En finir avec les déficits publics, il faut laisser les Français choisir librement

Pour en finir avec les déficits publics beaucoup croient qu’il faut d’abord baisser les dépenses puis réduire les impôts. C’est une erreur. Que faut-il donc faire ?

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En finir avec les déficits publics, il faut laisser les Français choisir librement

Publié le 7 janvier 2020
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Par Patrick de Casanove1.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Cette mention est obligatoire sur toute publicité pour le crédit depuis l’adoption de la loi Lagarde du 1er juillet 2010.

Elle devrait être inscrite dans chaque pièce de l’Élysée, du Sénat et de l’Assemblée nationale, ainsi que sur chaque proposition de loi. Chaque politicien devrait l’avoir toujours en tête.

Apparemment ce n’est pas le cas, ou bien ils ne se l’appliquent pas conformément à la formule  » Faites ce que je dis ne regardez pas ce que je fais ». En effet, à peine élus, leur première décision est de fuir dans la dette et le déficit.

Plus de 40 années de budgets déficitaires

Tous les budgets sont déficitaires depuis 1974.

Depuis cette date chaque gouvernement a choisi le déficit et l’emprunt :

– Pour les dépenses d’investissement et de fonctionnement

La prévision du solde budgétaire 2020 est de -93,1 milliards d’euros. Autrement dit le budget est voté avec la justice (8,2), la défense (40,9), la sécurité (13,9) et la recherche et l’enseignement supérieurs (28,5) non financés.

– Pour rembourser les crédits

François Ecalle nous rappelle dans le compte-rendu de sa conférence, que vous pourrez lire sur notre site :

Mais il ne faut pas oublier que, en France, l’État rembourse ses dettes en réempruntant simultanément le même montant. Il emprunte en moyenne sur 8 ans et aucun économiste ne peut garantir que les taux d’intérêt seront aussi faibles dans 8 ans quand il faudra réemprunter pour rembourser les emprunts actuels

Ce qui s’appelle de la cavalerie.

Les taux d’intérêts négatifs, l’inondation monétaire n’incitent pas à la vertu.

La réduction de l’endettement passe par l’excédent budgétaire.

Treize pays européens y sont parvenus en 2018. Rares sont ceux qui pensent que la France peut y arriver. La plupart se cantonne à vouloir limiter le déficit public en dessous des 3 % du PIB, ce qui est un des critères du traité de Maastricht.

Bien que laxiste, cet objectif est devenu pour beaucoup de Français, résignés au déficit, le nec plus ultra de la bonne gestion des deniers publics.

Réduire la charge fiscale en priorité

Pour améliorer les finances publiques beaucoup croient qu’il faut d’abord baisser les dépenses puis réduire les impôts.

C’est une erreur. Que faut-il donc faire ?

Voici ma pensée. Je la formule dans toute sa naïveté, au risque de faire dresser les cheveux sur la tête à tous les financiers et praticiens.
Diminuer les impôts, diminuer les dépenses dans une proportion plus forte encore.
Et, pour revêtir cette pensée financière de sa formule politique, j’ajoute : Liberté au dedans, Paix au dehors.  Frédéric Bastiat, Paix et liberté le budget républicain (1849)

Il faut s’attaquer à la racine des maux de notre pays qui est la spoliation légale. Chronologiquement, la redistribution vient après la prédation. L’État ne peut redistribuer que ce qu’il a confisqué.

Il faut d’abord s’attaquer à la prédation. La baisse première des prélèvements obligatoires ne peut qu’entraîner la baisse simultanée des dépenses publiques.

La source de la spoliation légale étant tarie, bien des secteurs ne seront plus financés par l’État, en totalité ou en partie.

Chaque dépense, aujourd’hui publique, sera rediscutée. La décision à prendre pour réussir à réduire les prélèvements obligatoires et la dépense publique est donc de définir précisément quels sont les rôles des individus et de l’État.

Les politiciens refusant de s’atteler à la tâche, ou n’ayant pas réussi, ce sont les Français qui choisiront directement qui fait quoi.

La fonction publique, la fonction privée ont toutes deux en vue notre avantage. Mais leurs services diffèrent en ceci, que nous subissons forcément les uns et agréons volontairement les autres ; d’où il suit qu’il n’est raisonnable de ne confier à la première que ce que la seconde ne peut absolument pas accomplir. Frédéric Bastiat Profession de foi électorale (1846).

Ils en auront les moyens car la diminution de la prédation implique que chaque Français dispose de l’intégralité de ses revenus.

La grande manipulation consiste à faire croire que si l’État ne le fait pas ce ne sera pas fait.

Le Socialisme, comme la vieille politique d’où il émane, confond le Gouvernement et la Société. C’est pourquoi, chaque fois que nous ne voulons pas qu’une chose soit faite par le Gouvernement, il en conclut que nous ne voulons pas que cette chose soit faite du tout. Nous repoussons l’instruction par l’État ; donc nous ne voulons pas d’instruction. Nous repoussons une religion d’État ; donc nous ne voulons pas de religion. Nous repoussons l’égalisation par l’État ; donc nous ne voulons pas d’égalité, etc. C’est comme s’il nous accusait de ne vouloir pas que les hommes mangent, parce que nous repoussons la culture du blé par l’État. La Loi (1850)

Concurrence et liberté de choix individuel

Si un service est indispensable il faudra qu’il soit rendu. Si ce service n’est plus financé via la spoliation légale, il ne disparaîtra pas à condition qu’il soit réellement utile.

Pour le savoir il faut l’ouvrir à la concurrence de services privés équivalents. Il appartiendra donc aux particuliers de s’approprier les services à rendre à leurs concitoyens.

Les Français seront libres de choisir, d’acheter ou non, un service auprès du prestataire de leur choix. C’est là le véritable pouvoir d’achat.

Cette stratégie de baisse des prélèvements obligatoires libère les incitations productives. Les individus recouvrent la liberté d’user de leur propriété comme ils l’entendent.

C’est la liberté économique qui stimule les innovations, engendre croissance et prospérité, facilitant grandement les transitions et les reconversions.

Les individus sont responsables et s’ils perdent, ils supportent les conséquences de leurs erreurs. Cela élimine les immenses gaspillages liés au mal investissement. Par exemple Too big to fail n’existe pas dans ces conditions.

Dans le mal-investissement on trouve aussi, entre autres, les dépenses purement politiques qui n’ont d’autre utilité que d’acheter des voix, les services payés plus chers qu’ils ne valent pour satisfaire une clientèle électorale, les dépenses qui aboutissent à la destruction de filières d’excellence telles que le nucléaire ou l’automobile.

Ce système ne reposant plus sur le vol légal est profondément juste. Bien sûr, il convient de ne pas tout mélanger. Il ne crée pas le bonheur, qui est une notion personnelle.

Cela dit, dans une société d’abondance il est possible de choisir l’ascèse. Mais dans une société de disette il n’est pas possible de choisir l’abondance. Sauf à accéder à la nomenklatura.

De même, au sein d’un environnement préservé, il est plus facile de vivre dans une société d’abondance et d’innovations, que dans une société de pénurie. Sauf à accéder à la nomenklatura.

 

À bon entendeur, salut !

  1. Patrick de Casanove est Président du Cercle Frédéric Bastiat
Voir les commentaires (23)

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  • malheureusement , l’état n’a d’autres solutions à sa portée que de redistribuer l’argent des autres pour accéder et surtout garder le pouvoir ; dans notre pays , c’est depuis longtemps une tradition , un peu comme le feu des bagnoles pour fêter le nouvel an ……

  • « ce sont les Français qui choisiront directement qui fait quoi. »
    ah ben non .. les « français » choisiront les allocations , le revenu universel , les 300 jours de congé, la retraite a 42 ans Etc..
    C’est tout le probleme des pseudo démocraties..
    la france n’a plus les moyens intellectuels nécessaires a la democratie

    • Je pense de plus en plus que la démocratie représentative ne peut survivre qu’avec une interdiction des déficits inscrite dans la Constitution. La dette est en grande partie la conséquence des promesses électorales…

    •  » les « français » choisiront les allocations , le revenu universel , les 300 jours de congé, la retraite a 42 ans Etc.. »

      Vous le dites vous-même, le problème ce sont les Français, pas la démocratie. C’est donc avant tout une question de mentalité, d’état d’esprit, et non une question de régime politique – car sauf erreur, vous sous-entendez que la démocratie est un problème.
      Je crois pour ma part, comme Churchill, que la démocratie est le pire des systèmes, si on exclut tous les autres.
      Si on admet que le problème de la France, ce sont les Français et leur mentalité d’assistés – pas tous heureusement, mais un grand nombre – c’est à cette mentalité qu’il faut s’attaquer, via L’INFORMATION LIBRE. C’est le seul moyen libéral de changer la situation. C’est ce que fait Contrepoints (entre autres).

      • Déjà le clergé de la republique (l’EN) prodigue le catéchisme de gauche depuis l’enfance..impossible d’y échapper très dur de renverser la vapeur apres ,comme l’église autrefois, c’est donc bien l’éducation nationale noyautée par les trotskistes par entrisme qui est a la base du mal français..
        Ensuite l’opportunisme politique qui fait du keynésianisme la clef de voûte du clientélisme électoral.
        et pour verrouiller l’ensemble le systeme électoral en France avec des élections uninominales a 2 tours
        permet d’être élu avec 20% de l’électorat si on sait mettre en place un repoussoir type RN..ce qui se fait depuis 30 ans

        une fois considérées toutes ces raisons , sans oublier la constitution de la 5 eme , la France n’est plus depuis longtemps un pays démocratique..
        L’abstention endémique en est le symptôme le plus évident

        • Nous sommes d’accord sur le constat : la France a davantage les apparences que les réalités de la démocratie.
          Quelle solution ? Révolution ? Putsch ?
          L’Histoire montre que les grandes démocraties, notamment anglo-saxonnes, se sont faites avec pas ou peu de révolutions, par rapport à la France ou en général aux pays du sud (sud de l’Europe, pays du « Sud »).
          Cela signifie que ces régimes s’appuient avant tout sur une mentalité de départ des gens, démocratique ; et partant, il est bien plus difficile à des politiciens corrompus, des tyrans en puissance, de s’emparer du pouvoir. Parce que ces pays ont mis en place de nombreux contre-pouvoirs. Dans ces pays, la place de l’État est généralement moins grande que chez nous, toujours pour la même raison : le citoyen, l’individu, la base, est plus important que le collectif, l’État, ce qui vient d’en haut et est imposé aux citoyens. Question de mentalité générale (également lié à la proportion de protestants dans ces sociétés).
          Si on ne prend pas en compte ce facteur, et qu’on fasse une révolution ou un putsch, on aboutit immanquablement à la dictature, ce qui est évidemment complètement en contradiction avec les buts affichés au départ, à savoir plus de liberté.
          Changer de régime politique quand les gens ne savent pas ce qu’est la liberté, ce qu’est une démocratie, est voué à l’échec. L’information et le changement de mentalités est la priorité des priorités, certainement pas la Révolution.

    • pas le souvenir que l’on m’ait demandé mon avis sur ces sujets !!!

  • Le problème c’est la bien pensence de gauche voire d’extrême gauche qui sévit depuis des décennies dans l’éducation nationale et les médias; un nivellement par le bas…

  • 1- Versement du salaire complet toutes charges salariales et patronales comprises.

    2- Abolition de tous les monopoles sociaux d’état : santé, vieillesse, éducation, syndicats, HLM etc…

    3- Abolition de toutes les prestations sociales d’état.

    4- Impôt à taux unique pour tous sur l’ensemble des revenus

    • oui mais çà on en est a des années lumière.. personne ne pourrait etre élu la dessus et encore moins gouverner

      • Je ne suis qu’à moitié d’accord : personne ne pourrait être élu là-dessus, mais si par aventure quelqu’un l’était, les effets seraient si visibles et immédiats qu’il pourrait certainement gouverner.

  • La collecte et la dépense se décident en même temps lors de la proposition de budget puis de son vote. Sinon vous obtenez une (fausse) manne financière que les élus s’empresseront de distribuer et leurs électeurs de réclamer. Les rares fois ou nous avons collecter un peu plus que nos dépenses sur le budget voté, tout en restant dans le déficit, la polémique sur la redistribution fut vive..

    Il nous faudrait les Dix Commandements politiques comme instructions économiques et sociales, écrit à jamais dans le marbre de nos palais et institutions.

  • Cet article n’a aucun sens. Il n’y a plus d’élection présidentielle depuis 10 ans au moins. Comment les français pourrait’ils choisir ?
    Ils ont hérités sans comprendre ni choisir, d’un résidu désigné par moins de 20 % des inscrits.
    Ou en est l’enquête sur la publication des déclarations de revenus de la Famille Fillon sur 25 ans. Que seul un président ou ministre des finances a pu commanditer ! ?

  • Mettre l’Etat en concurrence dans toutes ses fonctions non régaliennes me semble en effet être la politique que nous devons défendre. Bastiat est toujours de bon conseil. Il est l’anti politiquement correct.

  • Laisser le choix, c’est accorder des libertés!
    Ou plus exactement cesser de les confisquer.
    Vous n’y pensez pas!

  • Vouloir faire un retour en arrière est impossible ,personne ne veut ou voudra voir ses revenus directs ou indirects régresser ,ce pays est vraiment foutu sans une révolution pour en changer le cap et cela n’arrivera que lorsqu’on sera devenu totalement grec aux yeux de l’Europe…m’enfin on peut toujours en causer et rêver a des jours meilleurs ,a des politiques efficaces dans leur job ,a des présidents ne résidant pas dans un château,….

  • ceux qui entérinent ou votent les déficits pourront dorénavant être embastillés manu-militari ! Zut je me suis trompé d’époque 🙂

  • Supprimer des mandats électifs ,pour commencer, 615 000 chez nous contre 110 000 en Allemagne , 24 000 !!!!en Grande-Bretagne!
    Et supprimer drastiquement les dépenses publiques en remettant les gens au boulot!
    Hier dans votre article sur Ghosn dans lequel on lit que le Japon dépense 39% de son pib contre 56% chez nous….est -on de 17% mieux soigné chez nous ou de 17% mieux éduqué (chez nous sommes éduqués et non instruits…),j’ai comme un doute?

  • quelle pensée lumineuse ce Bastiat !!!

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