Fusion PLD-Objectif France : pour défendre les libertés

Rafik Smati (Objectif France) et Aurélien Véron (PLD).

Le Parti libéral-démocrate a fusionné avec Objectif France. Une évolution des libéraux en politique présenté par un de ses artisans. OPINION

Par Yves Bourdillon.

Le Parti Libéral Démocrate et Objectif France ont fusionné mercredi dernier pour constituer la seule formation politique française combinant convictions libérales et fermeté sur le régalien.

L’objectif est de contribuer à la renaissance de notre pays confronté à une grave crise, dont les Gilets jaunes ne sont qu’un des symptômes, et de convaincre nos concitoyens de ne plus désespérer de la politique. Conservant la bannière d’Objectif France, « marque » la mieux installée des deux, ce nouveau parti revendique environ 50 000 adhérents et sympathisants.

Il veut faire entendre une autre musique que celle d’une classe politique n’inspirant plus confiance aux Français, avec comme thème central, selon son président, Rafik Smati, « constance et circonstances » : défense imperturbable des libertés et de la sécurité des personnes et des biens pour contribuer au sursaut le moment venu. OF compte monter en puissance dans le débat public, notamment en présentant des candidats aux municipales dans des villes tests.

Objectif France s’appuie pour cela sur une « table » dont les quatre pieds sont : libéralisme, sécurité, humanisme et exigence.

Réduire le périmètre de l’État glouton

Libéralisme avec la réduction du périmètre d’un État glouton, qui s’occupe de tout, accable les entreprises de taxes et de normes et fausse la concurrence avec subventions clientélistes et capitalisme de connivence. L’urgence est de repenser les services publics monopolistiques et bureaucratisés et de préparer l’économie française à la troisième révolution industrielle en cours, fondée sur le numérique, l’intelligence artificielle, la robotique et les biotechnologies.

Sécurité judiciaire et culturelle : ne plus reculer devant le communautarisme instrumentalisé par l’islam politique et restaurer une justice dont le budget s’avère aujourd’hui inférieur au montant des subventions à la culture. Réinventer le beau projet européen dévoyé en technocratie et fédéralisme à marche forcée.

Humanisme via un nouveau contrat de solidarité sans verser dans l’assistanat pour autant. La France représente un dixième des dépenses sociales de l’humanité pour un résultat médiocre en termes de pauvreté ou d’emploi.

Exigence en matière d’intégrité et de capacité d’écoute des élus, tout comme envers les citoyens et les jeunes, notamment à l’école.

La fusion PLD-OF est partie du constat fin 2018 de la proximité de nos plates-formes et de l’urgence à unir nos forces au vu de l’actuelle crise politique, économique et morale. Certes, le PLD poussait les curseurs plus loin sur le plan sociétal ou de privatisation des services publics et OF mettait plus en avant les questions de respect de l’autorité de l’État ou d’indépendance nationale. Mais nous étions d’accord sur l’essentiel, à un moment critique imposant le rassemblement des gens de bonne volonté, sans rivalités d’ego et lassés de la démagogie, l’inconstance et l’incompétence des principaux partis politiques.

Une nouvelle alternative politique

Cette fusion, validée avec une majorité massive par les AG des deux partis, vise à atteindre une taille critique face à des médias obnubilés par le duel Macron-Le Pen, ou étrangement allergiques au libéralisme, doctrine de Droit et de Morale pourtant aussi française que le camembert et historiquement source de prospérité et cohésion. Il s’agit enfin, souligne son vice-président associé, Aurélien Véron, de « déconstruire le mythe selon lequel l’actuel gouvernement mène une politique libérale », alors qu’en deux ans il n’a pas réduit les dépenses publiques et les impôts les plus élevés de la planète, derrière la Corée du Nord.

Le PLD a été fondé en 2008 par Aurélien Véron avec des cadres issus d’Alternative libérale, Liberté chérie et l’UDF. Classé au centre-droit et associé un temps à l’UDI, il compte une cinquantaine d’élus municipaux. Objectif France a été fondé en 2014 par l’entrepreneur dans le numérique et écrivain Rafik Smati, qui avait soutenu le programme économique de François Fillon à la présidentielle et a été rejoint par des cadres de la campagne de ce dernier. Objectif France nouvelle formule s’appuie sur un réseau départemental et des militants de tout horizon, souvent entrepreneurs mais aussi avocats, ingénieurs, médecins, agriculteurs, ouvriers, militaires, notamment son vice-président, le général Bertrand Soubelet… mais ne compte quasiment pas d’énarques.

Objectif France tiendra une convention à Paris le 18 mai.

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