1er mai : la convergence des luttes n’a pas eu lieu

Le défilé du 1 mai qui se voulait une démonstration de force et la concrétisation de la convergence des luttes a surtout été un flop monumental pour la gauche et les syndicats.

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Philippe Martinez-PASCALVAN(CC BY-SA 2.0)

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1er mai : la convergence des luttes n’a pas eu lieu

Publié le 3 mai 2019
- A +

Par Olivier Maurice.

Ni l’apocalypse annoncée par les groupuscules d’extrême-gauche, ni le chaos redouté par le gouvernement, ni le raz-de-marée populaire appelé par les syndicats, ni la convergence des luttes prophétisée par la gauche n’ont eu lieu ce 1er mai.

Les chiffres de la mobilisation sont à peine plus hauts que ceux de l’année dernière : entre 164 500 et 310 000 personnes dans les rues, contre 143 500 à 210 000 en 2018 mais restent bien loin du 18 novembre 2018 où les seuls chiffres du ministère de l’Intérieur faisaient état de 282 000 Gilets jaunes bloquant les ronds-points. C’est surtout quatre fois moins qu’il y a 10 ans, le 1 mai 2009, quand les manifestations avaient alors rassemblé entre 465 000 et 1,2 million de personnes.

Du point de vue des violences, même si on déplore encore un certain nombre de  vitrines cassées, d’incendies volontaires, de blessés (24 manifestants et 14 chez les forces de l’ordre) et d’interpellations  (380 dont 250 placées en gardes à vue) on est bien loin des scènes débridées d’insurrection et de pillage que l’on avait commencé à prendre la triste habitude de voir s’étaler sur les chaînes d’information en continu.

Inutile donc de s’appesantir sur un événement dont on a de toute évidence donné bien plus d’ampleur dans les journaux que ce qu’il a eu dans la réalité.

Pas de mobilisation

Sauf que ce n’est pas seulement la mobilisation qui a brillé par son absence, ce sont également les leaders syndicaux et la gauche tout entière qui ont complétement manqué le rendez-vous que tous voulaient historique. Entre Alexis Corbière qui s’indigne des violences policières, Raquel Garrido qui les compare avec la répression des opposants à Nicola Maduro et Jean-Luc Mélenchon qui fustige cette même opposition, la France Insoumise s’étale dans ses contradictions schizophréniques et évite soigneusement de parler du fond ; entre Philipe Martinez qui se perd entre une charge de CRS et un black bloc et qui est obligé d’être exfiltré ; entre Laurent Bergé hué qui décide de jouer cavalier seul ; entre la FSU qui quitte le cortège avant que celui-ci ne s’élance ; entre Philippe Poutou qui fait l’apologie de la violence, entre Benoît Hamon qui insulte publiquement le président de la République et le traite de vieux réac… c’est semble-t-il à qui essayera de se saborder le plus bruyamment.

En regardant les images des défilés, force est de constater qu’il y avait quasiment plus de Gilets jaunes (et de street-medics, de vrais ou faux journalistes, de vrais ou faux passants, de vrais ou faux black blocs) dans les rangs que de brassards de syndicalistes, quasiment plus de drapeaux français et régionaux que les habituels marteaux, faucilles et autres étendards révolutionnaires. Peut-être avez-vous-même vu cette image hallucinante où on pouvait voir côte à côte une bannière à l’effigie du Che et le drapeau picard qui mêle lions flamands et fleurs de lys ?

Le flop de la convergence des luttes

Il arrive aussi qu’un non-événement soit en lui-même un événement.

La convergence des luttes n’aura pas lieu. Le mouvement des Gilets jaunes n’est ni un mouvement collectif ni idéologique. Il ne revendique pas pour davantage de droits, il exprime un ras-le-bol pour trop d’impôts. Il ne fait pas campagne pour imposer une vision de la société, il s’indigne contre le manque de vision de la classe politique. Il ne veut pas généraliser un modèle, il veut se libérer des décisions centralisées. Il ne regroupe pas des salariés dans leur lutte contre le patronat, il rassemble des individus qui veulent une diminution des contraintes qui les accablent. Il ne proclame pas une internationale des travailleurs, il regroupe des individus dont la principale revendication est simplement qu’on leur fiche la paix.

Premier mai 2019 : rien. À part que la police a enfin compris l’efficacité du principe de subsidiarité et qu’à l’arrivée du cortège parisien place d’Italie des gens dansaient sur de la musique techno. Et qu’ils n’étaient pas des syndicalistes.

 

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  • La gauche est KO debout.
    Les résultats aux européennes seront sans appel.
    L. Alliance avec les écologistes leur aura été fatale.
    La Question reste quand macron va t il comprendre que l’écologie va le couler ?

  • Il faisait beau pour ce jour-là. Il y avait tellement mieux à faire que d’aller brailler avec la salle d’attente syndicale du fascisme.

  • C’est tout de même étrange que les télés subventionnées ne nous passent pas en boucle les applaudissements des GJ à Paris quand les syndicalistes sont partis…

  • La marche tous ensemble … La gauche a voulu imiter Macron dans la convergence des projets foireux. Et ils se sont planté eux aussi.

    Avec Macron, on a remplacé l’alternance claire et résolue par le chaos, et même la gauche y participe avec enthousiasme.

  • Je trouve la conclusion de cet article à propos du mouvement des gilets jaunes complètement erronée.
    Voici quelques points en particuliers :

    1/ « Il (le mouvement des Gilets jaunes) ne revendique pas pour davantage de droits, il exprime un ras-le-bol pour trop d’impôts. »
    –> Il y a bien longtemps que cette affirmation est devenue fausse. Cela fait plusieurs mois que leur revendication est devenue : « Plus d’impôts pour les autres pour plus de redistribution pour moi ! ».

    2/ « Il ne veut pas généraliser un modèle, il veut se libérer des décisions centralisées. »
    –> Les gilets jaune ne cessent de se tourner vers l’état pour lui demander de l’aide et de régler tous leurs problèmes. Je n’y vois aucun souhait de liberté.

    3/ « Il ne proclame pas une internationale des travailleurs, il regroupe des individus dont la principale revendication est simplement qu’on leur fiche la paix. »
    –> Encore une fois, je pense que vous vous laissez aveugler par votre attrait pour la liberté et le libéralisme (que je partage).
    Les français, nourris au socialisme dès le biberons, ne revendiquent absolument pas d’avoir plus de liberté. Le mouvement des gilets jaunes ne fait pas exception à la règle. Bien au contraire, ils en redemandent !

    • Vous confondez les manifestants du 17 novembre avec la tentative de récupération par la gauche et le biais médiatique. Si ce que vous dites était vrai, le mouvement serait fini depuis belle lurette.

    • L’auteur parle des premiers GJ, ceux de novembre 2018 et ceux qui sont toujours présents sur des rond-points au fin fond de la province, là où on ne retrouve pas les thuriféraires de la révolution permanente et de la redistribution étatique attirés par la présence de caméras et de journaleux pour relayer complaisamment leur propagande.
      L’auteur ne parle pas des Gilets Rouges qui ont rapidement remplacé les GJ initiaux pour essayer de récupérer le mécontentement pour faire avancer leurs revendications habituelles.

      • Je n’ai pas vu où il dit que son diagnostique ne concerne que le début du mouvement.

        Concernant « ceux qui sont toujours présents sur des rond-points au fin fond de la province », pour y habiter, je vous maintiens que leurs revendications ne sont pas « on veut moins d’impôts » mais que l’état nounou règle leurs problèmes quitte à faire payer d’autres qu’eux.

        • Désolé si ce n’était pas clair, j’ai écrit à de nombreuses reprises du hold up du mouvement, le premier article date je crois de fin novembre.

        • Exact. Où sont donc passés les GJ qui devraient gueuler contre la hausse du prix de l’essence, des clopes, des mutuelles, de l’électricité, de tout plein de produits alimentaires ?

  • Les commentaires sont fermés.

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