Et si on relançait le tourisme grâce à l’économie collaborative ?

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Les avantages de l’économie collaborative pour les consommateurs sont souvent sapés par une réglementation et une fiscalité excessives.

Par Justine Colinet.

Alors que le plan tourisme est en passe d’être adopté en France dans le but de relancer l’économie, un questionnement s’impose quant à la fiscalité et aux réglementations imposées au domaine de l’économie collaborative, qui a transformé nos vies de diverses manières.

Qu’est-ce que l’économie collaborative ?

L’économie collaborative, ou économie de partage, regroupe les activités humaines qui reposent sur l’usage autant sur que la possession. Comment ? Par le partage ou la mutualisation des biens, savoirs, services, espaces et outils.

Réserver un logement de vacances via les plateformes de colocation et prendre son téléphone pour commander un covoiturage deviennent des habitudes de plus en plus répandues. Il est souvent question, par exemple, d’Uber, d’AirBnB, de Heetch ou encore de Blablacar. La nature innovante de l’économie collaborative a conduit à son indéniable succès.

De réels avantages pour les consommateurs

Malheureusement, et comme c’est souvent le cas aujourd’hui, ces avantages pour les consommateurs sont souvent sapés par une réglementation et une fiscalité excessives. L’actuelle pandémie Covid-19 a montré à la fois combien l’économie collaborative a pu aider les citoyens à accéder à des biens et services essentiels, tout en révélant les restrictions et réglementations très réelles qui les minent, alors qu’ils devraient être approuvés et encouragés.

Le Consumer Choice Center l’a bien compris, et a publié un index de l’économie collaborative. Il fournit un aperçu précieux de nombreux services les plus appréciés des consommateurs, ainsi que de la manière d’y accéder.

Le classement des 52 villes étudiées

économie collective

Tallinn est l’une des villes les plus favorables à l’économie de partage. C’est grâce à son faible niveau de réglementation des services de covoiturage et de partage d’appartements, ainsi que son ouverture aux scooters électroniques et ses innovations remarquables dans le domaine du numérique, qu’elle accède à la première place du classement. L’Estonie est effectivement bien connue pour son essor numérique.

Les dix premières villes sont toutes très bien notées en matière de covoiturage, ce qui signifie qu’elles ne surchargent pas cette partie importante de l’économie avec des taxes municipales ou des exigences de permis spéciaux. Selon le Consumer Choice Center, Tbilissi et Kiev pourraient toutes deux obtenir le meilleur score possible si des applications de partage de salles de sport étaient disponibles. Alors, si vous êtes tenté, voilà une excellente idée pour lancer une start-up !

L’observation la plus surprenante de cette étude est que sur les neuf villes européennes en tête de liste, huit partagent un passé communiste. La détresse du passé dominé par l’État totalitaire aurait donc rendu ces pays plus ouverts à l’économie collaborative.

En revanche, Prague, Dublin, Amsterdam, Bratislava, Ljubljana, Sofia, Tokyo, La Haye, Luxembourg-ville et Athènes se retrouvent tout en bas de la liste. Ces villes ont choisi une réglementation excessive au détriment de l’intérêt des consommateurs, limitant ainsi considérablement leur choix.

La ville de Paris quant à elle, arrive en vingt-deuxième position du classement, derrière les villes voisines telles que Bruxelles, Milan ou encore Berlin, mais devant Lisbonne et Rome.

 

économie collaborativeVous pouvez accéder au classement complet des 52 villes étudiées par le Consumer Choice Center ici. Vous y retrouverez également la méthodologie utilisée pour calculer ces scores.

Réglementations et économie collaborative

Au lieu de choisir eux-mêmes des perdants et des gagnants sur le marché, les gouvernements devraient créer et maintenir des règles égales et équitables, dans lesquelles les services traditionnels et les entreprises basées sur le principe d’économie collaborative peuvent se concurrencer.

Finalement, le choix du service à utiliser ne devrait dépendre que du consommateur.

Dans toutes les villes, à l’exception de Kiev (Ukraine), il est nécessaire d’obtenir une licence de chauffeur de taxi pour devenir chauffeur de taxi. Bien que les exigences diffèrent d’une ville à l’autre, il n’est pas beaucoup plus facile de devenir conducteur de covoiturage : sur les 52 villes analysées, seules dix n’ont pas d’exigence similaire en matière de licence de taxi.

En outre, des villes comme Prague, Milan, Dubaï, Tokyo et Shanghai réglementent les prix des taxis. La réglementation excessive des taxis a causé beaucoup de tort, et avec l’arrivée de divers services de covoiturage, le problème est devenu particulièrement clair. La crainte de la concurrence a poussé les chauffeurs de taxi à descendre dans la rue et, en fin de compte, a entraîné une réglementation encore plus stricte des services de covoiturage.

Les taxes et réglementations diverses pèsent beaucoup trop lourd sur les chauffeurs de taxi comme sur le covoiturage.

Mais le covoiturage n’est pas le seul à souffrir de la bureaucratie et de la fiscalité excessive. Tallinn, par exemple, envisage une taxe touristique Airbnb, tandis que Prague est sur le point de limiter le nombre de jours de location d’une propriété Airbnb.

La relance du tourisme ?

Pourquoi les gouvernements semblent-ils lutter indéfiniment contre la mise en  concurrence ? Pourquoi ce besoin de produire des normes, réglementer et taxer chaque activité, chaque bien, chaque service ? Ignorent-ils que pénaliser les entreprises basées sur l’économie de partage pénalise également les consommateurs, et donc les citoyens ? Redoutent-ils l’évolution numérique plus qu’ils ne la soutiennent ?

Cette hostilité à l’innovation, à l’investissement et à l’entrepreneuriat doit cesser, il est temps de prendre en compte les bénéfices non seulement économiques mais également sociaux que ces biens et services peuvent apporter.

Nous le savons, de nombreux secteurs souffrent de la crise actuelle. Celui du tourisme en fait partie. Plutôt que de proposer des primes, des subventions, des plans tourisme, qui seront in fine financés par le contribuable, pourquoi ne pas lâcher du lest sur ces entreprises basées sur l’économie de partage et redonner envie d’y investir, de voyager, de louer, de partager ?

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