Le prochain racket de l’État fédéral européen

Le « monde d’après » loin d’être enchanteur, serait encore plus centralisateur si on se fie à ses promoteurs.

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Le prochain racket de l’État fédéral européen

Publié le 3 juin 2020
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Par Simone Wapler.

Maintenant, nous ne pouvons plus l’ignorer : l’État français ne nous protège pas des risques réels. Notre système de santé qui, selon ses défenseurs, fait l’envie du monde entier s’est montré moins efficace que d’autres face à l’épidémie du Covid-19.

Sans parler de la comparaison avec des pays asiatiques, rompus à la manœuvre car ayant eu à lutter contre le SRAS, la comparaison avec l’Allemagne est accablante. Nous avons davantage de dépenses publiques par habitant en matière de santé, mais moins de lits de soins intensifs par habitant, moins d’appareils IRM par million d’habitants… On peut multiplier les critères.

Ce que nous avons en abondance, en revanche, c’est de la bureaucratie non soignante. Ceux qui sont avides de preuves et d’argument détaillés pourront compulser l’étude de l’IREF. Les pressés se contenteront de Paris-Match.

D’une façon générale, aussi, les États les moins centralisés s’en sont plutôt mieux sortis ; certains médecins sont passés outre les consignes officielles pour le plus grand bien de leur population. C’est le cas de la Corée du Sud.

Sans surprise, la décentralisation, les initiatives individuelles, la responsabilisation se sont avérées plus efficaces que la rigidité bureaucratique et l’entrave aux initiatives individuelles.

Les faits ne découragent jamais les idéologues

Le « monde d’après », pour reprendre l’expression des intellectuels qui ne risquent jamais leur peau, devrait donc être davantage de tout ce qui ne fonctionne pas : davantage de fédéralisme, de centralisation, de dettes mutualisées prémisses à un vrai gouvernement fédéral européen, comme nous l’explique Libération  qui se réjouit que la machine soit lancée :

« Lorsque l’Allemagne s’est ralliée, le 18 mai, à l’idée française de créer une dette commune, la presse anglo-américaine a évoqué un « moment hamiltonien » pour l’Europe. Il s’agit d’une référence à Alexander Hamilton, le premier secrétaire au Trésor des tout jeunes États-Unis, qui a réussi, en 1790, à convaincre le Congrès de créer une dette fédérale, ce qui a fait basculer la confédération américaine dans le fédéralisme. C’est exactement le même chemin qu’est en train de suivre l’Union. »

Quel bienfait nous apporterait un fédéralisme européen ? Plus de protection, plus d’efficacité ? Les évènements récents nous prouvent l’inverse. Un fédéralisme européen nous éloignerait encore plus de la démocratie directe.

La France centralisatrice a connu un échec cuisant en prétendant réglementer les habitants de la Creuse de la même façon que ceux de la Seine-Saint-Denis.

II en est du service politique comme des autres services : plus vous déléguez à des instances lointaines, moins vous contrôlez. On a vu des municipalités et des régions en France se procurer plus vite des masques que l’État. On a vu des entrepreneurs produire plus vite ce que l’administration se révélait incapable de commander.

Lorsque le conseil municipal d’une petite commune promulgue un édit inepte, ses administrés savent très bien où trouver les responsables pour leur faire remarquer leurs erreurs. Ils peuvent les désavouer aux prochaines élections. Une bêtise locale, que tout le monde peut constater, est sanctionnée à l’échelon local.

Qui peut vraiment sanctionner une bêtise départementale ou nationale ? Plus le niveau de représentation s’éloigne, plus l’instance tranche sur des sujets auxquels elle ne connaît rien, plus le pouvoir de ceux qui, en bout de chaîne en subissent les nuisances, est dilué. Savez-vous qui est votre député européen, savez-vous comment lui faire savoir que telle ou telle réglementation sur les fromages, le marquage, la stabulation libre, la jachère cultivée ou que sais-je encore, est absurde ?

De toute façon votre opinion importe peu car ces sujets sont marginaux et n’intéressent pas la majorité des gens.

Concurrence politique et démocratie directe plutôt que fédéralisme

C’est tout l’enjeu de la démocratie directe et de la concurrence politique.

La démocratie directe permet de consulter à chaque niveau tous ceux qui sont directement exposés aux conséquences des décisions prises. Penser que la grotesque Commission citoyenne pour le climat avec ses 150 personnes tirées au sort pour réfléchir à l’avenir de la planète puisse être une expression de démocratie directe prouve le mépris de nos représentants vis-à-vis des électeurs et des individus en général.

En quoi cette commission serait-elle habilitée à faire des recommandations planétaires ? Imaginez-vous la tête du Coréen, du Néo-Zélandais, du Suisse recevant les préconisations issues du jus de crâne de ces citoyens français tirés au sort ?

La concurrence politique permet de discerner à l’usage, à l’épreuve de faits, la meilleure politique dans un domaine donné. Parce que l’Europe n’est pas fédérale, nous savons que notre système de santé, loin d’être le meilleur, est d’un mauvais rapport qualité prix : il est seulement médiocre pour le prix le plus élevé.

L’ultime racket du gouvernement mondial

Toute une bureaucratie, une intelligentsia, une parasitocratie se nourrit cependant de ce simulacre démocratique. Vivant de subventions et d’argent des autres (celui des impôts), incapable de produire quoi que ce soit que quiconque souhaiterait lui acheter librement, cette parasitocratie rêve de monopoliser les décisions.

Parmi les chantres du « gouvernement mondial », Jacques Attali, méprisant toute initiative privée et les entrepreneurs, rêvant d’imposer son « État de droit mondial » :

Que reproche Jacques Attali à ces entrepreneurs qui se soumettent à la concurrence ? En quoi  « le marché et ses maîtres », dans la mesure où ces derniers ne jouissent pas d’un monopole d’excellence, sont-ils plus dangereux qu’un gouvernement mondial ?

Pourquoi Jacques Attali ne lutte-t-il pas plutôt contre la démocratie frelatée, le capitalisme de copinage, l’économie corruptrice de la taxation-subvention, celle qui asphyxie la libre concurrence, la seule véritable démocratie économique ? 

Dans notre pays, les politiciens ignorent superbement le principe de la généralisation des meilleures pratiques. Les décisions sont prises par ceux qui ne sont jamais exposés à leurs conséquences nuisibles.

Renouons avec le principe de subsidiarité et la démocratie directe. Le fédéralisme européen ou le gouvernement mondial ne sont que des formes de racket plus étendu que celui que nous subissons déjà : en nous extorquant de l’argent par la violence de l’impôt, la parasitocratie prétend nous protéger des dangers qu’elle crée elle-même par son incurie. C’est – au sens propre – du racket.

Si c’est cela, « le monde d’après », qui en veut ?

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  • « Pourquoi Jacques Attali ne lutte-t-il pas plutôt contre la démocratie frelatée, le capitalisme de copinage, l’économie corruptrice de la taxation-subvention, celle qui asphyxie la libre concurrence, la seule véritable démocratie économique ?  »

    parce que jacques Attali vit et a toujours vécu d’argent public!

    • Parce que jacques Attali est un utopiste croyant que le gouvernement du monde serait vertueux sans penser que ce serait la porte d’entrée vers un totalitarisme définitif sur le monde entier, et H16 pourrait écrire, quoique cela lui serait interdit, écrire » ce monde est foutu ».

    • Les gens comme Attali détestent la libre concurrence parce qu’ils savent très bien que dans un monde libre, ils seraient payés à leur juste valeur.

      • excellent!
        ce propagandiste neu neu est devenu grasouillet uniquement en mangeant de l’argent public. Et il nomme le nouvel étatisme mondial (taxation, expropriation, réduction drastique des libertés etc.) qu’il appelle de ses voeux, « the rule of law »!
        Appeler ce nouveau kulakisme mondial « the rule of law », c’est un exploit de communication qui laisserait même Staline béat d’admiration!
        Le problème, c’est que 99% des gens ne sont plus équipés pour démonter les trucs de ce sinistre individu.

  • Comment? Un pas majeur vers le fédéralisme? Et les peuples européens ne sont pas consultés? Où est passée la démocratie, pourtant valeur fondamentale du creuset européen? C’est sidérant, et très dangereux, car les peuples, violés, un jour ou l’autre risquent de se venger…

  • Où avez vous vu que l’Allemagne avait accepté la mutualisation des dettes ?
    « Un plan de relance européen à 500 milliards, cette fable qui risque de coûter très cher à la France
    Par Auteur Guillaume Bigot
    https://www.valeursactuelles.com/historique/guillaume-bigot

    Mardi 26 mai 2020 à 08:02
    Emmanuel Macron et Angela Merkel ont déclenché une vague d’euphorie chez les europhiles de tout poil en annonçant un grand plan de relance à 500 milliards d’euros. Mais cette fable — qui n’a de toute façon aucune chance de voir le jour — coûterait à la France beaucoup plus qu’elle ne lui rapporterait, rappelle le politologue Guillaume Bigot. »

  •  » le monde d’après , qui en veut « ….ben tout ceux qui ne se saignent pas au quatre veines pour vivre décemment et qui profitent de l’argent des autres ….comme Attali par exemple….

  • En 2009 déjà Monsieur ATTALI pensait « qu’une qu’une pandémie permettrai d’instaurer un gouvernement mondial  » La finance mondiale peut ainsi imposer ces lois à tous les gouvernements fantoches de la planète. Le covid est bien arrivé. Les banques centrales détenues par qui ? déversent des millards et soumettent les peuples à leurs lois

  • Pas besoin de ces ‘150 personnes pour le climat’, le monde entier vient de voir ce que donne la diminution du CO2 anthropique par Covid19 (Quasiment plus d’avions, transports…). C’est déjà une baisse du CO2 mondial de 8% selon les experts, et une baisse du PIB de 11% pour la France, en 2020, selon les infos de ce matin, des « dégâts pires qu’en 1929 ».
    .
    Eh bien la réduction de CO2 anthropique de ~8% par an est ce que l’ONU nous demande de faire PAR AN dans son dernier rapport : « Emissions Gap report 2019 » :
    Page 13/108 « « … pour se conformer à l’Accord de Paris, les émissions [de CO2] doivent diminuer de 7,6 % par année de 2020 à 2030 pour atteindre l’objectif de 1,5 °C et de 2,7 % par année pour atteindre l’objectif de 2 °C… »
    .
    Voir aussi : https://www.novethic.fr/actualite/infographies/isr-rse/infographie-la-baisse-des-emissions-de-co2-due-au-covid-19-devrait-se-repeter-chaque-annee-pour-atteindre-les-objectifs-climatiques-148600.html
    .
    La France va donc CHAQUE ANNÉE faire ce que l’on vient de vivre pour réduire notre CO2 !!!!….
    .
    On est mal, patron, on est mal… Je ne pense pas que les français qui viennent de voter « écolo » savaient ça…

    • Donc une baisse de 69% du PIB en 10 ans, quel beau chiffre !

    • Les Français doivent également savoir que la baisse des émissions humaines sont sans aucun effet sur le CO2 atmosphérique. Il n’y a pas de rapport entre les deux, pas de lien, donc plus de RCA, ni de GIEC, ni de catastrophe climatique, ni de transition énergétique qui tiennent. Tout ceci est de la poussière de prétention humaine insensée définitivement éparpillée par l’épidémie.

      https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/weekly.html

      • Le problème est que ça va bientôt refroidir pour de tout autres raisons bien naturelles (comme en 1945-1975) et que les réchauffistes ne manqueront pas de s’en glorifier (« vous voyez comme ça marche nos restrictions »).

  • Les peuples ne sont pas des figurants dans un film de politique fiction. Il serait temps que nos politiques et « élites » commencent à prendre en compte les besoins réels des peuples et d’arrêter de foncer dans le brouillard tous feux éteints de peur d’être en retard d’une ânerie.
    Alors, oui à la démocratie directe car tous on l’air d’oublier que le poids de traditions est le frein le plus puissant contre l’évolution et que bien souvent en allant lentement on atteint son but plus rapidement grâce au consentement .

  • Plus de cette Europe ? Alors que justement, la crise du Covid vient de démontrer que l’échelon inférieur, celui des pays, a été très efficace, du moins dans les pays intelligemment dirigés (Allemagne, Autriche, Pologne, Tchéquie, etc.) ?
    Alors qu’un pays ne faisant pas partie de l’UE, la Suisse, s’est très bien débrouillée toute seule ?
    Allons allons, on sait que les c*ns, en l’occurrence les européistes, ça ose tout, mais il y a des limites.

    • Si on avait eu des commissaires européens à la santé allemands avec des pouvoirs, on aurait pu éviter nos brillantes agences françaises, fort nombreuses, partiellement régionales et complétement à coté de la plaque. Par contre, un commissaire italien ou espagnol…

  • Attali ce parasite qui à du démissionner de la BERD,pour son train de vie avec l’argent des autres et son mode de gestion,fautes qui auraient envoyées n’importe quel petit patron en taule pour abus de bien social!.Les anglais voulaient le mettre en taule ,il n’a du son salut qu’à Mitterrand qui l’a rattrapé par les bretelles et à sa démission.
    Il se présente souvent sur les plateaux avec une chemise à col dit Mao,sûrement en référence à un régime qu’il vénère mais auquel il n’aurait pas résister 1 s!

  • Les commentaires sont fermés.

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