Les réseaux sociaux pour lutter contre le coronavirus

3D Social networking by Chris Potter (CC BY 2.0) — Chris Potter, CC-BY

Et si les réseaux sociaux étaient le meilleur moyen de lutter contre le coronavirus ?

Par Frédéric Prost.

Les réactions des diverses autorités à travers le monde face à l’épidémie du coronavirus, maladie COVID-19, montrent malheureusement une étonnante similarité. Qu’on parle de pays autoritaires, comme la Chine, ou démocratiquement avancés, comme le Japon, le mot d’ordre semble être la mise en place de mesures visibles et comptables de façon très administrative et bornée.

Les leçons économiques de Bastiat sur la différence entre ce qui se voit et ce qui ne se voit pas sont plus que jamais d’actualité.

La gestion du coronavirus par la Chine

La situation actuelle n’est pas sans évoquer une version 2.0 d’une catastrophe récente en Chine. Lors du grand bond en avant décidé par le parti communiste chinois dans les années 1960, il avait, entre autres, été décidé de lutter contre les quatre pestes pour améliorer les rendements agricoles.

Une partie de ce plan consistait dans l’extermination des moineaux, car les oiseaux se nourrissaient des semences et privaient donc les Chinois de récolte. Une incroyable campagne d’extermination est mise en œuvre, le pouvoir rémunérant directement ceux qui se présentent avec des oiseaux morts.

Cette campagne fut extraordinairement efficace en termes d’éradication des moineaux. Seulement, en l’absence de prédateurs, les insectes se multiplièrent bien plus que la normale et les récoltes de riz furent catastrophiques… Cette campagne contre les oiseaux est reconnue comme l’un des facteurs importants de la grande famine qui fit rage en Chine au début des années 1960 et engendra des dizaines de millions de victimes.

Les politiques autoritaires instaurées actuellement à Wuhan consistant dans la recherche des personnes infectées par le coronavirus via le porte-à-porte, partagent exactement les mêmes caractéristiques que la funeste politique de lutte contre les quatre pestes.

Elles pourraient apparemmment être des politiques de bon sens. En fait il n’est pas besoin d’être un épidémiologiste de génie pour constater comment de telles mesures sont un échec.

Les fonctionnaires en tenue de protection faisant du porte-à-porte sont des vecteurs de transmission du virus quasi parfaits, une personne asymptomatique pouvant répandre le virus dans tout un quartier, ou bien une mauvaise utilisation d’un thermomètre, etc.

Et ce ne sont pas des spéculations infondées : le nombre de cas de professionnels médicaux protégés bien plus efficacement que ces fonctionnaires démarchant à domicile, et ayant contracté cette maladie n’est pas négligeable comme le montre le cas du Diamond Princess.

La gestion tout aussi inefficace du Japon

La gestion de cette croisière du Diamond Princess par le Japon, pays démocratique avancé disposant d’une technologie de pointe et de moyens que très peu de pays peuvent atteindre, montre qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème lié au comportement des autorités et aux réflexes conditionnés de la culture communiste chinoise.

Il suffit d’observer la gestion incohérente du Japon dans le traitement de cette  quarantaine.

La période initiale de 14 jours terminée, la quarantaine a tout simplement été levée, alors que chaque jour apporte de nouveaux cas de contamination à bord du paquebot. Il est donc clair que n’importe qui a pu être contaminé la veille et que la quarantaine devrait être maintenue jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de contaminations pendant 14 jours consécutifs. Sinon il s’agit juste de confiner des personnes dans un environnement dangereux pendant deux semaines tout en ayant aucun impact sur l’épidémie.

Une caractéristique commune de ce type de politique est son aspect administratif et comptable : à combien de portes on a frappé, fixer une limite in fine arbitraire dans le cas du Japon, etc.

La lutte contre le coronavirus passe par… les réseaux sociaux !

Il semblerait que pour cette épidémie il n’y ait actuellement qu’une possibilité d’action : augmenter l’éviction sociale. Mais confiner obligatoirement les personnes suspectées dans de véritables lieux concentrationnaires est doublement inefficace.

  1. Ces sites sont de véritables bouillons de culture et accroissent en fait la portée de l’épidémie.
  2. La population perd confiance dans des autorités qui, manifestement, sont davantage friandes de résultats chiffrés que d’une approche humaine.

Il faut une coopération entre autorités et grand public. Ne pas se rendre à l’hôpital, porter un masque pour ne pas répandre le virus, le confinement volontaire etc. sont des mesures connues et bien plus efficaces.

Mais elles ne se voient pas d’un point de vue administratif. C’est peut-être là que les réseaux sociaux pourraient se montrer intéressants.

En permettant de partager l’information de manière bottom-up avec une précision qu’aucune administration ne pourra jamais atteindre, ils pourraient rendre ce genre de comportement visibles et volontairement désirables, et in fine considérés par les autorités.

Mais cela n’est pas assuré : les fausses informations, rumeurs etc. sont aussi légion sur les réseaux. Cela suppose aussi que les pouvoirs en place aient confiance dans leurs citoyens…

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