Par quoi Richard Ferrand tient-il Emmanuel Macron ?

Secrétaire général et donc numéro 2 d’En Marche !, Ferrand était le vrai bras droit d’un Macron entouré de très peu de fidèles. Que sait-il pour que Macron le défende ainsi mordicus ?

Par Serge Federbusch.

Ferrand, peu disert depuis le début du scandale, nous avait accoutumé à une forme de brutalité verbale assumée quand il s’agissait par exemple de recadrer Attali qui avait vendu un peu trop vite la mèche du désintérêt de Macron pour le destin des pauvres hères ballottés par les plans sociaux.

Après avoir fait savoir par Castaner, porte-parole et porte-flingue, que le gouvernement serait solidaire de Ferrand, Jupiter se planque lui aussi et ne veut plus rien déclarer sur le sujet.

Mais de quel secret de fabrication du candidat Macron Ferrand est-il le dépositaire pour ainsi bénéficier d’un appui périlleux ? Secrétaire général d’En Marche ! depuis les fonts baptismaux, il a dû tout voir et tout apprendre des financements et accointances dont Macron a bénéficié pour lancer sa petite entreprise de conquête du pouvoir. Sûr que Ferrand, qui n’a rien d’un tendre, sait faire valoir à Macron toute la nécessité qu’il y a pour lui à le soutenir jusqu’au bout.

Immunité de Ferrand

Leur plan est limpide : les électeurs Bretons voteront pour lui quoi qu’il arrive. Après cela, Ferrand bénéficiera d’une immunité partielle qui le protégera durant son mandat. Et l’opinion sera passée à autre chose. Tout au plus devra-t-il renoncer à ses ambitions ministérielles et se contenter de siéger au Palais-Bourbon.

Son maintien au gouvernement contre vents et marées ne peut donc s’expliquer que par la peur de Macron de voir Ferrand diriger ses coups contre lui.

Car déjà, le prix à payer est lourd : alors que 66% des Français se disaient satisfaits au lendemain de l’annonce de la formation du gouvernement, ils ne sont plus que 59% depuis hier. La satisfaction baisse de quatorze points à droite et de seize points au FN.

Si cela pouvait remobiliser un peu ces électorats avant les législatives, la catastrophe d’une chambre rose-macron serait épargnée à la France.

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