Coronavirus : la quarantaine est-elle toujours efficace en cas d’épidémie ?

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Coronavirus : la quarantaine est-elle toujours efficace en cas d’épidémie ?

Publié le 5 février 2020
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Par Théophile Gacogne.

On entend tout et surtout n’importe quoi sur le nouveau coronavirus depuis sa découverte fin décembre. Des milliers de cas ont été confirmés en Chine dont certains mortels. Le pays a décidé de mettre en place des mesures drastiques pour tenter de limiter ou au moins de ralentir l’ampleur de l’épidémie. La mesure la plus marquante est la mise en quarantaine de villes entières de plusieurs millions d’habitants, notamment Wuhan, d’où semble provenir la source du virus. Mais dans quelle mesure ce type d’action est efficace pour combattre une épidémie ?

Attention !

Les coronavirus sont en réalité une famille de virus. Le virus dont tout le monde parle en ce moment ne devrait pas être appelé le coronavirus, mais le 2019-nCoV. Il existe de nombreux virus dans cette famille qui sont bien connus de l’Homme et contre lesquels nous savons nous protéger et nous défendre. La différence avec le nouveau 2019-nCoV est qu’il n’existe pas encore de vaccin qui lui corresponde puisqu’il était inconnu jusqu’alors.

La logique de la quarantaine

La logique sous tendue par une mesure de quarantaine est simple : le virus a vu le jour et se transmet entre les habitants d’une ville A. Interdisons à toute personne d’y entrer ou d’en sortir de manière à garder le contrôle sur l’épidémie.

Aussi drastique que cela puisse être, cela semble en effet respecter une logique pragmatique simple. Mais dans les faits, les choses sont différentes. En bloquant les aéroports, les gares et les autoroutes entre Wuhan et le reste du monde, il n’est pas certain que la Chine améliore la situation. C’est en se basant sur des logiques économiques que l’on découvre les limites de ce type d’action.

Pourquoi la quarantaine peut aggraver la situation ?

Le fait d’isoler les personnes atteintes par le virus est une bonne chose, permet d’éviter qu’elles ne transmettent le virus aux personnes saines.

Le problème proviendrait en réalité du manque d’informations et de la lenteur des processus de diagnostic de la maladie. En mettant une ville entière en quarantaine, on confine les individus sains avec les malades. Dans une situation classique sans quarantaine, ceux qui sont sains et conscients de leur bon état de santé vont faire en sorte de sortir des zones à risque pour ne pas être contaminés. Ils mettent donc en place une quarantaine implicite et limitent les risques de transmission, pendant que les personnes malades sont traitées.

En revanche, ceux qui ne sont pas certains de leur état de santé vont eux aussi vouloir s’enfuir des zones à risque. Concernant le 2019-nCoV, un individu peut être malade et asymptomatique. C’est lui le sujet à risque car en voulant fuir la zone rouge alors qu’il est infecté, il contribue à l’épidémie.

Il s’agit même d’un double risque : d’une part parce qu’il peut transmettre le virus dans des zones jusqu’alors saines, et d’autre part parce qu’il ne reçoit pas le traitement nécessaire.

Le manque d’informations et la lenteur des diagnostics sont donc deux problèmes très importants.

Mais alors, la quarantaine est donc le seul moyen pour éviter que ces personnes asymptomatiques sortent des zones rouges et contaminent le reste du monde ?

Le problème vient de la perception de ceux qui subissent la quarantaine. En effet, cette dernière appliquée strictement va inciter bien plus d’individus à vouloir s’échapper de la zone bloquée, celle-ci devenant officiellement dangereuse pour tout le monde. Cela signifie que bien plus de personnes à risque vont se ruer vers la sortie, ce qui n’aurait pas été le cas si des mesures plus douces et davantage orientées vers la prévention avaient été mises en place. Un plus grande nombre de personnes asymptomatiques qui se battent pour fuir le plus rapidement possible va donc se solder par davantage de personnes contaminées qui vont exporter le virus à leur insu.

Quelles autres solutions ?

Des efforts sur l’information et sur la prévention seraient donc bien plus efficaces et moins coûteux pour un pays qu’une quarantaine stricte.

Informer clairement les individus dans les zones à risque, leur donner les clés qui leur permettront de connaître leur état en cas d’infection va laisser la possibilité aux personnes qui savent qu’elles sont saines de s’écarter de ces zones, tout en permettant aux incertains de garder leur calme et s’assurer de leur état avant de prendre une décision de départ.

Il est important de garder en tête également que la sévérité des épidémies diminue considérablement avec les années et n’a jamais été aussi basse aujourd’hui, et ce malgré le fait que nous vivions dans un monde plus connecté que jamais où voyager est d’une simplicité totale.

C’est notamment dû au fait que les chercheurs du monde entier ont la possibilité d’allier leurs efforts pour le bien de tous, et que les structures médicales sont elles aussi plus évoluées que jamais. Alors restez couverts en cas de voyage dans des zones risquée, mais tâchez de ne pas céder à la panique que les médias tentent de faire grandir de jour en jour.

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  • quel est le but d’une quarantaine..
    le but d’un individu est de ne pas être malade elle et ses proches..
    le but d’une quarantaine est de limiter la contagion …donc de limiter le nombre de malades dans l’absolu…

    c’est en conflit direct si la quarantaine ne remplit pas des conditions de sécurité pour la personne confinée.

    peut on utiliser le mot quarantaine pour 11 millions de personnes?

    enfin bref…

  • Bonjour
    En tant que libéral, la quarantaine, surtout par son caractère massif pose problème. On est en Chine, pays de + d’1 md d’habitants qui n’a pas les mêmes références qu’en France.
    Contrainte étatique ou conseil de précaution auprès de la population? Port de masque, s’isoler volontairement si fièvre ?
    On verra bien mais déjà l’arrêt des vols aérien va limiter l’extension du virus hors de Chine. On peut l’espérer.

  • Une quarantaine n’est jamais parfaite, l’épidémie va donc continuer à s’étendre au reste de la population et du monde mais à une vitesse plus lente.
    Les conditions environnementales de survie du virus jouent un rôle dans la durée de l’épidémie et sont généralement liées à la saison mais ont lui permettre de réapparaitre la saison suivante.
    L’immunisation par la maladie ou un vaccin de 15% de la population va aussi limiter l’importance de l’épidémie sauf en cas de porteurs sains.
    L’objectif de la quarantaine est d’une part de limiter le nombre de personnes à traiter à un moment donné pour le rendre possible et d’autre part d’éviter de mettre complètement à l’arrêt des unités de production du fait d’un absentéisme massif alors qu’il est seulement réduit au maximum à un mode survie en cas de quarantaine.

  • Sans quarantaine, quel crédit les personnes accorderont-elles aux informations et aux préconisations pour éviter la contagion ? Surtout en France, où chacun se croit plus malin que les conseilleurs et où les médias préfèrent la sensation à la raison, l’information raisonnable qui devrait être le principal moyen de lutte contre la contagion l’est-elle vraiment ?

    • D’accord avec vous sur les médias.
      Cependant, dans le cas d’une maladie nouvelle, inconnue, dont le taux de mortalité est incertain (au début de l’épidémie), dont les capacités de mutation sont inconnues, pour laquelle il n’existe pas de vaccin, et dont le mode de propagation est facile, l’information raisonnable est peut-être un peu light. En quelques jours, l’infection s’est rapidement répandue.

      L’auteur écrit « Des efforts sur l’information et sur la prévention seraient donc bien plus efficaces » : j’imagine bien dire à la population « on a une nouvelle maladie potentiellement mortelle à propagation rapide, merci de tousser dans votre manche et de vous laver les mains au gel hydroalcoolique ».

      Quand l’épidémie est encore un petit foyer, dans un endroit bien déterminé, ça peut fonctionner. Quand l’épidémie est au centre d’une zone très fortement peuplée, il suffira d’attendre un nombre suffisant de morts, d’une rumeur, d’un cas particulier, d’un élément déclencheur pour que les personnes (non infectées, malades ignorants et porteurs sains) se dispersent aux 4 vents pour fuir la maladie. Et hop épidémie, pandémie.

  • Petit lien intéressant sur la progression et la mortalité du truc :

    https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

    Vous remarquerez que la mortalité du bidule est de 2%. Une petite grippe en France, c’est à peu près 10.000 morts par ans, ce qui fait 0,015% de décès annuelle. Donc 65.000.000 *2/100= 1 million 300 milles morts, bien sûr chez les vieux, normalement. Dommage que les retraites ne soient pas par capitalisation, remarquez c’est pas mal aussi pour les retraites à la française. çà nous ferais un petit milliard cinq cent Euro d’économie. Ah ! L’économie libérale !

    • Bonjour Yvon
      Ce n’est pas comme cela que l’on calcule.
      La grippe a une létalité inférieure à 1/1000 et la population a déjà été exposée au virus, donc seul qq millions de français attrapent la grippe soit qq milliers de morts (1500-2000).
      Là le virus est nouveau et une grande partie de la population peut l’attraper. Mettons 30 millions soit 600 000 morts les services de réanimation étant débordés.
      Et en Chine…
      PS le libéralisme n’est pas que une vision économique, mais aussi un humanisme qui respecte l’humain et qui ne se réjouit pas de la souffrance humaine. Dans ma jeunesse certains disaient que l’économie repartait, après « une bonne guerre ».

    • Ah, si pouviez l’essayer juste pour voir si c’est agréable…
      Je ne vous souhaites pas d’en claquer comme vous le faites si élégamment.

  • L’information, il y a en Chine, on reçois 4 SMS par jour sur son tel.
    Des affiches dans les hall d’immeubles, prise de temperature pour rentrer dans les magasins.
    Dans les zones en quarantaine la police utilise meme des drones avec hauts parleurs pour dire qu’il faut porter un masque et pourtant des gens sortent sans masque, leur photos est diffusées !
    C’est comme l’alcool au volant, on le sait qu’il ne faut pas boire, et pourtant des gens le font.

  • Quelques chiffres qui valent ce qu’ils valent, les augmentations de nombre de cas sur les 6 derniers jours :
    Hubei Reste de la Chine Ratio
    +1347 +752 1.79
    +1921 +669 2.87
    +2103 +716 2.95
    +2345 +890 2.63
    +3156 +758 4.16
    +2987 +619 4.83
    Ca donne quand même l’impression que la mise en quarantaine du Hubei a montré une certaine efficacité vis-à-vis du reste de la Chine, et a fait apparaître la décélération 24 heures plus tôt. Difficile toutefois de dépasser les simples impressions…

  • Les commentaires sont fermés.

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