Le système de santé continue de se dégrader

La catastrophe sanitaire n’est pas loin et, comme souvent, ce sont les plus vulnérables qui sont frappés de plein fouet.

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Le système de santé continue de se dégrader

Publié le 21 février 2019
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Par Frédéric Duval.

Aujourd’hui, nous allons aborder un thème que je n’attendais pas vraiment mais qui s’est imposé régulièrement dans vos réponses.

Le délitement du système de santé apparaît comme une inquiétude majeure pour beaucoup d’entre vous, en particulier les seniors et les ruraux.

Mea culpa, si je n’y ai pas pensé au départ, c’est par pur égoïsme. En fait, j’ai une chance inouïe car je ne vais quasiment jamais chez le médecin. Je suis donc en quelque sorte déconnecté de cette problématique et vos retours ont donc été salvateurs.

Un grand MERCI !

Le sujet du jour sera donc la santé et je compte comme toujours sur vos commentaires avertis pour faire avancer le débat.

Les déserts médicaux s’étendent

Nous vivons une véritable pénurie de médecins généralistes. En 10 ans leur nombre a baissé de 9,1 % sur l’ensemble du territoire français.

Pourtant, la population augmente ! Et ceux qui en souffrent le plus sont les ruraux… et les seniors. Toujours cette règle lancinante : plus on est loin des lieux de pouvoirs, plus on subit.

Une cartographie des déserts médicaux a été dressée et le résultat est inquiétant. Les Français doivent en moyenne parcourir 5,1 km pour consulter un médecin… contre 4,3 km en 2005.

93 départements sur les 101 que compte la France enregistrent de fortes baisses du nombre de généralistes.

Et ça ne va pas en s’arrangeant

Les médecins généralistes sont, en moyenne, plus proches de la retraite que du début de carrière. Selon les prévisions de l’Ordre des médecins, nous perdrons un quart des généralistes d’ici 2025 ! On observe un effet inverse pour les spécialistes à leur compte qui suscitent de nombreuses vocations (serait-ce lié à un meilleur salaire ?).

La catastrophe sanitaire n’est pas loin et, comme souvent, ce sont les plus vulnérables qui sont frappés de plein fouet.

L’erreur des années 1970

Cette pénurie a en quelque sorte été organisée par un centre qui ne se soucie que peu de sa périphérie. Durant les années 1970, il fallait réduire les dépenses de santé.

Quelle fut la solution « baguette magique » proposée par un gouvernement qui n’avait visiblement que peu de notions d’économie ? Le numerus clausus, un cas typique de mauvais calcul économique et de planisme aux conséquences douloureuses et très longues à réparer.

Cette mesure limite le nombre de médecins généralistes formés. Qui dit moins de médecins, dit moins de salaires, donc de dépenses… Logique ! Sauf que la réalité a cette sale habitude d’être toujours plus complexe qu’on ne le voudrait.

Les premiers médecins à disparaître furent donc ceux des zones les moins attractives. Alors qu’à l’inverse, les régions dynamiques, proches de la mer et du soleil ou des grandes villes ont pléthore de choix.

Les généralistes ne sont pas les seuls affectés

Certaines spécialités sont également en extrême pénurie, c’est le cas de l’ophtalmologie. Dans certaines régions, les patients doivent réserver jusqu’à une année à l’avance, quand ils ne font pas le pied de grue à 5 h du matin pour espérer une visite urgente sans rendez-vous.

Le problème est identique pour les IRM.  Des disparités frappantes existent entre les régions. Si en Île-de-France le délai d’attente est de moins de 20 jours, un Breton doit attendre près de deux mois… un temps précieux pour un dépistage du cancer ou pour les maladies cardiaques.

La régression est globale.

Je citerai simplement 2 exemples clés à mes yeux.

La pressurisation des hôpitaux publics

Les budgets pour la Sécurité sociale visent à combler le déficit au prix de lourds sacrifices. Le ministère impose la baisse des remboursements mais en parallèle il pousse à l’augmentation de l’ambulatoire, ce qui revient à faire baisser le prix et le volume. Les conséquences de cette recherche de rentabilité sont infernales pour un secteur déjà chauffé à blanc.

Au-delà même des conditions de traitement de patients devenus des clients un indicateur morbide a retenu mon attention :  le taux de suicide des soignants est 3 fois supérieur à la moyenne nationale, elle-même particulièrement élevée en Europe.

La baisse des remboursements de la Sécu et l’augmentation des tarifs des mutuelles

Olivier Pericchi, courtier en assurance santé, confie :

« Pour une opération de la vésicule facturée 3 300 euros dans le secteur privé, il reste 1 400 euros (près de la moitié !) à la charge de l’assuré, alors que ce dernier était totalement remboursé hier. »

On observe un bond de 102 % du reste à charge à l’hôpital et de 130 % chez les spécialistes en un an à peine. La conséquence est tragique : certains patients attendent ou refusent carrément de se faire opérer, faute de moyen, en France, en 2018, dans un pays qui se targue d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde…

Nos seniors ne sont plus pris en charge alors que les chefs d’État du monde entier viennent complaisamment se faire soigner chez nous (Bouteflika, Idriss Déby, Noriega…) !

Un fossé ville/campagne et riches/pauvres

80 % des médecins formés sont des citadins issus de familles plutôt favorisées. Ils ne veulent travailler ni à la campagne, ni dans les milieux sensibles.

Ce fossé ville/campagne est redoublé par le fossé aisés/défavorisés : à 35 ans, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 7 ans à celle d’un cadre. L’accès aux soins des foyers modestes est moindre, suite notamment à la réforme Touraine. Ils consultent moins souvent les généralistes, encore moins les spécialistes, et sont moins nombreux à recourir au dépistage et à la prévention.

Encore une fois, c’est une France à deux vitesses qui se dessine

D’un côté, des urbains riches et bien formés ayant accès à tout : éducation, emplois, structures de santé, etc. De l’autre, les perdants de la mondialisation et de la législation qui sont encore et toujours les dindons de la farce.

C’est à mon avis la fracture la plus importante qui se dessine aujourd’hui en France mais aussi ailleurs.

L’élection de Donald Trump, le Brexit ou l’arrivée au pouvoir de partis populistes en Italie ont un point commun. Ils sont provoqués par le mécontentement compréhensible de ceux qui se sentent laissés sur le bas-côté par la modernité : campagnards, retraités, habitants de zones défavorisées, ouvriers, chômeurs… etc.

Ils ne savent plus vers qui se tourner et espèrent l’arrivée d’un hypothétique sauveur. Des sauveurs, qui comme souvent, ne se révèlent être que des marchands de rêves.

Leurs résultats se feront probablement attendre encore longtemps…

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  • I faudrait privatiser tout ce bousin! et faire payer le patient ou ses assurances.. il n’y a pas d’autre issue
    mais qui osera le faire?

    • Ce sera donc plus cher pour les laissés sur le bas-côté.

      • Bonjour Parcoureur
        Oui et non.
        La santé est un marché comme un autre. On l’a vu avec le transport aérien, il y a 40 ans, c’était verrouillé.. parce que sinon la sécurité n’aurait pas été préservé qui disaient.
        En fait, des solutions low costs sont apparues, Air France mis en concurrence et la sécurité améliorée.
        Pareil pour la santé, car faut-il bac+10 pour prendre une TA ou prescrire des lunettes? Les pilotes ont bac+2 pour certains (cadet AF).
        Libérez le marché; le prix des lunettes s’effondre, les bastions soviétiques des CHU disparaissent, les hospitalisations publiques coutant 2 à 4 fois plus cher que les cliniques, libérez les médicaments qui ne coutent au final pas grand chose. En un mot, gardez le personnel vraiment utile, et vous verrez le service s’améliorer et devenir très accessible (comme le transport aérien).
        Pour les indigents un fond de solidarité suffit pour leur payer des soins, fond payé par une taxe sur les assurances privées.
        N’ayez pas peur.

        • Le marché au USA est libre, le cout de la santé n’est pourtant pas plus bas qu’en France, au contraire, au USA ce sont les avocats qui dirigent et ils sont plus gourmands (et nombreux) que les énarques

          • Bonjour garfield44
            Le marché n’est pas libre au USA. Les médecins ont le monopole de la santé à travers le contrôle des faculté de médecine et le lobby AMA. Pour s’inscrire en fac de médecine il faut BAC+4 (undergraduate).
            Les études coutent cheres, et les procès, il est vrai, sont couteux.
            Plus une population est riche, plus elle dépense pour sa santé, USA Suède Suisse. La question est de savoir si ce sont des dépenses contraintes ou volontaires. Sans doute un peu des deux.

          • Et si vous regardez l’evolution du nbre de passagers avion en France, on est passé de 9M à 68 Millions de 1970 en 2017. le chiffres d’affaire a aussi augmenté en proportion le budget transport a augmenté, passant de 10% à 15%, le budget avion est devenu plus important que le train depuis 1983.
            Donc on peut avoir du low-cost ET une augmentation des dépenses, ce n’est pas contradictoire, c’est même logique.

      • raison de plus pour se bouger le cul

      • Plus cher je ne sais pas mais au moins au juste prix, la sécu maintient les honoraires médicaux au plus bas de tous les pays européens.

    • Privatiser en france un truc qui fonctionne a l’aide de copains et de coquins ? Surtout pas , on voit ce qu’il se passe avec les mutuelles , cela ne pourrait être que pire,pas au niveau du prix, le français ne pourraient pas payer mais des prestations !

    • mais vous êtes fou?? comment on va faire pour soigner tous les migrants et autres immigrés venant en France? plus personne pour payer à leur place via la CMU, l’idéologie socialiste va faire la moue avec vos idées libérales..^^

  • Interessant article, mais il n’identifie pas toutes les causes de la désertification médicale.
    Certe, le numérus clausus a été dramatique pour la démographie médicale, mais le tir a été rectifié. Cela a été fait bien tardivement a l’évidence, mais les promotions de médecin quittant les études ces temps ci, seraient assez fournies pour remplacer la vague de départ… … si l’on laissait la loi du marché opérer.
    malheureusement, l’état ou son ame damnée, la sécurité sociale, régentent absolument toute la pratique des libéraux, en particulier la valeur des actes médicaux, et cela est a mon avis la vraie cause de la désertification. A 25 euro la consultation, le médecin ne peut pas produire le niveau de qualité médicale que les francais sont en droit d’attendre en 2019. Les jeunes médecins répugnent a exercer une médecine générale qui ressemble de plus en plus a de la médecine humanitaire, le fun en moins.
    Ils ont été plutot bien formés a l’hopital et veulent continuer a faire une médecine moderne, un peu technique. Ils n’en ont pas la possibilité. Les autorités, dites « de tutelle » rendent cela totalement impossible par une foule de régulations absconses qui stérilisent toute volonté d’innovation ou simplement d’efficacité.
    Impossibilité de facturer un test de CRP en consultation, impossibilité de facturer une echographie et une consultation le meme jour, tarifs indigents sur la plupart des actes médicaux quotidiens…
    Par conséquent, les jeunes tendent a ne plus s’installer DU TOUT. Ni dans les campagnes, ni dans les villes moyennes, ni dans les banlieux, ni dans les grandes villes…
    Cela se voit moins dans les centres urbains, mais le nombre d’installation a Paris intra muros sur les 10 dernieres années est ridiculement bas…

    • ET oui le mal est profond; mis pourquoi voulez vous que les jeunes médecins formés dans l’ambiance actuelle soient plus libéraux que le reste de la population ? et comme de nombreuses professions la féminisation modifie profondément le mode d’exercice avec temps de travail réduit et motivations différentes. Les solutions existent : certaines utilisent les apports numériques comme les téléconsultations,, d’autres nécessitent une révolution sociétale, décentralisation, désurbanisation, valorisation territoriale, et liberté tarifaire motivante

    • oui et le pire c’est que les zones rurales essaient d’attirer des médecins par des avantages « en nature » ou en salariant les médecins et les libérant de la bureaucratie..

      avec un peu de réflexion elles se rendraient compte que ce serait plus simple de laisser les médecins fixer leur prix, plus cher dans les régions non attirantes.. mais le marché ne marche pas c’est bien connu…

      • @ jacques lemiere
        Ben non! La France est totalement opposée à la loi du marché et au libéralisme! Elle veut administrer!!! (C’est assez clair, non?)
        On parle de ce métier comme une profession « libérale » mais je n’en connais pas de plus administrée, paperasserie comprise! Non, il devient vraiment difficile d’avoir une liberté diagnostique et thérapeutique.

        Mais même si j’ai travaillé +/- 15 ans en France, je n’ai pas été fasciné par le système et son efficacité, oh! pas sur le plan administratif où tout est prévu (on accumule les papiers), évidemment, non, sur le plan de l’accès aux soins généralistes ou spécialistes: là l’ « ÉGALITÉ » française est en guenilles, souvent en carence et simplement hypocrite!
        On sait bien que le monde de la « sécu » n’est pas démocratique alors que c’est bien un état dans l’état! Et tout est à l’avenant!
        La France, une démocratie? Vous rigolez?

  • entre ceux qui prennent leur retraite et les ceusses qui partent ailleurs voir si l’herbe est plus verte……évidement , ça fait un trou ….

    • Je parle en qualité de chirurgien dentiste.
      Je rejoins Christophe sur l’aspect hyper réglementé des professions médicales.
      L’état français est pibolaire. Il veut une medecine du 21e siecle, technique et pointue, mais rémunérée comme au 20e.
      Nous devons respecter des contraintes énormes, a la limite de la vexation, avec des consultations moins élevées qu’en roumanie.
      Aujourd’hui tu payes 70% de charges. (on était à 30% il y a 40 ans).
      C’est sur qu’à ce tarif t’as pas envie de faire de la chicologie dans les banlieues.

      • La différence est sans aucun doute due à l’inflation des administratifs de la santé, exactement d’ailleurs comme dans les autres secteurs.
        Je me rappelle avoir vu il y a pas mal de temps sur Contrepoints le témoignage de ce chef de service à la Pitié Salpétrière qui avait calculé que depuis le début de son exercice le nombre d’administratifs par lit avait été multiplié par 15 en 30 ans.

        • Je confirme. Pour un administratif dans un établissement privé il y en a trois et demi dans le public.
          Actuellement le même acte chirurgical réalisé dans un établissement public coûte à la SS 22% de plus que dans le privé. Et encore est-ce suite à une tentative de convergence des tarifs mise en place qui a été bloquée à ce niveau (+22%) par François Hollande pour « sauver l’hôpital public »…
          Les dépassements d’honoraires interviennent en général en sus dans le privé mais cela ne pèse pas du tout sur la SS, et peu sur les mutuelles qui sont rares à les prendre en charge totalement. De plus ces dépassements correspondent à une prise en charge par un « senior ».
          Dans le public les « seniors » ont également le droit a avoir une clientèle privée et dans ce cadre les dépassements sont le plus souvent supérieurs à ceux pratiqués dans le privé.
          J’invite pour compléter mon propos à lire ou relire les articles déjà parus dans CP: https://www.contrepoints.org/2014/01/03/152082-crise-de-lhopital-et-du-systeme-de-soins-un-etat-des-lieux

  • Beaucoup ne font plus de visites à domicile, d’une part parce qu’ils ont trop de patients et aussi à cause des risques de retrait de permis et PV à tout va pour vitesse et aussi PV de stationnement, etc.

  • Nous sommes bien maintenant, dans la société socialiste voulue par nos énarques et les médecins se sont adaptés: les gagnants sont ceux qui en font le moins tout en étant le mieux placés.

  • Le ruineux modèle social français encourage le parasitisme, l’ oisiveté et fabrique des rentiers républicains en veux tu en voilà……..bref il faut toujours en revenir à la fable de la cigale et la fourmi.

  • Exactement comme pour l’Education, l’égalitarisme étatique se traduit lar davantage d’inégalités, avant que nous ne soyons tous ans la misère (sauf les apparatchiks du pouvoir).
    Il faut vraiment être énarque pour penser que diminuer le nombre de médecins va faire baisser le nombre de malades!

    • Le « concept » est devenu la doxa officielle sous le règne de Mr Evin et a été défendu par une fonctionnaire de son ministère Mme Béatrice d’**… : Diminuer l’offre de soins pour diminuer les dépenses.

  • Je suis d’accord avec ce qui s’est dit: le problème n’est pas le numerus clausus en soit, le problème principal est l’éducation des gens. Les patients consultent pour n’importe quoi, un certificat, un arrêt de travail, un bobo… En suisse à 200 franc suisse la consultation de généraliste, les gens réfléchissent à deux fois.
    Le modèle social actuel, avec la Mère Sécu, favorise, la consultation rapide et mal faite. Dans ma spécialités, les médecins qui s’en sortent le mieux sont ceux qui voient 6 patients par heure, en secteur 1 et qui sont installés en zone franche. Ils sont appréciés de la sécu car pas de dépassements d’honoraires (pas bien méchant le dépassement !!!), réduction des charges sociales… et des patients qui ne paient rien!!! Et oui il ne faudrait quand même pas payer des soins non plus!!!! (Ironie version H16!!!)

    • Je vais même plus loin: avec mère sécu, nous payons les médicaments 30% plus chers qu’en italie. C’est le même processus qu’avec les loyers et l’aide au logement.
      Sans parler des centaines de médocs remboursés a 30% ou 70% depuis des dizaines d’années mais qui n’ont pas d’effet médical suffisant.
      le gaspillage se chiffre en milliards

    • si le patient paye il ne se déplace pas pour rien

    • L’éducation oui… mais la vertu ne se décrète pas.
      Au début de la sécurité sociale, il y avait le « ticket modérateur » qui portait bien son nom. Il existe encore, sauf qu’il ne modère plus rien…

    • faut pas non plus oublier les accros aux arrêts maladie..de mes yeux j’ai vu des gens calculer au jour prêt le nombre d’arrêts à faire et le nombre de jours autorisés et ils n’en perdent pas une miette..

  • Un vieux médecin m’ a expliqué que avant les médecins généralistes étaient surtout des hommes qui travaillaient minimun 70 heures par semaine , leurs femmes s’ occcupant des taches familiales. Actuellement les médecins sont majoritairement des femmes qui ne peuvent pas travailler 70 heures par semaine, pour les hommes c’ est pareil, il ne peuvent pas et ne veulent pas travailler autant car leurs femmes (souvent médecin) travaillent aussi.

    • Non seulement ils se levaient la nuit, généralement pour des choses sérieuses
      Ils assuraient des gardes les fins de semaine établies par le conseil de l’ordre selon le code de santé publique
      Ils étaient moins dispendieux en examens complémentaires
      Le kinésithérapeute était utilisé à bon escient, non pour des raisons esthétiques
      Les services d’urgence n’étaient pas débordés par une population à la recherche d’un abri……
      Un assureur me disait que la sécurité sociale alsacienne a un bénéfice de un milliard euros par an
      En Allemagne il y’a de nombreuses caisses de sécu sociales et elles ne sont pas en deficit Etc

    • oui.. avec un nombre donné, la féminisation conduit à moins d’heure faites…mais le coeur du problème est le prix de la consultation.

      faut pas rêver non plus…si le choix est libre on imagine mal qu’un médecin choisissent un désert ou un coupe gorges..

      car c’est aussi une réalité, les zones rurales sont souvent des trous… quand aux banlieues..

  • Le médecin que je suis rappelle que les hommes de l’État ont délibérément réduit le nombre de médecins en instaurant en 1988 le MICA (mécanisme d’incitation à la cessation d’activité), permettant aux praticiens libéraux de prendre avec 8 ans d’avance une retraite presqu’à taux plein, ce que beaucoup firent. Et 5 ans plus tard, le numerus clausus à l’entrée des études atteignait son point le plus bas avec 3.500, ce pourquoi nous manquons maintenant de médecins quadragénaires dans la force de l’âge, tandis qu’un quart des médecins actifs seront en retraite en 2025.
    Mais en réalité ce ne sont pas les médecins qui manquent, c’est le temps qu’ils ont à consacrer aux patients ; parce que l’administratif mange au moins 25 % de leur temps de travail, et qu’ils n’ont plus les moyens de le confier à une secrétaire.
    Avec des facs de médecine occupées aux deux tiers par des filles, le médecin-type d’aujourd’hui est une trentenaire née sous Mitterrand et son ministère du Temps libre, qui a eu vingt ans sous Jospin et ses 35 heures, et ne veut plus travailler comme ses confrères nés sous De Gaulle, voire sous Coty. Et c’est légitime. Elle préfère donc le salariat.
    Près de chez moi vient de s’installer dans un centre de santé municipal une jeune femme, salariée donc : 4.500 nets par mois pour 29 heures de travail. Demandez à votre médecin combien d’heures il doit travailler pour qu’il lui reste ça net imposable chaque mois ? Et la salariée aura mutuelle, carte orange, ticket restaurant, congé de maternité le jour venu (en libéral, zéro), des arrêts de travail avec indemnités journalières au 3ème jour (en libéral, c’est au 90ème !), aucun investissement à faire, aucun papier URSSAF, sécu, RSI, aucune comptabilité à tenir… Voilà pourquoi seuls 9 % seulement des étudiants s’installent en libéral. Croire que ces jeunes femmes, souvent mères, visseront leurs plaques à Mézy-les-Deux-Pognes où il n’y a plus ni école, ni poste, ni épicerie, ni emploi pour leurs conjoints, relève de la pathologie mentale ; surtout si en plus, elles doivent garder le cabinet ouvert jusqu’à minuit un jour sur trois.
    Le problème est que la médecine française est totalement soviétisée. Seule exception à la libéralisation des prix de Raymond Barre. Donc aucune indication économique fiable du « marché ». Manque d’IRM ? C’est l’état qui donne les autorisations d’ouverture, donc impossible d’en ouvrir là où il en manque.
    Et bien sûr, le catastrophique monopole de la sécu qui n’est donc plus un assureur, mais seulement une machine à redistribuer. Lisez Claude Reichman.

    • tu as tout dit, rien a ajouter

    • Merci pour votre commentaire, je pense aussi que tout est dit. Je ferai juste une nuance, parce que plusieurs commentaires cite le cas : non les femmes ne sont pas des feignasses, comme on pourrait facilement conclure même si ce n’est pas ce que vous dites. Simplement leurs priorités sont ailleurs que dans le boulot, d’une part parce que comme leurs aînées elles attachent de l’importance à s’occuper de leurs enfants (et encore majoritairement du foyer) et d’autre part’parce que, contrairement à leurs aînées , elles ont un conjoint qui travaille, ce qui réduit le besoin d’heures travaillées payées. C’est sûr que le médecin des années 50 qui nourrissait femme et nombreuse couvée se devait de faire plus d’heures et en avait la possibilité, débarrassé qu’il était des contraintes logistiques.
      Le problème est surtout dans le manque d’attrait, volontairement mis en place, pour le monde libéral et la soviétisation de la médecine.

      • Bien d’accord avec RaphSud. J’ai dit que le mode de vie souhaité par ces dames était légitime. Ajoutons qu’elles se marient le plus souvent avec un CSP+, et donc que celui-ci devra généralement trouver un emploi dans ou près d’une grande ville…

        • Oui oui orldiabolo, vous n’avez pas critiqué dans ce sens, et personne ne l’a fait, d’ailleurs. De nos jours, les hommes aussi ont levé le pied, ils sont nombreux autour de chez moi, les médecins qui ne consultent plus après 18h et pas le samedi. Comme vous l’avez bien démontré, le cœur du problème est la planification étatique, le revenu bloqué, bref le manque de liberté.

      • Bon, une vie professionnelle dure au moins 40 ans. Combien faut-il de temps pour élever, un, deux, voire trois gosses maxi ?
        OK leur priorité sont ailleurs que dans le boulot, mais alors c’est à qui d’organiser la médecine ? A l’Etat ?

        • Ah ah trop drôle ! Ben il en faut plus, des médecins, et laisser faire le marché. Croyez-moi, on peut travailler et profiter de ses enfants, amis, sorties, bref vivre quoi.

        • Au fait, vous avez une idée du rythme des infirmières libérales ? Elles font assez d’heures, et courrent suffisamment â vos yeux ? Et là, peu d’hommes.

  • il faut remettre dans le circuit les 5000 planqués appelés aussi médecins du travail .Ils ne servent à rien et seraient plus utiles sur le terrain .

    • ha ouais putain c ‘est vrai… eux ils l’ont belle… tous mes potes sont super stressés… mais dans la médecine du travail c’est cool, cest bien payé, t’as les avantages du CE des boites, et niveau responsabilités t’es peinard

      • a coté nous les libéraux, on est au front russe. D’ailleurs nous ne sommes libéraux que de nom, car nous sommes tout sauf libres.
        la seule liberté qu’il nous reste est la liberté d’installation,qui emmerde beaucoup les politiques.
        On te rappelle aussi que tu es libéral le jour ou tu te casse la jambe, et qu’on te laisse te démerder

    • Oui c’est très vrai ça ! La visite, c’est tous les 5 ans maintenant, comme quoi… !

    • Jugement un peu sévère sur les médecins du travail. En inter-entreprise d’accord, ce n’est pas brillant pour la plupart. Mais ceux attachés à une grande boîte ne chôment pas. Ils gèrent les petites et grosses urgences, tous les stress au travail (annonces de plans sociaux, etc.), l’ergonomie, les menus, le télétravail à la place des AT, font utile tampon entre syndicats et direction, éclairent les assistantes sociales, etc. En fait ils ont un boulot passionnant. S’ils l’aiment et le font bien, évidemment…

      • Leur utilité 1ère est pour le contrôle de la vue je trouve. Les personnes qui ne portent pas de lunettes ou lentilles ne font jamais contrôler leur vue, et là, c’est fait.

        • La visite médicale a du bon mais pas besoin de mettre un bac +10 pour des contrôles de vue, c’est une mauvaise allocation des ressources. Un orthoptiste ou un opticien peut s’en charger.

          • Oui bien d’accord. La seule utilité est de contrôler la vue de ceux qui ne vont jamais voir un ophtalmo, mais il vaut mieux trouver un autre moyen incitatif, c’est certain.

      • Du trés grand h16, comme Monsieur Jourdain!!

  • Encore un fois on constate la malfaisance de l’état, seul responsable de cette situation! En 1971 c’était Pompidou le président.

  • le ras le bol exprimé dans ces commentaires en dit long sur la déliquescence du système de santé. Et ce malgré les sommes exorbitantes collectées. Diviser par 10 les sommes attribuées à la gestion administrative pour redistributions aux professionnels de santé ou pour diminuer la collecte et la mettre au niveau du service rendu.

  • Tout ne va pas mal 🙂 Certaines pharmacies situées dans des banlieues arrosées par les plans se portent à merveille…

  • Le système de santé continue à se dégrader… et la liberté d’expression aussi.
    Quand je pense à ceux qui ont voté Macron pour échapper au fascisme…

  • Pour palier à la désertification des zones rurales, il faudrait attirer les jeunes médecins en améliorant leur rémunération dans ces régions… 35€ la Cs… bien sûr, cela augmente la charge de la SS et bien, on pourrait compenser en diminuant de 30% toutes les Cs chez les généralistes… les prises en charges, de chirurgie et autres spécialités restant inchangées…

  • L’exemple donné d’opération de la vésicule est FAUX .J’ai été opéré l’an dernier dans le privé et le reste à charge était de 200€ environ,
    batir un raisonnement sur des prémisses fausses conduit au grand n’importe quoi,un courtier en assurances veux vendre des assurances complémentaires(chères)!!

    • Mais oui, vous avez raison : c’est l’opération de la cataracte qui est sujette à dérive. Pas loin de 500 Euros pour les 2 yeux. Quand on a une retraite basse, one ne peut pas payer.

    • Il y a les tarifs province et Paris. Du simple au triple.
      Par exemple, avec une mutuelle nationale vous payez pour les parisiens. Si vous prenez une mutuelle locale de province les cotisations sont 10 à 20 % moins chère pour la même couverture.

      • Pour une même couverture? Etes-vous sûr? Si vous restez dans votre zone géographique pour vous soigner, pas de problème.
        Mais si vous êtes obligé d’allez dans un grand centre à distance parce que certains actes ne sont pas disponibles chez vous, ou de moindre qualité, ou avec des délais bcp trop long… est-ce que votre mutuelle vous remboursera le surplus d’honoraires?
        Il y a une différence entre proposer un taux de remboursement de dépassements d’honoraires couvrant la majorité des dépassements d’une région limitée et proposer un taux couvrant la quasi-totalité des taux en France.

  • Les commentaires sont fermés.

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L’hôpital ? Suradministré ? La France entière l’est et pas d’hier et le positionnement très à gauche du président ne laisse rien augurer d’encourageant. Un fonctionnaire supplémentaire implique trois chômeurs de plus dans le secteur privé, selon le calcul de l’infaillible Charles Gave et j’apprends que le taux de croissance de la France bénéficie du nombre d’agents d’État, selon un énième arrangement avec les statistiques.

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Paraphrasons : personne ne sait comment fabriquer un comprimé de Doliprane…

Hier, le grand Milton Friedman prenait l’exemple du crayon jaune, afin d’exposer sa vision du libéralisme.

https://www.youtube.com/watch?v=SDUB4Pw39sg

 

Hélas, je ne dispose ni de son talent, ni de sa vision. Je ne suis qu’un chirurgien de province mais cela m’offre un minime avantage : les inconvénients, je les vis. J’ai même le nez dans les diverses ruptures de stock dont souffrent plus cruellement les patients qui comptent sur un sy... Poursuivre la lecture

Les EHPAD existent dans les sociétés devenues prospères, et où les progrès médicaux, l’abondance alimentaire, l’amélioration des conditions de vie ont permis le vieillissement. Malheureusement, certains sont devenus dépendants. De manière concomitante la prospérité a donné les moyens matériels de prendre soin de ces personnes, dont la prise en charge est trop lourde pour les familles... quand famille il y a.

L’État maltraitant

« En 2018, la dépense de soins de longue durée aux personnes âgées s’élève à 11,3 milliards d'euros. L’essent... Poursuivre la lecture

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