Covid-19 : pour lutter et survivre, merci les technologies !

Les technologies offrent de nouvelles libertés ; elles n’offrent pas des solutions. C’est à nous d’en faire bon usage et d’en tirer le meilleur profit.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
tech source https://unsplash.com/photos/SYTO3xs06fU

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Covid-19 : pour lutter et survivre, merci les technologies !

Publié le 22 mars 2020
- A +

Grippe espagnole vs. COVID-19

En 1918, le virus dit de la grippe espagnole a fait des ravages, entre 20 et 100 millions de morts. La fourchette est large et cela montre bien à quel point la gestion de cette crise était aléatoire. Rappelons qu’elle n’a d’espagnol que le nom. En effet, l’Espagne fut juste le premier pays à publier des chiffres.

Bien au-delà de l’Espagne, ce fut une pandémie qui a touché tous les continents. Certains pays ne tenaient tout simplement pas de statistiques. Les estimations sont basées sur l’augmentation observée de la mortalité. Là aussi, une gestion de crise qui n’en avait que le nom.

Cette pandémie s’est étendue sur trois années, depuis le printemps 2018 jusqu’aux derniers cas mi-juillet 2021. On estime que plus de 30 % de la population humaine a été contaminée. Ce qui revient à dire que la pandémie a pris fin davantage faute de combattants et que grâce à des actions volontaristes comme le confinement, l’hygiène et les soins aux malades.

Les deux paramètres principaux qui caractérisent un virus sont son taux de reproduction, qui est le nombre moyen de personnes contaminées par une seule personne, et son taux de mortalité, qui représente le rapport entre le nombre de personnes décédées divisé par le nombre de personnes infectées. Dans le cas du virus de la grippe espagnole, son taux de reproduction est autour de 2 et sa mortalité entre 2 % et 3 %.

Un siècle plus tard l’humanité fait face au COVID-1, dont le taux de reproduction est autour de 2,5 et sa mortalité de 3 %, voire davantage. Bien que tous ces chiffres soient encore des estimations, on peut néanmoins dire que le COVID-19 est plus contagieux et létal. Sans même compter, si on veut comparer ce qui est comparable, que l’utilisation de respirateurs réduit la mortalité, faisant que le taux de mortalité intrinsèque du COVID-19 est encore plus important.

La Chine déclare son premier patient au 1er décembre 2019, prend des mesures de confinement drastiques, verrait une décrue début mars 2020, et compterait 3241 morts mi-mars. La majorité des victimes étaient âgées de plus de 80 ans ou atteintes de pathologies antérieures.

Qu’est-ce qui changé ?

Comparons les statistiques : l’épidémie de COVID-19 – plus contagieux, plus mortel – durera un peu plus de trois mois si les bonnes mesures sont prises et suivies, au lieu de trois ans pour la grippe espagnole. Le nombre de morts dus au COVID-19 pourrait être contenu à quelques dizaines de milliers (disons entre 50 000 et 100 000) pour une population mondiale de plus de 7,5 milliards d’individus ; cela fait un taux de mortalité entre 0,0005 % et 0,001 %.

Alors que la grippe espagnole a décimé 3 à 5 % de la population mondiale ! Et ceci, sachant qu’il n’existe pas de traitement contre le COVID-19 et pas de vaccin. Les seules mesures sont le suivi de la maladie, le confinement, les mesures d’hygiène et l’utilisation de respirateurs. C’est-à-dire des principes qui existaient déjà en 1918.

Le faux argument avancé de la mondialisation et des voyages ayant propagé le virus est contredit par la pandémie mondiale observée lors de la grippe espagnole.

Ce progrès PHÉNOMENAL repose sur nos connaissances en épidémiologie, en virologie, en prévention et par nos moyens de collecte de données et de communication modernes.

Sans compter que si nos politiciens avaient été mieux sensibilisés, mieux préparés, plus prompts à décider de mesures peu populaires, et la population mieux préparée à accepter les contraintes, l’épidémie aurait fait pschitt comme à Taïwan et Singapour qui malgré leur très forte densité de population comptent respectivement un et zéro décès. Taïwan a tiré les leçons des précédentes épidémies et était prêt. Singapour a été jusqu’à tracer les individus porteurs, leurs contacts, leurs trajets pour cibler les personnes à confiner.

Gérer la crise avec les nouvelles technologies

Les nouvelles formes de communication (réseaux sociaux, blog, actualités en ligne et internationales) jouent également un rôle prépondérant dans la gestion de la crise. Cette mondialisation des communications favorise la transparence  – certes pas encore suffisante – et la réactivité.

Le monde du travail a été pris de court avec des moyens de télétravail encore insuffisamment déployés. Cette situation devra s’améliorer, les technologies sont là. Les médecins proposent des consultations en visio-conférences accélérant ainsi les diagnostics et évitant les contacts. En Suisse une application alimentée à l’intelligence artificielle permet de faire les premiers diagnostics de manière immédiate.

Même les notaires proposent des rendez-vous en visio-conférence. La plupart des grands distributeurs ont une offre dite Drive, évitant de se balader dans les rayons et de toucher tous les produits alimentaires. Les applications bancaires permettent la continuité des transactions qui sont au cœur de l’économie. Je pourrais continuer encore longtemps…

Les conditions de confinement sont rendues plus confortables par l’accès à Internet qui permet à chacun de se former, s’instruire, se divertir et surtout garder le contact avec ses proches. Ma professeur de pilates a tenu son cours en visio-conférence ce matin permettant là aussi de conserver le lien social et de faire de l’exercice. Bien vu, merci à elle.

Et demain

Il est évident que les leçons devront être tirées. Les moyens de détection, de traçabilité, de préparation, de confinement devront être grandement améliorés, pour nous permettre de réduire encore l’impact de la prochaine épidémie.

Il est aussi évident que les objets connectés, la 5G et l’intelligence artificielle permettront une collecte beaucoup plus précise et étendue, une communication instantanée et l’identification de motifs de contamination en temps réel. Cette traçabilité des individus soulèvera la question de la réduction des libertés individuelles et de la confidentialité des données personnelles. Est-ce le prix individuel à payer pour vivre en société ? Un formidable débat va s’ouvrir… là où  certains pays ont déjà tranché.

La recherche bénéficiera aussi des progrès de la modélisation et de l’intelligence artificielle. Des tests plus sûrs, plus nombreux, des traitements plus ciblés, des vaccins plus rapidement sur le marché.

Enfin, l’organisation du travail devra prendre en compte les épisodes d’épidémie afin d’améliorer la résilience des entreprises. Nul doute que des contraintes réglementaires devront s’imposer pour éviter le domino des faillites.

Les technologies offrent de nouvelles libertés ; elles n’offrent pas des solutions. C’est à nous d’en faire bon usage et d’en tirer le meilleur profit. Ce défi est sociétal et politique, les technologies sont déjà là.

Voir les commentaires (10)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • bien sur que les technologies sont très importantes ; mais il faut également des dirigeants compétents et responsables à la tête des pays , et ça , ce n’est pas encore gagné ;

    • L’appareil d’état n’est pas réputé pour ses capacités technologiques, scientifiques ou encore manufacturières. Il emploie des cohortes innombrables de gens qui ont fait philo, droit , socio, de l’archéologie, de la littérature . . . mais pas une once de connaissances en physique, chimie, mécanique, électronique, robotique ou encore IA, voire transhuma, si ce n’est que pour dégoiser devant la machine à café que rien ne va . . .

  • Le taux de mortalité de 3% est discutable. Beaucoup de contaminés, jeunes notamment, passent sous les radars de détection. Sur le Princess Diamond, avec une population âgée, ce n’est déjà que 2% avec une contamination en principe, maximale.
    Sinon, l’utilisation des technologies oui… à condition de ne pas oublier qe l’argument de sécurité sanitaire – qui est comme tout argument de sécurité, extrêmement puissant – peut pousser à restreindre les libertés et le champ de la vie privée.

    • Tout à fait. Il y a trois taux de mortalité possibles et une grande confusion entre eux :
      – taux de mortalité spécifique de la maladie (Covid, d pour disease)
      – taux de mortalité spécifique de la contamination (CoV chinois)
      – taux de mortalité général dans la population

      Sur le DP, avec 7 morts, en tenant compte de la quarantaine et de la population non représentative, ces taux étaient respectivement :
      – 3% (7/250)
      – 1% (7/700)
      – 0,2% (7/3700)

      Dans la vraie vie, si un nombre significatif de Français s’est déjà trouvé à proximité du virus, peu sont suffisamment contaminés pour s’en apercevoir, parmi les contaminés peu développent la maladie et parmi les malades peu en meurent. Mais l’effet de masse d’une part et la focalisation sur les chiffres de morbidité (les malades graves) ou de mortalité d’autre part créent un effet de loupe. En outre, la situation de confinement parfois pénible à vivre et l’augmentation des chiffres tant qu’on n’a pas dépassé le pic épidémique est source d’angoisse pour beaucoup, amplifiée par les petits malins qui s’amusent à jouer les prophètes de malheur, chez les politiciens notamment.

  • Pour lutter contre l’épidémie, une boite de masques tout simples vaudrait mieux qu’une tablette connectée… De plus, il est possible de fabriquer des masques artisanaux convenables, tandis que pour la tablette et l’accès internet fiable, vous repasserez !

  • L’être humain est, schématiquement, eau et énergie électrique.
    Donc, il est à craindre que des « bains » d’ondes à fréquences variables ne viennent déstabiliser la bonne et fragile ordonnance naturelle de son fonctionnement.
    En effet, il faut savoir que chaque organe possède sa propre fréquence et peut donc être très rapidement « déréglé ».
    Forcément, il y a des conséquences, mais peu mesurables
    actuellement et sans vraiment y mettre l’intérêt souhaitable !
    Le veut-on vraiment par rapport au business… ! Pourtant, c’est bien de santé dont il est question !
    Enfin, en dehors des laboratoires, il existe aussi des solutions
    d’accompagnement non négligeables, mais dont on parle peu…
    sans doute une question de prix… ! Mais, semble-t-il, pas seulement !

  • Bientôt l’US Army en France pour nous secourir et préparer le « Nuremberg » du COVID-19 ?

  • 13h18 sur bfmtv.com : Estrosi déclare que le CHU de Nice va appliquer le protocole du professeur Raoult.

    Cette annonce est tout bonnement stupéfiante !

    Alors qu’il est connu depuis plusieurs jours déjà, on devine entre les lignes que le protocole est encore aujourd’hui globalement refusé aux malades au lieu d’être appliqué partout, massivement, systématiquement, à tous les malades du Covid de tous les hôpitaux, séance tenante.

    Certains prétendent que des études complémentaires seraient nécessaires. Que des effets secondaires pourraient apparaître. Qu’on ne sait pas si le protocole est efficace. Argument encore plus lamentable, qu’il n’aurait pas été approuvé par l’Etat. Sans déconner ? On crève mais il faudrait attendre le dernier Cerfa à la mode en trois exemplaires ? Quel effet secondaire pourrait être plus grave que mourir dans les 24h ? Quelle importance si le protocole s’avérait malheureusement inefficace puisqu’on n’a rien d’autre sous la main ? Va-t-on attendre plusieurs mois et des milliers de décès les résultats d’études complémentaires ? Est-ce cela, le sens de l’urgence sanitaire ? Ou bien est-ce un vain mot ?

    On croit cauchemarder devant tant d’inconséquence, devant tant d’arguties administratives moisies, devant tant d’obstination mortelle, devant tant d’inhumanité, d’indifférence hautaine face à la souffrance. Quelle perte de chance pour les malades abandonnés à leur sort ! Le refus d’appliquer ce protocole dès aujourd’hui est un scandale sanitaire au sein du scandale de la gestion politique de cette épidémie.

    Il n’y a aucune raison objective, ni médicale, ni logistique, ni administrative, pour que d’ici ce soir dimanche 22 mars 2020, un seul malade du Covid hospitalisé en France n’ait pas reçu sa première dose de médicaments conformément au protocole. Si un seul des milliers de malades hospitalisés est négligé ce soir, les responsables du blocage à tous les niveaux devront en répondre devant le pays.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La crise du covid a amené des restrictions des libertés.

La question qui se pose est de savoir pourquoi celles-ci ont été soutenues par une partie non négligeable de la population. Contrepoints s'est entretenu avec Samuel Fitoussi, auteur d'une note pour l'Institut Sapiens sur les erreurs de gestion systémiques pendant la crise sanitaire. Il a étudié l’économie à Cambridge et à HEC.

 

Contrepoints : Irresponsables par nature : vous revenez sur la séquence ahurissante des auto-attestations, dont les plus fervents défe... Poursuivre la lecture

Par Christian Britschgi.

Les gouverneurs opposés aux confinements ont remporté facilement la victoire lors des élections de mi-mandat.

Dans tout le pays, les dirigeants républicains qui se sont fait connaître en s'opposant aux fermetures d'entreprises et d'écoles ont été réélus avec des marges beaucoup plus confortables que lors de leur première campagne avant la pandémie.

Lors d'un débat en octobre contre son adversaire, le représentant Charlie Crist (D-Fla.), le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a déclaré :

Poursuivre la lecture
Illustration de personne portant un masque anti covid
10
Sauvegarder cet article

The Atlantic, vénérable mensuel fondé au XIXe siècle, a récemment fait paraître un article d’Emily Oster qui a largement défrayé la chronique : dans « Let’s declare a pandemic amnestie » (déclarons une amnistie pour la pandémie), l’auteur tente d’aligner quelques arguments en faveur d’un pardon général pour tous ceux qui, pendant la pandémie, ont pris les décisions – y compris les plus farfelues  – au motif essentiel que chacun a cru faire du mieux qu’il a pu avec le peu d’informations dont il disposait.

L’article, sobrement chapeauté ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles