Petits déjeuners gratuits à l’école : qu’en penserait Milton Friedman ?

A girl's hand holding a chocolate cupcake. By : Marco Verch Professional Photographer and Speaker - CC BY 2.0

Les élections approchent : les mesures de générosité vont donc se multiplier pour acheter vos voix avec votre propre argent. Les mesures gratuites du gouvernement se répercuteront sur vos poches.

Par la rédaction de Contrepoints.


Mardi, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s’est déplacé dans l’Oise pour présenter des « petits-déjeuners gratuits » dans huit académies tests, qui seront ensuite généralisés à l’ensemble du territoire. Les relais médiatiques de l’Élysée ne précisent pas dans leurs gros titres qu’une telle largesse aura quand même un coût, 12 millions d’euros, qui promet d’exploser avec la généralisation de la mesure.

Comme le remarquait ironiquement l’économiste Milton Friedman, « There ain’t no such thing as a free lunch », les repas gratuits1, ça n’existe pas : ceux qui bénéficient des largesses de l’État sont aussi ceux qu’on ponctionne au nom de la solidarité nationale jusqu’à provoquer la colère sociale qui se manifeste sur les ronds-points. La présentation trompeuse d’une telle mesure gouvernementale joue sur l’ignorance économique des Français, et témoigne d’un mal qui ronge le pays consistant à croire que l’argent public est une manne à disposition qui ne coûte rien à personne.

Les Français vont gagner de l’argent grâce au gouvernement !

Malheureusement, cette annonce de « repas gratuits » n’est pas la seule relayée par les médias. Il y a quelques jours, à la suite d’une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) la presse titrait que les Français allaient gagner 850 euros de plus grâce aux récentes mesures prises par le gouvernement.

Là encore, la présentation est trompeuse : les Français ne gagneront pas davantage grâce au gouvernement : la pression fiscale se relâche un peu, suite à la révolte fiscale initiée par les Gilets jaunes des débuts du mouvement social. C’est parce que l’État n’a pas pu tranquillement ponctionner qu’il a dû prendre des mesures en urgence qui mélangent à la fois la baisse de la CSG pour certains retraités, la défiscalisation des heures supplémentaires ou encore l’annulation de la hausse de la taxe carbone.

Mais là encore toutes ces ressources fiscales asséchées — pour l’instant — vont avoir un prix, que les politiques vont sans doute faire peser sur la dette publique déjà énorme. Même alléger la fiscalité a un coût : soit on engraisse la dette, et ce sont nos enfants qui porteront la charge de l’impôt dont on a voulu se débarrasser, soit on réduit la voilure de l’État, solution qu’aucun politicien français ne semble envisager sérieusement.

Avec les élections européennes qui approchent, le gouvernement Macron est en train de se retrouver une vocation sociale, comme l’a rappelé Nathalie Loiseau. Les mesures de générosité vont donc se multiplier pour acheter vos voix avec votre propre argent, et ainsi essayer de faire oublier la politique pitoyablement immobiliste, autoritaire et sécuritaire d’Emmanuel Macron. C’est un tour de passe-passe politique éculé qui malheureusement continue de fonctionner à merveille en France. Il faudra un jour qu’elle guérisse de son romantisme politique.

  1. Les siens sont métaphoriques.
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