Quand l’obésité des services publics pénalise notre industrie

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Le jour où tout le monde aura compris que les 57 % du PIB que représente la sphère publique et l’ISF ont contribué à la désertification des régions et à la révolte des Gilets jaunes, les choses iront peut-être un peu mieux !

Par Xavier Fontanet.

Lors d’une conférence organisée par Esprit d’entreprise, Philippe d’Ornano, président de Sisley et du METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), a rappelé quelques vérités. Possédées en majorité par des familles, ces entreprises constituent une partie essentielle de notre économie.

Elles sont attachées aux territoires. Portées par des visions de long terme, elles résistent remarquablement aux crises. Philippe d’Ornano a rappelé qu’en 1980 la France et l’Allemagne avaient le même nombre d’ETI. Aujourd’hui, on en dénombre 5 700 chez nous et 11 000, soit près du double, en Allemagne !

3 activités fondamentales

Comment expliquer ce retard qui affecte nos régions ? Nos économies sont faites de service et d’industrie. Il existe trois différences fondamentales entre ces deux types d’activité :

  • les services sont logés dans les métropoles, alors que l’industrie est implantée dans les villes moyennes et les zones rurales ;
  • les services sont légers en capital et la concurrence y est locale ;
  • l’industrie, au contraire, utilise beaucoup de capital et subit une concurrence mondiale car ses produits circulent.

Relativement à celle de nos voisins, l’inflation de notre sphère publique se retrouve, qu’on le veuille ou non, dans le prix de revient. L’écart de coût qui en résulte a un effet nul sur le service, puisque la concurrence est par nature locale. Par contre, il pénalise nos industriels confrontés à des concurrents dont les sphères publiques sont plus légères que la nôtre.

Rajoutons à cette surcharge 20 ans d’ISF, lente hémorragie interne dont les effets se cumulent, empêchant nos entreprises industrielles de croître à la bonne vitesse quand elle ne contraint pas leurs actionnaires à vendre. Une autre raison pour laquelle nos régions souffrent.

Le jour où tout le monde aura compris que les 57 % du PIB que représente la sphère publique (régalienne, sociale et territoriale) et l’ISF ont contribué à la désertification des régions et à la révolte des Gilets jaunes, les choses iront peut-être un peu mieux !

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