Quand l’obésité des services publics pénalise notre industrie

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
180 sucka By: niceness - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Quand l’obésité des services publics pénalise notre industrie

Publié le 21 février 2019
- A +

Par Xavier Fontanet.

Lors d’une conférence organisée par Esprit d’entreprise, Philippe d’Ornano, président de Sisley et du METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), a rappelé quelques vérités. Possédées en majorité par des familles, ces entreprises constituent une partie essentielle de notre économie.

Elles sont attachées aux territoires. Portées par des visions de long terme, elles résistent remarquablement aux crises. Philippe d’Ornano a rappelé qu’en 1980 la France et l’Allemagne avaient le même nombre d’ETI. Aujourd’hui, on en dénombre 5 700 chez nous et 11 000, soit près du double, en Allemagne !

3 activités fondamentales

Comment expliquer ce retard qui affecte nos régions ? Nos économies sont faites de service et d’industrie. Il existe trois différences fondamentales entre ces deux types d’activité :

  • les services sont logés dans les métropoles, alors que l’industrie est implantée dans les villes moyennes et les zones rurales ;
  • les services sont légers en capital et la concurrence y est locale ;
  • l’industrie, au contraire, utilise beaucoup de capital et subit une concurrence mondiale car ses produits circulent.

Relativement à celle de nos voisins, l’inflation de notre sphère publique se retrouve, qu’on le veuille ou non, dans le prix de revient. L’écart de coût qui en résulte a un effet nul sur le service, puisque la concurrence est par nature locale. Par contre, il pénalise nos industriels confrontés à des concurrents dont les sphères publiques sont plus légères que la nôtre.

Rajoutons à cette surcharge 20 ans d’ISF, lente hémorragie interne dont les effets se cumulent, empêchant nos entreprises industrielles de croître à la bonne vitesse quand elle ne contraint pas leurs actionnaires à vendre. Une autre raison pour laquelle nos régions souffrent.

Le jour où tout le monde aura compris que les 57 % du PIB que représente la sphère publique (régalienne, sociale et territoriale) et l’ISF ont contribué à la désertification des régions et à la révolte des Gilets jaunes, les choses iront peut-être un peu mieux !

Sur le web

Voir les commentaires (35)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (35)
  • Ni l’Etat, ni les GJ, ni les Français ne comprendront la dernière phrase. CPEF

    • Pourtant, les Français sont toujours prompts à penser qu’un pourcent de plus ici, c’est forcément un pourcent de pris ailleurs. Donc même s’ils comprennent mal la dernière phrase, ils devraient imaginer alors que les 57% de la sphère publique, 10% de trop au moins, se sont construits en pénalisant de 10 points de PIB au moins de prélèvements injustifiés nos entreprises et leurs actionnaires…

      • 57%… ce qui creuse l’écart avec nos voisins, ce sont les retraites, privée mais socialisée. Attention cependant, on peut tout à fait imaginer que ces retraites soient capitalisées, mais ces sommes reviendraient dans la poche des salariés pour capitaliser, ce qui ne changerait en rien le fait que les entreprises soient « pénalisées ».

        • Si cela change tout, les sommes prélevées au titre des retraites seraient INVESTIES en fonds de pension (investissements industriels)
          qui apporteraient des dividendes( retraites) et des emplois!!

        • Là aussi, la capitalisation permet de faire croître les capitaux investis bien au delà du montant des sommes versées. Sur la base d’une croissance mondiale de 3.5% hors inflation ces 40 dernières années, votre capital au bout de 40 ans de cotisation C n’est pas de 40 C, mais de 85 C. Le montant disponible pour payer les retraites, par rapport à l’utilisation immédiate des cotisations, est multiplié par plus de 2 !

  • claude henry de chasne
    21 février 2019 at 7 h 12 min

    Tout le monde sait quel est le probleme..
    Mais c’est l’etat qui decide et l’etat c’est l’administration , et c’est l’administration qui gouverne.. pas les élus..Les 30 dernières années sont là pour le prouver.. quels que soient les élus aucune reforme de l’etat out de la dépense publique.
    Nous ne pourrons donc pas reformer l’etat par consensus, l’administration bouffera les retraités d’abord, puis les propriétaires,puis la classe moyenne.. jusqu’à la révolte..
    Nous ne ferons pas l’économie d’un chaos a la grecque

    •  » Tout le monde sait quel est le problème…  »

      Seulement voila, sans vouloir le reprocher à Tout le monde,
      Il serait bon que Quelqu’un fasse ce que Chacun pourrait faire.
      Mais là où on attend Quelqu’un, on ne trouve généralement Personne.
      😉

    • 100 % d’accord avec Claude Henry, et sa conclusion me semble hélàs la seule réaliste et vraisemblable…

    • On appelle cela l’état de Grèce

    • C’est l’administration qui décide » entièrement d’accord. Les présidents et ministres passent, leurs réformes trépassent, l’administration se prélasse..

    • @Claude Henry de Chasne Le problème n’est pas l’Etat en lui-même mais son instrumentalisation par des haut-fonctionnaires qui ont pris le pouvoir politique. Lâches et arrogants, menteurs. Le moment de vérité arrive.

  • Qui vote les lois et impose des cerfas ? C’est trop facile de dire que c’est la faute de l’administration. L’administration c’est un organe (malade il est vrai) de l’Etat. L’administration est comme en URSS, irresponsable et intouchable car elle se place sous l’autorité de l’Etat. Comme l’Etat lui même est irresponsable et incompétent en toutes choses cela donne une émulation d’incompétences. L’Etat fabricant des choses stupides que l’administration met en application sans réfléchir. Jusqu’au bout de la chaine: nous. Usagés par tant de considération de se retrouver devant des cerfas vierges à compléter comme des grilles de loto. Et l’on perd à chaque fois depuis plus de 40 ans.

    • « L’état fabricant des choses stupides que l’administration met en application sans réfléchir ». Oui et l’administration fait très attention à ne jamais mettre en place les choses qui la dérangent ou la menacent.

  • C est un peu simpliste comme raisonnement. Les services ne sont pas forcement uniquement locaux. C est vrai pour la femme de menage qui va nettoyer les bureaux, on va pas la faire venir du Bangladesh. Par contre certains services peuvent etre parfaitement delocalisé. Ex l informatique (combien de SSII emploie des indiens ?) le marketing ou simplement la prospection commerciale (jamias recu un coup de telephone d une personne appelant de l autre bout du monde pour vous vendre je ne sais quelle anerie ?)

    A l oppose l industrie n est pas forcement a concurrence mondiale : les normes, les gouts des consommateurs ne sont pas les memes partout. Par ex Dodge ne vend quasiment pas de voitures en europe ni fiat aux USA

  • @michel0, non car par beaucoup de gens payent des impôts. C’est le miracle de l’argent gratuit. L’etat utilise la dette pour leurrer. A priori les étrangers s’arrachent la dette Française. Cela devrait continuer donc. L’Europe en fait de même. Par contre ce comportement va se reproduire chez le particulier. Et nous payons les banques pour garder notre argent. C’est dire si il est sale notre pognon.

    • Pourquoi les étrangers s’arrachent-ils la dette française, et pas celle de la Grèce, par exemple ? Simplement parce qu’ils connaissent l’efficacité exceptionnelle de nos services fiscaux, et leur capacité de nous extorquer jusqu’à notre dernier sou. C’est la raison majeure de leur confiance.

      • claude henry de chasne
        21 février 2019 at 11 h 42 min

        çà risque de changer sous peu… si le FN gagne les européennes et macron perd les municipales (ce qui me parait logique) l’oeuil du préteur va se mettre a loucher

    • Les raisons qui font que les étrangers s’arrachent la dette française peuvent très bien disparaître du jour au lendemain, et la France, faute d’arguments rationnels, être incapable de les faire revenir.
      Au lieu d’être appuyée sur une économie forte qui créerait un fort potentiel de remboursement, la dette française doit son succès à :
      – des règles de la régulation prudentielle qui obligent certains acteurs financier à s’en gorger ;
      – son volume élevé qui paradoxalement est un avantage en en garantissant la liquidité ;
      – la garantie européenne parce que « France is too big to fail ».
      Toutefois, ça reste de la cavalerie. Chacun de ceux qui se livrent à la cavalerie fait de son mieux pour que personne ne se rende compte de l’affaire, mais au premier incident, on calcule quelle est la véritable capacité de remboursement. L’incident peut même survenir parce que quelqu’un a fait ce calcul avant les autres : si Warren Buffett, Soros ou autre avait encore 40 ans, la France serait en défaut de paiement « à cause » de l’un d’entre eux.
      Encore une fois, il n’y a qu’une manière de s’en sortir. Il faut cesser de vouloir prendre l’argent là où il est, l’y laisser et le faire fructifier bien fort, et prélever sur les seuls fruits et sans exagérer. Ca commence donc par « le faire fructifier bien fort là où il est », et les gens pourraient facilement le comprendre s’ils avaient gardé le bon sens paysan de nos grands-parents cultivateurs.

    • « A priori les étrangers s’arrachent la dette Française. » C’était vrai mais c’est de moins en moins le cas. La désaffection des étrangers hors UE pour la dette française a été péniblement compensée par la BCE ces dernières années, et c’est finalement la BdF qui se retrouve maintenant à la tête d’une partie importante de la dette de l’Etat obèse.

      Les acheteurs étrangers de la dette française sont principalement des acheteurs de la zone euro qui arbitrent la France sous contrainte, comme un moindre risque pour un rendement encore positif. Le différentiel de taux entre l’Allemagne et la France est en effet de l’ordre de 0,5 à 0,8%. De plus, comme l’Allemagne se désendette, son marché est étroit. L’étroitesse n’est pas vraiment ce qui caractérise la dette française. Ce serait même plutôt l’inverse.

      La désaffection des acheteurs étrangers hors UE est un signe majeur qui ne trompe pas.

  • C’est tout à fait cela. L’Etat obèse avec ses coûts et ses réglementations, étouffe l’économie.
    C’est mal compris en France, pays socialiste, car l’Etat c’est l’intérêt général, donc c’est bien, alors que l’économie c’est le capitalisme, donc c’est mal.

    • claude henry de chasne
      21 février 2019 at 11 h 43 min

      l’etat c’est l’intérêt des fonctionnaires , pas l’intérêt général, l’intérêt général c’est la concurrence

      • Jacques Peter exprime la pensée générale en France, il a raison. Pour le commun des mortels, la concurrence c’est mal.

  • Ne pas oublier :
    – les seuils sociaux, dévastateurs pour la croissance des entreprises
    – le mépris, sinon la haine institutionnelle à l’égard du patrimoine, notamment familial, et son accumulation
    – l’obsession pathologique de l’Etat obèse pour les champions nationaux
    – etc.

  • Le problème est autre:
    -nous continuons d’admirer et d’entretenir ce modèle français inquisiteur et confiscatoire
    -nous continuons de voter pour ces ânes
    -les entrepreneurs ne s’impliquent absolument pas dans la sphère politique (hormis ceux du CAC 4o qui gèrent leurs situations directement avec Bercy)

  • Bravo, c’est parfaitement expliqué. Mais on a la désagréable impression d’avoir en face de soi un état sourd s’il n’est pas muet!

  • Sauf que les français sont trop stupides, ou endoctrinés par le socialisme, pour comprendre. Et que la croissance économique est le seul moyen de vivre mieux.

    • 50% d’abstention démontrent le contraire de la stupidité des Français et l’échec patent de l’endoctrinement socialiste.

      La démocratie représentative a définitivement échoué dans ce pays.

  • « Le jour où tout le monde comprendra… », ce jour ne viendra jamais car beaucoup trop sont nourris au biberon social, ceux à ne comprendront jamais, combien même le pourrait-il ils ne voudront jamais. Qu

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Yves Montenay.

Vous vous souvenez, il y a maintenant environ un an et demi, avant la fin du premier confinement, le plus dur, puis régulièrement depuis j’avais écrit qu’il y aurait une reprise en V et qu’il ne fallait pas s’inquiéter alors que les articles catastrophistes se multipliaient.

Bien sûr mon V a été un peu secoué par les demi-confinements qui ont suivi. Nous abordons maintenant la cinquième vague… Mais, à chaque fois, l’économie est moins secouée, car tant nos gouvernants que les acteurs économiques de base ont ap... Poursuivre la lecture

À l’occasion de la sortie de son livre Les Startups en France, Philippe Englebert le conseiller entreprises d'Emmanuel Macron, s’est entretenu avec Corentin Luce pour dresser un état des lieux de l’écosystème français et expliquer cette transformation profonde de notre société, derrière les anglicismes à profusion et les effets d’annonce.

Diplômé de l’ESCP et de Sciences Po, Philippe Englebert a commencé sa carrière comme banquier d’affaires chez Goldman Sachs. Après une expérience à la Direction générale du Trésor sur le financement d... Poursuivre la lecture

Par Philippe Silberzahn.

Parmi les nombreuses plaies dont souffre notre pays, le mépris du monde de l’entreprise par la clérisie (le corps informel constitué des intellectuels, enseignants, artistes et journalistes qui définissent la pensée dominante) figure en bonne place. Ce mépris prend des formes différentes et a évolué au cours du temps, mais il est l’une des sources de la faiblesse de notre économie.

Deux articles du journal Libération à propos de l’entreprise Doctolib parus récemment l’illustrent parfaitement.

Doct... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles