Raquel Garrido-Alexis Corbière : la gauche radicale qui profite

Raquel Garrido aux côtés de Jean-Luc Mélenchon by philippe leroyer(CC BY-NC-ND 2.0)

Avec le couple Garrido-Corbière, tous deux grands donneurs de leçons, on voit que la réalité n’est pas forcément en accord avec l’idéologie.

Par Patrick Aulnas.

Chacun sait désormais que le couple Alexis Corbière-Raquel Garrido occupe depuis plusieurs années un logement HLM à Paris à un prix avantageux. Et que Raquel Garrido, trop occupée, a oublié de payer certaines cotisations.

Le militantisme de gauche radicale n’exclut évidemment pas les petites faiblesses du vulgum pecus. Même en prônant haut et fort l’instauration immédiate de la justice (presque) parfaite, on n’en reste pas moins homme et femme.

Alexis Corbière et les opportunités de carrière

Dans une autre vie, Alexis Corbière a été enseignant d’histoire. Mais il a déjà utilisé à cette époque une des opportunités tout à fait légales que lui offrait la fonction publique : la mise à disposition. Ce fut au sein du musée de l’histoire de l’immigration. Exit les ennuyeux cours d’histoire. Il tente ensuite de créer une société de conseil. Mais, confronté au risque de polémique, il ne poursuit pas l’aventure.

Ce profil d’enseignant n’est pas une rareté. Les syndicalistes mis à disposition de leur syndicat sont fort nombreux. Les contribuables payent. Il s’agit d’individus utilisant la fonction comme une opportunité pour passer à autre chose, un peu comme les hauts fonctionnaires qui pantouflent après quelques années d’expérience et un carnet d’adresses bien rempli.

Le camarade Corbière a donc dès le départ le profil du politicien opportuniste. Pourquoi ne pas franchir le pas et profiter de l’engouement pour Mélenchon ? Après le militantisme trotskyste d’extrême-gauche puis un passage au parti socialiste, voilà une occasion de rebondir. Mélenchon a besoin de cadres et le peuple français de rêves de société parfaite.

Le voilà donc député et excellent donneur de leçons dans les médias. Corbière sait mieux que quiconque comment gouverner la France.

Raquel Garrido : au diable la paperasse !

Raquel Garrido, avant de devenir avocate, fut une dirigeante de l’UNEF. Après un passage au Parti Socialiste, elle adhère au Parti de Gauche dès sa fondation en 2008. Avocate de la famille Mélenchon, porte-parole de La France insoumise, sa célébrité médiatique toute nouvelle lui ouvre des portes. Thierry Ardisson lui propose une chronique dans son émission Les terriens du dimanche. Pourquoi refuser ? Avocate, responsable politique, chroniqueuse… Avec une vie aussi remplie, la paperasserie de l’ordre des avocats et celle de l’État-providence passent au second plan.

Pourquoi faudrait-il payer ses cotisations comme n’importe quel quidam ? N’est pas Raquel Garrido qui veut.

Les apparatchiks français peuvent quand même en profiter un peu

On comprend aisément qu’un tel couple, particulièrement défavorisé culturellement, n’ayant que quelques diplômes universitaires en poche, privé de toutes les opportunités de carrière, puisse bénéficier d’un logement HLM.

L’État-providence doit se montrer bon prince, surtout avec ceux qui le défendent bec et ongles. La politique ne serait plus la politique si le dur labeur du militant n’était pas un jour récompensé.

Les apparatchiks soviétiques ont toujours bénéficié de privilèges considérables. À côté d’eux, les apparatchiks français actuels font piètre figure.

Des gens très ordinaires

La politique et l’entreprise (les affaires, disait-on jadis) sont les deux moyens principaux de la réussite sociale. Il y en a deux autres : la science et l’art. Mais dans ces deux derniers cas il faut avoir une intelligence supérieure ou un talent exceptionnel. Les individus plus ordinaires sont donc voués à la politique ou à la vie de l’entreprise.

Il est assez probable que le militant politique qui émerge au niveau national dispose surtout d’une volonté farouche de sortir du lot. C’est une qualité incontestable. Mais il en résulte que l’ambition est la cheville ouvrière de sa réussite.

Gauche radicale, gauche modérée, droite radicale, droite modérée, tout cela importe peu. Un ambitieux est un ambitieux et les grandes postures médiatiques sur la justice s’oublient vite face aux réalités de la compétition.

Mais on s’étonnera toujours que les grands donneurs de leçon de morale sociale et politique puissent être des gens si ordinaires.