Il faut apprendre à se passer de politique

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Il faut apprendre à se passer de politique

Publié le 20 décembre 2018
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Par Patrick Aulnas.

La démocratie représentative ayant été dévoyée par certains politiciens, les jacqueries du type Gilets jaunes risquent de devenir un phénomène récurrent en France. Au cours des dernières décennies, les gouvernants ont habitué les Français à tout attendre de l’État. Le combat entre la gauche et la droite a conduit à occulter les réalités au profit d’un récit politique mensonger. Le politique a envahi la société entière sur la base de promesses fallacieuses à caractère idéologique. Un seul chiffre permet de prendre la mesure de cette politisation tous azimuts : les dépenses publiques représentaient 56,5 % du PIB en 2017, record mondial. Pourquoi cette dérive ? Que faire ?

Légende de gauche et légende de droite

Depuis plus de trente ans, les présidents de la République française n’ont brillé que par leur électoralisme. François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy puis François Hollande ont accumulé les promesses démagogiques pour accéder au pouvoir. Droite et gauche ont construit une sorte de légende, laissant croire qu’il était possible par le miracle de la politique de construire une autre société, plus conforme aux aspirations de leurs électeurs. La légende de droite repose sur la libération des initiatives, celle de gauche sur la marche vers l’égalité. Mais rien n’a été réalisé après la conquête du pouvoir. Il s’agissait seulement de belles histoires, comme celles que l’on raconte aux enfants.

Qui pourra s’étonner qu’après ces décennies de médiocrité politicienne, le pays ait voulu renouveler radicalement sa gouvernance. Emmanuel Macron et les députés LREM sont le fruit de trente-cinq années de recul dans l’adaptation du pays à la réalité du monde.

La démagogie la plus médiocre

La politique est par essence approximative et manipulatrice. L’économie, la démographie, la sociologie reflètent au contraire des réalités impossibles à éluder. Le plus cynique de tous nos présidents, François Mitterrand, fut un grand maître de la manipulation politicienne. Il réalisa des réformes purement démagogiques en laissant croire que la politique pouvait tout et qu’il suffisait de décider pour obtenir. Lorsque l’espérance de vie augmente depuis le début du XXe siècle à une vitesse jamais atteinte, il ne faut pas abaisser l’âge de la retraite de 65 à 60 ans. C’est une évidence. Seul le dévoiement politicien peut conduire à une telle décision. Lorsque le taux de croissance économique est divisé par deux, il convient de réduire d’urgence le poids des structures étatiques, qui devient insupportable et conduit le pays tout entier à la sclérose. C’est une seconde évidence, que seule la plus basse démagogie peut occulter.

Déplaire pour bien gouverner

Pendant des décennies la politique et ses discours lénifiants ont pris le pas sur toutes les réalités du monde. Ces réalités étaient mal connues durant les siècles antérieurs, faute d’études suffisantes. Elles étaient parfaitement connues dans la seconde moitié du XXe siècle et au début du XXIe. De nombreux spécialistes étaient à la disposition des gouvernants pour les informer. Mais les politiciens professionnels érigent spontanément les facteurs purement politiques au rang d’impératifs catégoriques. Il faut être réélu et donc ne pas déplaire, quitte à mener le pays à la ruine.

Il faut être capable de déplaire pour bien gouverner. Il ne s’agit pas de caresser les électeurs dans le sens du poil comme cela se pratique avec les chiens. Traiter ses concitoyens comme des animaux de compagnie indique la place exacte qu’on leur assigne. Et si un jour la révolte du peuple gronde, elle trouve en vérité sa source dans le manque de hauteur morale dont ont fait preuve les dirigeants.

Réduire le rôle du politique

Chacun sait parfaitement ce qu’il convient de faire mais personne ne sait comment le faire. Il faudrait réduire les dépenses publiques de façon à redonner véritablement le pouvoir de décision à la société civile et donc la responsabiliser au lieu de l’infantiliser. Aujourd’hui en France, lorsque 10 euros sont dépensés, la décision est politique pour 6 euros. Lorsque la population est mécontente, elle se tourne tout naturellement vers ceux qui tiennent les cordons de la bourse : les dirigeants politiques.

La liberté consiste à reprendre le pouvoir de décision sur une partie de ces 6 euros. La véritable démocratie se trouve dans la liberté de créer par soi-même et non dans la seule possibilité de voter de temps à autre. Il ne faut plus quémander auprès de son maire ou de son député mais exiger qu’ils s’abstiennent pour pouvoir agir par soi-même. Il faut demander aux politiciens d’en faire moins pour que nous puissions en faire plus en toute liberté. Recourir à un politicien, c’est toujours indirectement accroître son pouvoir et réduire notre liberté.

Voilà sans doute un beau rêve : ils résisteront férocement avec l’aide de toute la technostructure publique. Car la politisation, c’est leur pouvoir. L’argent des autres, c’est leur moyen d’agir.

Voir les commentaires (13)

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  • Entièrement d’accord .

  • claude henry de chasne
    20 décembre 2018 at 10 h 38 min

    C’est l’administration et les corps intermédiaires qui gouvernent, point.
    Les politiques ne font que passer ,ils reforment soit dans le sens voulu par l’administration , soit en opposition a la marge..avec la communication ad hoc..par exemple la reforme SNCF c’est de la poudre aux yeux, rien n’est fait, le systeme sera normalisé en 2100
    pas avant..
    le Tout a l’avenant.
    La france n’est pas un pays démocratique , la democratie est instrumentalisée par l’administration.

  • Beaucoup de choses justes ici.
    Mais un manque criant : vous dites certes que Macron et LREM ont été appelés pour mettre fin à tout cela… Mais ne pointez pas le problème majeur, à savoir qu’EM et son entourage sont précisément la quintessence de cette hyper-administration à rebours du besoin d’autonomie des Français aussi bien dans leur vie quotidienne que pour reformer le tissu productif !

    Donc l’impuissance de votre conclusion est inévitable puisque vous voulez passer par le mal français pour le résoudre ; l’heure n’est pas à l’homéopathie !
    « Chacun sait parfaitement ce qu’il convient de faire mais personne ne sait comment le faire. Il faudrait réduire les dépenses publiques de façon à redonner véritablement le pouvoir de décision à la société civile et donc la responsabiliser au lieu de l’infantiliser. » Exactement, c’était le programme Fillon.
    « ils résisteront férocement avec l’aide de toute la technostructure publique. Car la politisation, c’est leur pouvoir. L’argent des autres, c’est leur moyen d’agir. »
    Cela c’est Macron, et avec lui l’inspection des finances en particulier, et tout son entourage et sa façon de concevoir l’action politique d’une façon générale.

    • Que voulez vous, quand un gars a la grosse tête au point de créer un parti a partir de ses initiales, il faut s’attendre à une posture jupitérienne.
      C’était pourtant clair dès le départ…

  • Très bon texte, comme toujours. Il faut s’assécher pour faire crever le parasite. Thomas Jefferson a dit: If a law is unjust, a man is not only right to disobey it, he is obligated to do so. Il est devenu nécessaire de désobéir ! N’ayons pas mauvaise conscience nos élus n’arrêtent pas de le faire.

  • a diffuser à tous les « gilets jaunes », oui mais comment ?

  • bonjour,
    a diffuser à tous les « gilets jaunes », oui mais comment ?

  • Cessons aussi de les appeler « dirigeants », ils ne dirigent rien du tout, la technostructure tenant le volant (et puis grammaticalement et lexicalement ça se rapproche des termes honnis conducator en roumain, Duce en italien, F…). Ils sont élus et sont donc nos représentants, devant jouer à nos côtés, président de la République,….chef de l’Etat, fonctions que nous leur confions avec mission de commander à la technostructure (et non pas jouer avec elle contre Nous).

  • Bon article, mais c’est un peu facile de taper QUE sur les politiques … ils ont été elus democratiquement par les citoyens non ? les gens sont biberonné à l’état providence …. faut voir les demandes des GJ + de services publiques + d’assistanat et – de taxes et le smic à 1700 balles … c’est gratuit c’est l’état qui paye …. lol

    • ce sont les demandes de ceux qui veulent parler au nom des gilets jaunes.
      Ceux-ci veulent d’abord que l’Administration leur foute la paix et cesse de les spolier

  • L’abus de dépenses publiques provient de prix surfacturés dans un pays où règnent les ententes et les chasses gardées au détriment de la concurrence sans laquelle il n’existe pas de liberté de travailler.

    Cette forme de corruption a gonflé artificiellement la dépense publique, depuis 40 ans, à chaque niveau de collectivités, qu’elles soient territoriales ou nationales. Ensuite elle a agi comme une gangrène qui a fait gonfler tous les prix par réduction de la consistance des produits.

    Le Français surpaye ses achats du fait du manque de concurrence ; cette surfacturation est gonflée des prélèvements supportés par le vendeur et, en plus, elle sert de base à des taxations indirectes qui viennent ajouter une couche supplémentaire dans la formation du prix. Il ne reste pas grand chose pour payer la valeur intrinsèque de l’achat qui donc en a de moins en moins ; d’où l’appauvrissement désespérant d’une population condamnée à tourner à vide.

    Quand la gangrène des surfacturations est à ce point généralisée, réduire la dépense publique revient à tuer le malade.

    Pour sortir de l’impasse, les entreprises et les professionnels compétitifs doivent massivement rompre les ententes et casser les prix dans les marchés publics et dans le secteur privé. Il reviendra ensuite aux populations d’obtenir la réduction des budgets publics en conséquence et la réduction des prélèvements obligatoires. La revalorisation du pouvoir d’achat qui résultera de cet assainissement redonnera à chacun la liberté d’action dont il a besoin pour s’enrichir (selon ses critères personnels) et contribuer à la prospérité générale.

    Le libéralisme est l’antidote de la corruption mais il est trop rarement invoqué comme tel.

    • La difficulté dans les marchés publics c’est la consanguinité des donneurs d’ordres et des patrons des entreprises qui soumissionent. Combien de fois en 35 ans de travail n’ai-je pas vu des offres plus chères passer soumises par des grands groupes qui vendent de la peur au décideur technocrate ou font du chantage à l’emploi. Alors la petite entreprise compétitive ne passe pas, et une fois de plus l’argent du contribuable est gaspillé au profit de rentes de situation: capitalisme de connivence, très enraciné en France.

  • Concis, clair et net. Merci M. Aulnas !

  • Les commentaires sont fermés.

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