Gilets jaunes : au-delà de l’anti-fiscalisme, la solution est libérale

Statue de la liberté (Crédits : benonrtherun, licence Creative Commons)

Bien sûr il faut réduire la pression fiscale, il faut même commencer par cela avant que la colère ne vire au rouge écarlate. Mais l’anti-fiscalisme ne suffit pas, et il convient de rétablir toutes les libertés individuelles bafouées.

Par Olivier Maurice.

Décidément, les médias français sont exactement comme les médias américains : en voie d’Hillarisation. Soit vous êtes une personne normale, calme, raisonnée, vous respectez l’establishment, vous parlez correctement, vous payez vos impôts et vous en êtes fiers. Soit vous êtes un monstre : un populiste, un poujadiste, un affreux extrémiste (de droite ou de gauche), bref un agité du bocal qui raconte n’importe quoi.

La preuve ? Elle est évidente, il suffit d’inviter un Nicolas Dupont-Aignan ou une Jacline Mouraud sur un plateau télé pour que celui ou celle-ci se croient tout de suite investi de la mission divine de parler au nom des gilets jaunes (et donc mathématiquement au nom d’une bonne partie de la population) et qu’ils vous sortent des solutions miracles bien démagogiques.

L’essence est trop taxée ? Yaka rétablir l’ISF. Yaka taxer les navires chinois. Yaka fokon !

J’attends avec impatience les autres solutions à venir : Yaka diminuer le salaire des députés, Yaka sortir de l’euro, Yaka taxer les riches à 100%, Yaka mettre tous les aristos à la lanterne…

Après l’État, le déluge

Combien de fois ai-je pu assister à ce dialogue de sourds : il n’y a de solution sans l’État, la démocratie est le seul barrage contre les extrémismes, les ennemis de l’État sont les ennemis du peuple… Emmanuel Macron a d’ailleurs ajouté récemment  une bonne couche de responsabilité politique et de peur du monstre noir : attention aux récupérations… ne revenons pas aux années 30.

Cette escalade dans l’autisme devient tellement caricaturale qu’elle en serait risible si elle n’était pas si systématique et si irritante.

Cette diarrhée de solutions simplistes, ce manque total de diversité politique qui vous fait choisir entre imposer A pour donner à B ou imposer B pour donner à A, plonge régulièrement les libéraux dans un déprimant constat sans appel : ce pays est complètement foutu ! On voit mal comment pourrait sortir du chapeau une solution dans un pays qui vit dans l’entre-soi du cumul des mandats et dans l’arrosage de services publics gratuits depuis deux cents ans.

La solution libérale

Il serait bon de comprendre ce que tout thérapeute dit à un couple qui se déchire : que ce n’est ni la faute de l’un, ni la faute de l’autre, mais la faute de tous les deux.

La faute de l’État qui traite les citoyens comme des enfants ET la faute des citoyens qui voient en l’État l’alpha et l’oméga de toute chose.

Quand on me demande ce qu’est le libéralisme, je réponds souvent ainsi : c’est considérer que les gens sont des adultes responsables et non des contribuables, des électeurs, des élus, des conscrits, des numéros de sécu…

Il serait temps que ce pays prenne une bonne dose de libéralisme.

La seule et unique solution : la solution libérale

Et cela vaut pour le cartel politico-médiatique : ce samedi, ce sont des gens qui sont dans la rue, pas des bulletins de vote, pas des feuilles d’impôts, pas des fractions du PIB… Mais cela vaut aussi pour les citoyens : la politique ce n’est ni un match de foot entre les bleus et les rouges, ni le concours Lépine des pompes à Shadocks.

Il n’y a simplement et définitivement, absolument aucune autre solution. Les utopistes et les nostalgiques doivent se rendre à l’évidence : ce n’est ni en rêvant d’un futur monde parfait plein de gentils citoyens tout beau et tout bronzés et de matins qui chantent, ni en revenant à un passé idéalisé rempli de héros en armures et de princesses en robes longues que l’on réglera les problèmes du présent. Et ces problèmes sont nombreux. La liste ne fait que s’allonger. Il n’est plus temps de rêver ou de faire rêver : il est temps d’agir.

Réduire les impôts, mais pas que…

Bien sûr il faut réduire la pression fiscale, il faut même commencer par cela avant que la colère ne vire au rouge écarlate. Est-ce si compliqué de comprendre que le chômage, le manque de compétitivité des entreprises françaises, le manque d’investissement, l’exil d’une bonne partie de la population provient directement d’une pression fiscale qui engloutit la moitié de la production du pays ?

Il faut réduire le périmètre d’un État devenu le plus obèse au monde, redescendre l’action publique au plus près des gens, là où la collectivité existe concrètement et n’est pas un concept métaphysique.

Il faut surtout rétablir l’État de droit : rendre la justice réellement indépendante et juste avant d’être judiciaire, sortir la police des tâches administratives et de la perception de contraventions, supprimer les kyrielles de privilèges, de passe-droits, de financements et de subventions.

Il faut surtout rétablir les libertés

Oui, rétablir les vraies libertés, celles qui consistent à être maître et responsable de ce que l’on fait. Que l’on soit en charge de responsabilités politiques ou simple citoyen.

Arrêter de fanfaronner sur ces pseudo-libertés sociétales qui pour beaucoup ne sont que des autorisations légales : rétablir les véritables libertés publiques, pas ce droit de faire n’importe quoi en laissant à l’État (et donc aux autres) le soin de gérer les conséquences.

Supprimer enfin tous ces méandres administratifs et ce maquis de réglementations qui sont censés prévenir mais qui ne font que privilégier la connivence et la corruption : rétablir la liberté d’entreprendre.

Beaucoup ont cru voir en Emmanuel Macron l’artisan de ce changement inévitable. En y étant favorable ou en y étant défavorable d’ailleurs. Beaucoup sont déçus. Beaucoup crient aujourd’hui leur colère et leur frustration. Espérons que cette colère aboutisse à autre chose qu’à des mesurettes et des rafistolages et que s’amorce réellement ce virage que tant de gens espèrent et désirent, pour eux et pour leurs enfants.