Bio dans les cantines, etc. : ils demandent un milliard d’euros

Les signataires d’une tribune ont promu l’inscription dans la loi « agriculture et alimentation » l’obligation de servir des repas bio dans la restauration collective. Une facture qui pourrait être salée.

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Bio dans les cantines, etc. : ils demandent un milliard d’euros

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 12 septembre 2018
- A +

Par André Heitz.

Les débats de l’Assemblée Nationale sur la loi « agriculture et alimentation » reprennent le 12 septembre 2018. L’obligation pour les établissements publics de restauration collective d’incorporer dans leurs menus des produits sous signe d’identification de la qualité et de l’origine ou sous mentions valorisantes est quasiment actée. Selon le mot du député Dominique Potier, « Le bio est désormais inscrit « en dur » et il représentera 20 % à l’horizon 2022 ». Les promoteurs du bio présentent déjà une première facture !

En cette période qu’il est convenu d’appeler « la rentrée », les pipoles sont de sortie.

Deux cents « personnalités » ont appelé à « sauver la Planète » dans Le Monde du 3 septembre 2018 (date sur la toile). Auparavant, le 1er septembre 2018, ils étaient 27, connus et moins connus, pour plaider dans le JDD pour le bio et local à la cantine.

« Audrey Pulvar, Nagui, Sophie Marceau… L’appel des personnalités pour des cantines bio et locales »… le mot « personnalités » commence à être sérieusement galvaudé…

Meuh non, c’est pas du lobbying !

Mme Audrey Pulvar est maintenant la présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme (maintenant qu’il a franchi le seuil de l’Hôtel de Roquelaure, M. Nicolas Hulot peut réinsérer son patronyme après « Fondation »).

Parmi les signataires :

• M. Freddy Le Saux, directeur de Terre de Liens, qui s’emploie à « alléger le parcours des agriculteurs qui cherchent à s’installer, et développer l’agriculture biologique et paysanne » ;

• M. Gérard Michaut, président de l’Agence Bio ;

• Mme Julie Potier, directrice générale de Bioconsom’Acteurs ;

• M. Guillaume Riou, président de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) ;

• M. François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, une petite entreprise incorporée sous forme d’association faisant la promotion du bio et financée par des grands du biobusiness.

Si vous pensez que ce genre de tribune est un exercice de lobbying, vous devez avoir l’esprit vraiment tordu… Promouvoir le bio ne relève évidemment pas de cette activité honnie qui, est-il dit, aura mis à terre le ministre Nicolas Hulot… Peser sur les décisions des pouvoirs publics en forgeant (ou tentant de forger) une opinion dite « publique » ne peut être qu’une démarche louable dès lors que cela est le fait d’activistes de la cause verte (ou pastèque).

Après le marché captif, des subventions déguisées en bonus

Le message est simple :

Donnons un bonus pour des cantines bio et locales.

Car :

Demander aux familles de payer davantage n’est pas souhaitable.

Mais, c’est bien emballé dans de bons sentiments :

… demander aux familles de payer davantage n’est pas souhaitable : la restauration scolaire doit rester accessible et servir un déjeuner sain à des enfants dont c’est parfois le seul repas équilibré de la journée. La cantine est parfois trop chère pour certaines familles, alors qu’elle doit jouer son rôle dans les politiques de santé publique et de lutte contre la pauvreté.

Et ponctué par un appel à la compassion :

… la santé de nos enfants le vaut bien !

La proposition est fort modeste :

Versé sur trois ans, ce bonus cantine bio et locale serait alloué par les pouvoirs publics aux structures souhaitant changer de pratiques. […]

[…] Le bonus cantine bio et locale, estimé à 164 millions d’euros par an pour le secteur scolaire, et à 330 millions en incluant le secteur médico-social si l’ensemble des établissements y font appel, représente un investissement urgent et efficace […]. Équivalent à 20 euros par an et par enfant, ce bonus est tout à fait justifié et légitime […]

Oui, « 20 euros par an et par enfant » – les signataires auraient pu pousser la plaisanterie en citant le coût du bonus par repas servi. Mais c’est selon eux 330 M€ en tout, car il n’est évidemment pas question de priver, par exemple, nos seniors des bienfaits allégués du bio et local.

Et c’est par an et sur trois ans, soit la bagatelle d’un milliard d’euros – moins les 10 millions qu’on a retranchés pour rester sous la barre des montants à 10 chiffres.

Le boniment est aussi subtile : les « structures souhaitant changer de pratiques » ? Mais elles y seront obligées par une loi qui crée un marché captif !

La rhétorique du « bon bio » au service d’une filière économique

Pour protéger la santé des enfants ? Les auteurs de la tribune ont la main lourde d’entrée de jeu :

Les informations vérifiées à propos de la présence de résidus de pesticides et autres additifs à risque pour la santé dans notre alimentation et l’explosion de maladies chroniques nous alertent sur le contenu de nos assiettes et de celles de nos enfants.

On aimerait connaître ces « informations vérifiées » – ainsi que les informations, supposées vérifiées, sur le bio qui serait meilleur pour la santé (ce n’est attesté par aucune étude sérieuse, crédible et non entachée de conflits d’intérêts).

Non, le but de l’opération est tout autre : promouvoir le bio – l’agriculture biologique et le biobusiness. Point ! C’est annoncé sans ambages, en incrustation, juste avec le vocabulaire politiquement correct (et écologiquement fallacieux, mais c’est un autre débat) :

Nous voulons encourager l’installation d’agriculteurs respectueux de l’environnement.

La tromperie révélée

Des signataires de cette tribune ont promu l’inscription dans la loi « agriculture et alimentation » de l’obligation de servir des repas bio dans la restauration collective. Certains ont sans nul doute utilisé l’argument de l’absence de surcoût, celui-ci devant être compensé par des mesures telles que la réduction des gaspillages (lire en partie : réduction des portions, réduction des apports carnés).

Mieux encore : M. François Veillerette signe une tribune « Moi y’en a vouloir des sous pour le bio » le 1er septembre 2018 (date de publication) et met en ligne le 30 août 2018 un « dossier » intitulé « Manger bio sans augmenter son budget : c’est possible » avec un chapitre : « Des cantines bio à budget constant » !

Maintenant que cette obligation est quasiment actée dans la loi, ils viennent réclamer, oh, juste un milliard d’euros.

Subitement, on découvre – ou feint de découvrir – que :

…beaucoup de structures ne sont pas prêtes pour intégrer les nouvelles directives. Les aménagements techniques et matériels ainsi que la formation des professionnels nécessitent des moyens pour être relevés avec succès.

Mais on a également fait preuve de prévoyance. Ce bonus doit aussi servir à

encore soutenir les dépenses supplémentaires d’approvisionnement…

On peut sourire – ou grincer des dents selon l’humeur – pour la suite du texte :

Tout cela a un coût, à amortir au bout de quelques années.

Comment amortit-on les dépenses courantes supplémentaires ?

L’activisme, ça ose tout…

Cette tribune est indigente par son manque d’éthique : elle parachève une vaste escroquerie, au moins intellectuelle, que certains de nos honorables députés ont promue sans vergogne et que d’autres ont entérinée, peut-être avec naïveté, pour complaire à une frange de la société activiste. Ça devait être gratuit… et ça devient très cher…

Elle est aussi indigente par son contenu. On ne sort décidément pas de la rhétorique du bio bon pour la santé et l’environnement et durable, et d’un conventionnel qui, a contrario, ne le serait pas.

Quant à la campagne Letsbio de la Fondation « créée par Nicolas Hulot », elle est carrément ignoble. Qu’on en juge :

Parce qu’on ne veut pas que nos enfants mangent des pesticides […]

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  • parler de l’agriculture bio industrielle ,c’est un peu ,beau coup du foutage de gueule !! le pouvoir d’achat diminue avec des hausses continuelle …L’eldorado du fric ,comme excuse du bio. et les écolos respecter la nature , les tomates ce n’est pas du 1er janvier au 31 décembre…chaque légume à sa saison…Revoyer vôtre mode de manger ..
    ce sont les consommateurs qui ont favoriser la dérive de la consommation ,aider par les industrielles pour une simple raison le fric..
    ex: les endives avec son goût amer transformer pour raison de goût à de la flotte.
    ect ..ect…revenir à une agriculture plus saine à un coût. voir les pommes de terre qui a été le légume de tous les repas et maintenant est devenu hors de prix.. une augmentation prévue entre 7 à 10 %…du kilo…

    • le gouvernement n’a pas à se mêler de ça.
      Pour ce qui est de l’alimentation, le seul point qui peut justifier une intervention ,serait un effet toxique réel et appréciable sur la santé de résidu de pesticide sur un produit supérieur à la toxicité naturelle éventuelle du produit. sinon « quoi la vodka que je donne à mon enfant contient des trace de pesticides toxiques! »

      mais ce qui m’étonne toujours est la passivité devant la diffamation..

      les gens refusent simplement de raisonner.. qui impose de relativiser..
      il y a les produits toxiques et les autres..
      les produits cancérogènes et les autres.
      c’est simple quoi..

  • https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Label_bio_de_l'Union_europêenne
    Grave on ne pourra jamais servir de fois gras bio dans nos cantines .
    Ce n’est vraiment pas sérieux cette histoire de bio obligatoire dans les cantines ,les conditions de cette appelation sont tellement contraignantes que les portions servies devront être reduites voir on devra fermer un jour sur deux les cantines par manque de produits

  • les momes vont bouffer du pseudo bio dans les cantines et a la maison des pizzas, des chips et du coca, quelle rigolade. quand il va falloit importer des cereales par exemple car la france ne pourra plus se nourrir, le rendement du ble est plus de moitie moins inferieur en bio 32 quintaux a l hectare en moyenne sur les 10 dernieres annees contre 80 quintaux a l H

  • « Moi y’en a vouloir des sous pour le bio » C’est pas un peu raciste comme formulation?

  • Le summum de la contradiction, le vin bio bon pour la santé.
    Écroulé de rire 🙂

  • Je ne sais pas si le bio va améliorer notre bien être, mais il est certain que la pomme croquée par Ève, et qui nous a valu d’être chassés du paradis, était bio…

    • Vous croyez ?

      Quand Dieu a chassé Adam du Paradis et lui a dit : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front… », n’est-ce pas parce qu’Adam a dû se mettre à l’agriculture sans les moyens qui permettaient au Paradis d’être si luxuriant ?

    • un produit bio a le label bio…je doute qu’il en existait un à l’époque..
      car ne l’oubliait pas l’homme des cavernes ne mangeait pas bio… à la rigueur les instances bio peuvent nous expliquer que le label bio aurait été accordé à leur nourriture… bio c’est d’abord un tampon….

  • Ils sont devenus complètement fous, c’est de la démence! Qui a dit que l’homme était un être raisonnable? Nous vivons aujourd’hui jusqu’à 85 ans pour les femmes, 80 pour les hommes en moyenne en avalant des pesticides toute notre vie et sans consommer du bio. C’est donc que notre nourriture est saine et convient parfaitement à nos organismes. Sinon nous n’arriverions pas à cet âge avancé!

    • C’est sans doute cela leur problème, on vit trop vieux grâce ,notamment , a la nourriture industrielle

    • Cette question je l’ai posé a de nombreuse reprise à des bio-extremiste & autre ecolo-conscient j’attend encore la réponse…. bande de charlots

    • mais vous êtes fou il est démontré que si vous vous passez de viande rouge toute votre vie, la courbe des âges de décès subit une translation de 2 mois vers les grands âges… ce qui signifie que si vous faites ça toute votre vie vous avez environ 50% et des poussières de chance de vitre plus vieux que si vous ne le faisiez pas..
      le jeu en vaut largement la chandelle!!!
      j’invente les valeurs numériques..mais à peine, c’est toujours ce qui se passe avec les prescriptions alimentaire idiotes de ce genre…

      payez votre bouffe 50% plus cher toute votre vie! …SANS RIEN CHANGER PAR AILLEURS! ce qui est impossible ..et vous vivrez 6 mois plus vieux, en moyenne..donc en pratique individuellement pas plus vieux…

  • on a un ministère de l’agriculture, ce qui au passage devrait faire penser que si problème il y a avec l’agriculture les politiques portent une partie de la responsabilité mais passons, on sent poindre le ministère de la nutrition et on devine un ministère du goût… alors attention vous serez fondé à foutre le feu à matignon si la soupe n’est pas bonne…ils n’auront pas fait leur boulot quelque part…

    • déjà gérer une cantine scolaire…, bon toi tu ne manges pas de porc, toi pas de viande le vendredi, toi pas de viande du tout toi pas d’oeufs.. toi pas d’oeufs non bio.. histoire de rire un peu, je vous suggère fortement d’appeler votre maire pour exiger que les cantines servent uniquement et strictement des menus éthiques, écoresponsables, durables, locaux et bio, de saison, avec un bon goût, cuisinés à la cantine et ce en respectant les prescriptions alimentaires de tous les enfants…..ça va de soi..et bien entendu pour pas cher sinon « gratuitement ».

      • Puisque ce sera gratuit, les maires pourront tout faire sans limites. C’est gratuit ou ou non ❓

        • je reconnais bien là un vendu au lobby de l’industrie agroalimentaire qui tue nos enfants.
          ma gratuité est meilleure que la vôtre..votre gratuité est cupide et court termiste pour ne pas dire non ecoresponsodurable! vilain!

  • Avant le bio dans les cantines et même si je suis pour, il faut essayer de régler le problème de la viande Hallal, à interdire.

    • vous voulez dire interdire en pratique aux enfants musulmans de manger à la cantine? pensez aussi à interdire aux parents musulmans de leur en donner voire d’organiser une cantine privée..

      bon peut être voulez vous dire que des canines font le choix de n’acheter que de la viande hallal.. la question est alors le prix, la qualité voire l’abattage… mais le maire est elu..donc il sait ..
      je suis pour interdire aux mairies d’organiser des cantines..mais de faciliter aux parents d’organiser les repas des enfants selon leur convenance..

      • Les cantines privées, pourquoi n’y en a-t-il pas ? Ca n’est pas à l’état de s’occuper de faire la cuisine, ni même de nourrir les enfants (sauf au sens figuré).

        • surtout quand on voit une personne qui se sent légitime à interdire de manger halal sans prendre la peine d’expliquer pourquoi.

          • Pour justifier une interdiction, c est facile. C est toujours « parce que  » , ensuite tu brodes en cherchant diverses raisons morales ou pseudo scientifiques , qui te donneront bonne conscience et permettront de signaler ô combien tu es vertueux et aimes te mêler de la vie des autres car il faut sauver la planète des turbo libéraux égoïstes.

          • Lire à ce sujet le bouquin d’Alain de Peretti, très instructif. Les maires font déjà ce qu’ils peuvent avec les cantines, il serait bon que les parents prennent aussi leurs responsabilités. Devant l’explosion de la demande il y a quelques années, le maire de mon ancien village a dû établir un ordre de priorité pour les enfants en fonction de l’activité des deux parents. Car même les couples dont les deux parents ne travaillaient pas souhaitaient laisser leurs enfants à la cantine le midi…Certains parents exigent des repas bio à la cantine mais n’ont même pas la décence d’aller les récupérer pour les faire manger à la maison. Toujours le même problème, il est bien plus facile de paraître vertueux quand les conséquences retombent sur les autres.

        • il y en a …manger à la maison; au restaurant; chez des autres parents qui ont du temps..( ça devient rare mais c’était fréquent autrefois) ..

  • il n’est pas obligatoire de manger à la cantine !

    • Mais il est obligatoire de payer les taxes qui financent la cantine.

    • Il n est pas non plus obligatoire d’envoyer nos enfants dans ces lieux de perditions que sont les écoles publiques. Je finance, pas le choix, mais plus jamais mes enfants ne mettront les pieds dans ces usines à décérébrer.

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