Gérard Miller à LCI, Le Chroniqueur Insoumis

Gérard, il est temps de résoudre tes contradictions, comme dirait Mao ! Si ton discours pseudo-révolutionnaire est à la fois compatible avec Le Média et LCI, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche !

Par Frédéric Mas.

Miller devient chroniqueur à LCI. La chaîne info de TF1, LCI, devrait recruter Gérard, chroniqueur bien connu de Laurent Ruquier mais aussi ex-mao et militant d’extrême-gauche. En effet, Gérard Miller n’a jamais fait mystère de son engagement politique, qui l’a mené de la Gauche prolétarienne à la France insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon qu’il soutient lors de l’élection présidentielle de 2017. Il signe même en janvier 2017 un documentaire en forme d’apologie du député européen intitulé « Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui avançait à contre-courant », assez complaisamment diffusé sur France 31.

Le révolutionnaire institutionnel profite pleinement du capitalisme libéral. Certains commentateurs se sont moqués sur les réseaux sociaux de la formidable élasticité morale de l’ex-mao, passant du Média, la télé mélenchoniste, à LCI, temple du méchant néolibéralisme-capitalisme-dictature des médias tant décrié par ses camarades. Il semblerait que les entreprises capitalistes soient plus rémunératrices et surtout financièrement plus solides que les montages militants des différentes officines de propagande du grand Timonier des Bouches du Rhône : les démêlés récents du Média avec Sophia Chikirou tendent à montrer que les militants révolutionnaires ont tendance à mélanger, avec le plus grand amateurisme, business, engagement et règlement de comptes.

Travailler avec les capitalistes, c’est tout de même plus gratifiant

Certaines méchantes langues ont même parlé du mélenchonisme comme du « stade suprême du capitalisme ». Bien entendu, elles se trompent, les capitalistes sont plus intelligents et plus honnêtes que ça : l’amateurisme et la malhonnêteté ne sont jamais bons pour les affaires.

La posture rebelle de Gérard Miller est totalement intégrée aux mass medias. Bien entendu, rien de répréhensible à travailler pour LCI quand on s’appelle Gérard Miller, c’est même autrement plus moral que de faire la claque pour le chavisme aux petits pieds de la France insoumise. Mais cela en dit aussi long sur la profondeur de ses convictions et la fonction de ce que Philippe Muray appelait le rebellocrate : ce personnage qui grenouille dans les cercles du pouvoir tout en appelant en permanence à la révolte et à la rébellion.

Le business model de la révolution

Quand on y pense, et toute proportion gardée, ce schéma de rentier de la révolution est une marque déposée à l’extrême gauche, avec des applications plus ou moins tragi-comiques : flatter la foule pour s’attirer les suffrages des classes populaires tout en vivant confortablement du pouvoir ou de ses réseaux, c’est un peu l’idéal visé par n’importe quel député mélenchoniste moyen.

On se souvient de l’exquise Raquel Garrido, à la fois bénéficiaire d’un logement HLM et chroniqueuse sur une chaîne de « l’ennemi de classe » Bolloré. Plus tragiquement, ça peut donner des Maduro au Venezuela, qui vit très confortablement de la misère et de la colère de son peuple qu’il laisse mourir… Jouer la peau des autres plutôt que la sienne propre, c’est le modèle économique et politique de cette frange de la gauche radicale.

Gérard, il est temps de résoudre tes contradictions, comme dirait Mao ! Si ton discours pseudo-révolutionnaire est à la fois compatible avec Le Média et LCI, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche : soit tu prends l’oseille et tu te tires, soit tu fonces à l’usine !

 

  1. Neutralité du service public, quand tu nous tiens…