Avant Internet, tout était calme

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Digital imaging by Mark Scrimshire (CC BY 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Avant Internet, tout était calme

Publié le 21 août 2018
- A +

Par Farid Gueham.

« La révolution digitale exprime de nouvelles aspirations sociétales comme l’économie du partage, la fin des intermédiaires inutiles ou encore la volonté d’être en connexion avec le monde. Des exigences qui ravissent les consommateurs que nous sommes, mais maltraitent le salarié qui est en nous ».

Pour Olivier Bas, vice-président d’Havas Paris, si Internet bouleverse notre rapport au travail, il est par ailleurs une merveilleuse opportunité : celle de redonner du sens à notre vie professionnelle, de repenser notre routine du travail, mais aussi d’envisager nos rapports professionnels sous un nouvel angle.

Une révolution dans notre façon d’agir

« Le changement ? Il dure depuis des décennies et n’est pas prêt de s’achever. Mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui est d’une ampleur et d’une puissance jamais égalées. Cette révolution digitale qui simplifie nos vies, maltraite notre travail. Allons-nous vivre dans la peur de disparaître ou dans le bonheur de renaître ? À nous de choisir ».

Il y a 15 ans, Apple voyait le jour dans un garage et quatre ans après la naissance d’Internet, c’était au tour d’Amazon de naître, suivi de près par Google et Facebook. De GAFA en NATU, on a aujourd’hui arrêté de compter ou d’identifier par acronymes les plateformes super-puissantes, portées par une force algorithmique sans précédent. Le point commun entre toutes ces entreprises ? C’est la promesse qu’elles nous font toutes : celle de nous simplifier la vie. Fini de perdre son temps à feuilleter les pages d’une encyclopédie poussiéreuse, fini d’attendre son taxi pendant des heures, de passer des jours à comparer des assurances ou des compagnies aériennes.

Mais ces promesses devaient avoir leur contrepartie et, pour Olivier Bas, le paradoxe est là : « nous appelons de tous nos vœux la révolution qui simplifie nos vies et redoutons la transformation qui maltraite notre travail ». Cette transformation est d’autant plus déstabilisante qu’elle n’obéit à aucune feuille de route, puisqu’elle est en train de s’écrire« Il nous faut concevoir ce qui n’existe pas encore, remettre en cause ce que nous pensions savoir et le faire vite ». Dès lors, libre à chacun de choisir entre la crainte de disparaître et le bonheur de se réinventer.

La joyeuse bousculade numérique

« La révolution digitale, combinaison d’usages nouveaux, d’état d’esprit inventif et d’innovation technologique, est un condensé de changements. Elle produit une résistance nouvelle, car ce n’est pas le bénéfice qu’elle nous apporte qui est en cause, c’est le renoncement à nos façons de penser qu’elle nous impose ». Mutation, évolution, révolution : les mots manquent pour définir la transformation qui réinvente notre monde. Toutefois, est-il seulement possible d’imaginer notre avenir à travers les schémas de pensée du passé ?

Cette révolution numérique n’est pas seulement technologique, elle est aussi culturelle, et pour Olivier Bas, elle remet en question nos fondamentaux : la volonté d’inscrire son action dans le temps, la préférence pour la puissance aux dépens de l’agilité, la nouveauté toujours dépassée, l’expertise transcendée par le co-working et la co-production, et enfin la décrépitude d’une autorité politique ou économique qui n’est plus statutaire, et qui n’aura de valeur que si elle est légitimée par l’entraide et l’intelligence collective.

Devant tant de changements, la tentation est grande de se figer dans la crainte et le repli sur soi. « Il nous appartient de fabriquer de l’enthousiasme face au tremblement de nos croyances périmées. Personne mieux que nous n’en est capable. Notre vie professionnelle n’est pas un parcours semé d‘embûches, c’est une promesse que nous devons nous faire à nous-mêmes ». 

Au nom de l’innovation, désobéissons !

« Plus l’époque est foisonnante et les idées bouillonnantes, plus il nous faut nous affirmer, crier haut et fort ce que nous dit notre petite voix intérieure. Réapprendre à entreprendre, désobéir par devoir, en appeler à nos intuitions ». Et si le sens de cette révolution était celle de la désobéissance dans la rupture ? L’innovation ouverte nous appelle à abolir les frontières entre le monde de l’entreprise et son environnement direct. L’innovation frugale exige que nous fassions plus avec moins.

En en mot, la rupture sonne comme une invocation, comme une conjuration : la révocation de nos anciennes pensées et de nos schémas traditionnels. Mais pas de dédain pour autant contre l’ancien monde et les schémas du passé. Car ils portent en eux les germes de la révolution digitale et, comme le rappelle l’auteur, « ce sont les carcans qui nous rendent inventifs car ils nous obligent à penser en dehors des servitudes ». Un des obstacles qui nous barrent la route de la désobéissance, c’est la peur du jugement, alors que chacun d’entre nous porte en lui le potentiel créatif de l’inventeur, du développeur ou de l’entrepreneur. « Notre spontanéité est bien meilleure guide que notre passivité intellectuelle. À condition de ne pas l’étouffer sous notre peur des jugements et notre angoisse des préjugés ».

À vous de liker !

Au-delà des outils et des innovations apparentes, la transformation digitale influence en profondeur notre façon de penser. Avant de nous offrir les promesses de confort, d’accessibilité et d’immédiateté qu’elle esquisse, elle attend de nous quelques efforts : la substitution de notre peur de l’échec par le plaisir de l’essai. Le besoin impérieux de s’affranchir des servitudes, de la recherche de l’approbation et de la validation de l’autorité, demeure la voie la plus rapide pour repousser au maximum ses limites. La révolution digitale n’est plus le temps des injonctions, mais le temps de l’adhésion sincère, d’une efficacité qui ne peut plus se faire au détriment du respect des rythmes de chacun, du droit à l’erreur comme une chance de se réinventer « Et surtout, faites-vous confiance, vous êtes formidables. Vous avez des défauts mais qui n’en a pas ? Vous échouez parfois ? Et alors ? On ne se trompe jamais en vain si on apprend de ses erreurs », conclut Olivier Bas.

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Je n’ai pas terminé la lecture de l’article, l’auteur n’est pas en cause mais cet Olivier Bas du front qui ne sait pas que le monde n’a jamais évolué selon une « feuille de route ». Rédiger une feuille de route pour l’avenir, c’est le communisme et le système ne tient dans la terreur que pendant 70 ans environ.

  • Apple a été fondée en 1976. Pas il y a 15 ans…

    • @ Saknussen
      Oui, il y a 15 ans, je ne travaillais que sur apple puis mac depuis un bon moment, déjà!
      Du coup, le reste de l’article est-il fiable?

      Internet, c’est justement le droit de choisir, à chaque instant! Personnellement! D’en défier les pièges et de tracer SA route. Pour un libéral, c’est évidemment un cadeau énorme! Nous choisissons en toute connaissance de cause, à nos risques et périls, responsables de nous-mêmes: l’anti-troupeau! Donc l’anti-leader qui vous dit quoi et comment penser, l’anti-prêcheur qui voudrait dicter votre conduite. Donc l’anti-auteur de cet article! cqfd!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Jean-Jacques Pluchart[1. Professeur émérite à l’Université Paris I].

Au cours de la pandémie, la France a-t-elle franchi une étape décisive dans le développement de la responsabilité sociale des entreprises ? Le ministère de l’Économie et des Finances a publié un rapport sur « l’investissement à impact » répondant aux Objectifs du Développement Durable fixés en 2015 et à la loi Pacte votée 2019. Il affiche l’ambition de « faire de Paris le premier centre financier mondial de la finance à impact ».

Il a créé avec Paris Europl... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Albin Wagener. Un article de The Conversation.

Considéré avant tout comme un emblème très actuel de la (contre-) culture web, les mèmes pullulent désormais sur les boards (ces plates-formes collaboratives alternatives comme 4chan, Reddit ou 9gag) ou les réseaux sociaux – et ont même permis l’émergence de groupes de chineurs de mèmes (ou neurchi), dédiés au rassemblement de consommateurs et de producteurs de mèmes, attirant ainsi à nouveau une population plus jeune sur Facebook. Mais les mèmes ne sont pas que de simples objets humor... Poursuivre la lecture

Comme toujours, la réponse à cette question passe nécessairement par un changement de modèle mental. Einstein ne disait d’ailleurs pas autre chose lorsqu’il affirmait :

« Le monde que nous avons créé est un produit de notre pensée. Nous ne pouvons pas le changer sans changer notre façon de penser. »

Nul besoin d’être un observateur aguerri pour comprendre la nécessité de changer le management. La presse nous inonde de ce sujet sous ses différentes facettes. Ras-le-bol du management tel que le pratiquent encore la plupart des ent... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles