Convention citoyenne : éclairée et indépendante, vraiment ?

Les mesures retenues par les membres de la Convention citoyenne – qui ne sont pas des élus – témoignent de leur ignorance en économie et en finance.

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Convention citoyenne : éclairée et indépendante, vraiment ?

Publié le 29 juin 2020
- A +

Par Michel Albouy, professeur émérite des universités.

Les citoyens tirés au sort (avec quelques ajustements statistiques néanmoins) ont adopté plus de 150 propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre le 21 juin 2020.

Une Convention aux membres non élus et ignorants ?

On ignore si cette date restera dans les livres d’histoire, mais il semble bien que nos « conventionnels aléatoires » ont le sentiment d’être entrés dans l’histoire de notre République, qui repose – osons le rappeler – sur des citoyens démocratiquement élus.

Oui, être élu sur un programme, que ce soit dans une commune ou au Parlement, c’est autre chose que de discourir sur l’avenir du climat et cela sans responsabilité.

Néanmoins Le Monde dans son édition du 23 juin 2020 titre : « Climat : le consensus ambitieux des 150 ». Et cela bien qu’à la lecture de l’article on s’aperçoive que le consensus était loin d’être présent au sein de cette Convention citoyenne aléatoire et que certaines propositions n’ont pas recueilli plus de 60 % comme la limitation de vitesse à 110 km/h sur les autoroutes.

À ce sujet, Le Monde rapporte l’intervention d’un participant énervé (Guillaume) qui aurait déclaré que « en passant à 110 km/h, on perd trois minutes sur 200 kilomètres. Arrêtez de dire qu’on limite nos libertés ».

Un petit calcul digne du Certificat d’études primaires que passait nos aïeux (et que ne réussiraient pas certains bacheliers de nos jours) nous montre qu’à 130 km/h il faut 92,3 minutes et qu’à 110 km/h il faut 109,1 minutes pour parcourir 200 km, soit un écart de 16,8 minutes. Nous sommes loin des 3 minutes. Mais il est vrai que lorsqu’on est un citoyen de la Convention pour le climat on a forcément raison…

D’autres articles de presse nous alertent également sur ce consensus relatif au sein des membres de cette commission comme la question de l’utilisation du référendum. C’est dire si nos « conventionnels » étaient en fait partagés, sauf quand il s’agit de demander encore plus d’impôts et d’aides de l’État.

Bien sûr, la limitation de la vitesse des automobiles sur autoroutes peut se justifier – éventuellement, par une volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre – bien que cela soit contestable si le trafic est ralenti et que les moteurs tournent plus longtemps, comme dans les villes où on a cherché à rejeter l’automobile (Grenoble en est un bon exemple).

La question du transport aérien est aussi sur la sellette quant à sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre. Mais bon, ne chipotons pas sur ces questions techniques environnementales. Allons à l’essentiel, c’est-à-dire l’accompagnement financier de ces propositions.

Un programme de financement des mesures qui repose sur l’impôt (pour ne pas changer)

Comme il fallait concilier l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre avec, bien entendu, la « justice sociale », les membres de la convention ad-hoc ont cherché des moyens financiers de pallier les effets pénalisants de leurs mesures en proposant des solutions qui naturellement vont peser encore sur les classes moyennes et plus.

C’est ainsi que pour orienter les achats alimentaires vers le bio et « promouvoir une alimentation saine et durable accessible au plus grand nombre », des chèques alimentaires seront distribués dans les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne).

De même, l’obligation de rénovation énergétique des bâtiments sera compensée pour les ménages les plus modestes par une aide de l’État, etc. Naturellement ces aides devront être financées par l’impôt. Quand on sait déjà la montagne de dettes que l’État a accumulé avec sa gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19, on en frémit à l’avance.

Deux principales pistes d’imposition – qui sont loin d’être nouvelles – ont été émises par les membres de la convention. Bien sûr, la réhabilitation de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) est au menu à travers un impôt qualifié d’écologique sur la fortune (IEF ?) qui reprendrait la trame de l’ISF. Exit l’IFI (Impôt sur la fortune immobilière) ?

Décidément, cet ISF est comme le sparadrap du capitaine Haddock pour les présidents de la République qui ont voulu le supprimer. Le Président Macron, qui a voulu cette convention, ne s’attendait peut-être pas à ce que la réduction des émissions de gaz à effet de serre conduise à la réhabilitation de l’ISF !

De même pour une autre mesure fiscale emblématique de la gauche et pas franchement innovante sur le renforcement de la taxe sur les transactions financières. Un vieux cheval de Troie qui fait toujours l’unanimité des non experts (ou des ennemis) de la finance.

Oui, nos marins d’eau douce, pour reprendre une expression chère au capitaine Haddock, n’ont pas franchement innové pour financer leurs propositions. À aucun moment il n’est dit que ce sont les consommateurs qui doivent supporter leurs choix de consommation.

Il est vrai qu’avec de telles mesures non choisies ou voulues par les Français il faut penser à l’accompagnement… Oui, il faut que « les ménages aient les moyens de changer leurs habitudes », comme le dit le rapport.

La Convention stigmatise les bénéfices et les dividendes des entreprises (pour ne pas changer)

La mesure la plus révélatrice des biais, pour ne pas dire de l’ignorance financière, de nos « conventionnels aléatoires » est celle qui vise les dividendes des entreprises versés à leurs actionnaires.

Il est ainsi proposé que les entreprises privées qui distribuent plus de 10 millions d’euros de dividendes annuels à leurs actionnaires soient taxées à hauteur de 4 %. Pourquoi 10 millions d’euros ? Pourquoi pas 5 ou 20 millions ? On ne sait pas.

Par contre, on sait que les entreprises du CAC 40 versent (quand elles peuvent le faire hors Covid-19) de l’ordre de 45 à 50 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires on voit bien le prélèvement fiscal auquel cette mesure pourrait conduire.

Quand on sait que l’impôt (IS) sur les grandes sociétés est de 33 % sur les bénéfices (un taux supérieur à la moyenne européenne) et que les dividendes versés sont imposés au taux de 30 % (Flat tax), on mesure bien la ponction supplémentaire qui en résulterait pour les actionnaires des entreprises françaises.

Bien sûr, tout le monde sait que plus on verse de dividendes et plus les gaz à effet de serre prospèrent… Mais là n’est pas la question ! Il faut prendre l’argent où il est, c’est-à-dire dans les poches des riches actionnaires.

Avec de telles propositions on peut souhaiter bonne chance au gouvernement pour relancer l’actionnariat des ménages dans les entreprises, pourtant recommandable si on ne veut pas que nos fleurons industriels passent sous la coupe d’investisseurs étrangers.

Par ailleurs, il est curieux que les loyers encaissés par les propriétaires bailleurs ne fassent pas l’objet d’une telle mesure. Peut-être que certains membres de la convention louent des logements ? Il faut dire que ces propriétaires auront la charge de la rénovation énergétique de leurs logements…

Tout se passe comme si les entreprises privées n’étaient pas suffisamment ponctionnées et qu’il faille encore et toujours les mettre à contribution. Avec une telle mentalité, on peut vraiment se faire du souci pour l’avenir de nos grandes entreprises qui portent pourtant bien haut les couleurs de la France, notamment à l’étranger où elles font souvent l’essentiel de leurs bénéfices. Cette proposition de taxation supplémentaire des dividendes est vraiment pathétique pour ne pas dire plus.

Épilogue

Le 29 juin 2020, les membres de la Convention seront reçus par le chef de l’État. Mais ce ne sera pas la fin de leur vigilance. On peut compter sur eux ! Avec la création de l’association « Les 150 », ils montrent clairement leur intention de continuer leur travail. On espère seulement que cette nouvelle association ne recevra pas de subventions de la part de l’État !

 

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  • Il faudra quand même que l’on nous explique comment ont été choisis ces personnes « représentant le peuple », et ensuite le rôle des « cadres » de Terra Nova à….  » censés éclairer ces braves gens, et ensuite nous expliquer ce qui a fait polémique, à savoir voter pour des ensembles de propositions – dont certaines contradictoires entre elles – plutôt que sur chaque proposition séparément.
    L’exercice a le mérite de faire parler les média au moment où le sujet Covid commence à lasser. Et il sert bien les élections du 2ème tour ! Voir les résultats des verts.

    • Dans le bottin des organisations écologiques. Et de toute façon aucune personne sensée n’aurait voulu participer à ce machin le risque de perdre la tête était trop important, vous avez déjà causé à un ecolo ? C’est pire qu’à un syndicaliste !

      • Extrait sur ce qui motive les participants à la création d’une association et qui montre le rôle clé d’experts dans le formatage des ces derniers pour tenir l’objectif :
        «Pour cette expérience inédite et historique de démocratie participative, nous avons vécu ensemble, pendant 9 mois, une expérience humaine inédite et intense qui nous a amené à prendre conscience de l’urgence climatique. Beaucoup d’entre nous ont exprimé le fait de s’être pris « une claque » lors du premier week-end où les faits scientifiques nous ont amené à comprendre que la Terre peut vivre sans nous, mais que nous ne pouvons pas vivre sans elle. Pour répondre à la question qui nous était posée, « Comment réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, dans le respect de la justice sociale ? », nous avons échangé librement dans la pluralité de nos opinions. Nous nous sommes nourris d’échanges avec des experts et des représentants économiques, associatifs et publics, afin d’être en capacité de rédiger des mesures concrètes, en connaissance de cause et en toute indépendance.
        Aujourd’hui, nous avons décidé de poursuivre notre engagement en créant l’association “Les 150” dont les objectifs sont de…»

        • Cela permettra peut-être à de vrais scientifiques de leur remettre les idées en place, de leur faire comprendre qu’ils ont été abusés et de leur faire faire marche arrière quand la froide réalité nous explosera à la figure.
          Ah non, je rêve …

        • « Pour cette expérience inédite et historique de démocratie participative, nous avons vécu ensemble, pendant 9 mois, une expérience humaine inédite et intense qui nous a amené à prendre conscience de l’urgence climatique. »

          On croirait lire la description d’un séminaire de secte…

        • A rappeler sans modération :

          – le CO2 n’est que le 3e contributeur à l’effet de serre derrière la vapeur d’eau et le méthane.
          – en deçà de 150 ppm de CO2, la photosynthèse s’arrête.
          – 95% de l’effet de serre du CO2 atmosphérique est produit par les 200 premiers ppm.
          – les émissions humaines de CO2 sont faibles par rapports aux émissions de l’océan (plus de la moitié) et de la biomasse terrestre (plus du tiers).
          – le passage de 200 à 400 ppm de CO2 s’est traduit par 18 millions de Km2 de surface végétalisés supplémentaires (1/6e du total).
          – les variations de température moyennes constatées depuis 1800 ne sont pas corrélées aux variations de la teneur en CO2 atmosphérique.

        • On en revient à l’expérience de Stanley MILGRAM et aux conséquences sur le comportement ( effondrement moral) de ceux qui y ont participé ainsi que sur leur libre arbitre.
          C’est par des méthodes similaires (soumission à une autorité, en la circonstance celle des supposés experts) que l’on influe sur le raisonnement des individus et qu’ils se déresponsabilisent de tout choix inique puisque les « experts » affirment en porter l’entière responsabilité.
          C’est ainsi qu’il devient possible de faire faire ou faire dire à des personnes les pires betises en leur donnant une garantie d’impunité .
          Que notre Président se rende complice d’un tel exercice en dit long sur les risques qu’il nous fait courir. Il semble ne pas voir qu’il ouvre la boîte de Pandore… qui contient, entre autre, toutes les justifications à l’instauration d’une dictature verte cachée derrière l’arbre de la démocratie et d’un catalogue de bonnes intentions essentiellement liberticides.

        • « qui nous a amené (s) » ; « nous ont amené (s) » : c’est la Croix qui fait des fautes de grammaire?

        • Bref, le gouvernement s’est arrangé pour les endoctriner en envoyant des écolos les baratiner. Bravo! Maintenant que va t’il faire? Car il va devoir se dépatouiller avec ses propositions débiles.

        • Traduire : On nous a dit ce que nous devions écrire, car nous étions des déviants.

    • votre étonnement m’étonne ; c’est une technique éprouvée des soviets pour ce qui est de la façon de voter de préférence à main levée c’est bien plus démocratique !! Quant au choix  » des tirés au sort  » , c’est bien le problème c’est un faux tirage au sort et aucun huissier n’était là pour assurer la sincérité du dit tirage !!!!

  • On va bien rire maintenant que toutes les grandes villes sont passées au vert. Un ecolo est plein d’imagination mais son but final est quand meme unique :décroissance.
    Moins consommer moins se déplacer et sans doute moins de personnes sur terre. Allez, tous à vos bêches a vos râteaux à vos binette. N’oubliez pas d’élever des pigeons pour engraisser votre jardin communautaire..et puis, une soupe de rats c’est bon quand il n’y a rien d’autre.

    • Pas sûr ! A un échelon local, la décroissance n’est pas visible. Hidalgo a été réélue, de même que Piolle à Grenoble.
      Bordeaux, Lyon, Strasbourg ont vécu une poussée verte. Tout ça est moins du au contexte de la convention ou à un rabachage ad nauseam des dangers du RCA qu’à la sociologie de ces villes, bourgeoises et friquées, dont les priorités ne sont ni l’emploi ni la sécurité, mais la nature et la chasse à la bagnole (que les bourgeois bohèmes n’utilisent que peu)…
      A Perpignan, entre mer et montagne, ce thème est superflu. En revanche, les questions de sécurité sont majoritaires.
      A chacun ses obsessions et ses phobies…

      • Je vous invite à réentendre la déclaration grandiloquente du nouveau maire de Lyon, qui va en faire la ville la plus écologique du monde, exemple que l’ensemble des villes du monde va suivre. A l’entendre, ce gars la est Bouddha, Jésus, Napoléon et Einstein réunis. Par contre je plains les habitants de ces grandes villes passées au vert, les mesures folles et les impots qui vont avec.

    •  » mais son but final est quand meme unique :décroissance ».
      Pour les autres.

  • Sur les 3 min du 110 km/h vs 130, notre citoyen énervé a du recourir non pas à l’écart des vitesses max mais des vitesses moyennes (cf l’excellent papier de Rémy Prudhomme sur Contrepoints). Écart des vitesses moyennes qui est de 5 km/h. Avec ça en effet, on n’est pas loin des 3 min.
    Mais alors on se demande pourquoi les collègues du même ont calculé le gain en CO2 sur les vitesses max (les fameux 20 % repris partout dans la presse)…
    Cette affaire pue la mauvaise foi !

    • Si on va moins vite, on roule plus longtemps surtout que le rendement du moteur baisse quand on roule plus lentement donc on émet plus de CO2 au kilomètre. Réduire la vitesse augmente donc les émissions comme on a pu le constater à Paris.

      Bel exemple de mesure shadok.

      • Ceci peut être vrai pour les plages de vitesses faibles notamment lorsque les rapports de boîte ne sont pas les mêmes.
        Cas limite, à l’arrêt, moteur ralenti au feu rouge, votre consommation de carburant et production de CO2 par km est infinie!
        Mais entre 110 et 130 km/h la différence de consommation PAR KM est assez importante et n’a même pas besoin d’être calculée puisque les voitures récentes l’affichent à la demande sur le tableau de bord (sans tricherie).

      • La consommation n’est pas liée au temps passé sur la route mais à la vitesse (et au régime moteur)
        Donc on consommera moins sur 100 km à 90 km/h qu’à 130 (en 6eme vitesse)
        En dessous (là où la résistance à l’air et aux frottements reste faible), 5ème vitesse à 80 km/h, ou 6ème à 90 c’est kif kif.

  • Entièrement d’accord avec le rédacteur de cet article.

    Quelles sont cependant les propositions des libéraux et de la droite en général quant aux questions environnementales (bien réelles) ?

    Quelque part, notre cécité et notre absence coupable en la matière laisse un boulevard totalement libre aux gauchistes qui se servent de la question écologique comme d’un levier puissant contre la liberté et le capitalisme.

    • Questions environnementales.. Bien réelles….. Commencer par faire le tri entre le vrai et le faux après la solution apparaît tout simplement. Deja en retirant le co2 de l’equation beaucoup de choses inutiles disparaissent, que reste t il, les dechets, ça fait une éternité qu’on sait les traiter… Et voilà. Problème réglé… Les pesticides et autres n’est qu’une question de responsabilité des producteurs et de justice…

    • Principale proposition libérale (pourquoi de droite?) pour un long terme respirable: supprimer toute politique nataliste et laisser chacun financièrement responsable de ses choix reproductifs, sans parasitisme redistributif, afin que la démographie retourne à un optimum naturel.

      • @mc2
        Oui, c’est effectivement une proposition à caractère libéral que je partage.

        Il pourrait (devrait) en avoir beaucoup d’autres.
        L’écologie est un des nombreux domaines désertés par la pensée libérale avec les résultats que l’on connait (tous les résultats).
        On pourrait même dire que c’est la pensée en général que les libéraux ont désertée, au moins en France et depuis de nombreuses décennies.
        Pour s’en convaincre, il suffit d’observer, quel que soit le domaine, la disproportion astronomique entre les publications de l’empire du bien et celles de ceux qui défendent la Liberté. Ou le tropisme politique de la population ou bien d’autres évidences. Aussi, à plus petite échelle, avec ce qui sort, ici, sur contrepoints. 90 % des articles sont de simples réactions aux délires de l’empire du bien.
        Peu de choses qui relèvent de l’action, de la pensée libérale et de la proposition construite.
        Les libéraux ont même abandonné à leur adversaire les mots, les concepts et les systèmes de valeurs. Pourtant ces derniers structurent la pensée.

        Et ce qui devait arriver est arrivé. Les libéraux représentent 3 % de l’électorat. Nombre d’entre eux sont en réaction avec des dogmes stériles et sans nuances.

        PS pour moi, le libéralisme ne peut être que de droite (ce qui ne signifie malheureusement pas la réciproque). Une partie de la gauche est allé jusqu’à revendiquer la paternité du libéralisme. Ne nous laissons pas voler jusqu’à cela.

        • Gauche? Droite?
          Pourquoi pas au dessus tout simplement ou ailleurs comme le suggérait naguère le fringant Michel Jobert?
          Parce que les libéraux il faut une grosse loupe pour les trouver à droite.

        • En fait, le libéral ne cible pas ce domaine car il est un « problème » qui sera résolu lorsque le régalien reviendra sur le devant de la scène : chacun pouvant disposer du fruit de son travail, il pourra se développer, et du coup consommer mieux, et émettre moins de co2 naturellement.
          Toutes les études montrent qu’un pays développé tend à émettre moins de co2 qu’un pays en voix de développement ! (en comptant les « transferts »).
          La gestion des déchets, l’amélioration des process de production (par l’innovation) sont bien les principaux sujets à s’occuper dans l’immédiat… Et pas la limitation de nos déplacements…

        • Historiquement, à droite siégeaient les conservateurs, à gauche les réformistes. Dans ce cadre la pensée libérale est plutôt de gauche (il y avait beaucoup à réformer à la fin de l’Ancien Régime). Après, il suffit de voir où siégeaient les grands penseurs libéraux qui sont allés à l’Assemblée Nationale : Frédéric Bastiat étaient au centre gauche, Tocqueville; si je ne me trompe pas, était plutôt au centre droit.
          Il semble que Waldeck-Rousseau était plutôt de centre gauche. Les exemples abondent, il suffit de chercher un peu. En bref, le libéralisme n’est pas de droite ou de gauche, en tout cas pas au sens où on entend ce « clivage » aujourd’hui.
          Pour en revenir à la question qui est « quelle politique écologique pour les libéraux », je pense que tout est déjà contenu dans les textes libéraux fondateurs : liberté, propriété et responsabilité. Toute personne peut faire chez elle ce qu’elle veut, toute personne causant un dommage à autrui se doit d’une part de cesser l’action causant le dommage, et de le réparer à hauteur du préjudice subi.

          • Lorsque l’on étudie en détail la question de l’origine du libéralisme du point de vue de l’histoire (non revisitée), sur la base d’éléments factuels, sourcés et contextualisés (ce qui est fondamental), on révèle que la pensée humaine est structurée par deux constantes quasi immuables. Des premières sociétés grecques à nos sociétés modernes, le même clivage apparait. Il est quasi consubstantiel à la nature humaine. Les variations homéopathiques de pensées n’y changent rien.

            La définition précise et pure de ce clivage, initialement conçu intuitivement, fut longtemps discutée par les penseurs et les philosophes. Il s’agissait de remonter à la cause première.
            Les Anglo-saxons, une fois de plus (même si je pense qu’il est possible de définir une cause en amont), nous donnèrent ce que je considère comme The clé de lecture.

            Grossièrement, il y a donc d’un côté « ceux qui veulent adapter le réel à leur représentation du monde ; de l’autre, ceux qui le prennent comme une donnée ».

            Les premiers sont les réformistes, révolutionnaires, socialistes, constructivistes ou progressistes. C’est l’empire du bien (les gens à gauche du prisme politique tel qu’il est défini aujourd’hui).
            Les seconds sont les libéraux et les conservateurs.
            Considérer les réformistes d’hier et d’aujourd’hui comme des libéraux pourrait conduire à ranger les bolchéviques et autres révolutionnaires et militants de la France insoumise comme appartenant à ce cercle.

            Le libéralisme est intrinsèquement de droite. Vouloir faire accroire le contraire est une fumisterie de plus de l’empire du bien (son aile la moins radicale).

            La question écologique, en ce sens qu’elle porte en elle une dimension collective (probablement de la collectivité humaine tout entière) et qu’elle concerne tant les individus que les personnes morales et les institutions, ne se résout pas de la simple application des valeurs fondatrices du libéralisme. Valeurs conceptualisées à une époque où les questions environnementales ne se posaient pas ou n’étaient pas posées.
            Entre autres choses la question écologique devrait nous conduire à préciser comment se définissent et s’évaluent les « dommages à autrui ». Peuvent-ils par exemple concerner l’environnement dans lequel je vis, même si les effets pour moi en tant qu’individus ne sont pas perceptibles (compréhensibles) immédiatement.

      • concernant la politique nataliste, ne demandez pas plus tard quelqu’un pour vous faire vos soins quand vous serez devenu dépendant.

        • Voulez-vous dire que quand on sera dépendant, le fait d’avoir payé des allocs va nous servir à avoir plein de visites ? Je crains d’avoir payé des allocs, mais qu’aucun des bénéficiaires n’imagine vivre d’autre chose que de l’argent public, n’écoute jamais les radotages des anciens surtout s’ils sont anti-écolos, ni même n’espère pas que la covid ou autre chose vont les débarrasser au plus vite de ces empêcheurs d’écologiser en rond. En France, hein, parce que dans les pays où la politique est moins nataliste, le cycle de vie travail+enrichissement avant jouissance+respect et transmission a meilleure presse.

        • Vous confondez avec la pyramide de ponzi du système de retraite…
          Pas besoin d’une population en perpétuelle croissance pour s’occuper de ses anciens.

    • Tous les problèmes relevés par les écologistes n’existent PAS. Les OGM sont sans danger, cela fait 25 ans que des milliards de personnes et d’animaux en consomment et pas un seul problème relevé. Les pesticides: depuis qu’ils sont employés la longévité humaine a augmenté de 20 ans. Le déboisement: la forêt a doublé en France et augmenté même au Brésil de 1%. Le réchauffement: après un refroidissement important comme celui du Petit âge glaciaire il est normal que la température remonte. Le CO2: il n’y est pour rien, la température a chuté de 1945 à 1975 alors que sa quantité explosait du fait de la reconstruction d’après guerre. Seule la disparition de certaines espèces, principalement à cause du braconnage: rhinocéros, éléphant, et du commerce d’animaux: tigre (il y en a plus aux USA en cages qu’en Asie en liberté), et autres: même les serpents et les araignées!

      • vous oubliez une partie dans votre « la forêt a doublé en France » : une des raisons principales de ce doublement tient à l’amélioration des rendements qui permettent aux agriculteurs de nourrir autant de monde avec moins de terres. Et cette amélioration des rendements, elle est liée aux changements de pratiques, à la mécanisation, à l’utilisation d’engrais et de pesticides, aux espèces de plus en plus résistantes (officiellement OGM ou juste hybrides), etc.
        Mais on pourrait revenir au temps « béni » où tout le village (enfants compris) était mobilisé en juillet / août pour les moissons, après tout, il n’est pas si lointain que ça et il est à l’origine de nos longues vacances d’été.

  • rendez vous dans 6 ans ….quand les villes écolos se seront vidées de leur force vive , parce que l’air que les citoyens vont respirer va devenir irrespirable , étouffé qu’ils seront par tout ce qui leur pend au nez ;

  • A l’origine, ces 150 représentaient peut-être une diversité d’opinions. Mais ils ont été encadrés, je dirais même plus formatés, par des personnes idéologiquement orientées qui ont su jouer de leur ignorance.

    • He oui, on ne chôme pas à la LCR ; quand les gauchistes forment des cadres, ils sont sérieux et leur apprennent le métier. Manipuler 150 personnes, c’est facile pour eux, à peine un exercice de style quand on sait faire avec un amphi de 300 étudiants.

    • mais oui chez les soviets on appelle çà la rééducation !!!!

    • Syndrome de Stockholm (beaucoup de personnes ont été « retournées » suite, notamment, à des conférences de scientifiques « choisis »…sans qu’il n’y ait de partie contradictoire) + biais indéniable de « recrutement ».

      Il n’est que de voir les adhérents à des « associations » écolos choisis dans ce panel.

      Une belle mascarade qui devrait être vue comme telle, et donc dénoncée, mais que les « journaleux » des médias main-stream (comment les appeler autrement), carriéristes qui savent que leurs « cou$*les » sont sur le billot s’il envisagent d’émettre l’ombre d’un soupçon de doute concernant la théorie officielle, relaient abondamment.

  • Bel article mais tous ces arguments ne pèsent malheureusement rien face à :
    la conviction d’être dans le camp du bien
    le « mantra » sans cesse répété : « il faut changer de logique ». Mantra face auquel le bon sens et les faits ne pèsent rien.

  • Et Macron reprend 147 propositions sur 150 ! Tout cela téléguidé pour gratter quelques % en 2022.
    Mais tout cela n’intéresse plus personne.
    La résignation s’est installée.

  • Berthold Brecht suggérait je ne sais plus à qui de changer de peuple lorsque le peuple ne convenait pas au gouvernement. Macron à parfaitement réussi cette manipulation : 150 personnes sélectionnées et cornaquées par des idéologues sont maintenant le peuple français. Félicitations !

    • le président de la république n’a pas de limite de pouvoir : donc le peuple, il s’en moque, (sauf quand il commence à s’approcher des beaux quartiers avec des pelleteuses).

  • Une convention qui à la solde de macron qui se dit indépendant…. et dont les représentants se prennent pour des lumières !
    Un bon coup de balai est nécessaire.

  • Puisque apparemment notre Président a décidé de suivre « presque toutes » les absurdites de ce comité Théodule, nommé et non élu, en particulier le « crime d’Ecocide », on espère que ce grave délit sera aussi rétrospectif. Je propose donc que les deux premiers pollueurs de la planète des 30 dernières années, Nicolas Hulot et Arthus Bertrand soient immédiatement inculpés d » écocide et jugés avec une sévérité exemplaire.

  • pour dire une énormité dans un média sans se mouiller faites la dire par une personne et « contentez » vous de rapporter ses dires, c’est modeste..c’est du journalisme de base….
    donc 2 + 2 = 5…comme dit madame michu..

  • Pour ces 150 imbéciles, ceux qui circulent sur les autoroutes ne sont uniquement que des pollueurs qui ont les moyens de partir en vacances ?

    A aucun moment ils ne conçoivent que des professionnels l’utilisent et que les « seulement quelques minutes perdues » ( phrases reprises en masse dans tous les torchons gaucho) seront forcément un coût quotidien supplémentaire pour les entreprises ???

    Observons 1 minute de silence pour ceux qui ont des commerciaux à charges…

  • On est en train de detruire une civilisation extraordinaire en essayant de resoudre un probleme qui n’existe pas.

  • j’approuve votre souhait que cette nouvelle association ne bénéficie pas de subventions de l’état c’est à dire nous mais j’ai comme un doute sur la réalisation de ce vœu !!!!!

  • Ce n’est certes pas à un Belge qui n’a pas de gouvernement depuis plus d’un an de donner des leçons à nos amis français. chez nous, le vote est obligatoire et ça me fait râler. Toutefois, quand je vous lis, je remarque (il semble) que beaucoup ne soient pas d’accord avec Macron et la Convention citoyenne pour différents raisons. Je vois aussi que les verts (tant décriés) font une percée terrible dans bon nombre de villes. Pourquoi les opposants à cette politique ne vont-ils pas voter pour barrer le chemin aux extrémistes verts ?

    • parce-que les politiques d’ici essaient de ratisser au plus large – ils ont vu une opportunité dans la peinture verte, donc tous en mettent.

  • Les commentaires sont fermés.

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Si le renouveau revendiqué par Emmanuel Macron pour son second mandat présidentiel signifie qu’il ambitionne de renouveler, au sens de reconduire, le « quoi qu’il en coûte » budgétaire des années précédentes, on peut dire que le Projet de loi de finances 2023 ou PLF 2023 présenté lundi dernier en Conseil des ministres répond à merveille à cette ambition. Il n’est que de comparer les avis successifs de la Cour des comptes ou du Haut Conseil des Finances publiques (HCFP) rendus chaque année sur le sujet pour s’en convaincre.

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En règle générale, on peut connaitre l’idée globale d’une loi aux États-Unis à son titre.

Dans la (quasi) totalité des cas, il indique ce que la loi ne fera pas. Le Patriot Act, par exemple, était tout sauf patriotique, il a augmenté la main de fer de Big Brother comme jamais auparavant et a normalisé le harcèlement sexuel (et le voyeurisme) pour prendre l’avion.

Idem avec la loi récemment adoptée pour « combattre » l’inflation. Votre main à couper qu’elle fera tout sauf ça – même ses défenseurs sont incapables de défendre ce po... Poursuivre la lecture

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