Mélenchon : les rouges se mettent au vert

Jean-Luc Mélenchon à la tribune By: Rémi Noyon - CC BY 2.0

Mélenchon est un communiste assumé. En cas de victoire aux élections, il se prépare à s’en prendre aux libertés individuelles les plus basiques.

Par Claude Robert.

L’entente que Jean-Luc Mélenchon ne cesse d’évoquer avec EELV laisse augurer un splendide mélange vert-rouge dont les coloristes connaissent parfaitement le résultat : la couleur brune.

Quelles que soient les élections, les reports de voix montrent depuis très longtemps combien les verts et les rouges sont attirés l’un vers l’autre. Cet engouement gravit une nouvelle étape avec le discours fleuve de Mélenchon lors des « journées d’été » de la France insoumise ce week-end dernier.

La France Insoumise prête à vendre cher sa peau

Pas moins de 2000 militants ont assisté à la convention de LFI. Comme chaque fois, les déclarations de Mélenchon sont imbibées d’une solide confiance en soi. Le leader d’extrême-gauche, ardent défenseur de la dictature de Maduro, se positionne en force incontournable :

Sept millions d’électeurs ont dit qu’ils ne voulaient plus de cette Europe, de ces institutions, du marché qui organise toute la société, et il n’y a pas d’arrangement possible sur ces sujets. (Radio France Bleu, 23/08/20).

Cet ultimatum paraît légèrement présomptueux toutefois, après le triste score de sa formation aux élections européennes de 2019 (6,9 %) et moins encore aux élections municipales de 2020.

Mais la surenchère est une vieille habitude chez le leader des insoumis, leader qui avait tout de même admis sa défaite en juin :

Notre politique reposait sur une remobilisation populaire, cela n’a pas rencontré le succès qu’on espérait. (Le Monde 6/07/20)

Qu’à cela ne tienne, il croit en sa destinée. Il nous dira en octobre s’il se présente de nouveau à la présidentielle. On devine déjà sa décision. Mais pour quel programme au fait ?

La France Insoumise et son programme inoxydable

Le respect si ce n’est la politesse démocratique n’étant pas la principale qualité de Mélenchon, on ne sera pas étonné qu’il ait déclaré, lors de cette convention :

J’ai une responsabilité particulière, ne serait-ce que parce que deux votes successifs m’ont donné une légitimité qu’aucun vote de congrès ne donnera à personne (Europe 1 23/08/20).

Encore plus fort en matière d’auto-proclamation, ce qui permet au passage d’admirer son talent de dissimulateur :

Il y aurait une indécence, un ridicule absolu, à se chercher des poux dans la tête sur la manière de désigner un candidat à l’élection présidentielle pendant que des millions de gens meurent de peur de se demander s’ils vont trouver du boulot, s’ils vont pouvoir payer leur loyer, s’il y aura encore de l’eau qui coulera au robinet.

Or, quel est le programme qu’il propose, au-delà de ces outrances populistes qui cachent mal son évidente appétence élyséenne ? Rien de nouveau, à part bien sûr les habituels remugles marxistes à présent badigeonnés en vert :

Nous croyons à l’État, pas au capitalisme vert. Pas à cause du vert, mais du capitalisme. (La Croix 23/08/20)

Derrière un camouflage écologiste, Mélenchon annonce donc une nouvelle « rupture avec le système du néolibéralisme et du capitalisme ». Malin, il tente par deux fois dans son discours de dissimuler la violence potentielle d’un tel programme en osant qualifier les insoumis de « républicains démocrates » (sic). Mais chassez le naturel, il revient au galop, avec cet incroyable aveu, lorsqu’il dévoile les piliers de sa politique : « Réquisition, nationalisation, planification » !

Oui, vous l’avez bien lu, Mélenchon est un communiste assumé. En cas de victoire aux élections, il se prépare à s’en prendre aux libertés individuelles les plus basiques. Mais pourquoi s’en priverait-il dans un pays dont les médias ne s’en offusquent même pas ? Nous sommes en France, parmi l’un des derniers conservatoires des lubies totalitaires collectivistes !

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