

  • Hors mis ce problème d’inflation lié à cette pandémie…
    Peut-on m’expliquer pour quel raison les produits locaux «dits artisanaux» sont au minimum 30% plus chers que ceux équivalents et aussi «dits artisanaux» issus d’une autre région de France ? Est-ce pour favoriser l’import-export ou des sociétés de transport ? Les producteurs ont-ils investi dans le pétrole ou dans la pollution ?

    • c’est l’arnaque habituelle , chez inter marché ils avaient essayé de mettre un étal de produits régionaux (carotte a 3 €50 etc..) depuis çà s’est arrêté ils ont du boire le bouillon

  • Il y a une donnée essentielle que l’auteur ignore : le gel hydroalcoolique vendu avant la crise l’était déjà avec une marge phénoménale :-). Il s’agit d’un produit très simple à fabriquer, hyper standardisé, et qui était vendu à des prix élevés. C’est en gros du bête éthanol, un peu de biocide, dans un flacon.
    Sans grand risque de me tromper (expérience professionnelle passée), le prix de production d’un flacon de 250ml, livré en entrepôt de Leclerc, avec une marge de 50% au fabricant, revient à maximum 0,8 euro/250ml. Et honnêtement, je suis vraiment très large.
    Faites donc un tour sur les sites de vente en ligne, et voyez les prix.

  • « Une prise en charge de la Sécurité sociale » est aussi une forme de contrôle des prix. Pas mieux.

  • Est-ce vraiment utile le rappeler ? On pourrait aussi rajouter la surtaxation de certains produits comme l’essence le tabac ou l’alcool… La coke va finir par être moins cher que ces produits.

  • Les commentaires sont fermés.

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