Castaner ancre le parti présidentiel à gauche

Christophe Castaner, aujourd’hui porte-parole du gouvernement et naguère du candidat Macron, présidera aux destinées du parti du président Macron, La République en Marche.

Par Jacques Garello.

Il était temps de mettre fin à la particularité de LREM et à l’originalité du succès d’Emmanuel Macron : voici maintenant un vrai parti, avec un vrai président. Ce sera Castaner : le choix est fait non par les militants, mais par Macron lui-même. Pourquoi ce choix si ce n’est pour confirmer l’ancrage de LREM dans la gauche populaire ?

Il y a ceux qui croient en la démocratie et ceux qui s’en réclament. Ce ne sont pas nécessairement les mêmes. Juridiquement LREM n’était pas un parti : miracle du macronisme qui se présentait contre une salutaire réaction de révolte contre le système des partis et la nullité ou la corruption de la classe politique. Et, sans parti, Emmanuel a été élu.

Enfin un vrai parti présidentiel

Maintenant il faut oublier la campagne et la posture qu’on pouvait avoir prise, et on va se donner un vrai parti, ou plus exactement le Président Macron va se donner son parti. Car démocratiquement le chef de ce nouveau parti aurait dû être élu par les membres LREM, que l’on a dénombré par centaines de milliers à un moment donné.

La démocratie ne se serait pas satisfaite d’un si grand nombre. Des élections avaient donc été prévues pour le 18 novembre à Lyon. Elles auront bien lieu, mais le résultat est connu d’avance : Christophe Castaner, aujourd’hui porte-parole du gouvernement et naguère du candidat Macron, présidera aux destinées du parti.

Était-il candidat unique ? Faisait-il l’unanimité ? Absolument pas, il avait au moins un challenger de poids, Christophe Griveaux. Mais, démocratiquement, le Président démocratiquement élu (avec 16 % du corps électoral), a désigné Castaner au cours d’un dîner privé lundi soir. L’affaire est désormais bouclée.

Socialiste et provincial

Demeure une question : pourquoi Castaner ? Il a deux atouts spécifiques. D’une part, ancien député socialiste, il confirme l’ancrage à gauche du nouveau parti et de l’action du gouvernement.

D’autre part, élu de province et rural, il est plus proche du terrain que Griveaux, trop parisien, trop énarque et trop élitiste. LREM c’est le peuple de gauche, c’est la voix des pauvres, de « la France là où ça va mal ». Merci camarade Emmanuel.

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