Des supermarchés interdits aux enfants : la France fait tout, sauf ce qu’il faut

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S’il est vrai qu’il faut éviter de s’entasser dans des espaces clos, ce n’est pas la présence d’un enfant dans le caddie de sa mère qui va déclencher un nouveau foyer de contamination.

Par Sabine Lula.

Alors que certains pays d’Europe semblent avoir réussi à limiter la propagation de la pandémie, la France apparaît plus que jamais à l’ouest, et de nouvelles situations absurdes viennent s’ajouter à une liste déjà trop longue.

Le 9 avril 2020, LCI alertait sur le fait que certains magasins et supermarchés interdisaient leur accès aux enfants accompagnés de leurs parents, voire parfois les obligeaient à attendre à l’extérieur.

Certaines personnes membres d’associations rappellent qu’il s’agit ici d’une pratique illégale, et que rien dans la législation du pays ne justifie de telles mesures de la part des supermarchés.

Le confinement prolongé en France, une réponse mal adaptée et dangereuse

Dans un contexte difficile pour la France, qui dimanche 12 avril comptait « officiellement » près de cent mille personnes contaminées – pour un total de 14 393 décès comptabilisés en hôpital et en EHPAD – l’interdiction d’enfants en bas âge dans certains magasins apparaît comme une absurdité de plus, qui s’ajoute à la longue liste des bévues magistrales qui ont été faites dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

Alors que, près de trois mois après l’arrivée des premiers cas sur le territoire, nous sommes toujours en pénurie d’équipements de protections basiques, la seule solution proposée par nos dirigeants est un renforcement des mesures de confinement et de distanciation sociale.

Si prendre des précautions et tout faire pour réduire les risques de contamination est un comportement rationnel, il semble impossible que cela soit mis en place à grande échelle en France, comme à Hong Kong par exemple.

Là où le confinement obligatoire devrait être une mesure d’urgence absolue et de très court terme, nos élites semblent considérer que c’est la panacée et que rien d’autre ne devrait être fait. Le confinement est en effet supposé instauré uniquement le temps de rassembler les ressources nécessaires à la lutte contre la maladie.

Mais comme cela a été démontré, les dirigeants sont incapables de trouver des protections aussi basiques que des masques, si bien que les entreprises privées sont indéniablement le meilleur moyen pour la population d’avoir accès à ces précieux moyens de protection ; et ce d’autant plus quand le pays refuse d’organiser des campagnes de tests massifs, et n’autorise les dépistages seulement pour les cas déjà sévères, voire critiques.

Voilà pourquoi certains supermarchés, craignant que le virus ne se répande chez eux, semblent vouloir limiter la propagation. Démarche louable et sensée, mais qu’il ne faut pas non plus rendre absurde. S’il est vrai qu’il faut éviter de s’entasser dans des espaces clos, ce n’est pas la présence d’un enfant dans le caddie de sa mère qui va déclencher un nouveau foyer de contamination.

Gardons en tête qu’il peut être dangereux qu’un enfant – surtout en bas-âge – reste seul et sans aucune surveillance à son domicile pour une durée indéterminée. On risquerait alors une recrudescence d’accidents domestiques graves, voire mortels, qui viendraient alourdir encore le bilan humain désastreux de cette crise, et qui engorgerait les services de santé qui ont autre chose à faire en ce moment.

Lutter contre le coronavirus sans interdire l’accès dans les lieux publics : les bons élèves de l’UE

À titre de comparaison, prenons l’exemple de pays européens ayant adopté des mesures apparemment efficaces, et qui sont aujourd’hui à même d’alléger drastiquement les dispositions liées au coronavirus.

L’Autriche et la République Tchèque ont annoncé une levée progressive des restrictions compte tenu de la stabilisation du nombre de contaminations observé. Ces deux pays ont pour point commun d’avoir réagi de façon très rapide à l’arrivée des premiers cas sur leur territoire ; deux semaines pour l’Autriche, dix jours pour la Tchéquie.

La Tchéquie semble avoir été le bon élève de l’UE, fermant ses frontières dès le 16 mars – alors que les premiers cas y datent du 1er mars – décrétant le port du masque obligatoire dès la sortie du domicile, encourageant les services de livraison plutôt que les sorties pour se ravitailler, et organisant des campagnes de dépistage à hauteur de quarante-cinq mille tests par semaine en moyenne.

Cela a permis au pays de stabiliser à un peu moins de six mille son nombre de cas avérés, et à éviter le débordement des services sanitaires. À tel point qu’il a proposé d’offrir à la France quatorze lits de réanimation à Brno, et que six patients français y ont déjà été orientés. Une grande partie des commerces rouvriront après la période de Pâques, là où la France poursuit son hécatombe.

Le ridicule de la France dans cette crise, un ridicule qui tue

Naviguant complètement à vue, nos élites se concentrent encore et malgré tout sur leur image, bien plus que sur l’efficacité des mesures qu’elles mettent maladroitement en place :

Aucun ridicule ne vaut le maintien des illusions de maîtrise des gouvernants sur la situation.

L’État mettant clairement nos vies en danger, il convient de se détacher un maximum de lui et de ses directives. Chercher l’autonomie, être responsable, ne pas attendre désespérément une « solution » entrant dans les clous de notre protocole législatif et administratif. Bref, ne pas dépendre uniquement de l’État et ses décisions mortifères.

Mais une fois l’épidémie terminée, il ne faudra en aucun cas relâcher sa vigilance. Les conséquences de cette crise sanitaire risquent bien d’être terribles, et de mettre en danger tous les habitants du pays.

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