Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée nationale signe le retour à l’ancien monde

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Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée nationale signe le retour à l’ancien monde

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 septembre 2018
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Par le collectif citoyen Cincinnatus et Sébastien Laye.

Sur ces pages où nous avons tendance à analyser le présent quinquennat sous le prisme de son manque de libéralisme, de son élan réformateur ou de ses résultats , nous faisons trop souvent fi de la promesse originale qui a porté Macron et En Marche au pouvoir il y a un peu plus d’un an : non pas fondamentalement l’espoir d’une amélioration économique et sociale ( d’où une victoire sans gloire) mais plutôt celui, plus simple, d’une moralisation et d’une transparence renouvelée de la vie publique.

C’est à cette aune qu’il faut replacer la dichotomie entre cette promesse esthétique d’un nouveau Printemps, – vision quasi eschatologique de la présidentielle habilement mise en avant par un candidat au programme assez flou – et la réalité de deux trahisons successives : l’affaire Benalla bien évidemment, mais aussi la possibilité actuelle de la nomination de Monsieur Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée suite au récent remaniement…

L’apparatchik socialiste

À bien des égards, Richard Ferrand incarne la figure de l’apparatchik socialiste sous la Cinquième République. Conseiller Général depuis 1998, il vient du monde de la communication politique et n’a guère fréquenté le monde de l’entreprise. Il devient député en 2012 et sera le premier politique classique à soutenir les ambitions de Macron après avoir été rapporteur de la loi dite Macron ; avec Gérard Collomb et Christophe Castaner, il constitue l’indispensable triptyque socialiste et ancien monde pour porter En Marche sur les fonts baptismaux.

Mêlant politique et capitalisme de connivence, il travaille aussi aux Mutuelles de Bretagne, ce qui lui vaut le scandale immobilier qui l’amènera à renoncer à sa participation au gouvernement Philippe. Aujourd’hui, alors que la procédure contre lui s’enlise, il peut légitimement briguer le perchoir de l’Assemblée.

Sa nomination marquerait la fin de cette promesse d’un Nouveau Monde : à l’exception de Jean-Michel Blanquer, aucun ministre de la société civile ne s’est imposé, le Parlement et ses nouveaux visages tourne à vide, et l’ancien monde socialiste ou centriste écrase la geste macroniste de la société civile : Macron lui-même semble tenté par une reprise en main autocratique de sa majorité, de son parti, de l’administration et de sa communication.

Où sera l’espace de liberté pour les libéraux et les humanistes dans une telle configuration ? Dix sept mois après l’élection présidentielle, ils pourront a minima se consoler en constatant que l’artifice s’est évanoui ; que la promesse de moralisation s’est consumée, que le vernis de la nouveauté est déjà éculé : ils savent, désormais, qu’il leur appartient de se retrousser les manches pour bâtir cette nouvelle France de la liberté.

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