Retraites : la réforme va se heurter aux privilèges

Un projet globalement très positif, malgré son côté trop purement financier. OPINION

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Retraites : la réforme va se heurter aux privilèges

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 juillet 2019
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Par Yves Montenay.

Ça y est, le projet de refonte des systèmes de retraite que l’on avait cru enterré est ressorti. Les résultats du travail d’Hercule de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé des consultations pour cette réforme, sont maintenant publics : le rapport sur la cration d’un système universel de retraite est disponible sur le site reforme–retraite.gouv.fr. Que faut-il en penser ?

Le plan gouvernemental de réforme des retraites

L’origine de ce plan est la reprise des promesses présidentielles. Elles ont été précisées et complétées en octobre 2018 par Jean-Paul Delevoye, et précisées davantage dans son rapport.

Pour que les débats se passent autant que possible dans le calme, il a été précisé dès le début qu’on ne toucherait pas à l’âge de départ (62 ans), ni aux revenus des retraités, aux pensions de réversion et à ceux qui prendront leur retraite entre maintenant et 2024. Et que la partie redistributive, c’est-à-dire indépendante des cotisations, sera augmentée. Par exemple la pension minimale passera à 85 % du SMIC.

L’objectif du plan est d’atténuer la complication et les injustices des 42 (!) régimes actuels en instituant « une retraite égale à cotisations égales », ce que la majorité de l’opinion considère comme un progrès, mais qui pourrait être vigoureusement combattu par les privilégiés.

Il s’agit surtout des régimes spéciaux (SNCF, RATP…) qui, avec ceux des fonctionnaires, devraient être intégrés avec les mêmes droits et les mêmes devoirs dans le régime général.

Toutefois il semble impossible d’atteindre ces objectifs si tout le monde partait à 62 ans, car il y aurait alors trop de retraités et pas assez de cotisants.

Notre pyramide des âges impose que l’âge moyen de départ soit d’environ 64 ans, et c’est donc cet âge pivot de 64 ans qui a été choisi pour imposer des décotes en cas de départ antérieur et offrir des surcotes en cas de travail prolongé.

Rappelons que les Allemands sont en train de passer à 67 ans et que le Japon débat du passage de 65 à 70 ans (The Economist du 6 juillet 2019) !

Ce régime fonctionnera « par points », 10 euros cotisés donnant droit à un point. La base des 6 derniers mois de salaire pour les fonctionnaires ou des 25 meilleures années pour le privé va donc disparaître.

À mon avis, ce projet est globalement très positif, malgré son côté trop purement financier. Mais il sera difficile à appliquer, car cette unification génère forcément des perdants. Et consoler ces derniers par des avantages forcément coûteux ruinerait l’économie de la réforme.

Les indépendants posent un problème particulier, puisque leurs revenus sont un peu l’équivalent du salaire « économique » (c’est-à-dire charges sociales patronales et salariales comprises) et le grand public se perd dans des comparaisons qui ne sont jamais parfaites. La réflexion à leur sujet n’est pas terminée.

L’équilibre financier des retraites, c’est bien, mais…

Pourquoi cette réserve : « globalement très positif malgré son côté purement financier » ? Parce que l’on raisonne sur la base de cotisants et de pensionnés pour déterminer le montant des pensions. C’est tout à fait logique, mais l’argent ne résout pas tous les problèmes des retraités.

Ce qui compte, c’est que la société puisse leur offrir des prestations de santé et de la vie quotidienne. Peu importe le montant de la pension si on ne trouve pas d’infirmières, d’aides-soignantes, de boulangers et… de réparateur pour l’ascenseur.

Pour cela, il faut qu’il y ait d’une part suffisamment d’adultes actifs dans la société pour offrir tous les services nécessaires (ce qui nous ramène au nombre d’enfants par famille ou à l’immigration) et d’autre part que ces actifs soient en nombre suffisant dans les métiers particulièrement nécessaires pour les retraités.

Dans ce qui suit j’emploierai pour cela le terme de « ressources humaines ».

Un louable souci pour les ressources humaines

Le programme gouvernemental représente un progrès dans ce domaine :

  • d’abord par l’apparition de cet âge pivot de 64 ans qui mettra davantage d’adultes en face de moins de retraités et qui pourrait d’ailleurs être revu régulièrement de façon à maintenir le régime à l’équilibre. Une objection fréquente est que le recul de l’âge de la retraite ne fera qu’augmenter le chômage déjà élevé des seniors. En fait il semble que ce soit plutôt l’inverse : à partir d’environ 58 ans, un probable départ à 62 ans coupe par exemple toute motivation de l’employeur comme de l’employé à une formation qualifiante, voire à une promotion opérationnelle. À l’étranger, où les retraites sont plus tardives, les 60-64 ans sont beaucoup moins souvent au chômage qu’en France
  • par les mesures en faveur des « aidants », car il est beaucoup plus agréable pour un retraité affaibli de pouvoir rester chez lui, c’est également beaucoup moins coûteux pour la collectivité et économise un personnel précieux,
  • par un avantage prévu pour les parents (majoration de 5 % du point et peut-être des points gratuits…), pour la mère « par défaut », de façon à soutenir la natalité et avoir suffisamment d’adultes dans l’avenir. Il faut en effet éviter les catastrophes comme celle du Japon ou de la Chine après 40 ans d’obligation de l’enfant unique. Aujourd’hui cet enfant a la charge de ses deux parents (la retraite est précoce dans ce pays), de ses quatre grands-parents et de un ou deux arrière-grands-parents (tout cela à multiplier par deux s’il s’agit d’un couple, alors que la femme a ses propres contraintes en plus de son travail).
  • dans le même esprit d’augmentation des « ressources humaines », le cumul emploi-retraite sera rendu plus attractif, et permettra notamment d’accumuler des points supplémentaires.

Certains espèrent trouver ces « ressources humaines » dans l’immigration. C’est déjà largement le cas pour les nounous et le personnel de santé, médecins compris. Mais les autres pays riches nous concurrencent sur ce marché du personnel de santé.

Il est dommage que ces mesures très positives soient présentées uniquement comme nécessaires à l’équilibre financier ou comme des mesures sociales (la compensation d’une inégalité envers les mères).

Cette présentation masque la nécessité de la présence physique d’individus concrets.

Qu’est-ce qu’un privilège ?

« Privilège » est un mot maudit en France et mon article « La retraite, droit ou privilège ? » m’a valu de vives réactions, positives comme négatives.

Rappelons qu’un privilège est étymologiquement « une loi privée », c’est-à-dire visant positivement un groupe et non l’ensemble des citoyens. Les plus connus en France sont ceux de l’ancien régime dont bénéficiaient les nobles et le clergé.

Cette connotation négative explique que ceux qui en bénéficient cherchent un autre terme, par exemple « avantage acquis ». Mot à mot ce n’est pas très différent, le privilège étant accordé par une loi et l’avantage acquis par une discussion sociale suivie d’un contrat, souvent entérinée par une loi.

Les deux ont une valeur juridique incontestable, mais toute loi peut évoluer, surtout si elle est rejetée par la grande majorité de la population. Or c’est probablement le cas pour les régimes des fonctionnaires et plus particulièrement pour ceux des régimes spéciaux.

La Cour des comptes vient d’en faire le bilan :

  • les avantages les plus connus et les plus coûteux sont les départs précoces à la retraite, 5 à 7 ans plus tôt
  • s’y ajoutent des pensions plus élevées malgré des cotisations plus faibles
  • des avantages financiers très divers, comme la quasi gratuité des transports pour les familles d’employés de la SNCF
  • le tout financé directement par l’État c’est-à-dire par les impôts ou la dette.

Au total 5,5 milliards d’euros qui peuvent s’analyser comme un transfert des cotisants du privé vers les retraités du public.

Il y aura probablement de très fortes oppositions à cet alignement très progressif vers l’âge de départ général de 62 ans, même si de nombreuses exceptions sont prévues en cas de pénibilité, pour les policiers par exemple.

Le cas des 14 %

Depuis quelques mois, les articles se multiplient sur le thème suivant : « actuellement 14 % du PIB français est utilisé pour le paiement des pensions. Or il y aura davantage de retraités, et si l’on maintient ce taux de 14 %, cela veut dire que les pensions vont baisser ».

Ce raisonnement est curieux, car ces 14 % se dilatent parallèlement à l’économie et parce que l’objectif des 64 ans va justement diminuer le nombre de retraités. Enfin augmenter ce chiffre voudrait dire que l’on fait cotiser davantage les actifs, ce qui n’est pas forcément équitable.

Publicité mensongère sur la capitalisation

Nous avons vu que la proportion d’actifs cotisants et de retraités bénéficiaires oblige soit à baisser les pensions, ce qui est exclu, soit à partir plus tard. C’est ce que l’on appelle la contrainte démographique.

Les milieux financiers lancent donc une offensive en faveur de la retraite par capitalisation (épargner pour la retraite), ce qui est évidemment dans leur intérêt professionnel, puisqu’ils auraient à gérer l’argent ainsi épargné.

Je n’ai rien contre le principe de la retraite par capitalisation qui est une formule responsabilisante et pouvant financer des investissements utiles.

Mais je suis opposé à l’argument selon lequel cela permet de « préserver la retraite des évolutions démographiques », comme exposé par François de Saint-Pierre président du Cercle Jean-Baptiste Say et associé-gérant chez Lazard Frères dans Les Échos du 2 mai : en effet, les entités qui vous rendront l’argent (et en principe davantage) quelques décennies plus tard auront, comme la répartition, besoin de suffisamment d’actifs pour fonctionner.

C’était le sens de mon précédent article : Retraites : les fonds de pension ne règlent pas la question démographique

À ce propos, on tombe parfois dans la publicité mensongère, comme dans un article publié par Les Échos relatant qu’un placement à 5 % permettait une retraite égale à celle générée par une cotisation de 10 % dans le système par répartition. À la même erreur concernant la démographie s’ajoute qu’un rendement réel de 5 % n’a jamais été constaté dans la durée, ne serait-ce que parce que les PIB augmentent moins vite.

En conclusion, le programme gouvernemental apporte des améliorations importantes au système actuel, mais aura beaucoup de mal à être accepté. Une coalition des perdants est à prévoir, et a jusqu’à présent réussi à bloquer toute transformation du système.

Et tous ces raisonnements financiers échappent en partie au grand public à qui il serait plus simple d’expliquer que, si l’on ne fait rien, un vieillard de 90 ans bloqué au 10e étage par une panne d’ascenseur se verra répondre : « Désolé, mes techniciens sont partis à la retraite ! »

Sur le web

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  • reste quand meme une inconnue , celle des cotisations des fonctionnaires.. il y a un loup
    En effet un salarié du privé cotise mais son employeur aussi ( 40 et 60%)
    en ce qui concerne les emplois publics , l’employeur ne cotise pas..
    seul le salarié cotise .. et donc ses cotisations aujourd’hui ne couvrent que 40% de montant de sa retraite.. elle reste est directement payé par le budget général c’est a dire l’impôt.

    vous allez me dire , oui mais de toute façon les fonctionnaires sont intégralement payes par l’impôt.. certes mais pas par ceux qui les embauchent..pas au meme moment..
    quand François Hollande embauche 20 000 fonctionnaires et assimilés..en 2017 çà lui est facile car leur retraites seront financées par les contribuables de 2060…

    et çà çà n’a pas l’air de les gêner beaucoup

    Les français n’aiment pas les injustices mais adorent les privilèges

    • Vous vous trompez de problème. Qu’un salarié soit fonctionnaire ou dans le secteur marchand, ce qui compte c’est ce qu’il coute à l’employeur et ce qu’il fournit en échange. Dans ce qu’il coute il y a le salaire direct et les charges patronales dans un cas, ce qui lui est payé sur une ligne budgétaire ou une autre dans l’autre cas. Peu importe que les retraites publiques soient versées directement à partir du budget ou qu’elles transitent par une caisse intermédiaire.
      Enfin s’agissant des fonctionnaires il est vrai que leur ratio retraite/activité est plus favorable que la moyenne mais c’est au prix d’un salaire d’activité particulièrement faible (exemple les enseignants). Ils le savent mais beaucoup ont préféré cela. Est d’ailleurs si important puisque si l’on fait un bilan global ce qui compte c’est le ratio production pendant la période d’activité versus somme des revenus d’activité et de retraite.
      Le vrai problème des fonctionnaires c’est qu’il y en a trop dans certains secteurs et que l’on tolère par là même une productivité assez faible et leur affectation à des taches qui pourraient être modernisées et simplifiée (ex la numérisation) quand elles ne sont pas purement et simplement laissées au secteur marchand.

      • Selon l’Insee, le salaire moyen net de la fonction publique est de 2280 euros par mois, tandis que le salaire moyen net de l’ensemble des Français est de 2250 euros par mois. Le « salaire d’activité » des fonctionnaires n’est pas inférieur (et ils le savent).

        Au fait, c’est quoi, un salaire d’inactivité ?

        • Il faut comparer des emplois exigeant une même qualité de formation. Les emplois fonctionnaires à bas niveau sont sans doute un peu favorisés (ce qui relève manifestement du clientélisme). Il n’en est certainement pas de même pour les emplois de niveau ingénieur ou cadre supérieur.

      • Au contraire c’est là tout le problème.
        Cela permet aux politiques qui embauchent des fonctionnaires à tour de bras de n’assumer que les salaires ( et encore incomplet puisque les charges salariales ne sont pas réellement payés)… et de laisser aux suivant la charges intégrale des pensions de retraites.

      • non car ce ne se fait pas a la meme periode

    • 100% des cotisations des fonctionnaires sont payées par l’impôt. Les fonctionnaires ne déboursent pas un seul centime de cotisation puisqu’ils sont financés par l’impôt, impôt entièrement payé par les producteurs de richesses.

      • la pension d’un fonctionnaire n’est que la poursuite de son traitement.

      • vous n’avez pas saisi la nuance

        • Vous avez écrit « en ce qui concerne les emplois publics… seul le salarié cotise ». Ce point était faux et a été rétabli.

          Le reste du message n’est pas discuté. En suivant votre logique, on se demande ce qui a retenu Hollande d’embaucher 3 millions de fonctionnaires. De toute façon, qu’ils soient chômeurs ou fonctionnaires est indifférent, tous sont financés par les mêmes impôts prélevés de force sur les véritables producteurs de richesses.

  • Les retraites sont le premier poste de dépense de l’état , plus d’ un quart du budget. La situation est absurde, l’ état ne trouve pas d’ argent pour embaucher des bras dans les maisons de retraite mais en trouve toujours pour payer les jeunes retraités. Le modèle social français est corporatiste, opaque et inéquitable, 42 régimes de retraite avec des differences scandaleuses alors que l’ état est censé promouvoir l’ égalité.

    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/pourquoi-les-retraites-pesent-si-lourd-dans-la-depense-publique-593367

  • Pourquoi ne pas adopter un système de retraite comme il existe chez nous en Suisse ?

    Nous avons d’une part une retraite par répartition où tout le monde, de 18 à 65 ans, cotise en fonction de son revenu, mais où les rentes sont plafonnées. C’est un 1er pilier qui garantit à tous une petite rente (CHF 2’370.00/mois individuelle – CHF 3’555.00/mois pour un couple de retraités).

    Nous avons ensuite un deuxième pilier de retraite par capitalisation. Celui-ci est obligatoire pour tous les salariés de 25 à 65 ans qui gagnent plus de CHF 21’330.00/an. Cette rente n’est pas limitée et elle est personnelle.

    Ces 2 piliers obligatoires sont sensés garantir un revenu de base aux retraités qui correspond à peu près à 60 % du dernier salaire.

    Et il y a également la possibilité de souscrire à un 3 pilier, non obligatoire, afin d’améliorer ses rentes.

    Donc un part obligatoire et solidaire, une seconde obligatoire et personnelle et une troisième non-obligatoire.

    • Effectivement un mix peut être intéressant. Il ne faut cependant pas survendre la capitalisation car ceux qui croient à une rémunération durable du capital (à 5% hors inflation) risquent d’être déçus. L’époque des rendements importants est révolue car à moins d’innovations techniques majeures faisant des appels de capitaux, les capitaux financiers tournent en rond sans trouver de projets vraiment attractifs pour s’investir. C’est cela, encore plus que les politiques délirantes des banques centrales, qui pousse les rendements à la baisse. Seule une économie en forte expansion peut fortement rémunérer le capital (loi de l’offre et de a demande : si l’on s’arrache le capital, sa valeur de marché augmente).
      A noter que la répartition ne pouvant fonctionner qu’avec le renouvellement des générations, on peut se demander si le mix répartition/capitalisation ne devrait pas contenir une plus grande part de capitalisation pour ceux qui ont une descendance insuffisante (la référence pourrait être le couple ayant 4 petits enfants lorsqu’il arrive à l’age de la retraite).

      • Rarement une époque n’aura connu autant d’innovations que la nôtre, ce qui devrait s’accompagner d’une forte croissance. La croissance reste faible malgré tout parce qu’un puissant phénomène contraire est à l’œuvre, à savoir la collectivisation sans cesse croissante des économies développées, sous l’effet de l’inflation des taxes et des réglementations. Comme vous le dites, les politiques délirantes des BC aggravent encore la situation.

        Il ne faut pas oublier également les statistiques truquées qui masquent l’ampleur du mal. Ce sont par exemple les PIB artificiellement augmentés des coûts de certaines administrations publiques, comme si les dépenses publiques étaient une création de richesse alors qu’elles les détruisent. On pourrait également parler des statistiques du chômage ou de l’inflation, mais pour celles-là, ça se passe de commentaire. Les statistiques ont été tellement déformées qu’elles ne parviennent même plus à fournir une explication logique aux contradictions apparentes de la situation, les mauvais économistes se précipitant pour affirmer que les lois économiques sont dépassées. Mais non, le thermomètre est simplement cassé.

        Notre époque a beau être exceptionnellement innovante, elle est également gangrenée par des illusions collectives malfaisantes, quasi religieuses. Comme avec la folie escrologiste, le retour au réel en économie promet d’être brutal.

        • Je ne nie pas qu’il y a des innovations en continu mais la croissance qu’elles devraient générer est mangée par la bureaucratisation galopante de l’état et des entreprises. Je réserverai cependant la qualification « exceptionnellement innovante » aux vrais révolutions industrielles (vapeur, électricité…). La dernière grosse innovation a sans doute été le transistor qui comportait en germe l’informatique, la robotisation, les réseaux et leurs sous-produits. En revanche pas mal d’activités des gafam relèvent d’innovations très mineures voire futiles.

          • L’embonpoint bureaucratique des entreprises ne compte pas car il est sanctionné par la concurrence et éventuellement par la faillite (sous réserve que les BC ne donnent pas de l’argent gratuit aux zombies économiques).

            • Les entreprises sont à égalité et n’ont pas vraiment le choix quand elles doivent toutes mettre en place des services entiers à seule fin de satisfaire le moloch administratif d’état. La concurrence ne règle donc pas le problème et ce sont des moyens gaspillés en pure perte.

      • Entre répartition et capitalisation, le point important est de bien voir que la différence est la manière dont les pensions sont prélevées sur l’économie. Des cotisations suivant des règles définies d’en haut pour la répartition, la production de dividendes et le transfert de propriété vers de nouveaux actionnaires plus jeunes pour la capitalisation. La capitalisation a donc toutes les chances d’être plus efficace et moins stressante pour cette économie.
        A noter que concevoir les deux options comme simplement des manières différentes de faire payer les pensions par l’économie permet aussi de contrer l’argument de la démographie : la bonne marche de l’économie n’est pas favorisée par l’expansion démographique.

      • « ceux qui croient à une rémunération durable du capital (à 5% hors inflation) »
        En principe une pension de retraite devrait consommer ce capital. Même en période de rendement net nul, 5% permet de tenir 20 ans ce qui doit correspondre à l’espérance de survie du nouveau retraité.
        Le problème de notre retraite par répartition est que ce capital n’existe pas puisque la dette correspondante n’est pas provisionnée. On ne sortira pas sans douleur d’un tel schéma de Ponzi même en cultivant des poules pondeuses.

    • Et en plus, le troisième pilier, on peut le placer en fonds LPP 25, 40 75% d’actions, et même si l’état y met son groin, ce n’est pas mal du tout sur le long terme.

  • J’ai rarement été autant en désaccord avec vous ! L’argument de la démographie, qui ignore l’aspect qualitatif de la manière dont les richesses sont générées, me paraît bien spécieux, mais même en l’acceptant, il est incompréhensible que ce soit par une intervention de l’état en faveur de la natalité qu’on doive aborder l’éventuel problème.
    Pour une meilleure retraite, le plus simple n’est pas dans votre système de travailler mieux, il est de s’interrompre pour faire des enfants, dont les coûts et les privilèges vous seront payés par ceux qui plus assidus n’en feront pas !
    Vous pourrez prénommer vos triplés Cinqpourcent, Dixpourcent et Quinzepourcent, allez-y, c’est nus qui payons !

  • Quand on centralise un système au niveau de l’Etat, je pense qu’il n’y a que des perdants…
    De plus, le côté financier comporte quelques mesures comme la surcotisation sans droits pour les salaires élevés (une mesure bien socialiste) et surtout, la probable ponction des réserves des régimes prévoyants.
    Donc, derrière les aspects positifs, que l’on peut reconnaître si les lécontents ne conduisent pas à les réduire quasi à néant (se souvenir de ka réforme de la SNCF), beaucoup de collectivisme.

  • Il y a quand même une bonne nouvelle !
    Le gouvernement a décidé que les prothèses dentaires seront intégralement remboursées aux nécessiteux.
    Cela nous permettra de claquer des dents quand notre retraite ne couvrira plus les frais de chauffage en hiver…

  • « ne serait-ce que parce que les PIB augmentent moins vite »

    Les PIB augmentent moins vite notamment parce que les retraites par répartition détruisent la croissance, comme n’importe quelle activité collectivisée, en appauvrissant l’épargne longue par une consommation immédiate.

    Pour avoir un PIB en forte croissance, il faut mobiliser beaucoup de capitaux. La capitalisation favorise l’accumulation des capitaux et, de ce fait, elle génère un cercle vertueux qui la finance.

    La répartition s’inscrit au contraire dans un cercle vicieux de décroissance qui l’entraîne inéluctablement vers sa faillite. Quels que soient les paramètres de l’équation, les réformes ou les plans de sauvetage désespérés, il n’existe aucune formule magique qui permette d’échapper à la malédiction des institutions collectivisées.

    La question démographique (et migratoire) n’a d’intérêt que dans le cadre d’une gestion collectiviste. L’intérêt de la capitalisation est précisément de passer à une gestion individualisée, sous réserve qu’aucune loi n’impose une dose de répartition (pseudo-capitalisation). Le référentiel n’est alors plus le PIB, mais plutôt le PIB par habitant. Tant que la productivité augmente, il importe peu que le PIB recule ou que la population vieillisse. L’évolution du PIB intéresse surtout l’Etat pour rembourser ses déficits inutiles, pas les individus.

  • Les retraites des fonctionnaires sont supérieure de 20 % a celles des retraites du privé , pluri pensionnés ayant connu quelques épisodes de chômage.
    Va falloir expliquer ça au jardinier du sénat qui touche la prime de nuit, ça va pas être simple.

  • En parlant de privilèges ,on a pu à l’occasion de l’affaire de Rugy savoir au grand jour (même si pour beaucoup ce n’était pas un secret) comment sont dépensés nos impôts par les élus ,mais surtout avoir un aperçu de tout le fonctionnement de l’AN avec un secrétaire général payé 18 000Euros par mois……et logé gratuitement dans un 182,5 m2 !!!!!!!!!!!Ca fait un sacré montant d’impôt pour les 43% qui y sont assujettis pour financer sa retraite !
    Rien ne justifie cela sinon le pillage de l’Etat par une caste bien installée ,qu’en dit Jean-Marc DANIEL grand pourfendeur des rentes notamment pour les professions réglementées,si ce n(est pas une rente cela digne de l’ancien régime,qu’est ce alors?

    • Le problème n’est pas le montant payé, il est que le citoyen n’obtient que des avanies en échange. S’il était garanti que les élus étaient payés strictement au mérite, je me réjouirais de les payer très cher et de bénéficier de leurs mérites exceptionnels.

    • Cette « caste » est si réduite que son train de vie exorbitant ne coûte pas grand-chose au foyer fiscal moyen. Je dirais plutôt tant mieux pour eux si au moins en contrepartie leur immense pouvoir pouvait contribuer à préserver nos libertés qui fondent comme neige en canicule.

  • Ne vous faites pas d’illusion les régimes spéciaux , personne n’y touchera.
    Le véritable but de cette réforme c’est de siphonner en intégralité les réserves des caisses de retraites dites autonomes des libéraux et indépendants qui sont excédentaires pour combler les vides des autres régimes, comme ça au bout du quinquennat ils pourront dire on a équilibré les retraites.
    Et un système de retraite universel où tout sera géré par l’état, je trouve pas ça très libéral.

    • un tel système étant monopolistique (pas de choix, pas de responsabilisation, pas de concurrence), peu de chances que cela fonctionne correctement.

    • on peut ajouter que la spoliation des réserves des caisses bien gérées qui s’annonce, montre que la propriété privée n’est qu’un vœux pieu en France. De fait, un système par capitalisation a peu d’avenir en France.

      D’ailleurs, historiquement, Vichy a mis en place la répartition pour spolier les systèmes par capitalisation qui existaient à l’époque.

  • C’est peut-être bête mais ne serait-il pas plus efficace d’avoir le salaire complet avec comme retraite la capitalisation (totalement libre) et le minimum retraite (qui est déjà payé par la CSG?

    Sinon, que pensez-vous du système singapourien? Comment peut-il être transposable?
    https://www.mom.gov.sg/employment-practices/central-provident-fund/what-is-cpf

  • Le DAX a fait environ 7% en moyenne depuis 2002, à la différence du CAC40. Le NASDAQ, lui, c’est 13%. Et sans les distributions de dividendes. Pourquoi donc pensez-vous que des gens utilisent la bourse si ce n’est rentable ❓

    Selon l’article de monsieur Pinera, les retraites du nouveau système sont déjà de 50 à 100 % supérieures à celles du système de retraite par répartition, suivant qu’elles soient allocations vieillesse, d’invalidité ou au dernier vivant.

    C’est aussi un fait que le taux d’épargne chilien a augmenté jusqu’à 28 % du PNB et le taux de chômage a baissé jusqu’à 5 % depuis que la réforme a été appliquée.

    En fRance, on préfère le chômage, cela fait une bonne clientèle pour le polytocard.

    Allez, un peu de courage, juste un peu, et entrons dans le système chilien.

    • En effet. Il est d’ailleurs très probable que les investissements consécutifs à la capitalisation favorisent eux-mêmes la croissance, enclenchant ainsi un cercle vertueux favorable.

      • Il est d’ailleurs très probable

        Fort probable, par exemple à 99.999%, soit une quasi-certitude vu l’exemple chilien. Et si l’on réfléchit, on doit pouvoir montrer que c’est du 100%.

      • Ce ne sont pas les capitaux qui manquent le plus, ce sont les bons projets capables de rémunérer décemment ces capitaux. Faire survivre des entreprises zombies avec des capitaux créés en excès par les banques centrales ne crée pas de croissance. On le vérifie tous les jours. Pour avoir de la croissance, il faut des entrepreneurs imaginatifs et il ne faut pas les décourager par le harcèlement administratif, par la stigmatisation et par la confiscation de leurs profits. Il est bon aussi que les entreprises zombies périssent au plus vite (si elles ne peuvent plus se financer quasi gratuitement) pour libérer des moyens que d’autres utiliseront mieux.

  • Ca ne changera rien au fait que le privé cotisera deux fois : pour lui et pour les fonctionnaires. Avec la misère au bout.

  • Pour les nombreux partisans de la capitalisation qui postent sur ce site, je suggère le système suivant :
    Un individu qui entre dans la vie active sans avoir encore d’enfants cotise uniquement par capitalisation (par exemple en créant une sorte de PEA déplafonné et non taxé contrairement à l’actuel PEA). A son premier enfant, la moitié du contenu de cette épargne est versée dans une caisse par répartition et il cotise alors à moitié pour la répartition et à moitié pour la capitalisation. Au deuxième enfant, le reliquat de son compte d’épargne est versé au régime par répartition et il bascule complètement sur celui-ci.
    La raison du système est bien entendu que les régimes par répartition supposent le renouvellement au moins à l’identique des générations. Celui qui ne peut pas compter sur ses descendants ne devra compter que sur lui-même.
    Un tel système mixte me semble bien préférable à une capitalisation intégrale qui n’est pas viable dans un monde où l’on passe plus de 20 ans à la retraite alors que le capital disponible ne représente que quelques années de production. Une entreprise ne se vend guère plus cher que 2 à 3 ans de valeur ajoutée qu’elle produit. Penser que les actions vont continuer à monter avec une production n’augmentant quasiment pas est une erreur car si le prix de vente d’une entreprise atteignait des montants délirants, il serait bien plus intéressant d’en créer une similaire à partir de zéro.

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Par Nicolas Marques. Un article de l’Institut économique Molinari

Comment se comparent les rendements de la répartition et de la capitalisation ?

Pour répondre à cette question, le concept de taxation « pure » ou « implicite » est utile. Il repose sur une comparaison entre le rendement de la répartition et celui de la capitalisation.

À prestation égale, la capitalisation permet au futur retraité de cotiser moins qu’en répartition pure puisque les versements produiront des intérêts permettant de bonifier les retraites.

... Poursuivre la lecture

Candidat déclaré depuis peu, Emmanuel Macron a commencé à divulguer son programme en vue d’un second mandat présidentiel. Au menu, une réforme des retraites qui passerait par le recul de l’âge légal de 62 à 65 ans. Interrogé à ce sujet dans Marianne, l’économiste atterré Henri Sterdyniak a expliqué que ce projet revenait ni plus ni moins à « faire payer le quoi qu’il en coûte aux travailleurs ».

Disons qu’il n’a pas complètement tort.

Oh, bien sûr, la formulation « faire payer aux travailleurs », lourde d’indignation, renvoie i... Poursuivre la lecture

Évidemment, en France, ce titre risque d'être considéré comme une provocation. C’est un peu comme si on ouvrait un parapluie à l’intérieur d'un logement, ou si on proférait des injures à l’égard d’un défunt dans la chambre mortuaire.

La répartition est injuste

Aussi, dois-je m’efforcer de présenter immédiatement, non pas les excuses que certains lecteurs attendent peut-être, mais des arguments sur ce que j’avance.

Les voici :

Le système de retraite par répartition consiste à payer les retraites des pensionnés en prélevant... Poursuivre la lecture

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