Plaidoyer pour le bon sens : l’hôpital 2.0 doit d’abord miser sur le vital

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Plaidoyer pour le bon sens : l’hôpital 2.0 doit d’abord miser sur le vital

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 octobre 2019
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Par Philippe Billet1.

Le projet de loi en lien avec le plan santé 2022 a pour objectif de rendre les établissements de santé plus attractifs. Une partie du projet consiste à élargir l’accès aux données de santé (1,2 milliard de feuilles de soins par an, 500 millions d’actes médicaux, 11 millions d’hospitalisations…), et étendre le champ aux données cliniques recueillies par exemple par les médecins libéraux, ainsi qu’aux données à caractère personnel.

La loi prévoit également la création d’un espace santé pour les patients, le développement de la télémédecine, la création d’un nouveau métier (assistant médical) ou encore le développement de 1000 communautés professionnelles territoriales de santé, pour favoriser le travail en équipe des professionnels de santé libéraux avec la prise en charge de consultations sans rendez-vous, pour soulager l’hôpital. Bref, nous sommes à l’ère du « lit connecté ». Cela signifie que va se renforcer la problématique de la donnée patient, de son usage et de son accès par une multiplication des tiers. La première brique de l’hôpital 2.0, c’est l’informatique et pour rendre les établissements de santé « plus attractifs », il convient d’abord de se recentrer sur l’essentiel.

L’effet waouh, de la poudre de perlimpinpin ?

En médecine, le monde regorge de découvertes quotidiennes incroyables à coups d’Intelligence Artificielle, de robotique ou de réalité virtuelle et augmentée. Ces technologies seront, et parfois parfois sont déjà, très utiles à la médecine et au bien-être du patient, sans aucun doute.

Mais l’élément central au bon fonctionnement d’un hôpital, et sur lequel repose toutes ces technologies incroyables, c’est l’informatique, la gestion de la donnée et des flux de communication et d’informations. Car sans une bonne organisation de l’établissement, les hôpitaux trahissent l’essentiel : assurer une prise en charge de qualité des patients et garantir des conditions de travail décentes au personnel soignant.

Les cordonniers sont de plus en plus mal chaussés ?

Souhaite-t-on des soins et une prise en charge de qualité ? C’est naturellement l’objectif sous-jacent à toute politique de santé.

Pourtant, le personnel hospitalier régulièrement en grève témoigne de son mal-être. Certains chiffres font froid dans le dos : 38 % des personnels hospitaliers ont été malades au cours des deux derniers mois de l’année 2018, soit presque deux fois plus que la population générale, et l’ONVS évoque 22 000 signalements de violences et incivilités l’an dernier

En parallèle, côté patient et familles, une prise en charge et des soins irréguliers peuvent transformer une expérience hospitalière en un vécu terrifiant, source de confusion, surtout pour les personnes âgées et les patients souffrant de pathologies mentales.

Pour améliorer la situation, l’informatique et la gestion des flux d’informations doivent jouer leur rôle organisationnel :

  • comment alléger la masse administrative ?
  • comment mettre en place un système d’alertes performant ?
  • qui reçoit les informations et sous quelle forme ?

À travers des systèmes de remontées d’informations « intelligentes », c’est-à-dire, l’administrion de la bonne information, à la bonne personne, en temps réel, pour une prise de décision optimisée, l’informatique est un enjeu crucial voire tout simplement la première étape vers l’hôpital du futur.

Mettre en place un système de flux d’informations performant, c’est donner la possibilité au personnel médical de se recentrer sur sa principale activité : l’écoute, l’accompagnement et la décision. Le reste de l’activité médicale, du geste technique au suivi administratif, sera assuré par la technologie elle-même ou par des professionnels du soin non-médecins. Pour cela, il est nécessaire de réformer en profondeur le monde médical, la formation par exemple, en passant par la définition même de ses rôles respectifs pour impulser une nouvelle dynamique.

La vision à court terme : décloisonner l’hôpital pour des gains financiers

Actuellement, les hôpitaux fonctionnent en silo et les parties prenantes sont nombreuses : les responsables techniques, le département biomédical et bien évidemment le personnel soignant. Pour gagner en efficacité dans le parcours patient, il faut impliquer tout cet écosystème. L’informatique, en tant que socle commun à tous les services de l’hôpital 2.0, doit servir à le décloisonner.

Assurer l’efficacité d’un « lit connecté » nécessite une collaboration plus étroite entre les services et j’y inclus les fournisseurs technologiques : nous devons être capables d’échanger avec tous les services, l’infirmier comme la direction des systèmes d’information, mais aussi de jouer le rôle d’intermédiaire entre eux, en amont d’un projet. L’objectif est de comprendre les enjeux de chacun pour offrir une solution centrale optimisée et amener de la valeur dans les usages du quotidien. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté de trouver de nouveaux modèles économiques, via des budgets partagés, à l’heure où les Groupements Hospitaliers de Territoire visent à mettre en place un nouveau mode de coopération entre les établissements publics de santé pour optimiser les coûts de fonctionnement.

Au-delà d’amener des solutions technologiques d’intérêt économique, les fournisseurs de technologies se doivent d’apporter aussi une vision de société, d’intérêt général. L’hôpital du futur doit assurer une meilleure prise en charge et des soins de qualité aux patients, en prenant d’abord soin des soignants.

  1. Philippe Billet est directeur Général Ascom France et Europe du Sud.
Voir les commentaires (17)

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  • La cause n’est jamais traitée : les écoles nationales du gaspillage : ENA, ENS, ENM & IUFM même formatage, même pensée unique donc à supprimer sans tarder comme le statut public pour tout ce sui n’est pas régalien. L’administratif dans le public est un verrou complétement inutile. Les dernières sont bien gérées et administrées tandis que le public est soumis à des normes d’incompétences et hors santé

  • claude henry de chasne
    19 octobre 2019 at 8 h 33 min

    Tout ce qui est géré par le « service public » est foireux et très cher. ce n’est pas spécifique a la France , c’est pareil partout

    Privatisons les hôpitaux qu’on mettra sous contrat , avec des objectifs clairs et vous verrez si çà ne marchera pas mieux..
    C’est la gabegie a tous les étages et les personnels souffrent
    c’est l’effet URSS le probleme , pas le financement

    • Dans le privé, pourquoi les cliniques et autres établissements privés ne pourvoient-ils pas aux problèmes des urgences ? Auraient-ils peur d’être asphyxiés financièrement comme dans le public ? Auquel cas la réponse serait chez nos politiciens: donnez de vrais moyens.

      • claude henry de chasne
        19 octobre 2019 at 12 h 43 min

        tant que les urgences resteront « gratuites » personne n’en voudra

      • il me semble qu’il existe des urgences dans les cliniques privées ? Encore faut-il que les ARS les acceptent.

        • Exact. Une clinique privé ne peut ouvrir un centre d’Urgence qu’après accord de l’ARS (Agence Régionale de Santé). Et les autorisations ne sont données que s’il y a un déficit géographique précis. Hors de question d’ouvrir un centre d’Urgences privé qui concurrencerait une structure publique.

  • Hôpital public par ci, hôpital public par là… comme CHDC, je crois que la priorité est surtout de privatiser. Le privé saura informatiser efficacement ses services et se doter de tous les outils dont il a besoin, n’ayez crainte. Il y en a assez de payer pour des « services publics » en déficit permanent. Si on habite à la campagne (c’est mon cas), on accepte les inconvénients de la situation – désert médical compris le cas échéant – parce qu’on sait qu’en contrepartie on bénéficie des avantages de la campagne – le calme, les logements bon marché etc. : cela s’appelle assumer ses responsabilités après avoir exercé sa liberté de choix de son lieu de vie. Le reste, c’est du socialisme en barre, le chaos au bout du chemin.

  • Privatiser Oui bien sûr. Mais quel coût pour le patient ? Aujourd’hui l’hôpital est quasiment gratuit. Le privé ne l’est pas du tout. Je viens de subir une petite intervention chirurgicale en ambulatoire dans une clinique privée (lambda je précise). Si je mets bout à bout tout ce que j’ai payé (spécialiste, radios, doplers, chirurgien, anesthésiste, clinique etc ..) : 2200 Euros environ sur lesquels la mutuelle ne va pas rembourser beaucoup (et je n’ai pas une mutuelle basique loin de là). La prochaine fois je regarderai du côté de l’hôpital.

    • « Aujourd’hui l’hôpital est quasiment gratuit »

      Et à votre avis, pourquoi est-il quasiment « gratuit », l’hôpital ? Les personnels de l’hôpital public vivent-ils d’amour et d’eau fraîche ? On m’aurait menti ?

      Soyons sérieux, si l’hôpital public est gratuit ou presque, c’est parce que vous avez déjà payé, au travers de vos impôts ; mais aussi, parce que la clinique privée a payé, au travers des impôts sur le bénéfice et autres joyeuses taxes obligatoires.
      Privatisez l’hôpital, et le privé sera moins cher (car moins de taxes et impôts à payer), mais aussi vos impôts personnels auront diminué, donc votre revenu net aura augmenté, et vous pourrez vous payer le privé, CQFD.

      Je vois que les Français sont toujours aussi redoutablement bons en économie…

    • Dans le privé ils ne savent pas gérer leurs finances, ils devraient faire un stage dans le public, les clients seraient contents pour un prix juste. Par ailleurs dans le public le personnel des urgences est en grève mais soigne tout de même, dans le privé tout le personnel doit être en grève depuis longtemps, ces services ont donc fermés. Ah, ça vous épate que je le sache.

      • pouvez-vous en dire plus ? Le privé qui ne sait pas gérer ses finances disparaît vite !

        • En cas d’urgence, le Samu et les pompiers vous emmènent à l’hôpital, sachant très bien que les services spécialisés n’existent pas dans le privé probablement suite à leur faillite. Ah, ça vous épate que je le sache, c’est mon petit doigt qui me l’a dit.

          • Votre petit doigt a oublié de vous dire que si l’hôpital public n’existait pas, le privé mettrait en place des urgences.
            Votre petit doigt a oublié de vous dire que si le privé a des problèmes financiers (parfois, pas toujours heureusement, en témoigne le grand nombre de nos compatriotes choisissant de s’y faire soigner, mais ça votre petit doigt a semble-t-il aussi oublié de vous le dire), c’est en bonne partie à cause de la concurrence DÉLOYALE de l’hôpital public, dont votre petit doigt a sans doute aussi oublié de vous rappeler qu’il ne survit que sous perfusion de nos impôts ; ce quia u passage montre que le public ne sait pas gérer ses finances, mais ça, votre petit doigt semble l’ignorer.
            Payer ses dettes avec l’argent des autres, vivre sur le dos des autres, spécialement sur le dos du privé, c’est la spécialité du public, ce que votre petit doigt semble avoir aussi oublié de vous dire.

            • J’ai grondé mon petit doigt d’avoir oublié de me le dire, argumentant mon châtiment de vos remarques au style percutant.

      • claude henry de chasne
        20 octobre 2019 at 2 h 48 min

        1 jour d’hôpital public 3500 €, 2300 en clinique privée

    • claude henry de chasne
      20 octobre 2019 at 2 h 46 min

      votre mutuelle n’est pas a la hauteur c’est tout

      • Et oui, une mutuelle est à la hauteur de ce qu’on accepte de payer pour elle… Principe de responsabilité encore une fois.

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