Coronavirus : quelle fiscalité à venir ? (2)

La dette sera le seul financement. L’apurement de cette dette, ou du moins le paiement de son intérêt passera par l’impôt.

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Coronavirus : quelle fiscalité à venir ? (2)

Publié le 21 avril 2020
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Par Florent Belon.

La première partie de cet article est ici.

Les conséquences économiques étant catastrophiques, l’État voit ses recettes diminuer par les effets de ses propres décisions : lorsqu’il demande la suspension des distributions de dividendes, il réduit ainsi la fiscalité sur ces revenus, et en décidant de jouer le rôle d’assureur, il augmente ainsi ses charges.

L’effet ciseau est dévastateur sur des finances publiques exsangues.

Quelle fiscalité ?

Le financement de ce gouffre pose question. La dette sera le seul financement. L’apurement de cette dette, ou du moins le paiement de son intérêt passera par l’impôt.

Certains appellent de leurs vœux une remise à plat fiscale qui, à mon sens, n’aura pas lieu. Les conceptions fiscales resteront les mêmes car l’État restera aussi dispendieux et les moyens d’y subvenir les mêmes : prélever beaucoup en rendant cela acceptable.

Pour cela un savant jeu de prélèvements discrets (à la source) et d’autres supportés de façon visible par une minorité, si possible peu mobile ou ne bénéficiant pas de la concurrence fiscale.

Exercice de prospective

Faisons un peu de prospective basée sur les décisions retenues les décennies passées :

— Un durcissement de l’impôt sur la fortune, ne serait-ce que temporaire, est à envisager malgré son faible rendement du fait d’une assiette faible, du non consentement des redevables… Il aura une fonction de symbole fort, rendant acceptable une surcharge de la masse par le sacrifice d’une minorité.

Mais pour rapporter beaucoup il faut une assiette large.

La TVA répond à cet impératif… mais c’est un impôt impopulaire alors qu’il a bien des qualités intrinsèques. Mon opinion personnelle est qu’un État efficace pourrait très largement vivre de ce seul impôt… une hausse temporaire, pourquoi pas, avec des exceptions comme une liste à la Prévert bien entendu.

— Une hausse des taxes sur les carburants ? Bien vu après une baisse du pétrole pour passer inaperçu. Cela fut réalisé de nombreuses fois sans diminuer les taxes le cours du pétrole revenu à un niveau plus conséquent. Mais l’épisode Gilets jaunes a peut-être laissé des traces…

— Les prélèvements sociaux. Voilà qui est bien, quelque chose prélevé la plupart du temps à la source, qui touche tout le monde. Ne le nommez pas impôt, il est affecté au régime social, rien à voir avec un impôt ! Cette duperie a ses limites mais c’est sans doute l’un des ingrédients de la potion amère.

— L’impôt sur les sociétés ne poursuivra vraisemblablement pas sa baisse. Mais à court terme les profits des entreprises s’effondrant il ne sera d’aucun secours.

Cette hausse de la fiscalité va-t-elle entrainer des exodes fiscaux ?

La concurrence fiscale est la protection la plus efficace pour les contribuables, à la fois une dissuasion de la prédation fiscale et une réponse. Le cartel des taxateurs a fortement réduit les paradis fiscaux au cours de la dernière décennie. Il est probable que l’ensemble des pays développés ayant choisi le confinement vont mettre en œuvre des politiques communes pour réduire ou limiter cette concurrence fiscale.

L’exode fiscal sera néanmoins intérieur, hausse de la fraude, ou réduction de l’activité économique surtaxée. Les effets seront donc une croissance moindre, un développement de secteurs gris voire criminels, et donc un plafonnement des recettes fiscales.

— Et l’inflation ? L’inflation, le trucage de la monnaie, fut un moyen historique d’apurement des dettes en escroquant les épargnants détenteurs de monnaie, d’actifs fiduciaires.

Malgré les politiques monétaires « non conventionnelles », le pouvoir d’achat sur des produits de consommation n’a pas diminué, grâce aux gains de productivité liés à la digitalisation, à la globalisation.

L’inflation s’est logée dans le prix de nombreux actifs. Cette inflation rend plus difficile la réduction du poids de la dette que l’inflation traditionnelle.

J’avoue ne pas connaitre l’ampleur de l’inflation et sa forme à venir, mais éviter les actifs fiduciaires au profit d’actifs dits tangibles est une saine gestion.

Quelle alternative ?

Une véritable refonte de notre système public, qu’il se désengage de là où il est inefficient, qu’il devienne irréprochable sur ses missions légitimes.

Les résultats seraient une baisse des charges publiques hors remboursement de la dette, mais surtout un formidable développement économique, support mécanique de rentrées fiscales à taux identiques. Une réforme fiscale serait souhaitable bien sûr, mais une réforme fiscale sans réforme de la sphère publique n’est ni à potentiel, ni tenable.

Mais existera-t-il une offre politique pour porter cette alternative en lieu et place d’une accélération du collectivisme, revenant en force y compris dans la sphère privée ? Et sera-t-elle victorieuse ?

Voir les commentaires (14)

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  • Il y a ML2D qui me semble être un mouvement prometteur.
    Cependant, et comme toujours, le problème est le suivant: est-ce que les gens souhaite un État régalien efficace ou un État Providence, même inefficace?

  • voila la regle
    imaginer baisser la depense publique alors que nous n’avons aucun moyen de juguler les dépenses salariales des fonctionnaires est une chimère!
    Imaginer baisser les aides publiques et les subventions , rentes, indemnisations, santé pour tous , logements publics a bas coûts
    est une chimère !
    imaginer augmenter les taxes et impots alors que nous sommes deja les champions du monde des prélèvements , aura un impact sur la consommation , donc l’emploi! est une chimere

    Toutes les données plaident pour un embrasement social de grande ampleur en france, provoqué par l’inflation et la pénurie!
    parce que les usines ne produisant plus rien quand les stocks seront épuisés (pour l’instant personne ne veut le voir), les prix vont exploser et les monnaies perdront jusqu’à 30% de leur valeur, l’industrie au tapis, immobilier au tapis.. ajouté a la hausse des taux ,accentuant la chute aux abysses, ce phénomène va etre mondial
    apprenez a cultiver des pommes de terre!

    • et au printemps, est-ce qu’on pourra faire un peu de radis ?
      sinon, je suis en accord avec tout cela et même pire, les gens ne vont plus applaudir, ils vont se déchirer !

    • 500 000 fonctionnaires partent en retraite tous les ans. Il suffit de ne pas en remplacer une bonne partie.
      Evidemment cela suppose des managers pour réorganiser la FP. Pas gagné…

    • Dans très peu de temps, la seule solution sera de sortir de l’Euro.
      Avec la contrainte de la libre circulation de l’Euro, c’est possible, sans heurts.
      Mais semble-t-il, ils préfèrent mater les révoltes que de s’occuper du pays.

  • la TVA , une hausse temporaire…qui ne sera jamais temporaire ….en France quand il s’agit de taxer , c’est sur la durabilité , on n’en voit jamais le bout ; faut pas rêver ;

  • L’impôt, même confiscatoire ne suffira évidemment pas, dans un pays qui approche les 60 % de prélèvements obligatoires

    Il y aurait deux solutions : 1) appliquer les recommandations d’économies de la Cour des Comptes et d’un arrêt des gaspillages généralisés et phénoménaux 2) augmenter la durée du travail.
    Elles ne seront pas appliquées évidemment
    Reste la dernière: la planche à billets européenne, qui a déjà beaucoup fonctionné, sans résultats tangibles, et sous réserve que les pays du Nord l’acceptent, ce qui est loin d’être acquis

    • ou sortie de l’Euro (soit pour nous, soit pour les pays d’Europe du Nord).

      • Sortir de l’euro signifierait pour nous une inflation à plus de 100% et donc notre inévitable tiers-mondialisation.

        Pour rappel: 1€ = $1,08. Ce qui nous protège de la plupart des tendances inflationnistes.

        A combien estimez-vous le cours de ce « nouveau franc » vs l’euro et le dollar qui représente plus de 90% des échanges mondiaux ?

        • Cela devient le seul moyen de régler le problème du budget de l’état en déficit de plus en plus prononcé.
          Par contre il faut se battre pour la libre circulation de l’Euro dans le privé.
          Double monnaie.

  • Autre solution tout à fait envisageable: RIEN, du moins dans un premier temps.

    Augmenter la fiscalité rapidement me semble très difficile, gilets jaunes oblige et puis aussi une bonne partie des français est déjà dans la M. Ce serait difficile et pour ma part, aller piocher, comme le préconise les gauchiards, dans l’épargne des français nous entraînerait directement à la guerre civile. Idem pour les entreprises déjà à la corde, et dont beaucoup vont malheureusement disparaître.

    A mon avis, Macron aurait intérêt à ne rien faire dans un premier temps, tellement c’est risqué, politiquement socialement et économiquement. N’est-ce pas ce que font certains pays plus intelligents que nous: fiscalité très basse en temps de crise et hausse de celle-ci lors du retour des beaux jours.

    Après tout, en dépit des chiffres colossaux de la dette, la France paye toujours bien. Et puis, elle a quand même une gigantesque hypothèque: les encours immobiliers et financiers des français qui garantissent qu’elle pourrait toujours s’en servir au cas où. Mais à mon avis, nous en sommes encore loin.

    • Une solution : un emprunt d’État obligatoire prélevé sur les livrets A au-dessus d’un certain seuil. Ce seuil serait juste un peu au-dessus du montant moyen de ces livrets (par exemple).

      Avantages:
      1/ il ne s’agit pas d’une confiscation mais juste d’un « emprunt » qui sera rendu (pour ceux qui y croient) avec le même intérêt que le livret A mais « plus tard » (?)
      2/l’Etat insistera bien qu’il s’agit seulement d’une immobilisation. Il créera plusieurs dérogation pour ne pas priver ceux qui ont besoin de leur argent mais avec tellement de conditions restrictives et de cerfas à remplir et à tamponner par une multitude de service administratif que peu y couperont in fine.
      3/cela divisera les français entre ceux qui ont peu et ceux qui ont plus et qui « pourront bien payer » (comme d’habitude) selon ceux qui ont peu…

      • oui ou des avaloirs sur les successions on paye les droits de succession (moins chers) pour libérer la succession des taxes
        et hop

  • Vœux pieu. Ils ne voudront prendre aucun risque.
    Ils remettront au lendemain ce qu’ils devaient faire le jour même.
    La violence en devient la conséquence.
    Ils la cacheront comme les Chinois ont caché le SARS-COV2.
    Lorsque des gens de votre entourage seront lâchement assassinés, ils admettront « courageusement » du bout des lèvres quelque lacunes.

  • Les commentaires sont fermés.

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