Suppression de l’ENA : quand la politique du buzz masque l’immobilisme

L’ENA ne forme qu’une toute petite partie de la haute-fonction publique qui ne constitue elle-même qu’une part infime de l’ensemble des agents dépendant du statut général.

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Suppression de l’ENA : quand la politique du buzz masque l’immobilisme

Publié le 20 avril 2019
- A +

Par Jonathan Frickert.

Initialement destinées à être diffusées lundi soir et reportées du fait de l’effroyable incendie de Notre-Dame, les principales propositions de l’allocution du président de la République ont rapidement fuité dans la presse. Parmi elles se trouve une arlésienne du débat public : la suppression de l’ENA.

Une proposition qui semble relever davantage de l’effet d’annonce qu’autre chose lorsqu’on connaît le manque d’ambition de la réforme de la fonction publique présentée en mars dernier.

Une suppression qui n’en est pas une

Créée en 1945 pour assurer la formation d’une nouvelle élite française, l’École nationale d’administration a rapidement rejoint ces sujets de société dont on parle régulièrement sans jamais voir aboutir une issue. Comme la Sécurité sociale, l’ENA semble faire partie de ces institutions « que le monde entier nous envie » et qui pourtant n’a inspiré aucun autre pays hormis l’Égypte.

Bien avant 1945, l’idée a fait son petit bonhomme de chemin sans jamais voir le jour du fait du risque, aujourd’hui avéré, de corporatisme et parfois même de népotisme. Il faudra attendre les années 1940, avec la tentative vichyste puis communiste et la réforme administrative du vice-président du Conseil et secrétaire général du Parti communiste français Maurice Thorez, pour voir déboucher le premier statut de la fonction publique et la naissance de l’ENA.

Unique en Europe, l’ENA a enfanté depuis 74 ans une large partie des élites politiques et économiques de notre pays.

Comme Jacques Chirac et François Hollande, Emmanuel Macron est lui aussi issu de cette école et s’est donc naturellement entouré d’un certain nombre de représentants de l’énarchie, allant d’Édouard Philippe à Bruno Le Maire en passant par Florence Parly et Nathalie Loiseau qui dirigea l’école de 2012 à 2017.

Aussi entend-on régulièrement parler « d’idéologie » des énarques, associant technocratie et égalitarisme dans ce qui ressemble largement au saint-simonisme encore aujourd’hui présent à travers de nombreux avatars. Georges Pompidou aurait dit, dans ce sens, que l’ENA permettra la « République des ingénieurs » qu’il dénoncera à la fin de sa vie.

Une mentalité technocratique qui innerve nombre de grandes entreprises du fait du phénomène bien connu de pantouflage. Les déboires de sociétés publiques comme privées dirigées par des énarques ne sont plus à rappeler, qu’il s’agisse par exemple d’Air France, du Crédit lyonnais ou de la SNCF. En cela, l’ENA est devenue l’école du capitalisme de connivence.

Cette déchéance amènera rapidement la question de la suppression de cette exception française.

En 2016, Bruno Le Maire le futur chef de Bercy alors candidat à la primaire de la droite et lui-même énarque, proposait la suppression pure et simple de l’établissement.

Depuis l’affaire Benalla, l’actuel chef de l’État semble du même avis, ce qui a rapidement amené une levée de boucliers des deux écoles concernées, puisque l’École nationale de la magistrature serait également touchée.

Les deux écoles se défendent ainsi de tout entre-soi social, mais ne nient en rien l’entre-soi idéologique pourtant bien plus problématique.

Toutefois, comme le rappelle Marianne, l’ENA ne devrait pas être supprimée, mais remplacée sur le modèle de l’École de guerre qui accueille des agents ayant déjà une expérience de terrain.

La question de la formation et du recrutement des hauts-fonctionnaires est toutefois indissociable de l’organisation générale de la fonction publique dont une réforme est en cours tout en étant bien éloignée de la révolution annoncée.

L’intouchable statut

L’ENA ne forme qu’une toute petite partie de la haute fonction publique qui ne constitue elle-même qu’une part infime de l’ensemble des agents dépendant du statut général. C’est bien ce statut qui constitue la clef de voûte de tout un système qu’il est urgent de réformer.

Il est ainsi difficile de ne pas lier l’annonce-choc de la suppression de l’École nationale d’administration et la maigre réforme de la fonction publique présentée le mois dernier.

Une réforme d’autant plus attendue que l’actuelle majorité a été élue sur une promesse de réduction du poids de l’État. Une réduction qui se fait attendre, n’empêchant pas les syndicats d’être vent debout contre un projet jugé comptable.

Le principal intérêt du projet de réforme réside dans la contractualisation : introduction de la rupture conventionnelle qui a déjà fait ses preuves dans le secteur privé et mise en place de contrats de projets sur le modèle des contrats de chantiers.

Mais cet intérêt ne suffit pas à faire oublier la promesse de supprimer 120 000 postes. L’idée était alors de supprimer 50 000 postes dans la fonction publique d’État et 70 000 postes territoriaux. Cette année, seuls 4 500 postes devraient être supprimés, loin de l’ambition affichée.

De la même manière, le projet de réforme de la fonction publique prévoit que les agents garderaient la possibilité de revenir à tout moment dans l’administration, chose qui devrait naturellement arriver lorsqu’on connaît les avantages qu’accorde le statut.

Confirmant ce manque d’ambition, Olivier Dussopt, secrétaire d’État en charge du projet, a rapidement avoué que l’idée n’était pas de supprimer des postes mais de procéder à une simple réorganisation.

En 2019 comme en 1945, la question de la formation et du recrutement des hauts fonctionnaires est donc indissociable d’une vision d’ensemble de ce que signifie être fonctionnaire.

Une question de courage politique

Pour beaucoup, le poids de la fonction publique est le prix de la socialisation prétendument réclamée par les Français. Une idée particulièrement fausse lorsqu’on regarde du côté du Danemark.

Si les lecteurs de Contrepoints savent que le royaume est loin de se conformer au modèle socialiste, le nombre d’agents publics y reste bien supérieur à celui que connaît la France.

Cependant, depuis la grande réforme de 2001, le statut est recentré sur les seules fonctions régaliennes, les recrutements se faisant largement par voie contractuelle au point que les agents statutaires représentent aujourd’hui une part infime de l’ensemble des agents publics, à l’inverse de ce que nous connaissons en France.

Ajoutez à cela la fin de la promotion automatique via la suppression d’un grand nombre de grades et d’échelons et vous aurez un système très efficace et n’empêchant pas les enseignants d’être payés 80 % de plus que leurs homologues français ce qui, même en tenant compte du coût la vie, creuse largement l’écart.

La preuve qu’une réforme de la fonction publique ne demande qu’une chose : un peu de courage politique. Un courage dont se targuait le président de la République, mais qui semble-t-il préfère la république du buzz et des effets d’annonces…

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  • Ce sont des effets d’annonces !!! Occuper l’espace média, presse experts en tout genre pour quel résultat !! un jour il défend l’ENA le lendemain il dit son contraire , cest une girouette !!

  • ce qu’il faut surtout c’est supprimer la collusion haute fonction publique et politique. Un fonctionnaire qui souhaitent effectué un mandat Politique devrait d’abord démissionner (une vraie démission), comme cela se fait dans d’autres pays (pex en Angleterre)

  • a 2.gc , d’accord avec vous pour la démission
    avant de se présenter à une élection… C’est aussi valable pour un député qui se présente à l’élection Européenne ou vice-versa. Prenne pas beaucoup risque , il démissionne que lorsqu’il est élu…

  • le ministre de l’algriculture a dit : le vin ce n’est pas de l’alcool alors pourquoi certains sont bourrés !! le niveau est haut !!

  • le courage politique , ils en manquent tous , sans exception ; raison pour laquelle nous n’avons que des dirigeants bas de gamme ….mais du bas de gamme qui coûte cher à la France ;

  • Je ne suis pas un fan de Macron, loin delà, mais je dois dire que cette annonce est une bonne chose pour notre pays. Si elle est suivi d’effet bien sur !
    Une véritable caste aristocratique s’est développé sur la base des anciens élèves de cette école et leur « entre soi  » est devenu un véritable cancer dans ce pays, la « chasse aux prébendes » de l’état leur étant en grande partie réservée.
    Bien sur cela ne règle en rien les avantages indus et proprement scandaleux que s’est arrogé la haute fonction d’état mais la diversité des origines limitera au moins toutes ces connivences.
    Quand à l’ENM oui il faut la supprimer ca les élèves de cette école sont soumis à un véritable endoctrinement pendant leur cursus et il faut diversifier le recrutement des magistrats. Mais ce qui est vraiment scandaleux c’est que l’on nomme juges des gens de 25 ans, ce qui ne devrait jamais etre autorisé quand on sait le niveau de maturité (c’est à dire d’expérience de la vie) qu’il faut avoir pour émettre un jugement.
    Qui ne se souvient de l’attitude minable de ce juge d’instruction de l’affaire d’Outreau, le juge Burgaud, devant la commission d’enquete parlementaire. Cet homme là un juge ? Là j’ai compris ce qu’était devenu la justice en France, qui demandait à un gamin minable d’instruire une affaire comme celle-là, uniquement parce qu’il avait fait l’ENM. Et ce juge qui a broyé des vies et provoqué la mort par suicide de l’un des accusés a été promu en 2018 conseiller référendaire auprès de la cour de cassation ! Avec les honneurs et les avantages qui vont avec. En réalité, le vrai coupable n’était pas ce juge mais le système judiciaire, c’est dire celles et ceux qui lui ont permis, par leur
    aveuglement ou leur absence de surveillance, voire leur désintérêt du dossier, de persister dans ses erreurs tout le long de son instruction. Et ca c’est la conséquence de l’autre « entre soi », celui de l’ENM !

    • Oui, absolument d’accord, la France ne sait que produire des affaires lamentables genre Outreau et les victimes ne sont indemnisées qu’avec des peaux de bananes, alors qu’aux US elles touchent des millions de $.

    • Totalement d’accord avec vous, ce sont des castes de prébendiers, une nouvelle aristocratie totalement en dehors de la réalité, depuis plusieurs génération, pas étonnant de voir autant de juge rouge… Il n’ont jamais vu un voyou, autrement que dans le prisme déformant d’un roman de Victor Hugo… ils sont en dehors, à coté de la société…

      • Les magistrats en dehors de la réalité et de la société? Mais vous vivez sur quelle planète pour sortir de telles âneries?

        Je vous conseille vivement d’aller faire un tour en audience correctionnelle voire mieux en comparution immédiate (autrement dit en audience pénale). Vous allez voir par vous-même si les magistrats ne sont pas confrontés à la délinquance du quotidien. Je peux vous garantir que les juges et les procureurs en ont vu des voyous et de toutes les espèces. Et ils n’ont pas vraiment la noblesse d’esprit de Jean Valjean.

        Et puis si vous avez le temps, vous ferez un petit détour dans le cabinet d’un juge aux affaires familiales ou d’un juge des enfants confrontés quotidiennement à la complexité de certains milieux familiaux et sociaux, parfois violents, où les parent abdiquent et délaissent certains gamins totalement perdus. Là, effectivement, nous ne sommes pas très loin des Thénardier.

        Et enfin terminez votre journée au tribunal d’instance de votre arrondissement à une audience de surendettement par exemple. Vous y verrez sûrement un juge d’instance face à la situation précaire de certains Français qui ne parviennent plus à s’en sortir bien souvent à cause d’un accident de la vie. Le magistrat tente alors de concilier créanciers et débiteurs. Mais je vous rassure, contrairement à la pauvre Fantine, ces derniers ne vendent ni leurs dents, ni leur cheveux.

        Il y a quelque chose de très social dans ce métier finalement.

        Je ne vous cite là bien sûr que quelques exemples. Mais, voyez-vous, je n’ai ni l’impression (ni votre certitude) que les magistrats vivent en dehors de la société. Je pense plutôt qu’ils se prennent toute la violence du quotidien dans la gueule (si vous me le permettez). Et en sus de tout cela, ils sont confrontés à l’incompréhension des justiciables (qui de toute manière ne sont jamais satisfaits de la décision rendue) et de certains citoyens qui ont la critique facile (pour ne pas dire acerbe) et qui ont un avis sur tout mais qui pourtant n’y connaissent rien.

        On m’a toujours soigneusement appris que lorsqu’on ne maîtrise pas un sujet, soit on prend le temps de se renseigner, soit on ne manque pas de se taire.

        Je vous conseille la dernière option au vu de l’étroitesse d’esprit dont vous semblez faire preuve.

        • Les convictions sur lesquelles ils basent leurs décisions sont certainement en dehors de la société.
          Un exemple très banal, en dehors des vrais « voyous », mais très terre à terre quand même. Le même tribunal, à quelques mois d’intervalle.
          Un père avec enfants, au chômage, en instance de divorce. Il demande la garde des enfants. Le juge la lui refuse. Argumentaire : « vous n’avez pas de revenus stables, vous n’avez pas les moyens de vous occuper des enfants » (la mère, elle, travaille).
          Le deuxième père, il travaille. C’est la mère qui est au chômage. Il demande la garde. Refusé également. Argumentaire : « vous êtes occupé avec votre travail, vous n’aurez pas le temps de vous occuper de vos enfants. »
          C’est ça les juges français d’aujourd’hui. Vous prêchez pour votre paroisse, mais vous prêchez très mal. Vous auriez mieux fait de la fermer.

        • @Ripert
          Bonjour,
          « Et en sus de tout cela, ils sont confrontés à l’incompréhension des justiciables (qui de toute manière ne sont jamais satisfaits de la décision rendue) »
          Quand un juge rend un verdict nul pour un viol parceque l’accusé « n’a pas les codes culturels », et laisse donc cet accusé d’un viol avéré, libre, vous comprendrez la non satisfaction des justiciables.
          J’avoue aussi que je ne comprends pas les peines soldées et en packs promotionels. Exemple : une peine de 7 ans pour 7 séquestrations avec viols.
          Valjean a pris 20 ans de bagne pour un bout de pain. Rien de tout ceci n’est « justice ».

          Comme vous le notez « il y a quelque chose de très social dans ce métier finalement. » et la Justice n’a pas à être sociale : elle doit être judiciaire. Or, les juges, même pénaux, sont plus des médiateurs que des juges.

    • D’accord avec vous. J’ai été stupéfaite quand j’ai découvert par exemple qu’7n officier dirigé des hommes de terrain juste parce qu’il a réussi des études, sans avoir fait de terrain ! Hop, école d’officiers et tu es officiers. Alors que ce devrait être obtenu uniquement sur l’expérience et les états de services.

  • J’aime beaucoup le coté disruptif de la suppression de l’ENA. Puisse cette « étincelle » apporter de la nouveauté dans la haute fonction publique et supprimer beaucoup de morgue ?

  • Macron, c’est de la réforme homéopathique, si ce n’est homéopathétique, micronnesque :mrgreen:

    • Déjà l’homéopathie suscite révolte et émeutes, alors le bon remède de cheval qui remettrait les pendules à l’heure (une injection de libéralisme) ce serait la ruade généralisée, rien que d’y penser.

      • Qui vous dit qu’il faut un bon remède de cheval ❓ Il existe des méthodes avec de la morphine, le patient ne sent rien. Et qu’avaient-ils donc comme obsession avec le 80 km/h, pourquoi pas 60, cela aurait été encore plus efficace, la volée de bois vert avec les normes très dures d’un coup sur les véhicules, la pluie de taxes sur les carburants, et pas que… N’y avait-il pas plus urgent avec le nombre de ponctionnaires ❓ La encore, nuls besoin de mettre 120000 branleurs à la rue du jour au lendemain, mais bloquer les embauches des ces gens là pendant 10 ans, sauf régalien. Et lancer leur reconversion.
        Cela, c’était urgent. Mais non, notre oin-oins du seigneur, Jupiter, à décidé seul qu’il fallait un remède VERT de cheval pour la France. Résultat une jaunisse de ronds-points et de Champs-Elysées.

        Aux clowns tristes à roulettes électriques avec manche à balai dans le dos pour tenir debout, qui gouvernent ou font semblant, choisissez les BONS remèdes.

  • Supprimer l’ena n’est pas supprimer l’enarque ,encore au moins 50 ans a les supporter .d’ailleurs il ne supprime pas il change le nom en vitrine !
    Je met les pieds dans le plat, mais toutes les grandes ecoles creent les memes monstres …seulement l’enarque est le pire d’entre eux a cause de son statut privilegié.

    • Les monstres préexistent. Simplement, leur passage dans certaines filières fait impunément ressortir leur caractère monstrueux, et plus ou moins selon la filière.
      La suppression de l’ENA a peu de chances d’avoir beaucoup d’effet, non pas parce qu’il reste dans la nature tous ceux qui en sont sortis et n’ont pas atteint l’âge de EHPAD ou n’ont pas été reconnus comme tels, mais parce que le problème est ailleurs. Il est dans les « grands corps de l’Etat », ces filières qui permettent d’échapper à la sortie de l’ENA et d’autres à la réalité, et d’entrer directement dans le cercle de ceux qui conseillent et dirigent sans payer ni jamais avoir été contraint.
      La réforme devrait supprimer les grands corps de l’Etat, interdire le remboursement des frais d’études (pantoufle) autrement qu’en cash gagné dans le privé et les emplois publics moins de 10 ans après la sortie de l’école. Là, il n’y aurait plus à craindre que la suppression de l’ENA ne soit qu’un changement cosmétique de dénomination !

      • Vous avez raison, l’hydre a milles têtes !
        Même si on rebaptisait l’ENA ‘école communale de Klapperschlappersheim le Haut’, elle accoucherait des mêmes monstres…
         » Scrap in, scrap out « 

    • « Supprimer l’ena n’est pas supprimer l’enarque » : +1

      « toutes les grandes ecoles creent les memes monstres » : -1

      1- L’ENA n’est pas une grande école, c’est un club à la botte, créé de toutes pièces pour museler les vraies GE dont les diplômés avaient le tort d’avoir trop souvent raison.

      2- Au sens étymologique le monstre est celui qu’on montre parce qu’il est exceptionnel, mais je subodore que ce n’est pas ce que vous vouliez dire. C’est vrai que les GE, qui privent l’université des éléments les plus doués leur confèrent un prestige parfois surfait.
      Quant à supprimer les vraies GE après les avoir déjà bien affaiblies sans rétablir une université sélective, ce serait l’effondrement entropique assuré du peu de structure qui nous reste.

      3- Il existe d’excellents énarques, c’est rare, et de mauvais X-Mines, c’est rare aussi. Il existe même des X-énarques (comment peut-on après l’X supporter de s’immerger dans un tel cloaque?)

    • Supprimer lENA n’est pas supprimer l’arnaque, on est bien d’accord 😉

  • Faute d’être en mesure de faire les véritables reformes , on fabrique de fausses « fuites » , on lance de fausses informations pour tester l’opinion..
    je parie que la vérité va choquer les français.. la mièvrerie des réponses au grand débat risque de provoquer un incendie pire que celui des gilets jaunes..
    une majorité de bric et de broc , rescapés du naufrage socialiste , de centristes mous et de second couteaux ‘opportunistes de droite, sont incapables de pondre quoi que ce soit..
    Des ministres dont l’incompétence le dispute a l’indigence de leur capacité de proposition , font de ce gouvernement une caricature.
    Le tout chapeauté par le play boy de salle des marchés..
    Que voulez vous qu’il sorte de tout cela.. a part la prise de pouvoir du front national , je ne vois pas

  • Effectivement…
    Juste deux remarques :
    1. Nathalie Loiseau n’a pas fait l’ENA mais IEP et INALCO.
    2. L’idée d’un concours type « école de guerre » ne se conçoit que s’il existe « quelque chose avant ». Aujourd’hui, on peut recruter des fonctionnaires par beaucoup de voies. Certains font les IRA après des études « hors-sol » comme tous les IEP et Master 2 bidons. Encore pire, certains sont contractuel(le)s CDIsé(e)s après deux contrats courts sachant que le premier contrat a été souvent signé après un recrutement lui aussi bidon voire par cooptation. Il faut probablement garder une école de haut niveau mais en revoir le mode de sélection puis, effectivement, faire une remise à plat vers 15 ans de carrière par concours interne pour choisir les meilleurs et ceux qui ont fait leurs preuves.

  • Le problème tient davantage au manque de stature morale et d’expérience de terrain des énarques qu’à l’école elle-même.
    Il est probable que sa supprssion va entraîner une autre structure dont l’accès par concours sera remplacé par de la « discrimination positive ». Pas sûr qu’on y gagne…

    • effectivement, le problème n’est pas l’école en elle même, qui est censée former des gens compétents, mais la détestable arrogance des élèves qui en sortent, qui se prennent pour des génies destinés à gouverner le monde, à leur manière, avec un total mépris pour ce qui n’appartient pas à leur petit cercle. Cette annonce de suppression de l’école est un enfumage démagogique.

      • « arrogance des élèves qui en sortent, qui se prennent pour des génies destinés à gouverner le monde »

        Ce n’est pas exactement ce que j’ai cru constater sur l’échantillon dont j’ai eu à connaître.
        Cette arrogance n’est qu’une posture destinée à masquer un énorme complexe vis à vis des ingénieurs aptes à détecter, analyser et parfois résoudre les problèmes. Recrutés sur des critères de comportement et de bavardage, bien des énarques se savent incompétents. Ils ont au mieux appris que quand on ne fait pas le poids face à un concurrent plus agile la seule solution est de lui couper les jambes. Ce n’est pas du mépris, c’est de la trouille!
        Combien reste-t-il d’ingénieurs ou scientifiques dans les ministères ou la haute fonction publique?
        Puisqu’on n’anticipe plus les problèmes à venir, ils explosent et on applique à tort et à travers les recettes mal digérées apprises à l’école au point d’aggraver la situation. Peu importe, on a aussi appris à désigner des boucs émissaires.
        Depuis des décennies il n’y a plus de pilote dans l’avion, mais soyons zen, jusqu’à l’atterrissage tout va bien …

  • Les voies de l’administration sont impénétrables. Il s’agit d’avoir un pédigrée. C’est entre la mafia et la secte. L’ENA ne sert à rien et est en faillite. Nous ne devons rien attendre de mieux d’une élite omnisciente et toute puissante. Ces parasites se refilent les clefs du château et avec, les petites histoires de larves. Les petites magouilles et autres assassinats. Ils peuvent conduire un pays dans le gouffre en toute impunité et sans être inquiété. Pourquoi couperaient ils leurs avantages et leurs privilèges ? Il faut être lucide et raisonnable, cela s’arrêtera uniquement par la contrainte. Pas parce qu’ils l’auront décidé.

    • Notre problème, c’est que 80% des politiciens sont des ÉNArques qui se confortent entre-eux…
      Le fait d’avoir cette école n’est pas spécialement un mal si l’on fait évoluer son enseignement vers les MBA et autres diplômes moins franco-français, que ceux qui en sortent ne s’occupent pas de gérer des entreprises du privé puisqu’ils sont destinés à être des haut-fonctionnaires ; et que nos élus soient aussi des techniciens issus de Mines, Ponts, Polytechnique, HEC, etc. et pas que des pistonnés (de la secte ?) se contentant de conserver les habitudes et de resister à tout changement (.. .et aussi de faire des déficits).

    • MAIS NON, l’ENA ne sert pas à rien, la mafia énarque peut être contre productive et est même capable de bloquer les politiques quand cela l’arrange:
      souvenons nous de la suppression des départements voulue par Sarkozy qui s’est heurtée au lobby énarchique titulaire de la plupart des postes de préfets !

  • Qu’en pense Loiseau ? J’ai cru voir un sourire.

  • L’ENA est certes le symbole de l’Etat centralisé, mais le supprimer ne changera rien, puisque ce dernier lui préexiste. Le véritable conformisme intellectuel se trouve dans l’organisation de l’Etat lui-même, en particulier le pouvoir.

  • Un socialiste ne peur réformer puisque c’est contraire à ses principes collectivistes! Macron est un collectiviste étatiste.

  • Manifestement l’auteur ne voit pas (ou ne veut pas voir) que le diable est dans les détails:
    L’ENA et l’école Nationale de la Magistrature se distinguent par l’extrême reproduction sociale qui s’y déroule, la statistique officielle ne reflète que très partiellement, la reproduction de père en fils ou en fille de la la charge qui se transmet.
    La suppression de l’ensemble du statut ne fera qu’accroitre l’extrême népotisme qui règne dans la petite fonction publique, à chaque nouveau mandat on virera les non pistonnés pour les remplacer par les enfants (et amis) des élus nouvellement arrivés ou élus, en quelques années il ne restera plus qu’un aréopage d’incompétents et des organigrammes calqués sur l’arbre généalogiques des élus…
    La solution passe par une externalisation des missions pour réduire les formats publics, les écoles pourraient être privées mais toucher des financements publics pour chaque élève permettant de garantir la gratuité mais aussi d’optimiser l’usage des moyens…
    Dernier point l’ENA existe aussi au Maroc et en Algérie…

    • Quand le seul critère de sélection reste le népotisme, le niveau des services rendus à la population tend très rapidement à zéro. Je crois que ça serait, dans le contexte actuel, un des meilleurs cadeaux que la caste au pouvoir pourrait nous faire. Cela permettrait une prise de conscience rapide de l’accaparation du pouvoir par cette caste.
      Sinon, bien sûr, réduire le périmètre de l’Etat reste la seule chose sensée à faire…

      • D’accord mais
        « accaparation » sonne bizarre quoiqu’occasionnellement usité.
        « accaparement » plutôt?
        ou alors « appropriation », « monopolisation », « mainmise sur »?

        • Oui, enfin peu importe le terme: accaparation ou appropriation… c’est bien la captation de la chose publique par une caste qui pose problème…

  • Je ne sais pas si vous avez regardé l’Emission-Politique, au cours de laquelle Nathalie Loiseau a présenté sa candidature aux élections européennes; c’était le niveau zéro de la politique. Simpliste, menteuse, généralisant son propos…hors de propos. Rien à proposer que des fadaises! Et il y a des gens qui vont voter pour elle! Et elle a dirigé une école qui est censé former la haute administration de la France (et toutes ses trop nombreuses annexes!). Comment voulez vous qu’un pays qui a de tels dirigeants puissent fonctionner. C’est littéralement impossible.
    Dans ces conditions il me semble évident qu’il faut soit supprimer l’ENA, soit cantonner ses brillants diplômés dans leur tâche administrative; ceci revient à dire effectivement que si l’un d’entre eux sort de son milieu de décadents et de parasites (tout le monde peut se tromper), il ne puisse jamais y retourner. Le « droit au retour » et au salaire à vie est une ineptie digne du mandarinat de la Chine impériale (et on voit ce que ça a donné).

  • Je crois que c’est moins l’ENA qui est vilipendé par Gilets jaunes et autres « recalés des territoires » que le mode de gouvernance à la française, cad technocratique, hyper-jacobin, semi-autistique. Un gouvernement d’experts, persuadés de détenir les clés de la Vérité et de délivrer le Bien par toutes leurs décisions.
    On a vu cela à l’oeuvre dans la tragi-comédie du 80 km/h où, par la conviction d’un seul homme, premier ministre énarque, épaulé par quelques conseillers tout autant outrecuidants, une mesure à l’efficacité très incertaine a été imposée à tout un pays qui n’en voulait pas à 80 % !
    Les mêmes, quelques temps plus tard, en pleine crise des Gilets jaunes, intimeront quasiment l’ordre au Président de ne rien lâcher sur la taxe carbone.
    Une réforme de l’ENA assortie d’un changement de nom pour faire croire à son décès ne suffira pas, et de loin, à vaincre le déficit démocratique dont souffre le pays à cause d’une technocratie imbue d’elle-même…

    • Le Président n’a eu besoin qu’on lui intime quelque « ordre » que ce soit. Il est toujours le premier à avoir des « convictions ». Envers et contre tout, même, et assez souvent d’ailleurs.
      C’est la virée au Puy qui l’a ramené sur terre, il paraît…

  • L’ena est unique en europe comme beaucoup de trucs uniques comme le nombre fonctionnaires sous statut notre ministere de la culture notre volonté de faire toujours mieux que les autres et cela finit toujours mal…on supprime l’ena , formidable, mais on le remplace par autre chose qui sera la huitieme merveille du monde…..

  • Supprimer l’ENA est une mesure réclamée haut et fort par les libéraux depuis 20 ans.
    Si je comprends bien, comme c’est Macron qui l’annonce la mesure devient inintéressante.
    C’est un peu comme les dons des riches. Quand ils ne donnent pas : salauds de riches. Quand ils donnent : salauds de riches.

    • Quand les Libéraux demandent la suppression de l’ENA, ils entendent la fin d’un système. Quand Macron parle de supprimer l’ENA, il entend simplement clouer le bec à ceux qui demandent sa suppression tout en conservant le système.

      • Breaking News:
        Finalement les GJ sont en train de gagner:
        On supprime l’ENA et on ramène l’ISF (Institut Supérieur des Fonctionnaires).
        Humour à la Macron?

  • J’ai beaucoup travaillé avec des énarques dans ma vie professionnelle et je ne saurais dire à quel point je les ai détesté au fil du temps. Jargon infâme dans la moindre note de service qu’il faut commencer par traduire, pour se rendre compte qu’un esprit tordu s’est ingénié à écrire de façon compliquée quelque chose qui aurait pu être résumé en quelques phrases simples. Incompétence totale sur toutes les questions techniques. Irréalisme absolu ou plutôt négation du réel remplacée par une idéologie ultra politiquement correcte matinée de néo marxisme. Ignorance et mépris des coûts d’un projet. Condescendance permanente vis à vis d' »inférieurs » de mon espèce osant, qui plus est, la ramener. Et résultats ultérieurs de leurs réalisations toujours positives grâce à d’habiles manipulations des chiffres.
    A côté de cela, j’ai côtoyé dans le cadre de réalisation de projets des ingénieurs des télécoms, des ingénieurs en informatique, des architectes, bref des gens, qui construisent le monde tous les jours et possèdent de « vrais » savoirs. Et là, immense respect…
    Ces gens m’ont tout à la fois terriblement fascinée et considérablement enrichie intellectuellement par toutes leurs connaissances et leurs capacités à raisonner sur des problèmes concrets et a y apporter des solutions réalistes. Les moments passés avec eux étaient des bouffées d’air frais.
    L’occasion de rappeler qu’au Maroc, depuis une vingtaine d’années, un accent particulier est mis sur le recrutement d’ingénieurs Télécom, BTP, Informatique, Agro, ou d’autres professions scientifiques pour des postes de Préfet ou dans la haute fonction publique. C’est une expérience intéressante.
    Quoi de mieux qu’un ingénieur du BTP comme préfet quand des routes et des infrastructures sont à construire dans une zone à développer ?

    Et si on en finissait un jour avec l’ENA, il faudrait aussi en finir avec l’Ecole de la Magistrature. Dans une démocratie, la justice doit appartenir au peuple, via des représentants élus. C’est ainsi que cela fonctionne aux USA.
    Si on excepte dans ce pays, la problématique bien spécifique d’un taux incompressible de tarés qui régulièrement font un massacre à l’arme à feu, ce qui grève lourdement le chiffre des homicides, la délinquance du quotidien est désormais plus basse aux USA qu’en France, parce que les juges élus appliquent la volonté du peuple qui est de sanctionner sévèrement les délinquants. Et s’ils ne l’appliquent pas, ils dégagent à la prochaine élection.

    • C’est exactement ça, et on voit là la différence entre parler des énarques et des ingénieurs en sachant de quoi on parle, et l’idée abstraite que s’en font ceux qui ne les ont jamais vus qu’à la télé pour les énarques, et jamais vus tout court pour les grands ingénieurs.

    • Sans oublier que nous aussi on a notre lot de tarés depuis quelques temps, qui font des massacres à l’arme à feu dans les salles de concert et les supermarchés…

  • Ils ont le pouvoir , cette gangrène de notre société, ils ne lacheront rien , ils conduisent le pays à sa perte !!

  • supprimer l’ENA sans réformer la fonction publique (statut recrutement…) et réduire au minimum le domaine d’action des pouvoirs publiques n’est qu’un coup de com’ !

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